CLIMAT DES INDES ORIENTALES
intermittente sont les précurseurs de la maladie, se compliquant d’hypérémie du foie, d’engorgement de la rate, etc.
C’est à l’hôpital militaire de Simpany, dans le service du Dr Ester, qu’à l’exemple des médecins anglais, on a essayé l’acide sulfurique contre la dyssenterie.
Les résultats ont été satisfaisants. L’acide sulfurique est administré dilué, à la dose de 2 à 8 grammes par jour, dans une potion mucilagineuse, avec du sirop de morphine.
Les médecins qui ont employé souvent l’acide sulfurique, aflîrment que le retour à la santé est plus rapide et plus complet, qu’on a moins de complications du côté du foie, et que les récidives sont rares.
Les diarrhées fréquentes n’ont pas une grande gravité, mais en temps d’épidémie cholérique, elles sont presque toujours prémonitoires.
Le choléra sporadique en permanence est souvent épidémique et grave.
La syphilis est très répandue et grave.
Samarang. — Au bord de la rivière du même nom.
Tempérât are :
Thermomètre
Celsius ou centigrades
maximum
Janvier .
Juillet . . . .
Février .
Mars.
Septembre .
Avril.
Octobre.
Mai ....
Novembre .
Juin .
Décembre .
Janvier a de 24 à 25 jours de pluie.
Ceux qui souffrent de rhumatismes chroniques, de syphilis constitutionnelle, de syphilis héréditaire et de frambœsia (bouton d’Amboine), vont chercher la santé dans l’établissement thermal de Plantœngan.
On y obtient des résultats très satisfaisants, de l’eau iodée de la source.
Pathologie. — Les fièvres intermittentes sont fréquentes à Samarang. Les quotidiennes sont celles qu’on observe le plus. Les accès pernicieux sont de 1 cas sur 8 de fièvre d’accès, on compte 1 décès sur 14 cas de fièvres malignes.
L’hépatite est fréquente.
La dyssenterie, sporadique d’ordinaire, est souvent épidémique et grave. La mortalité est plus fréquente que pour les autres maladies réunies.
Les variations de température occasionnent beaucoup d’affections catarrhales, du tube digestif surtout. La fréquence des affections rhumatismales est considérable.
La syphilis est répandue.
La cholérine, le choléra sporadique, et le choléra éqidémiquc sont fréquents.
MALADIES CL I M A T 11 H I y LES.
C’est en novembre que sévissent les lièvres rémittentes et les maladies du foie.
Passaroeang (chef-lieu). — La température diurne est le matin de 24-, à midi de 50°, le soir 27". En juin, juillet, août, le thermomètre, à midi, marque parfois 55°, rarement 55°.
Pathologie. — La dyssenterie et les lièvres rémittentes y sont relativement rares. Diarrhée, rougeole.
Engorgement des glandes sous-maxillaires (oreillons) ! Les fièvres intermittentes dominent.
L’helminthiasis est assez fréquente parmi les enfants. Chez les adultes le tœnia n’est pas rare. La petite vérole sévit moins, depuis les progrès des vaccinations.
La dyssenterie est rare, les ophthalmies fréquentes.
La syphilis a été très répandue à Passaroeang.
La lèpre se montre de temps à temps, on est convaincu de sa non-contagiosité.
Le bouton d’Amboine (frambœsia), est fréquent chez les enfants et chez les jeunes femmes malaises.
Le béribéri a sévi parmi la population de l’intérieur en 1741 , coïncidant avec une disette générale. Dans cette épidémie, 8000 personnes furent atteintes.
Climat de Bornéo.
Principauté de Koeti, 100,000 âmes. — Les fièvres intermittentes sont fréquentes; il n’est pas rare de leur voir prendre le caractère pernicieux.
La dyssenterie y est plus rare qu’à Java ; de même que les affections du foie qui accompagnent cette endémie.
Les changements brusques de température expliquent la fréquence des affections bronchiques. C’est à bord du brick de guerre néerlandais Padang , que s’est montré, pour la première fois, en 1 851 , dans ces parages le béribéri, ce triste compagnon du scorbut et des fièvres.
La syphilis et la lèpre sont assez rare. — La variole commence a être moins intense et moins fréquente, depuis que, parles soins du gouvernement, la vaccine est propagée parmi les indigènes.
Pandjar-Masin. — Sur Pile Tatas, par 5" de lat. sud. — Quelquefois le thermomètre monte à 57°; grande chaleur, grande humidité.
Température moyenne annuelle :
matin.
midi.
soir 40 h
La plus élevée La plus basse
CLIMAT DE BORNEO
La température la plus basse a été observée au mois d’avril à 19°.
190 jours de pluie par an; il pleut surtout en décembre, janvier et février.
Maladies : Fièvres, bronchites, pneumonies, coqueluche, rhumatismes, ièvres rémittentes bilieuses. 11 y a des cas de lièvre typhoïde.
L’hépatite n’est pas rare.
La dyssenlerie est peu fréquente et peu grave.
Épidémies de variole et de choléra.
Rougeoles fréquentes.
La syphilis est répandue.
Bouton d’Amboine.
Lèpre, icthyose.
Éléphantiasis des Arabes.
Mal de pied perforant.
Gale, eczémas, herpès.
Bornéo. — Poison des flèches des naturels (tribus errantes du nord de lornéo).
Deux poisons fournis par le siren-hoom (polion sirem) et le ipochester.
Le siren-boom est l'antiaris toxicaria (antocarpée) .C’est un des arbresles dus gigantesques des forêts des parties montagneuses de l'intérieur de 3ornéo.
A Java on le connaît sous le nom d 'antsjar, en malais pohon-upas (arbre i poison).
Le ipochester (pohon ipoe ou ipoh), est le strychos tienté (apocynées).
Le tejettek des Javanais. C’est une plante grimpante qui vit à l’ombre les grands arbres, dans les districts montagneux. On recueille le suc qui i’écoule d’une incision, ou entaille oblique, faite au- siren-boom. On le éduit par la chaleur à l’état d’extrait mou. On y ajoute le suc de la racine le l’ipoe et plusieurs autres.
Dans l’ipoe-hester c’est la strychnine qui est le principe actif ; dans le ■iren c’est l’antiarine.
Les flèches empoisonnées ainsi, feraient des blessures mortelles, aux grands animaux et aux hommes.
Les naturels de Bornéo tuent ainsi des porcs sauvages, et en mangent la liair qui serait ainsi sans nocuité, par suite de la cuisson. Nous avons vu les Chinois manger impunément des chevaux morveux, la chair boullie tant ensuite passée parles assaisonnements de leur cuisine épicée.
Pathologie (D. — - Influences météorologiques et autres causes endéini- [ues de maladies.
Sur le littoral de Pontianak et Sambas, les moussons ne sont pas si lettement dessinées qu’à la côte sud-est de Bornéo. En général il y tombe •eaucoup de pluies, surtout dans les mois qui représentent la mauvaise
I) D’après M. Boeder, médecin néerlandais. (Archives de med , navale).
MALADIES CLIMATElUQl.'ES .
saison. Elles coïncident avec une température moins élevée ; le ciel est alors généralement couvert, et des bourrasques accompagnent les pluies souvent torrentielles. C’est aux mois (le novembre, décembre, janvier et février, que la température estrelativementla moins élevée (20° et 28"). Les changements brusques de temps, l’humidité de l’atmosphère, les vents frais, donnent lieu à des catarrhes , des bronches et des intestins. On observe alors les bronchites aiguës, la pneumonie, les diarrhées aiguës, la dvssenterie, les cholérines. Alors les fièvres endémiques sont plus rares .
Du mois de mars à septembre, la température moyenne monte; les pluies sont plus rares; les vents d’est sont assez réguliers, et les brises de terre et de mer alternent. C’est la bonne mousson sur la côte occidentale de Bornéo. La température s’élève alors à 50 et 51 u. C’est la saison des dyssenteries et des fièvres intermittentes, coïncidant avec l’excessive chaleur des jours et la fraîcheur humide des nuits.
C’est partout on le voit la même et grande cause étiologique que nous avons signalée, notamment en Algérie. Les fièvres pernicieuses ne sont pas rares. La petite vérole etle choléra se sont souvent montrés à l’état d’épidémie. Les cas de cholérine surviennent fréquemment, chez ceux qui abusent des sucs de l’ananas et des crevettes. Le béribéri n’est pas rare. La syphilis est répandue.
Climats des possessions néerlandaises dans les Indes-Orientales.
Célèbes. Macassar. — • Macassar est le siège du gouverneur des Célèbes. Elle est située sur 4 côte ouest, au nord de la rivière de Goa, par 5° de latitude sud, au milieu d’une plaine de rizières, en contrebas d’une chaîne de montagnes.
La rade de Macassar est large et sûre. La brise de terre est régulière dans la bonne saison.
La ville compte une vingtaine de mille âmes de population mélangée.
Pathologie. ■ — Macassar jouit d’une réputation de salubrité méritée.
Cependant le choléra l’a ravagée en 1858 et 1859. Le béribéri est fréquent. Le typhus a sévi sur les marins et les militaires surtout.
Les fièvres pernicieuses y sont rares.
Les fièvres intermittentes sont plus fréquentes, aux changements des moussons.
La dyssenterie est rare.
Les vents frais des montagnes occasionnent souvent des affections catarrhales des voies respiratoires.
La syphilis est fréquente.
Il y a des cas de lèpre, et le bouton d’Amboine est fréquent chez les indigènes.
CLIMAT DES liNDES ORIENTALES.
Kima. ■ — Sur Sem barra, une des petites îles de la Sonde, à 8" de latitude sud, et qui fut bouleversée en 4815 par le volcan Tambora. Depuis cette époque on compte par tant d’années, à partir de la pluie de cendres. (Coedjang abue.)
Le climat est analogue à celui de Java.
Les brises de mer et de terre, se succèdent avec régularité, à part des coups de bourrasques.
La population a beaucoup à souffrir des fièvres intermittentes et rémittentes. Les autorités sont chargées de tenir à la disposition des malades du sulfate de quinine, dont la population est avide, et qui lui inspire une confiance sans bornes et très méritée.
Le Dr Letzer a observé, à Bima, une épidémie de tétanos rhumatismal.
L’affection sans prodromes proprement dits, surprenait les individus au milieu de leurs occupations ordinaires. Tout à coup ils étaient pris dune faiblesse extrême, qui passait à l’état soporeux, aucun mouvement fébrile n’accompagnait cette première phase de la maladie. Puis instantanément l’accès de tétanos se déclarait, se montrant sous la forme d’opisthotonos. Après des accès convulsifs répétés, la période de rémission survient, mais l’état soporeux ne se dissipe point. C’est là une des variétés de la fièvre pernicieuse soporeuse de Torti. Cette affection fait beaucoup de victimes.
Moluques, Amboine. — L’île d’Amboine est la principale de l’Archipel des Moluques, par 5° de latitude sud, c’est la plus grande des quatre îles qui portent le nom d’îles des Girofliers.
La chaleur humide et brumeuse est le trait principal de son climat.
Pathologie. — Les fièvres intermittentes occupent la première place, parmi les maladies endémiques d’Amboine, mais les accès pernicieux sont rares. L’emploi du sulfate de quinine réussit fort bien, il est en grande faveur parmi les indigènes, depuis qu’on leur en a montré l’effîcacilé.
Le béribéri n’y est pas rare.
L’asthme, dépendant de bronchite chronique, est fréquent chez les montagnards qui descendent des hauteurs, enveloppées de brouillards, pour venir apporter leur denrées dans les plaines au milieu du jour, et retourner le soir dans leurs milieux réfrigérants.
La petite vérole a souvent fait des ravages terribles à Amboine.
Poutou des Moluques ou frambœsia. Synonymie : bouton d’amboine, des Moluques; thymosis; bouton de Guinée ; frambœsia-, yaws, pian, faw, momba, bubas (Brésil), mycosis framboise d’Alibert.
C’est une maladie de la peau et de quelques muqueuses, analogues à la lèpre, au radesyge (de Suède et de Norwége), au mal de Dilmar (en Danemark), et au sibbens d’Ecosse.
Le bouton d’Amboine serait contagieux, et dure plusieurs années.
Les races de couleur y sont plus exposées, on le dit souvent compliqué de syphilis; il vaudrait mieux dire qu’il est l’effet de la syphilis. 11
MALADIES CLIMATÉRIQUES
est caroctérisé par des tubercules, dont la coupe montre une consistance graisseuse, de couleur jaunâtre, imbibé d’un liquide jaune roussâtre et d’une odeur nauséeuse. La peau autour de ces tubercules est épaissie et durcie, calleuse. Les ganglions sont souvent engorgés au voisinage, des tubercules enveloppent le foie, les poumons et autres parenchymes, les muscles mêmes, les cartilages et les os, dont la carie est le résultat ultime.
Les lieux de prédilection sont : la figure, le menton, les commissures des lèvres, les joues, la paume des mains, les aisselles, le cou, les aines, le prépuce, le scrotum, la vulve, le périnée, l’anus.
Tonga-Tabou. — La principale ile de ce groupe est située par 21° de latitude sud.
Son climat est analogue à celui de la Nouvelle-Calédonie.
L’année se partage en deux saisons bien tranchées : l’hivernage et la saison sèche. Pendant la première, le thermomètre monte jusqu’à -j- 55° et descend pendant la seconde à -j- 12° et -{- 10°, mais le minimum, au dire des missionnaires, est tout à fait exceptionnel.
Cette île est dépourvue de sources et de cours d’eau : on n’y trouve que des flaques, entretenues par les eaux pluviales.
Une légumineuse comestible, le haricot de Tonga et une graminée courte, couvrent le sol de verdure. On y trouve le cocotier, l’oranger, le jaquier, le papayer, le bananier, Vinucarpus edulis, le mûrier à papier, Yîbiscus liliaceus.
Les insulaires cultivent le taro, l’igname, la canne à sucre, la patate douce, qui sont la base de leur nourriture; le piper Methysticum, dont ils font une boisson enivrante et le tabac.
En fait d’animaux ils n’élèvent que les cochons, introduits par Cook, et de la volaille, qui entrent pour très peu dans leur alimentation, habituellement composée de végétaux comestibles et de poissons. Ils sont bien supérieurs aux Taïtiens pour les formes corporelles, quoique de même race. Leur longévité est remarquable.
Ils sont sujets à la phthisie pulmonaire, au carreau de même qu’aux scrofules et à la syphilis.
Iles IIamoa ou Archipel des Navigateurs. — Bien qu’à 400 lieues seulement de Haïti, la population présente déjà une remarquable altération de la race polynésienne. Il y a beaucoup de difformités et de scrofules, un nombre prodigieüx d’ulcères et de caries, des cas d’éléphantiasis, des épanchements séreux de l’abdomen et du scrotum. L’hydrocèle est très fréquente, on la traite par la castration, qui généralement tue l’opéré. Les maladies des yeux sont très communes.
CLIMAT DU L OC É AMIE OlUEMTALE.
Climat de l’Océanie orientale.
Archipel des Iles de la Société. — L’ile de Tahiti, le centre des établissements français de l’Océanie orientale, est à 1 7° de latitude sud.
Des montagnes volcaniques y atteignent plus de 2000 mètres d altitude.
La température moyenne de l’année est de 24°. La moyenne la plus basse (mois d’août) est de 19°. La plus haute (mois d’avril) est de 29".
Pendant la saison chaude, le thermomètre s’élève jusqu’à 55"; dans les premiers jours de juillet, il peut descendre jusqu à 14". Mais ce sont là les chiffres extrêmes.
Les variations de température sont brusques, et surtout sensibles par le hope (brise de nuit.) On leur attribue la production des dyssenteries qui ont ravagé les populations indigènes de Tahiti.
L’humidité de Tahiti est excessive.
La race d’hommes à Tahiti, dit Comeiras, est belle, la taille moyenne est au-dessus de cinq pieds, c’est un des plus beaux types cuivrés de 1 Océanie. Les hommes ont les cheveux noirs et crépus. Ils sont généralement noiis, lisses chez les femmes et chez quelques jeunes gens.
Passé l’àge de la puberté pour l’un et l’autre sexe, l’obésité arrive de bonne heure, et prend des proportions énormes.
La nourriture à Tahiti est essentiellement végétale : fruit de 1 arbre à pain (maïné), bananes, taro, patate douce, igname, mape (mocarpus edulis), arowroot, elc.
Depuis l’arrivée des Européens, les indigènes s’habituent peu à peu à l’usage de la viande, surtout des volailles et du porc. Ils s’adonnent passionnément à l’eau-de-vie, hommes et femmes. Autrefois ils s enivraient
avec le kava (piper methysticum).
Il y a à peine 10,000 âmes à Tahiti, dont près de 8,000 Tahitiens.
Le chiffre des malades et des décès est relativement très restreint. Cependant les maladies vénériennes dominent.
Les fièvres intermittentes sont très rares. De Comeiras mentionne simplement l’existence de fièvres intermittentes à Tahiti, et dit que les indigènes, qui en sont eux-mêmes atteints, les traitent par les bains de vapeur. D’après Ehrel, qui a compulsé, les registres de l’hôpital de Papeete, du 1er janvier 1845 au Ier janvier 1849, il n’y aurait eu, sur un total de 2207 malades, que 9 cas de fièvre intermittente. Dans la statistique, dressée par Prat, des maladies observées dans ce même hôpital, du 1er octobre 1 855 au lrr juillet 1 855, nous voyons sur un total de 758 cas, groupés sous ce titre : Clinique interne, cinq cas de fievre intermittente simple et un cas de fièvre pernicieuse.
M. Guidasse, qui a pris le service de santé en 1858, affirme que les fièvres intermittentes sont très communes, et s’observent aussi fréquemment chez les Européens que chez les indigènes. « Indépendamment, dit-il dans son rapport (1861), de son essentialilè , la périodicité accompagne ici toutes les
M AL A D 1 ES C L ! M AT KHI QliES .
affections, elle en constitue en quelque sorte un élément obligé Les
indigènes eux-mêmes ont donné différents noms à la fièvre intermittente : pnja quand elle est caractérisée par des frissons violents; ahu quand la période de chaleur prédomine ; catauete lorsqu’elle s’accompagne de phénomènes bilieux, qui à part l’hématurie remplacée ici par l’expistaxis, sont assez intenses pour donner à l’accès la physionomie de la fièvre rémittente bilieuse de Madagascar). »
Fièvres inflammatoires. — Dans les pays coloniaux on désigne, généralement, sous le nom de fièvres inflammatoires, les fièvres bilieuses des pays chauds. Les médecins imbus des doctrines physiologiques les appelaient des gastro-entéro-céphalites (Tahiti) : les malades éprouvent un malaise général, un sentiment de faiblesse se manifestant surtout vers les jambes; nausées, frissons, céphalalgie, soif vive, peau sèche et brûlante, la fièvre s’allume, vomissements bilieux, coliques, constipation, quelquefois diarrhée (fièvre rémittente bilieuse) etc., les fièvres de Tahiti ont la plus grande analogie avec celles qu’on a désignées aux îles Sandwich sous le nom de bonchir, elles paraissent dues uniquement aux influences climatériques et saisonnières.
Fièvre typhoïde. — La fièvre typhoïde est endémique à Tahiti; elle sévit particulièrement sur les Européens, mais elle attaque aussi les indigènes. Elle est, identique «à celle qu’on observe en France. Elle est parfois épidémique, en 1849 notamment, elle régna en juin, juillet et août. Les cas funestes se terminent presque toujours dans l’ataxie. Les pétéchies étaient plus rares que les sudamina et les taches lenticulaires.
D’après Erhel, de 1846 à 1849, la fièvre typhoïde a été, après la phthisie et la dyssenterie, la maladie qui a déterminé le plus de décès.
Plusieurs épidémies de variole ont ravagé l’ile de Tahiti. Elles ont diminué par suite de la vaccination. Cependant en 1861, dans le troisième trimestre, il y eut de nombreux cas de variole chez les enfants vaccinés.
La scarlatine est quelquefois grave et mortelle. La rougeole est rare.
L’embarras gastrique, accompagné de céphalalgie et de mouvements fébriles, durant de cinq à dix jours, constitue, avec les diarrhées simples et les bronchites, les maladies les plus communes à Tahiti.
La dyssenterie est endémique à Tahiti, comme dans les contrées tropicales; elle est endémique à certaines époques.
L’ipéca donne d’ordinaire de bons résultats, et la rhubarbe prévient l’état chronique.
L’hépatite est relativement rare.
Le choléra épidémique ne s’est jamais montré, il y a eu quelques cas de choléra sporadique.
La colique sèche est endémique à Tahiti. C’est là surtout qu’il faut regarder cette affection comme essentiellement climatérique, vu le manque d’influeuce paludéenne et la rareté des fièvres intermittentes. C’est avec raison que notre ancien camarade, le Dr Prat, désigne cette affection sous le nom d’entéralgie rhumatismale, due aux brusques variations de température.