CLIMAT DF, SÉNÉGAL
ie plus possible à un bon régime et fortifiant. Or, rien n’a démontré péremptoirement, qu’il en soit autrement pour l’ulcère de Mozambique.
Le frambœsia, keisse des Malgaches, est le contraire de l’ulcère. L’ulcère généralement siège aux extrémités inférieures et ne dépasse pas le genou, le frambœsia se rencontre sur tout le corps. Au lieu d’une excavation ulcéreuse, c’est une élevure ; le derme n’est pas profondément atteint, c’est une sorte de verrue plus ou moins large, sécrétant un liquide ichoreux, formant croûte sèche peu adhérente. Cette croûte enlevée laisse à nu une surface frumbœsoïde, faisant une saillie sur la peau. C’est une plaque muqueuse, une végétation de nature syphilitique, siégeant sur tout le corps, au scrotum, autour de l’anus, dans les fosses nasales.
Le frambœsia débute quelquefois, comme la roséole syphilitique, par une éruption générale accompagnée d’un mouvement fébrile ; plusieurs de ces points verruqueux avortent, d’autres deviennent larges de un à plusieurs centimètres, formant plaque irrégulière, quand ils se rénnissent par leurs bords.
Le même mal, siégeant à la plante des pieds, constitue ce qu’on appelle les aubes. Le traitement anti-syphilitique convient pour les crabes comme pour le frambœsia .
Climat de Sénégal.
A Gorée et à St-Louis, qui reçoivent les brises du large, la moyenne thermométrique n’est que de 221 centigrades. Mais dans les postes de l’intérieur la température est beaucoup plus élevée. A l’époque où régnent les vents d’est, elle atteint parfois dans les appartements 45 degrés. Il y a au Sénégal deux saisons : la saison des pluies ou hivernage qui s’étend dir mois de juin au mois de novembre; la saison sèche ou belle saison qui occupe le reste de l’année, et pendant laquelle, en l’absence des pluies, il y a d’abondantes rosées.
Les grandes endémies se partagent inégalement l’année : la dyssenterie règne surtout dans le 1 r et le 4" trimestre, c’est-à-dire au moment où la température est la moins élevée, et au commencement de la saison sèche; l’hépatite surtout dans le 2' trimestre, quand le vent d’est (ou de l’intérieur de l’Afrique) règne dans toute l’intensité de ses bouffées brûlantes; la colique sèche dans le 4% quand les soirées et les nuits sont très humides; enfin les fièvres d’accès sont fréquents toute l’année, surtout pendant l’hivernage. La fièvre et l’hépatite sont plus fréquentes dans l’intérieur qu’au bord de la mer, ce serait le contraire pour la dyssenterie et la colique sèche. Indépendamment de ces affections endémiques, M. Béal a observé, au milieu de 1850, une épidémie de fièvre articulaire qui atteignit presque tous les soldats blancs. Au commencement de la même année de nombreux cas de fièvre typhoïde frappèrent les jeunes soldats, récemment arrivés d’Europe.
MALADIES CLIMATÉRIQUES
Les caractères particuliers de la fièvre intermittente au Sénégal, semblent être la congestion céphalique et les symptômes bilieux. Son traitement habituel est l’emploi du sulfate de quinine, à la dose de un gramme au moins précédé d’une dose d’ipéca. Il en est de même de la fièvre rémittente bilieuse. Parmi les fièvres pernicieuses, il faut noter en première ligne la délirante, et l’ataxique, puis l’algide et enfin l’épileptiforme. Presque tous les cas de fièvre délirante que M. Béal a vu se déclarer pendant l’hivernage, ont été mortels.
La dyssenterie toujours si grave au Sénégal, se déclare surtout au commencement de la saison sèche. Pendant les mois de novembre, décembre et janvier, le nombre des cas de cette maladie est plus fréquent que pendant loutle restede l’année. Il faut dire qu’au Sénégal, comme ailleurs, cette maladie règne surtout à l’époque où les variations de température sont le plus prononcées.
La médication qui a le mieux réussi a été l’emploi de l’ipéca à la dose de 1 à 2 grammes, additionné de la même quantité de laudanum, le tout
en suspension dans l’eau.
L’hépatite est fréquente à la suite de la dyssenterie ; elle se développe aussi idiopathiquement et d’une façon latente. L’hépatite est plus fréquente dans l’intérieur qu’au bord de la mer, où le vent d’est est tempéré par les brises du large. C’est le contraire pour la dyssenterie. La colique sèche est relativement rare, M. Béal ne la croit pas d’origine saturnine. Il signale la fâcheuse influence qu’exerce le climat du Sénégal sur la marche de la tuberculisation pulmonaire, et son action singulièrement bienfaisante au contraire, sur la marche des blessures qui arrivent rapidement à guérison.
Service médical de l’hôpital flottant, la Caravane, mouillée en rade du Gabon (du 1er novembre 1861 au lfir novembre 1805) (1).
Le Gabon est un bras de mer ou plutôt un estuaire, situé par 0,50, X. et 7° de longitude E. Il pénètre à 50 milles dans l'intérieur des terres, du N. -O. au S. -O., sa largeur est de 7 milles.
Deux saisons sèches et deux saisons pluvieuses alternent avec assez de régularité. Du 15 janvier au 15 février c’est la petite saison sèche.
Du 15 février au 15 mai c’est la véritable saison des pluies et des orages avec tornades. La tension électrique est forte, l’humidité excessive, la chaleur est de 52°.
La grande saison sèche est du 15 mai au 15 septembre. Temps relatnement frais, surtout pendant la nuit, brise de mer très fraîche de 1 aprèsmidi. Nouvelle saison de pluies du 15 septembre au 15 juin, très abondante. Variations lli. (de 10 degrés), max. 50 à 52", min. 25 à 27°(en août).
Comme pays intertropical le Gabon est un climat assez uniforme, mais uniformément débilitant.
Cette uniformité se retrouve dans sa pathologie. Peu de maladies exces-
(I) Par M. Du Bellay.