maladies climatériques
Bontius accorde surtout un grand crédit aux onctions laites avec une espèce de naphle de Sumatra. On seconde l’effet de ces stimulants par un exercice actif, auquel on contraint les malades. Si le béribéri se prolonge et passe à l’état chronique, on a recours aux sudorifiques alternés avec les drastiques, et souvent ces moyens sont efficaces pour obtenir la guérison.
Après ces données sur le béribéri par le médecin hollandais, qui l’a étudié et sur autrui et sur lui-même, par quelle étrange confusion de langage établit-on une synonymie clinique entre cet état morbide et le scorbut, et l’anémie, et l’hydropisie, et l’anasarque, etc.
Le béribéri règne endémiquement dans l’Inde, de préférence dans les contrées du littoral.
Définition de Boudin empruntée à Morehead . — Lièvre, douleurs violentes dans les membres, aux lombes, sur le trajet de la colonne vertébrale, paralysie momentanée ou permanente des membres abdominaux, urines rares, anasarque et épanchement dans les cavités, œdème pulmonaire.
Le Dr Macolmson attribue cette maladie surtout à une affection de la moelle ou de ses membranes. Cette opinion est fort judicieuse, et explique le phénomène principal et caractéristique du béribéri, à savoir la semi paralysie, la titubation, l’ataxie locomotrice. Ceux qui prennent l’anasarque de la cachexie fébrile pour le béribéri, n’ont jamais lu Bontius , ni vu les cas dont il parle sous le nom de béribéri.
C’est donc avec raison que M. Vinson admet que c’est une myélite, dont on trouve les causes dans des désordres cérébro-rachidiens.
Quant cà l’étiologie, on accuse surtout les variations de température, les alternatives brusques d’une vive chaleur diurne à une humidité froide des nuits.
Nous devons dire cependant que Lange a décrit la maladie sous le nom de myélo-malacia rubra et de myélite, d’où dépend la paraplégie qu’on observe.
La cause primitive est un état fébrile, portant sur le système nerveux; la misère, les mauvaises conditions hygiéniques dans les climats chauds
et la débilité n’en sont que les causes occasionnelles.
La maladie observée épidémiquement à Bahia était caractérisée par la paralysie, l’œdème et un affaiblissement général. Dans des cas, ce sont les plus nombreux, il y a prédominance de la paralysie, dans d’autres de l’œdème. Dans la forme paralytique il y a malaise, faiblesse générale, inaptitude à tout exercice, douleurs vagues dans les membres inférieurs, engourdissement, sensibilité obtuse, tremblement nerveux des jambes en progression, impossibilité de la marche et de la station. La paralysie se développe quelquefois aussi lentement aux membres supérieurs. Plus tard survient un sentiment de constriction circulaire, épigastrique, puis de la dyspnée, de l’œdème des extrémités, des mouvements convulsifs; les urines rares sont couleurde café, comme dans la fièvre hématurique,et la mort survient par asphyxie (0.
(I) Silva Lima. Archives de médecine navale.
CLIMAT DE L’iNDE. GOo
L’émigration indienne, dit M. Le Roy de Méricourt, a permis de constater à bord des grands transports des épidémies de béribéri en mer, pendant la traversée de la côte malabare aux Antilles françaises et pendant le rapatriement de nombreux engagés indiens qui retournaient à Pondichéry, après avoir passé plusieurs années à la Guadeloupe.
Diverses maladies semblables ont reçu différents noms : par exemple, la maladie des sucreries. Les Chinois en sont souvent atteints. Il y a de la faiblesse, de la fatigue, de la longueur, avec douleur dans les membres, troubles digestifs, constipation et insomnie, tels sont les prodromes. Un état prononcé de défaillance pour le travail annonce le début de l’affection.
OEdème, anasarque, ataxie, souvent mortelle. — Affection organique du cœur, dyspnée, asthme suffocation ou asphysie. Conservation des facultés intellectuelles pendant l’agonie.
M. Larrey s’est demandé si cette maladie des sucreries n’était pas le béribéri (1).
Aperçu relatif des climats de l’Inde. — Hôpitaux.
Admission
Au Bengale
A Bombay
A Madras
p ir
sur
sur
sur
maladies.
1000 hommes.
1000 hommes,
1000 hommes
Fièvres intermittentes . .
Rémittentes
Dyssenteries
loi
Choléra
Hépatite
Phthisie
Bronchites
Pneumonie
Pleurésie
Gastro-entérites (fièvres typhoïdes
Syphilis
Ophthalmie
Rhumatismes ....
Maladies cutanées .
C’est-à-dire que le nombre dès entrées aux hôpitaux est une fois et demie celle de l’effectif.
(1) Arch. de métl. nav.
MALADIES CLIMATÉRIQUES
Climat de Mozambique.
Les possessions portugaises sur la côte orientale d’Afrique sont situées entre le 12" et le 2GR degré de lat. Sud. Il y a beaucoup de cours d’eau qui débordent à l’époque des pluies.
L’île de Mozambique est située par 16" de lat. Sud, basse et enclavée, pourrait-on dire, entre les terres continentales. Elle n’a guère que 3 kilomètres de diamètre. La ville capitale est St-Sébastien. L’eau de pluie recueillie dans des citernes sert aux usages alimentaires. La températuie moyenne est de 28°.
Les variations nycthémérales sont de 5 a 6 degrés. Les mois pluvieux sont novembre, décembre, janvier, février, mars, avril avec des vents de N.-E. N. -O. De juin à septembre, saison sèche, les vents sont de sud-est,
sud-ouest.
Les typhons qu’on appelle manomocaios n’éclatent qu’à de longs intervalles, mais les coups de vent sont fréquents pendant l’hivernage. Saison chaude qui commence en décembre et finit en avril. La saison fraîche s’étend de juillet à octobre. Les mois intermédiaires participent des deux.
Le choléra fait des ravages fréquents, les fièvres d’accès sévissent en permanence.
La dyssenterie y est endémique, le climat est mauvais, 1 hépatite consécutive est fréquente.
Les insulaires appellent itcicci la fièvre à tout degré. (Ce n’est pas une maladie à part.)
On appelle bubas une maladie très analogue au pian ou yaw. Les deux éléphantiasis s’observent à Mozambique.
La fièvre typhoïde est rare. Il n’en est pas de même de la pneumonie et de la pleurésie, comme complication d’accès pernicieux.
Climat de Madagascar (I).
Mayotte. — -Le littoral de Madagascar et des îles voisines a donné lieu à de nombreuses études.
La grande Terre de Mayotte est traversée dans toute sa longueur pai une chaîne de montagnes, dont les sommets ne dépassent guèie 000 mètres.
Le thermomètre ne monte guère au-dessus 51".
L’ardeur du soleil, dit M. Grenet, entre pour une large part dans la production des fièvres pernicieuses.
(1) D’après M. Grenet, 1801-1805. Archives.