CLIMAT DE L’OCÉANIE ORIENTALE
La fréquence des maladies de l’appareil respiratoire est un des traits les plus saillants de la pathologie de Tahiti. Elles sévissent aussi bien sur les indigènes que sur les Européens.
Sur 758 entrées, M. Prat a relevé 90 cas d’affection des voies respiratoires, sur ce nombre la phthisie figure pour 55, elle a déterminé 15 décès, sur lesquels 8 sujets étaient indiens.
La bronchite est très commune et très opiniâtre. La pneumonie est fréquente aussi, tant sur les Indiens que sur les étrangers. Le caractère franchement inflammatoire est moins accusé qu’en France. Il faut être très réservé quant aux évacuations sanguines, les antimoniaux réussissent.
La pleurésie est assez commune, insidieuse et suivie très facilement d’épanchements.
La phthisie pulmonaire fait de grands ravages, surtout parmi les femmes de la population indienne. Les Européens qui y sont prédisposés, ou qui ont déjà des tubercules en arrivant dans ce pays, sont rapidement enlevés par une phthisie-galopante.
L’asthme est une des maladies fréquentes de Tahiti.
La coqueluche atteint les enfants européens.
Le delirium tremens et consécutivement l’aliénation mentale, sont assez fréquents, par suite de l’abus des boissons enivrantes et frélatées. Les variations de température déterminent communément des névralgies.
Le catarrhe de la vessie est ordinaire parmi les indigènes, tant par suite de l’abus de l’eau de végétation du coco, que par la fréquence des uréthrites aiguës et chroniques.
La scrofule très répandue, est ordinairement précédée du carreau.
Les uréthrites sont d’autant plus fréquentes, « qu’il n’est pas une femme tahitienne qui n’ait un écoulement, plus ou moins abondant, qu’elle communique à ceux qui ont avec elle des rapports, ou qui se livrent à des excès inaccoutumés. »
Les chancres suivis de bubons sont très communs, mais la manifestation la plus fréquente est le bubon d’emblée, souvent double.
Les accidents consécutifs sont fréquents, notamment à la suite du bubon d’emblée.
La gale est excessivement rare dans les îles de la Société.
Les éléphantiasis et l’ichtyose sont fréquents. L’ichtyose à Tahiti, arerarevu, rend la peau sèche, écailleuse, sensible et ulcérée, partout où elle offre de l’épaisseur : aux mains, aux pieds.
L’éléphantiasis des Arabes est un véritable fléau, et l’on peut dire que passé l’âge de la maturité, trois individus sur cinq en sont plus ou moins atteints. En général il est borné aux jambes et aux parties génitales (scrotum et grandes lèvres), en descendant jusqu’aux genoux. Des Européens peuvent enètre atteints. Le séjour dans les habitations humides en favorisent le développement.
L’héméralopie est très fréquente, à bord des navires en rade.
En somme, on peut dire que le climat de Tahiti est d une remarquable
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salubrité, par rapport aux autres contrées équatoriales. Et cependant la population indigène va sans cesse en décroissant.
M. Gallerand, entre autres conclusions, dit : « 5°jjJusqu’à plus ample information, considérer l’appareil fébrile comme une manifestation d’une maladie autre qu’une fièvre paludéenne. »
Nous prenons acte de celte affirmation, mais il y a bien d’autres contrées, et notamment diverses localités des zones montagneuses et sablonneuses de l’Algérie, où les fièvres intermittentes ou rémittentes sont climatériques et non paludéennes.
Climat de l’Archipel des Marquises.
Nouka HivAest l’une des iles de ce groupe, par 8° de latitude sud (142" L.). La population qui était de 12,000 âmes en 1802, a été réduite à 10,000 en 18G5, par une épidémie de petite vérole.
La position géographique semblerait comporter, comme dans les autres régions intertropicales, une saison humide et une saison sèche. 11 n’en est rien, une année sera sèche à Noukahiva, une autre sera très pluvieuse, ou les saisons sèches et chaudes alterneront irrégulièrement, à intervalles irréguliers.
La température moyenne est de 28" c., mais rendue très variable la nuit, par les brises de terre, arrivant des gorges qui coupent la ceinture granitique et nue qui entoure la baie de hauteurs de 1000 à 1100 mètres d’altitude.
Le cachet bilieux et catarrhal domine alternativement, dans la constitution médicale, selon que la saison est sèche ou humide.
La syphilis entache la population souvent dès le berceau ; la phthisie est fréquente, la dyssenterie pareillement. Il y a eu parmi les équipages des épidémies de fièvre typhoïde (1847, Galulhée), et de coliques sèches (1849, Cocyte).
En 1855 le Tu renne eut bon nombre de cas de fièvres bilieuses, peu graves.
La fièvre typhoïde à Noukahiva est d’une intensité moyenne.
La bronchite est fréquente, passe vite à l’état chronique, et trop souvent ouvre la marche à la tuberculisation pulmonaire. Il y a beaucoup d’asthmes idiopathiques, ou dépendants de l’emphysème pulmonaire.
Climat de la Nouvelle Calédonie et des îles voisines.
Cette grande île de l’Océan Pacifique, est occupée par la France depuis 1855. Elle est dans la Mélanésie, par 20 et 22" de latitude sud, par 1G4 longitude est. Sa longueur est de G5 lieues, sur 14 de largeur. Un récif