‹ Traité de climatologie geńeŕale du globeChapitre 144 sur 215 · TOPOGRAPHIE MÉDICALE DE LA BASSE-COCHINCIJINE · texte numérisé non relu

TOPOGRAPHIE MÉDICALE DE LA BASSE-COCHINCIJINE

ponction par la lancette, et mieux encore par le séton, au moyen d’une petite aiguille courbe à suture, portant un simple fil (à ligature). L’écoulement du pus se fait progressivement, sous un bandage légèrement compressif, puis, quand l’abcès est bien vidé, que la suppuration commence à diminuer, on la tarit tout-à-fait, et l’on provoque des adhérences, au moyen d’injections iodées et de vin aromatique. On obtient des résultats promptement satisfaisants, c’est-à-dire la cicatrisation sans perte de substance, sans ces stigmates indélibilesque produit la potasse caustique plus encore que l’ulcération. Bien plus encore que les bubons, les chancres deviennent phagédéniques, plus spécialement ceux du frein, de sa surface externe, du prépuce et du dos de la verge; car le progrès du mal va parfois jusqu’à compromettre l’organe en tout ou partie. Tel fut le cas suivant :

Obs. x. X..., du 2 ‘ chasseurs d’Afrique; six jours d’invasion, entré le 14 février 1861. Large chancre à bords taillés à pic à la base du dos de la verge et bubon. Frictions mercurielles et cataplasmes sur le bubon ; cautérisations de l’ulcère avec le nitrate d’argent. (Soupe, panade et œufs ; tisane d’orge et de salsepareille ; liqueur de Vau Swieten.)

Application du perchlorure de fer le 25; l’ulcération gagneets’aggrave. Le malade passe le 5 mars à la salle des vénériens isolés. Le phagédénisme continue ses ravages : énorme paraphimosis œdémateux, l’état gangréneux du chancre amène la gangrène pultacée de presque tout le fourreau de la verge et d’une partie du scrotum. Accès fébriles, état général grave, faisant craindre la résorption. Les liqueurs suspendues le 14, sont remplacées par l’iodure de potassium, de 1 à 5 grammes. Vin de quinquina à l’intérieur. Lotions locales avec du vin aromatique et pansements avec de la poudre de quinquina et de charbon. Les escarres se détachent, suppuration abondante et très fétide. Les bourgeons charnus de bonne nature paraissent enfin. En voie de guérison aux premiers jours d’avril, ce sous-officier arrive à la longue à un complet rétablissement.

Les accidents consécutifs de la syphilis sont fréquents à Saigon : ce sont les syphilides papulo-pustuleuses, les taches cuivrées, les pustules plates, humides etc. Les cochinchinois présentent parfois des caries, des ozènes, des lupus syphilitiques.

Nous avons eu un entretien avec le P. Legrand, ex-missionnaire, interprète au bureau des affaires civiles. Il s’était un peu occupé de médecine, il a cherché avec beaucoup d’autres à tempérer le fléau de la variole parla propagation de la vaccine, et il nous a fait l’aveu que ses tentatives avaient été décevantes, tant par ce fait que le vaccin conservé en plaques et en tubes s’altère par la trop grande chaleur humide du climat et, d’autre part, parce que les pustules vaccinales, qu’on a obtenues dans quelques cas rares, ne fournissaient pas un vaccin inoculable de bras à bras. D’après ses propres observations, sa conviction est que dans le sud delà Cochinchine la vaccination n’est qu’un moyen de prophylaxie bien précaire, sinon négatif, contre la petite-vérole. — « Et que pensez-vous de la grosse , lui

Page 1