CLIMAT DES TERRES MAGELLANIQÜES
petits ports dépendants des républiques du Chili, delà Bolivie et du Pérou. Le sol montagneux y est partout d’une extrême aridité, mais fournit beaucoup de minerai. Tous ces ports, dits intermédiaires, se trouvent dans le sud du Tropique, et leur température habituelle est de 2G et 27 degrés. Les vents du sud constituent là les vents généraux ou alisés, et soufflent à peu près constamment. Il y a partout pénurie d’eau douce : celle qui provient des puits creusés par les habitants au bord de la mer, est souvent saumâtre et donne la dyssenterie, dit M. Couffon, à tel point qu’on a construit d’immenses machines distillatoires, pour rendre potable l’eau de la mer.
Les villes un peu considérables sont toutes situées de l’autre côté de la chaîne des montagnes qui longe le bord de la mer, dans cette partie de l’Amérique du Sud. Placées sur les plateaux et vallées qui séparent les nombreuses ramifications des Cordilières, elles jouissent, par leur altitude relative, et des bénéfices d’une puissante végétation et d’un climat plus tempéré .
Les maladies dominantes des Puertos intermedios, surtout de la Serena et de Coquimbo, sont les fièvres d’accès et la dyssenterie, et consécutivement l’hépatite.
Chavalongo. — Les Chiliens, dit M. Baron, sont atteints d’une maladie fort grave qu’ils nomment chavalongo , caractérisée par une céphalalgie violente, la carphologie et les soubresauts des tendons, le délire, la rougeur et la sécheresse de la langue, et, plus tard, par la stupeur. Cette encéphalite, ou plutôt cette gastro-encéphalite, est le plus souvent mortelle; les malades qui n’y succombent pas ont une convalescence longue et pénible. Plusieurs tombent dans la phthisie, qui, une fois développée, fait, àValparaiso, des progrès très rapides ; d’autres, enfin, n’échappent à la mort qu’en devenant stupides et fous. Le chavalongo des Chiliens est bien voisin de notre fièvre typhoïde, si ce n’est pas la fièvre typhoïde même.
Lepidia con calambre (coliques avec crampes) : c’est la cholérine de Valparaiso.
Empacho. Affection qui, à Valparaiso, a beaucoup d’analogie avec la colique végétale de Madrid.
Flato. Nom donné à la tympanite suffocante du Chili (1).
Colo. Le goitre de Santiago.
Climats des Terres Magellaniques.
La topographie du détroit de Magellan se divise en deux parties : orientale et occidentale; la première, bordée de deux côtés par des terres basses sablonneuses, ayant pour limites, au nord, les monts Gregory, au-delà dcs-
(I) Voir : Climal do Valparaiso.
MALADIES CLIMATÉRIQUES
(juels se trouvent les Pampas de la Patagonie. La seconde, formée de hautes montagnes, la plupart couvertes de neiges, ayant, au sud, la terre de la Désolation, présente, dans la partie nord, des forêts vierges. M. Rochas, chirurgien major du Slyx, y a recueilli quelques données météorologiques en 1850, du 24 juin au 5 août (hiver de l’hémisphère sud : minimum de température — 5°; maximum -j- 7° ; moyenne barométrique 746,6. Trois jours de pluie, quatre jours de neige, un jour de grêle.
En été, même détroit : du 50 novembre au 8 décembre, thermomètre maximum, -j- 14°; minimum, -f- 4", 5; moyenne barométrique, 732,1. Vents S. -O. N. -O.
Il y a des fougères et des myrtacées, du céléri fort utile aux marins.
Les voyageurs et surtout Dumont d’Urville, ont noté parmi les espèces végétales, les algues, les lichens, les mousses, les équisétacées, les naïadées, les graminées, les broméliacées, les conifères, genre cupressus, les cupulifères, genre fagus, les empétracées,loranthacées,magnoliacées ; les berbéridées, les papillonacées, genre cytisus, les rosacées, les ombellifères, les borraginées, les œnothéracées, genre fuchsia.
Il y a des mollusques et des poissons en abondance, du gibier de mer, des moules fort saines, venus et patelles. Ces dernières doivent être mangées cuites; crues, elles donnent des nausées. Pour les relâches, les Patagons fournissent un peu de viande de guanaco, (camelus hisanacas), et d’autruche.
Les stations du détroit sont fort saines. Les Patagons ont un développement athlétique, mais les jambes sont courtes par rapport au tronc. Les extrémités sont fines surtout chez les femmes.
Dans les îles de la Terre de Feu, il y a les Pêcherais et les Fuégiens, vivant dans des pirognes pour la pêche du phoque surtout, qu’ils attaquent avec des lances terminées par un os. Ils sont lourds et trapus, à cheveux plats et très noirs. La peau du corps (toujours couverte), est plus brune que celui du visage qui est découvert, taille moyenne, lra62.
On manque de renseignements sur les maladies des populations de ces contrées.
D’une manière générale, comme à bord des bâtiments qui fréquentent les côtes d’Irlande et le grand banc de Terre-Neuve, on observe, dans le détroit de Magellan : la bronchite, la pleurésie, le rhumatisme articulaire, la pneumonie, la stomatite ulcéro-membraneuse, les engelures extrêmement fréquentes, de même que les furoncles et le panaris.
Ile Maurice. — Indépendamment de la mortalité occasionné par la dyssenterie, les accidents et les autres affections, en ne tenant compte des maladies classées sous le titre général de fièvres , on trouve, dans un rapport du Dr Borins, le tableau suivant indiquant le nombre des entrées a l’hôpital, pour diverses formes de fièvres, ainsi que la mortalité qui en est résultée.