CLIMAT DE LA NOUVELLE CALÉDONIE ET LES ILES VOISINES
alimentation est presque exclusivement végétale, ils ne boivent que de l’eau, le système musculaire étant peu développé, ils supportent mal la fatigue. Ils sont anthropophages.
La population n’atteint pas 50,000 âmes, et tend à décroître; la longévité est courte.
Le climat est salubre, mais la phthisie pulmonaire est très répandue, et parcourt rapidement ses évolutions, à la suite des bronchites qui résultent des variations de température ; ni les missionnaires ni les médecins français, n’ont jamais eu occasion de constater la fièvre intermittente chez les Kanaks.
Taïti et les Marquises, presque aussi près de l’équateur que les Antilles, sont plus salubres. Il en est de même à la Nouvelle-Calédonie.
Un fait bien remarquable sur ces possessions, c’est l’absence de fièvres intermittentes, malgré la dissémination de nombreux et vastes marais. A Taïti la plupart des villages sont situés au milieu de marécages, et les plages de la Nouvelle-Calédonie sont basses et noyées. L’intérieur est rempli de marais, et la fièvre paludéenne y est, comme à Taïti, à peu près inconnue. « Les Européens, dit M. de Rochas, ont remué les terres, jeté des chaussées sur les marais, ils en ont fouillé le fond pour les constructions, et. pas un cas de fièvre ne s’est montré chez les travailleurs. »
Cette absence des fièvres d’accès, dans les localités paludéennes, a été également signalée dans l’Amérique du sud, et en particulier sur les bords delaPIata.
La diarrhée est fréquente chez les indigènes ? on observe souvent, chez les enfants, des affections vermineuses et le tétanos.
La scrofule est fréquente, les affections cutanées très communes.
L’eczèma, l’impétigo, l’ecthyma dominent. Les ulcères, analogues à ceux de Cochinchine, ne sont pas rares.
L’éléphantiasis des Arabes est assez fréquent; il siège généralement aux membres inférieurs et au scrotum.
Les conjonctivites catarrhales sont fort communes; Pophthalmie scrofuleuse entraîne des ulcérations, des laies, la cécité.
Le rhumatisme fréquent se complique de péricardite et d’endocardite.
La syphilis, sans être aussi commune qu’à Taïti, présente des formes graves.
Le tonga des Néo-Calédoniens est probablement une syphilide, sorte de frambœsia , voisine du pian ou yavv, qui ne sont également que des manifestations syphilitiques, modifiées par la race. Le tonga se développe de préférence chez les enfants, son siège de prédilection est aux orifices des voies naturelles, aux parties génitales, entre les orteils. Ce sont des pustules qui s’ulcèrent, et donnent lieu à des plaies hideuses, accompagnées d’engorgement des ganglions lymphatiques voisins, et occasionnant parfois la mort, surtout chez les enfants.
On observe fréquemment un délire aigu démonomaniaque, analogue à la manie religieuse, à laquelle on a donné le nom de chorée d’Abyssinie.
MALADIES CLIMATÉRIQUES
Lr vaccination a cte introduite avec succès.
Maladies des Européens. — Malgré la situation géographique de la Nouvelle Calédonie, dans la zone des pays chauds, malgré la vaste étendue de terres, couvertes d’eaux stagnantes et de poléluvicrs 0), malgré toutes les conditions qui sont généralement reconnues comme propres à donner naissance à l’endémie paludéenne, ces îles jouissent d’une immunité remarquable, et jusqu’à présent inexpliquée.
Non seulement la salubrité, d’une manière absolue, est pour l’Européen aussi grande au moins que dans son propre pays, mais la race blanche y prospère, et elle peut s’y livrer, sans aucun préjudice, à tous les travaux du sol, pendant les mois les plus chauds. L’Européen peut donc s acclimater à la Nouvelle Calédonie, en donnant à l’expression d’acclimateurs sa plus large acception. Il n’y a sur ce point aucune divergence entre les divers observateurs, F qui ont séjourné dans cette île, depuis la prise de possession.
En 1861, sur un total de 415 malades, 564 ont été guéris, 5 ont été renvoyés en France, 31 ont succombé, 15 étaient encore en traitement au lr janvier. Les décès ont été occasionnés par les maladies suivantes :
Fièvre typhoïde
Phthisie pulmonaire . . . .
Pneumonie double . . . .
Diarrhée chronique . . . .
Méningite
Péritonite, suite de perforation
intestinale
Tétanos traumatique . . . .
Une seule affection, la dyssenterie, se présente à la Nouvelle Calédonie avec un véritable caractère d’endémicité, elle ne cesse jamais de se montrer, soit sur la population indigène, soit sur la population européenne.
Cependant sur 112 cas traités dans l’espace de quatre années, 7 seulement ont été mortels.
L’absence presque absolue de l’hépatite, cette compagne inséparable de
(1) En fait d'influences fébrigènes, on cite presque toujours, banalement, pour les pays chauds, le palétuvier comme une essence prétendue pernicieuse, de ce qu'on appela un temps, la flore des marais. C’est un fort à tous égards : le palétuvier ou manylier, est plutôt un arbuste des plages et des rives alternativement recouvertes et mises a nu par le (lux et reflux des marées, comme cela se voit pour les rivières el fleuves de la Basse* Cochinchino par exemple, du Malabar, de l’Amérique intertropicale. Les racines multiples et enchevêtrées de ce rizophore, sont dépourvues de feuilles, et les branches des tiges supérieures offrent constamment un vert feuillage; on dirait de petits chênes verts, qui tapissent les berges. Enfin, loin qu’il y ail rien de fèbrigène dans le palétuvier, il est bon de rappeler que son écorce, très astringente, est bonne pour b- tannage, et fut autrefois apportée et employée en Europe comme fébrifuge!