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CLIMAT DE SÉNÉGAL

Nous répondrons (pie la gravité des fièvres rémittentes (gastro-céphaliques hématuriques, Amarilles), peuvent être trop souvent au-dessus des ressources de l’art par leur excessive gravité. Mais ce n’est pas une raison pour hésiter dans l’emploi du médicament qui n’en reste pas moins plus efficace que tout autre. C’est donc avec raison que M. Barthélemy Benoit, s’exprime ainsi sur ce point important de la thérapeutique : « Si l’on consulte l’expérience pratique de la plupart des médecins, on voit que dans le plus grand nombre de cas, le traitement se résume dans l’emploi presque exclusif des évacuants (surtout à l’ipéca), et du sulfate de quinine. »

De la fièvre articulaire ou Dengue (1). — On a désigné sous le nom de Dengue, une maladie fébrile qui, à différentes époques, se manifeste sous forme épidémique, dans un grand nombre de localités tropicales et subtropicales du nouveau et de l’ancien-monde. Elle est caractérisée par un mouvement fébrile, de l’embarras gastrique, des douleurs articulaires et musculaires de nature rhumatismale, un exanthème se rapprochant à la lois de la scarlatine, de la rougeole et de l’urticaire. La convalescence est surtout remarquable par l’état de prostration. Cette maladie a été désignée a la Réunion, sous le nom de fièvre rouge, fièvre chinoise, et au Brésil, sous celui de fièvre polka; de fièvre rouge exotique au Sénégal. En juillet et août 1864, elle sévit aux Canaries, et fut suivie d’une épidémie de fièvre typhoïde en septembre.

Au Sénégal, dit M. Thaly, les Européens emploient les désignations de fièvre rouge, fièvre articulaire, fièvre rouge exotique, dengue, pour distinguer une maladie fébrile des pays chauds, qui sévit habituellement sous la forme épidémique.

Les symptômes sont du malaise avec embarras gastrique bilieux ; des douleurs polyarthri tiques, un mouvement fébrile qui revêt des types variés , s’accompagnant d’une, éruption exanthématique, qui peut simuler la roséole, la rougeole ou la scarlatine, avec gonflement du nez. A part ce dernier caractère, la dengue de Gorée est la fièvre rhumatique avec urticaire, éruption miliaire ou autre, qu’on observe fréquemment en Italie et en Algérie.

C’est donc avec raison que M. Thaly ajoute : les douleurs articulaires sont très remarquables ; elles constituent en quelque sorte, le caractère pathognomonique de la dengue qui, pour ce motif, est mieux désignée sous le nom de fièvre articulaire.

Ces douleurs ne manquent jamais dans les cas légers, elles peuvent se borner aux articulations des extrémités, mais dans les cas graves, elles gagnent les grandes articulations, se généralisent et déterminent notamment une rachialgie très douloureuse. Toutefois, il est à noter qu’on ne constate ni chaleur ni gonflement articulaire: l’aiThralgie est esscn-

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chez les blancs; signe négatif, qui rapproche la dengue de la fièvre rhuniatique.

Inutile d’ajouter qu’on ne distingue pas d’éruption chez les noirs, qui cependant, ne sont pas épargnés par le n'dagamonte, la dengue.

L’exanthème peut occuper tout ou partie de la surface cutanée; son évolution n’est pas toujours régulière, elle peut être continue ou intermittente, à la façon de l’urticaire de nos climats. L’éruption continue, dont la durée varie de o à 5 jours, ne se termine pas par desquamation, que les taches soient érythémateuses, morbiliformes ou scarlatiniformes.

Le nez se tuméfie, devient rouge, luisant, offre les mêmes caractères que dans les cas d’érysipèle de la face; ce symptôme n’a rien de grave.

La maladie est généralement bénigne, et se termine par la guérison en 4 ou 5 jours. Cependant la convalescence est pénible.

Le traitement de la fièvre articulaire, dit M. Thaly, est des plus simples dans la pluralité des cas : un laxatif, des boissons acidulées et le repos, suffisent pour permettre aux malades de reprendre leurs occupations en quelques jours.

Les onctions avec des liniments camphrés ou chloroformés, calment les douleurs. Dans les cas où l’éruption est intermittente, il faut se hâter d’employer le sulfate de quinine. Des toniques, les préparations de fer et de quinquina, doivent concouru’ avec des aliments réparateurs et des vins généreux, à relever les forces pendant la convalescence des cas sérieux de fièvre articulaire des pays chauds.

Étude sur la fièvre courbaturale ou dengue (1). — Synonymie. ■ — Scarlatine rhumatismale ; fièvre épidémique éruptive de l'Inde ; fièvre rhumatismale avec irritation gastrique; fièvre articulaire éruptive; fièvre rhumatismale éruptive; fièvre articulaire exanthématique; fièvre rouge; fièvre articulaire des pays chauds.

M. Leroy de Méricourt la définit fort bien : la dengue est une maladie fébrile qui, à différentes époques, se manifeste sous forme épidémique dans un grand nombre de localités tropicales et sub-tropicales, du nouveau et de l’ancien monde. Elle est caractérisée par un mouvement fébrile, de l’embarras gastrique, des douleurs articulaires et musculaires de nature rhumatismale, un exanthème se rapprochant à la fois de la scarlatine, de la rougeole et de l’urticaire. La convalescence est surtout remarquable par l’état de prostration.

Le pronostic n’est pas grave, et c’est avec étonnement qu’on voit des tendances à faire de cette simple fièvre rhuniatique, avec exanthème, « la racine de la fièvre jaune. » Celle idée, nous paraît aussi bizarre que l’expression qui la formule.

La dengue n’est pas grave par elle-même, mais la manière illogique

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CLIMAT DE SÉiSÉli VL .

dont on la traite généralement, conduit à cette débilité qui caractérise la convalescence.

Les évacuations sanguines, les vomitifs, les purgatifs, les aspersions d eau froide etc. font plus de mal que le mal lui-même, et pour le malade « le moindre grain »... de sulfate de quinine, qu’on voudrait bien lui donner ferait bien mieux son affaire.

Quelle déplorable tendance que cet abus de la phraséologie néologique en nosologie, faisant perdre de vue le fond de la maladie, sous de trompeuses étiquettes, et égarant le praticien au lit du malade. On sacrifie l’indication, l’utilité clinique, pour le luxe des variétés trop fantaisistes.

En résumé, dit M. Rey :

11 se rencontre dans les pays chauds une pyrexie bénigne, la fièvre courbaturale, que son aspect général permet de rapprocher des fièvres éruptives, ses symptômes, l’éruption venant à manquer, se passent inaperçus, ressemblent si exactement à ceux de la fièvre jaune, qu’il est très dillicile (Dutrouteau, p. 256), de distinguer au début ces deux maladies lune de 1 autre. (N oublions pas de dire que la dengue est, pour l’auteur cité, la fièvre inflammatoire des Antilles.)

Quant au traitement, Twining trouve que les émissions sanguines ne sont en aucune façon indiquées dans cette fièvre, et il considère les aspersions froides comme un moyen très hasardeux.

Cawell a appris, aussi par expérience, que les déplétions sanguines ne donnent pas ce qu’en attendent ceux qui les employent. Mouat conclut de même, et ajoute qu’elle ne font qu'augmenter l’épuisement du malade, (quand elles ne le tuent pas).

Quant aux purgatifs, leur inévitable effet, au minimum, c’est l’aggravation des douleurs, qui se produit à chaque effort d’évacuation.

On s’accorde à reconnaître de bons effets à l’emploi de l’ipéca au début, produisant une abondante évacuation bilieuse.

Les toniques (quinine, fer, cordiaux, les stimulants et un bon régime), ne seront pas oubliés. Ici nous sommes d’accord avec M. Rey, qui dit avec juste raison : comme vomitifs nous prescrivons l’ipéca plutôt que tout autre. Ce médicament semble se prêter tout spécialement à la thérapeutique des maladies des pays chauds, en ce sens qu’il s’adresse non pas seulement à l’appareil intestinal, mais plus directement au foie, qui sous la zone torride peut si souvent être soupçonné. De plus, l’ipéca a cet avantage d’alléger sans débiliter; il ne remue pas profondément l’économie comme le tartre stibié ; il ne déprime pas avec cette intensité et celte longue durée propres au sel d’antimoine. On donnera l’ipéca à la dose d’un gramme au moins, divisé en deux prises, et laissant un intervalle de 2 à 3 heures entre la première et la seconde. Après chaque prise on fera boire plusieurs verres d’eau tiède, pour rendre les vomissements plus laciles. Après on prescrira le sulfate de quinine à la dose de 50, 80 centigrammes, et, dirons-nous de préférence, à un gramme et au-dessus pour les adultes, autant comme antipériodique que comme névrosthénique, ce

MALADIES CLIMATERIQUES.

qui est tout un pour nous. La fièvre étant enrayée, le côté dangereux de la maladie c’est la débilité, l’atonie; ausSi convient-il d’alimenter promptement le malade, de lui offrir du bouillon et du vin, pour arriver progressivement à un régime plus substantiel et plus réparateur. Le vin de quinquina, un verre d’infusion amère, quelques grains de rhubarbe sont d’un bon effet. Les ferrugineux viendront après.

Les douleurs articulaires et musculaires sont ordinairement très vives. On 11e peut que bien peu de chose contre ce symptôme. Des frictions sèches, un léger massage, quelques applications faites très délicatement d’un Uniment au chloroforme, à la térébenthine, apportent parfois un peu de soulagement. Mais le plus souvent on ne fait qu’exaspérer les souffrances.

La convalescence toujours pénible se complique aisément de récidive, de fièvre, de scorbut, de dyssenterie. Le changement de climat est indispensable.

Contributions a la pathologie de la race nègre (0. — Fièvres continues et typhus. — Le typhus icléroïde, même pendant les épidémies les plus meurtrières atteint très rarement les noirs. La fièvre typhoïde peu fréquente chez l’européen transporté en Afrique, ne se montre que très rarement aussi chez les nègres.

Variole. — Les nègres marqués de la petite vérole offrent des dépressions moins profondes que celles de l’européen, il serait important de savoir qu’elle part peut avoir dans ce résultat, la pratique habituelle chez eux de frictionner le visage et tout le corps de sable chaud, aussitôt que la période de suppuration s’établit.

Le diagnostic différentiel de la rougeole et de la scarlatine est bien un peu obscur au début, mais on y arrive avec de l’habitude.

Fièvres intermittentes. — Les noirs jouissent d’une immunité relative quant aux fièvres intermittentes, mais ils sont plus sujets que les Européens aux accès de fièvre tierce et quarte, presque toujours avecla forme bilieuse.

Les noirs ont rarement la scrofule au Sénégal. Le pleurodynie et le lumbogo les affectent plus souvent que le rhumatisme articulaire.

La goutte chez les noirs de la classe aisée aux Antilles, n’existe pas chez ceux du Sénégal.

Le cancer est rare. L’anémie est fréquente chez les deux sexes, s’accompagnant de pica , de malaria.

Le scorbut ne s’observe que chez les nègres mal nourris qui habitent le littoral. Le rachitisme est rare.

Névroses. — Les cas de folie sont nombreux. Les abus vénériens et alcooliques les prédisposent à la paralysie générale progressive.

L’eclampsie fait périr beaucoup de négrillons. Le mal des mâchoires (tétanos des nouveaux nés), est la cause de la plus grande mortalité des

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