TOPOGRAPHIE MÉDICALE DE LA RASSE-COCIIINCHINE
Cet ulcère n’a commencé à se modifier favorablement qu’au 28° jour de traitement. En voie parfaite de réparation avec bourgeons vermeils de toute la surlace au 571 jour. Cicatrisation complète au 50", guérison confirmée.
Obs. ii. Tclm-K.ol-K.in, coolie chinois, 22 ans. Deux ulcères à la jambe et au pied droit : 1° Ulcère ayant son centre sur la malléole externe droite, arrondi, ayant 5 centimètres de diamètre en tout sens ; 2° Ulcère de 4 centimètres de longueur sur 5 de largeur, superficiel, occupant la face inférieure du second orteil droit et une partie de l’espacé inlerdigital. Traitement parle perchlorure de fer, la teinture d’iode, le vin aromatique. Ces deux ulcères sont complètement cicatricés au 20" jour du traitement.
Obs. ni. A-Pho, coolie chinois, o4 ans. Ulcère de 4 centimètres en tout sens, arrondi, peu profond, situé au-dessous et un peu en avant de la malléole interne gauche, guéri complètement après un pansement de 15 jours avec de la poudre d’alun.
Obs. iv. Coolie chinois, 28 ans (nu 15). Vaste ulcère ayant son centre sur la malléole externe droite, profond, déchiqueté, recouvert d’une épaisse couche couenneuse adhérente. En hauteur 9 centimètres, 8 en largeur. Traitement : perchlorure de fer au début, diverses applications de poudre d’alun, nitrate d’argent, cautérisations en cercles périphériques dès que l’aspect de l’ulcère a changé. Une modification favorable ne s’est manifestée qu’après trois semaines de pansements. Au 63e jour, la cicatrisation était complète.
Obs. v. A-S’Sem, coolie chinois, 25 ans. Large ulcère intéressant la face antérieure et extérieure de la jambe gauche, dans la partie moyenne, à bords irréguliers, anguleux, recouvert d’une couenne pultacée épaisse et adhérente. Profondeur sur quelques points : 1 1/2 centimètre, hauteur 8, largeur 7. — Traitement par le perchlorure de fer, la teinture d’iode et définitivement par la poudre d’alun qui détermine le changement d’aspect de l’ulcère au 25P jour. La cicatrisation marche rapidemment, et le 55e jour l’ulcère n’a plus qu’un tiers à peine de ses dimensions premières. Les bourgeons charnus, bien à niveau et vermeils, se recouvrent concentriquement d’un liséré cicatriciel qui gagne en cercle chaque jour; la guérison est complète au 481'.
Obs. vi. Tam-à-S’Soé, colie chinois, 52 ans. Ulcère de la région dorsale du pied, ayant son sommet au 2’ orteil, s’étendant sur une longueur de 7 centimètres et fi de largeur, profond et couenneux.
Cet ulcère a résisté pendant un mois et demi à tous les topiques employés : perchlorure de fer, iode, alun; saupoudré avec du quinquina pulvérisé la cicatrisation a marché ensuite rapidement; au fi2,: jour, elle était presque complète. Guérison confirmée au 75*.
Obs. vu. A-Yan, coolie chinois, 24 ans. Ulcère malléolaire externe à droite, de 5 centimètres de hauteur et de 2 en largeur.
Touché avec le perchlorure de fer et pansé avec le vin aromatique; cicatrisé en 15 jours.
MALADIES CLIMATÉRIQUES
Tous les autres coolies également atteints d’ulcères aux extrémités inférieures, car nous n’en avons pas observé sur d’autres points du corps, ont été traités avec succès à l’hôpital militaire par le mode ci-dessus
indiqué.
Terminons cette catégorie par le cas ci-après qui a bien sa signification :
Obs. vm. A-Pli o-a, coolie chinois, 52 ans. Vaste et profond ulcère, à bords déchiquetés, tendant à s’étendre en tous sens, occupant le tiers inférieur de la face postérieure de la jambe droite. La peau environnante est altérée dans sa couleur et sa consistance, en un cercle assez étendu rouge livide. La surface ulcérée a 16 centimètres en hauteur, 25 en largeur, 2 en profondeur sur quelques points. Traitement : applications répétées de poudre d’alun, iode, perchlorure de fer, vin aromatique. Cautérisations avec le nitrate d’argent, dès que les bourgeons charnus ont besoin d’ètre réprimés sur les bords. Cet ulcère a changé complètement d’aspect après 15 jours de traitement, au 55e jour, la cicatrisation périphérique s est opérée sur les deux tiers de la surface, et se complète en moins de deux mois. C’est-à-dire, que la guérison, vu la gravité du cas a marché pour le moins aussi bien, sinon mieux, que chez la plupart des autres malades, et cependant celui-ci était dans des conditions particulières que nous devons signaler ici : bien antérieurement, il avait été atteint de syphilis ; il présentait un érythème caractéristique (eczema ruhrum),aux bourses et à la partie interne des cuisses; une éruption papulo-pustuleuse de la peau, la syphilide était surtout marquée au tronc; enfin il y avait pelade palmaire aux deux mains. Ce chinois avait donc manifestement des accidents constitutionnels de syphilis secondaire.
Quand il a été guéri de l’ulcère de la jambe, par le traitement ordinaire et un régime substantiel et tonique, nous l’avons soumis au traitement spécifique (liqueur de Van Swieten, iodure de potassium, sirop de salsepareille, etc.), pour obtenir dans le courant de janvier 1862, la disparition des accidents syphilitiques consécutifs dont il était porteur. Cette observation nous amène à parler de la syphilis.
De la syphilis en Cochinchnie et au point de vue historique. Les maladies vénériennes sont répandues en Cochinchine comme en Chine, elles a sont graves surtout chez les européens qui les contractent. Et d abord il est à peu près de règle de voir les gonorrhées se compliquer d’orchite. mais surtout de bubons. Avis aux syphiligraphes, que ces bubons soient concomitants de la gonorrhée ou du chancre, ils ont une tendance fatale à s’abcédcr et à s’ulcérer souvent avec phagédénisme. L’ouverture spontanée est désastreuse; l’ouverture parle bistouri s’ulcère le plus souvent; l'ouverture par la potasse caustique, produit tout d’abord et d’emblée ce qu’on doit chercher à éviter, la perte de substance, et de plus s’ulcère tout aussi bien sinon plus aisément que l’ouverture par le bistouri. Aussi n) a-t-il pas de meilleur moyen d’ouvrir le bubon abcédé par une simple