‹ Traité de climatologie geńeŕale du globeChapitre 154 sur 215 · CLIMAT DE MADAGASCAR · texte numérisé non relu

CLIMAT DE MADAGASCAR

En quatre ans, 71 décès ont été fournis, savoir :

8 par fièvre pernicieuse cérébro-spinale

10 par cachexie febrile.

18 par dyssenterie.

A par fièvre typhoïde.

12 par pleuro-pneumonie.

10 par tubercules pulmonaires.

S par cirrhose du foie.

4 par ascite anémie.

La fièvre ictéro-hématurique est assez fréquente à Mayotte. M. Grenet, comme M. Daullé, croit que ce n’est pas du sang, mais bien de la bile, qui donne à l’urine sa couleur (rouge brunâtre). Le traitement consiste en rubéfiants, vésicants, pour enrayer les vomissements, eau gazeuse andulée. S abstenir de vomitifs qui sont nuisibles. Donner de calomel, mais éviter la salivation si douloureuse, et qui fait obstacle à la convalescence. Lorsque les selles ont été provoqués par des laxatifs, se hâter de donner de sulfate de quinine. lTne heureuse issue est généralement assurée, à moins de complication typhoïde souvent mortelle.

La dyssenterie est ordinairement rare à Mayotte.

L hématurie endémique est fréquente chez les enfants lymphatiques, cette hématurie cesse ordinairement avec la puberté.

Le pian ou frambœsia, que M. Grenet considère avec Alibert, comme un produit secondaire de la syphilis, identique avec les plaques muqueuses, surtout quand les tubercules de frambœsoïdes se développent autour des parties génitales. Du reste, chez tous les individus atteints de pian, en remontant aux commémoratifs, on trouve facilement les signes de l’infection vénérienne. Bientôt ces tubercules se dépriment et s’ulcèrent, surtout aux points soumis à des pressions fréquentes (pieds, genoux, coudes, etc.) Il faut cautériser chaque tubercule avec de nitrate acide de mercure, et panser avec de la pommade à l’oxyde rouge. Aux Antilles, M. Brassac, s’est bien trouvé du traitement mercuriel interne, prolongé de trois à six mois.

Parmi les maladies sporadiques de Mayotte, M. Grenet signale, en Première ligne, les maladies du centre nerveux chez les noirs, méningites, encéphalites, myélites. Il reconnaît comme causes de ces maladies, l’habitude qu’ont les nègres de travailler entièrement nus, exposés tantôt au froid et â la rosée du matin, tantôt au soleil qui alterne, pendant l’hivernage, avec des grains ou plutôt avec des torrents de pluies qui les inondent. Les kératites sont très fréquentes. Les affections vermineuses compliquent presque toutes les maladies. Les affections pulmonaires chez les indigènes sont très fréquentes au changement de mousson. Les pleuro-pncumonies, souvent â l’étal latent au début, deviennent très graves. Quant â la phthisie, elle se présente â Mayotte avec les mêmes symptômes qu’en Europe, mais la marche est plus rapide. Le rachitisme et les vices de

(‘,08 MALADIES CLIMATÉRIQUES

conformation sont excessivement rares : les Malgaches jettent à la mer tous les nouveau-nés contrefaits, même ceux qui n’ont que des doigts surnuméraires. La syphilis sé traduit par des accidents secondaires et tertiaires; les indigènes cachent des accidents primitifs qu’on fait disparaître par des topiques tenus secrets, par leurs empiriques.

Ulcère de Mozambique. — L’analogie la plus grande, ou mieux l’identité complète existe entre l’ulcère de Mozambique et les ulcères d’autres contrées, auxquels on a donné le nom du pays où ils se présentent.

L’ulcère, dit de Mozambique, tire son appellation de la côte orientale d’Afrique du même nom, comprise entre le 10° et le 18° de latitude sud.

C’est l'ulcère des travailleurs (c’est-à-dire à tous ceux qui sont exposés aux écorchures des extrémités inférieures, à la malpropreté, à la mauvaise nourriture, aux fatigues. La cause première est toujours interne). C’est ce qui ressort des considérations étiologiques, invoqués par M. Monestier.

L’ulcère de Mozambique débute par une sorte de mortification de la peau, autour d’un premier point d’irritation traumatique ou spontanée : il détruit successivement tous les tissus du tissu cellulaire aux muscles, aux tendons, aux os même.

Ces ulcères sont très rebelles, cependant ils céderaient à l’emploi du nitrate acide ou de mercure, à la créosote et la pommade d’oxyde rouge de mercure (1 p. 100) et à l’emplâtre de Vigo.

Du phagédénisme dans la zone tropicale. (1) — M. Brassac dit avec raison : l’ulcère phagédénique de la Guyane, l’ulcère de Cochinchine, de Mozambique, de l’Yemen, delà Nouvelle Calédonie etc., tous les ulcères graves observés sous différents points de la zone tropicale, ont un caractère général commun qui permet de les confondre en une seule et même entite morbide. C’est donc à juste titre, que M. Aude arrive à la conclusion généralement admise, à savoir que les ulcères ayant une dénomination spéciale ou non, sont une manifestation de phagédénisme particulier à la zone tropicale.

Nous sommes de cet avis. Les conditions hygiéniques mauvaises influent sur la fréquence et la gravité du phagédénisme. Toutes les races peuvent en être atteintes.

La syphilis complique souvent ces ulcères, mais il se développent idiopathiquement. Nous ne partageons pas l’idée de contagiosité, du moins pour l’ulcère de Cochinchine. Nous ne comprenons guère, qu’après les données étiologiques signalées par M. Aude, il en arrive à une dissidence d’opinion avec nous qui avons affirmé et réitérons que l’ulcère de Cochinchine n’est qu’un accident local, une plaie accidentelle dont les toniques variés, astringents, cathétiques etc. ont toujours raison avec des soins journaliers et prolongés. — En même temps que les malades sont soumis

(I) Par M. Aude.

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