‹ Traité de climatologie geńeŕale du globeChapitre 179 sur 215 · CLIMAT DE L AMÉRIQUE CENTRALE · texte numérisé non relu

CLIMAT DE L AMÉRIQUE CENTRALE

Nouvelle-Grenade. — • Panama. — La ville de Panama, située au fond de la baie de même nom, est construite sur une presqu’île. La topographie de l’endroit est fangeuse et humide, par des pluies torrentielles et une chaleur étouffante.

Du 21 août au 17 septembre (?), la température moyenne diurne a été de 20° C.

Température moyenne de la mer, à la surface, 28°.

Il y a deux saisons à Panama, comme sur toute la côte : la saison humide de mai à décembre, et la saison sèche, qui ne comprend quq cinq mois, au plus : janvier, février, mars, avril et mai.

Les fièvres intermittentes dominent la pathologie de la population, composée d’Américains, de nègres, de mulâtres, d’Anglais et de Français. Quoique rares, il y a des fièvres comateuses pernicieuses.

La fièvre rémitente bilieuse y est fréquente; on y observe aussi des diarrhées; la dyssenterie et l’hépatite s’y montrent communément.

La fièvre jaune, sans y être endémique, y sévit souvent.

Le choléra a régné plusieurs fois à Panama, mais il y a été de courte durée.

La phthisie pulmonaire est loin d’être, rare surtout sur les Européens. M. Duplouy ajoute que les documents relatifs à la colique sèche, manquent de précision scientifique.

La haie Baiua-Honda, est entourée de montagnes couvertes d’une abondante végétation. La température varie de -|- 50° à -j- 25° centigrades, les fièvres y sont fréquentes, de même que les diarrhées, la dyssenterie se compliquant d’anasarque.

Des divers points de la côte de Veraguas, Pueblo-Nuevo, est le plus insalubre. La chaleur y varie de — |— 31 à — j— 25 degrés centigrades. L’humidité excessive produit une évaporation incessante, qui se condense, la nuit et le matin, en brouillards épais, couvrant en nappe la contrée : c’est le drap mortuaire des Savanes, selon l’expression des indigènes qui, en proie à la cachexie fébrile, paient un fort tribut à la mortalité.

Epidémie de fièvre jaune à Cayenne en 1855-1856 (t). • — - Deux saisons se partagent l’année à Cayenne : l’une, pluvieuse et de longue durée, l’autre, sèche et plus courte. La température est toujours chaude et humide; l’écart thermométrique annuel n’est que de 4 à 5°. La moyenne annuelle est de 27°.

La ville de Cayenne jouit d’une salubrité relative, par son exposition aux vents E. N.-E. qui lui donnent une atmosphère maritime.

1850-1851. — Après 48 ans d’immunité, la fièvre jaune reparaît, en suivant une marche ascensionnelle, du sud au nord du Brésil, vers la Guyane. Les créoles de couleur ou non et les noirs furent atteints, comme lesEuro-

(1) D’après M. Kerluirl.

MALADIES CLIMATÉRIQUES

péens, mais dans des proportions moindres. Ce fait s’observe, du reste, tou testes fois que les épidémies sont séparées par de longues périodes.

Épidémie de 1855-1856. - En mai 1855, dit M.KcrhucI, la fièvre jaune se déclara subitement à bord du bâtiment hôpital le Gardien. Le mal atteignit toute son intensité en juillet, août et septembre. Les derniers

arrivés eurent le plus à souffrir.

La fièvre jaune, celle année la, n absorba point les aulics endémies qui suivirent leur cours. M. Kerhuel révoque en doute l’incubation. La teinte ictérique a été observée 1 GO fois sur 200, dans la période première dite

légère.

La forme a été adynamique, ou ataxique, ou alaxo-adynamique; elle a été caractéristique en cas graves : teinte ictérique constante, hémorrhagies fréquentes à la surface des muqueuses des voies digestives. L’hémorrhagie stomacale (l’hématemèse), constitue le vomissement noir, dont la qnantité peut s’élever à plusieurs litres. Ces cas sont presque toujours mortels. Les selles hémorrhagiques sont toujours excessivement graves.

L’hémorrhagie par les piqûres de sangsues, s’est montrée sur 22 malades dont 13 ont succombé. Il faut ajouter les ecchymoses et les hémorrhagies intermusculaires. Dans tous ces cas la suppression urinaire est presque constante. La suppression totale, qui a été de 109, fois sur 596 a toujours été suivie de mort.

L’albuminurie a été notée :

Les sudamina et surtout les pétéchies sont un signef àcheux; il en est de même des parotidites suppurées ou non et du hoquet.

M. Kerhuel admet le développement de la fièvre jaune par V atmosphère, (et il a raison, c’est bien une maladie climatérique).

« Le défaut d’acclimatement, voilà la principale, peut-être la seule cause prédisposante. » Mais l’acclimatement véritable, c’est-à-dire l’immunité, est-elle possible? Il faut en douter, car M. Dutrouleau constate qu’au moment où éclata l’épidémie de 1851, à la Martinique, les militaires ayant quatre et cinq ans de colonie, et déjà éprouvés par les maladies épidémiques, fournirent autant de malades et de morts que les soldats et les marins, arrivés depuis quelques mois ou depuis quelques jours seulement.

Traitement. Nullité du résultat de l’inoculation prétendue préservatrice. En résumé, il n’y a qu’à faire la médecine des symptômes, la seule possible, ditM. Brassac, malgré toutes les tentatives de l’empirisme, pour arriver à la découverte d’un spécifique contre ce terrible fléau.

Ulcère de Cayenne. — D’après M. Chapuis, il y a identité entre l’ulcère observé à la Guyane française et celui décrit sous le nom de Ché-Ham, ulcère de Saigon, de Cochinchine, ulcère Annamite.

On peut considérer comme identiques, aussi par leur cachet accidentel et phagédémique, l’ulcère de Madagascar, du Sénégal, de PYemen, de la côte Mozambique, de la Nouvelle-Calédonie.

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