M A LA DI F- S CU M AT V. P I Q U ES
avons nous demandé ? » — ■ « Ah ! dit-il, vous voulez parler de la syphilis : elle est répandue en Cochinchine et j ustjue dans les tribus sauvages parmi lesquelles j’ai clierehé à pénétrer. » Nous enregistrons cette assertion de la part d’un homme grave et de son caractère, comme un témoignage authentique de plus sur l’existence de ce mal qui est partout où il y a des variétés de l’espèce humaine, même des plus isolées du reste du monde. L’expansion universelle de la syphilis est incontestable autant que l’est sa pérennité. Nous avons dit quelques mots de celle importante question ; nous y revenons encore, car on ne saurait trop en étudier la partie historique.
Le P. Fourreau, jésuite en Chine, donna à Astruc l’affirmation que la maladie vénérienne existait de temps immémorial, parmi les immenses populations de cet empire. Swiedaur donne la même affirmation pour l’Indoustan, où elle est désignée sous le nom de feu Persan , et chose remarquable, il dit que l’usage du mercure y était très anciennement connu. Mais pour ne remonter qu'aux Romains, Horace a parlé de la syphilis sous le nom de mal de Campanie; ceux qui l’avaient perdaient souvent la faculté de s’énoncer clairement et parlaient du nez. Qui ne voit là les perforations du voile du palais, les ulcérations et caries de fozème syphilique?
Juvenal parle des marisques tuméfiées succédant à la plus honteuse des prostitutions, et faisant sourire de pitié le médecin qui en faisait l’ablation :
Sed podice lævi
Cædanlur tumidæ, medico ridenle, mariscæ.
Martial, parlant des tumeurs d’un Anthénagore, le traite de guérisseur de pustules
Il apostrophe Zoïle sur un certain mal de la bouche :
Sidéré percussa est tibi, Zoïle, lingua, dum lingis celle?
11 fait le même reproche à un Manneius :
.... Dum liæret iu vulvà. . . .
Parlem gulosam sol vil indcccns morbus . .
Ce qui se traduit bien en français par maladie honteuse.
Maintes fois Martial parle d’un hideux ulcère végétant, ficus , siégeant au pourtour de l’anus. Ce sont les congénères des marisques de Juvenal. 11 joue même sur les mois en disant à un Cecilianus :
Dicemus ficas <j uns scimus in arbore nasci ;
Dicemus ficos, Gecilianc, luos.
11 dit au grec llaccara :
Curandem penum coinmisit
Ri v ali m edi co