‹ Traité de climatologie geńeŕale du globeChapitre 157 sur 215 · CLIMAT L)E SÉNÉGAL · texte numérisé non relu

CLIMAT L)E SÉNÉGAL

les vésicatoires conviennent, en même temps que le tartre stibié (1 gramme dans une potion a prendre par cuillerée dans les 24 heures). Il yasouvent complication bilieuse et une fièvre bilieuse hémalurique. C’est le cas de recourir au calomel, concurremment avec le sulfate de quinine et le quinquina.

Dyssenterie. — La dyssenterie qui règne parfois épidémiquement, surtout pendant la saison fraîche (de décembre à mars), revêt le summum d’accuilé dans certaines contrées tropicales, notamment au Sénégal. Ainsi, il n ) a peut-être pas d exemple d un cas grave de dyssenterie terminée par guérison à S'-Louis.

Il en est de même des fièvres rémittentes bilieuses qui souvent deviennent des fièvres hémaîuriques.

Rhumatisme. — Doit sa fréquence aux vicissitudes atmosphériques, qui engendrent la pneumonie et la dyssenterie, plus souvent musculaire qu’articulaire. L’anémie à cachexie aqueuse, tristesse, amaigrissement, infiltration, marasme, en est la conséquence.

[ /cei e phagèdémque des pays chauds. — 11 existe dans ia Sénégalnbie, a\ec tous ses caractères. Les noirs en offrent de fréquents exemples, atteint surtout les Européens comme en Cochinchine.

Maladies des yeux. — Conjonctivites, kératites, inflammation du globe oculaire; 1 humidité en est la cause ordinaire. Beaucoup de cécités.

Maladies vénériennes , cutanées et parasitaires. — • La promiscuité et la malpropreté multiplient et entretiennent toutes ces affections. Les noirs ne se soignent pas beaucoup, des rétrécissements (vagin et urèthre), chez presque tous les individus de leur espèce.

Les bubons compliquent les chancres, et presque toujours la blennorrhagie, suppurant rapidement, décollement, phagédénisme.

La syphilis constitutionnelle se traduit par des accidents secondaires et tertiaires très intenses et fort tenaces.

L éléphan tiasis des Arabes, qui si<;ge d’habitude aux membres inférieurs, «au scrotum, a la peau de la verge, au sein chez la femme, la lèpre, des eczéma chroniques, la gale pustuleuse, le filaire de Médine, des larves de diptères qui se logent dans des tumeurs d’apparence furonculeuse, le lœnia, telles sont les affections cutanées et parasitaires les plus communes parmi les Sénégalais.

< lipidémie de fièvre jaune à dorée en 1800 (de la mi-septembre 1800, à la lui de janvier 1807). Gorée est un ilôt basaltique de 800 mètres de loim. sur 500 de large, par 14" de lat. N. — Dans la partie nord qui est basse’, se trouve la ville proprement dite, et dans sa partie sud, point culminant, est la forteresse du Castel.

Population : noirs 2,500

métis ou mulâtres ....

lancs

.MALADIES CLIiMATÉlUQUES.

Les vents de la saison sèche sont frais à Gorée, ils varient du nord à l’est, durant huit mois de l’année. Les vents de la saison pluvieuse ou d’hivernage sont nuis ou faibles, ils varient du sud à l’ouest. L’air est alors chargé d’humidité et d’électricité. La température maximum est de 33\ C’est aussi la saison des tornades et des orages.

Nombre de fois la fièvre jaune a éclaté à Gorée. En 18G5-66 elle fit de

très grands ravages à Sierra-Leone, de là à S* Marie de Bathurst en Gambie et à Carabane. À Gorée l’invasion eut lieu vers le 15 septembre. L’épidémie sévit plus sur les européens que sur les indigènes.

Dans sa description clinique, M. Cédont, conclut que les symptômes de la fièvre jaune qui a sévi à Gorée, en 1 8 G G , ont été exactement les mêmes que ceux qu’il avait observés à la Martinique, en 1855 et 1855, et à la Havane, en 1 861 , ce qui prouve que celte maladie est partout identique à elle-même.

Fièvre bilieuse hématurique W. — Les médecins du Sénégal, l’appellent fièvre rémittente bilieuse pernicieuse, on l’a confondue souvent avec la fièvre jaune sporadique.

Mouvement de V hôpital St-Louis, de 1857 à 1865.

Entrés.

Morts

Fièvre inlermiltente simple,

cachexie fébrile (anémie)

Fièvre rémittente bilieuse

hématurique ....

Fièvres pernicieuses. . .

Dyssenterie

Hépatite

Colique sèche

Maladies sporadiques . .

Totaux. . .

Le mouvement de celte année est le plus chargé; de 18GO à 1863, les mouvements annuels représentent la moyenne des trois précédents; pendant les sept années mentionnées, il y a eu 88 cas de fièvre hématurique, dont 25 terminés par la mort.

La plus forte mortalité a été fournie par la fièvre pernicieuse.

Il est à remarquer que sur 119 cas de colique sèche, aucun n’a ete mortel.

A l’hôpital de Gorée les mouvements de 1855 à I8G5 ont fourni 1 10 cas de fièvre hématurique, dont 22 cas ont été mortels, cl sur 87 cas de colique sèche, un seul a été mortel.

(1) Par M. Barthélemy, Benoit.

CLIMAT DE SENEGAL .

En tenant compte seulement des chiffres relatifs aux six années. 1858- 18G3, disent les rédacteurs des archives de médecine navale, la proportion des décès à 100 cas a été :

Pour la fièvre bilieuse hématurique 24,7 à St-Louis, 21 ,1 à Gorée.

» » pernicieuse . . . 40,5 » 44,1

Dyssenteries 8,7 » *4,5

Hépatite 8,4 » 15,8

La fièvre bilieuse hématurique du Sénégal, dit l’auteur du mémoire, est une pyrexie endémique à type variable, quoique plus souvent rémittente, et présentant comme caractères pathognomoniques constants : une ictéricie générale, des vomissements bilieux abondants et des urines sanglantes, symptomatiques d’une altération organique des reins.

On la voit figurer, dans les statistiques des maladies coloniales, sous les diverses dénominations de fièvre bilieuse grave, bilieuse hématurique, ictéro-hémorrhagique, pernicieuse, ictérique, accès jaune, fièvre rémittente bilieuse, fièvre jaune des créoles, etc.

La forme adynamique est un des caractères assez fréquents de la fièvre bilieuse hématurique récidivée.

Persistance delà fièvre, irrégularité des rémissions, intensité de l’ictère, rachialgie lombaire, urines rares, couleur lie de vin de Malaga, vomissements bilieux frequents, douleur à l’épigastre s’irradiant à l’hypochondre droit, tels sont les principaux symptômes que l’on trouve réunis au début de la maladie, et dont l’ensemble constitue la forme grave de la fièvre bilieuse hématurique.

L'ipéca, le calomel, le sulfate de quinine en potions et en frictions, ’éther, le laudanum, forment la base du traitement à l’exclusion des saignées.

Nous dirons incidemment que le calomel produisait, avec une extrême ’acilité, une stomatite mercurielle des plus insupportables, il y a plus de nal que de bénéfice à employer ce médicament, dans les pays intertroficaux.

Marche , durée , terminaison delà fièvre hématurique. — Courbature, frisson ni liai , accès caractérisé, état saburral; 2° jour nouvel accès, frisson initial >lus prolongé et plus fort, céphalalgie, nausées, courbature lombaire, oinissements bilieux. Pouls dépressible. Mais la fièvre bilieuse hématuique n’est réellement confirmée qu’à dater de l’apparition de l’ictère et de hématurie. La coloration ictérique varie du jaune clair au jaune afrané. L’hématurie se déclare souvent aussi au début de l’accès. La coloalion des urines est alors celle du vin de Porto, du Malaga ou d’une lecoction concentrée de café. La quantité du sang est de 200 grammes !nviron par 24 heures.

La constipation s’observe plus fréquemment que la diarrhée bilieuse ordinaire. Les accès sont légers, graves, pernicieux,

Kliuhujie. ~ Succède toujours à des accès de fièvre intermittente. Le

MALADIES CLIMATÉRIQUES

long du fleuve du Sénégal, il est d’usage aujourd’hui de prendre du sulfate de quinine comme moyen préventif, et on s’en trouve bien .

Deux saisons au Sénégal partagent l’année : la première, dite saison sèche, s’étend d’octobre à fin de mai. Pendant cette période de huit mois, il ne pleut qu’à de très longs intervalles et très lieu. L’hivernage (saison des pluies), commence ordinairement en juin et finit en octobre. C'est la saison des pluies torrentielles, des orages violents et de ces brusques perturbations dans la direction et la vitesse des vents, que l’on désigne sous le nom de tornades. Aux chaleurs accablantes de cette saison s’ajoute la sensation énervante de ratinosphère qui, pendant cette période de l’année, accuse un maximum constant de saturation hygrométrique.

Cependant ce n’est pas la saison dont l’influence pathogénique est la plus redoutable, mais bien le commencement de celle qui la suit, et qu’on appelle l’arrière saison de l’hivernage.

C’est en effet, pendant les mois d’octobre, novembre et décembre que l’on observe les lièvres graves, à formes diverses, et l’on peut dire que l’élément bilieux domine presque toujours la constitution médicale régnante, car c’est alors que se produisent les formes les plus accentués de la fièvre bilieuse liématurique, qui revêt le caractère pernicieux et des complications qui en précipitent l’issue funeste.

D’après ce qu’en dit M. Dutrouleau, la fièvre bilieuse liématurique de la Martinique et de la Guadeloupe diffère peu de celle du Sénégal, par la gravité des symptômes cérébraux ataxo-adynamiques, elle peut être intermittente, rémittente ou continue. La fièvre rémittente bilieuse ictérique est d’une excessive gravité à la Guyane (Laure) ; il en est de mèjne à Madagascar (Daullé). Entre autres lésions anatomiques, il faut noter la congestion hypérémique des reins et du foie; l’engorgement et le ramollissement de la rate.

A Cayenne, comme à Madagascar, la coloration de l’urine est plutôt due à la bile qu’au sang. Il faut donc laisser à la fièvre rémittente bilieuse son nom primitif, et la dire compliquée d’hématurie, quand il y a du sang dans les urines. Le tort, croyons-nous, est d’en vouloir trop généraliser la manifestation, qui ne se révèle que dans quelques contrées équatoriales.

Les avis sont partagés sur l’idenlité et la non-identité de la fièvre bilieuse liématurique, avec la fièvre jaune sporadique. On a observé que pendant que les Européens nouveaux venus avaient la fièvre jaune proprement dite, les prétendus acclimatés avaient la même fièvre compliquée d’hématurie.

Ce dernier cas, n’est évidemment qu’une complication accessoire. M. Le Bel, déclare qu’il n’est pas possible d’établir de différence entre la fièvre rémittente bilieuse grave et la fièvre jaune sporadique, mais la fièvre jaune épidémique donne lieu à des vomissements noirs, qui la caractérisent spécialement. D’autre part, dans la fièvre jaune épidémique, il n’y a pas de sang dans les urines (pii sont rares. Enfin, M. Le Bel ajoute (pie si la fièvre jaune n’était qu’une fièvre rémittente bilieuse, l’emploi de la quinine aurait fourni plus d e cas de guérison .

Page 1