CLIMAT DU RR LSI L ET DE LA PLATA
Tous ces ulcères ont aussi un lien de parenté avec l’ulcère grave des débardeurs (France), des ouvriers des rizières (Piémont). M. Le Roy de Mérieourt, dit avec raison : « les ulcères atoniques graves, observés dans les pays chauds, ne sont que les manifestations, à divers degrés, du phagédénisme, souvent endémique dans la zone tropicale. »
Climat du Brésil et de la Plata (1).
Sur la côte du Brésil, Rio, Bahia et Fernambouc ont des périodes épidémiques de longue durée, réunissant tous les dangers des endémies tropicales, depuis la fièvre intermittente simple jusqu’à la fièvre jaune.
D’autres points ont les bénéfices des climats tempérés, dans des régions ■salubres, comme l’estuaire de la Plata, en dehors toutefois des épidémies.
L’époque de l'année la plus convenable pour arriver au Brésil, court du mois de janvier au mois de septembre; plus tôt, les influences de l’hivernage précédent ne sont pas encore éteintes; plus tard, on entre dans le semestre des fortes chaleurs et de la plus grande activité pathologique.
Le mois de juin, juillet, août et septembre sont les plus frais, les plus salubres et ceux du minimum d’intensité des endémies. Quand la fièvre jaune a régné en été, ce qui est la règle générale, elle cesse ordinairement, du moins sous forme épidémique, à partir de juin ou de juillet; elle ne reprend qu’en novembre son minimum de gravité.
La syphilis est commune au Brésil, où la prostitution est libre et sans contrôle.
Périodes d'épidémies. — Annuellement, les épidémies ravagent les côtes du Brésil, l’estuaire de la Plata, les rives des grands fleuves et jusqu’au cœur du continent; ce sont : la fièvre jaune, la variole, le choléra, depuis Fernambouc jusqu’à l’Assomption, au Paraguay.
La fièvre jaune endémique à Rio, reparaît à chaque hivernage ou à peu près.
Le choléra a décimé les armées alliées au Paraguay, et a paru épidémique, pour la seconde fois, à Rio, en 1807 et 1808, mais il semble éteint, pour le moment, dans ces parages.
Bafiia. — La ville de Bahia, capitale de la province du même nom, dans la magnifique baie de Tous les Saints, se divise en ville Basse et ville Haute, sur un plateau d’une soixantaine de mètres d’élévation.
Les médecins de Bahia et de Rio, ne sont pas d’accord au sujet de deux maladies réputées endémiques dans cette province rie béribéri et l’aïnhum. Les médecins de Rio n’admettent point le béribéri, ils pensent que l’on confond sous le nom de béribéri plusieurs affections bien distinctes, entre autres, la fièvre typhoïde, une forme de méningite spinale épidémique et
(1) D’aprùs M. Hoiirel-Konoièro.
MALADIES CLIMATÉRIQUES
le scorbut. Nombre de noirs, envoyés à l’armée du Paraguy, ont succombé au béribéri, sous ses différentes formes paralytique, œdémateuse et mixte.
Beaucoup de noirs, venant du théâtre de la guerre, se plaignaient de douleurs rhumatismales, occupant les membres inférieurs, avec ou sans œdème. Ce serait là, pour les médecins de Bahia, le premier degré de béribéri, c’était pour ceux de Rio, dit M. Vauvray, du scorbut, qu’un traitement approprié faisait disparaître promptement.
L’aïnhum est regardé, à Bahia, comme une maladie distincte de la lèpre; à Rio, où l’affection est plus rare, on la considère comme une forme de lèpre. M. Vauvray a observé un orteil amputé, dont l’os était dur et résistant, diminué de volume, mais paraissant sain.
On observe, à Bahia, le mal de cœur des nègres, la cachexie aqueuse, vulgairement connue sous le nom de cançaço, opilacao (obstruction). Le mal attaque les blancs comme les noirs, placés dans les mêmes conditions mauvaises. Cependant, frappé de l’existence constante, dans la cachexie aqueuse, de l’ankylostome duodénal, le docteur Vuckerer, s’est demandé si cet entozoaire ne serait pas, sinon l’unique, au moins la principale cause de la maladie. Ce ver, par ses crochets, s’implante à la muqueuse intestinale, et opère directement la succion du sang. Ce fait expliquerait l’anémie et le peu de succès du traitement tonique, tant que l’helminthe n’est pas détruit.
La première indication à remplir est donc de se débarrasser du ver. Après de nombreux essais d’élaterium, d’assa fœtida, de coloquinte, d’aloës,de térébenthine, de calomel, etc., on s’est arrêté au lait de gamelleira, suc du ficus dolicaria. Après son emploi, les toniques réussissent, à peu près, constamment.
Jamais on n’est parvenu à découvrir l’ankystotome dans les selles. On ne connaît ni sa provenance ni ses transformations; le docteur Wuckerer a découvert, plusieurs fois, des œufs chez les femelles, un peu plus grandes et plus nombreuses que les mâles. Il a trouvé également une espèce d’ankystotome dans l’estomac, des serpents ; ces vers provenaient probablement d’animaux ingérés auparavant.
Depuis que l’attention a été appelée sur l’ankystotome, on le recherche avec soin dans toutes les autopsies, et à Rio, comme à Bahia, on l’a rencontré dans les cas de cachexie aqueuse, ce n’est pas à dire qu’on ne puisse le trouver dans d’autres maladies (fièvre typhoïde, dyssenterie), mais ilny est pas toujours, et le nombre en est alors très restreint.
Les autres maladies qui se présentent à Bahia sont celles des pays chauds (fièvres d’accès, dyssenterie, tétanos chez les noirs, etc.). La phthisie, à elle seule, donne 17 pour 100 des décès annuels. Viennent ensuite, les fièvres, les hydropisies, le tétanos. La syphilis est excessivement répandue, et l’on parle sans vergogne du Gallico. Notons en passant que les Brésiliens n’ont pas plus de tort d’appeler mal gaulois, que nous mal américain, le mal dont l’ubiquité égale la pérennité.
A Bahia. comme sur toutes les côtes du Brésil, on ne connaît que deux