CLIMAT DE LA NOUVELLE HOLLANDE ET DE LA TERRE DE D1EMEN
la dyssènterie, dans la plupart des pays chauds, est une nouvelle preuve de cette bénignité ordinaire de la Nouvelle-Calédonie.
La dianhée, pouvant être considérée comme un premier degré delà dyssenterie, doit être à ce titre rangée au nombre des maladies endémiques de celte colonie.
Les quelques cas fort rares de fièvres intermittentes observées, à Port la 1 rance, n ont pas été contractés sur les lieux, ce n’étaient que des récidives.
Cependant M. Gilette aurait eu à traiter deux accès pernicieux et plusieurs cas de lièvre rémittente, ce qui prouve que l’insolation n’en est pas moins à redouter à la Nouvelle-Calédonie.
La colique sèche proprement dite n’a pas été observée.
Parmi les maladies ubiquitaires , il faut noter la fièvre typhoïde qui sévit et sur les. Européens et sur les indigènes (15 décès sur 55 cas). A l’autopsie on a toujours trouvé la lésion anatomique caractéristique, l’altération des glandes de Brunner et de Peyer, depuis l’engorgement jusqu’à la perforation de l’intestin. La forme ataxique est la plus ordinaire. Elle est surtout fréquente pendant les chaleurs.
Les affections des voies respiratoires sévissent surtout sur les indigènes. On a observé une épidémie de grippe au mois de juillet 18Co.
Selon Pi oust, la phthisie pulmonaire est une des causes- les plus intenses demortalité chez les indigènes, elle n’épargne pas les Européens, et l’évolution suit chez eux une marche également rapide.
Toutes les plaies, les moindres piqûres, ont une tendance, on pourrait dire inévitable, à s’ulcérer. Ces ulcères sont les mêmes qu’en Cochinchine, et n’ont rien de spécifique : ils sont le résultat de causes banales, de la chaleur et de 1 humidité du climat, de la débilitation de l’organisme.
Climat de la Nouvelle-Hollande et de la Terre de Diemen.
Ce que nous avons dit de la Nouvelle-Calédonie, donné une idée approximative du climat du sud de la Nouvelle-Hollande. Il est de notoriété aujourd’hui que plusieurs de ceux qui arrivent dans les colonies anglaises, avec une santé délabrée, reçoivent une influence favorable du climat, voient leurs forces se relever et vivent longtemps. La coqueluche, la fièvre scarlatine, l’hydrophobie sont inconnues-dans ce pays; les éruptions cutanées sont rares, toutefois le corps des indigènes se couvre souvent de croûtes impétigineuses, ce qu’on attribue à l’abus de la nourriture exclusive de poissons. La petite vérole n’a pas paru, dit-on, parmi les indigènes, ce qui semble extraordinaire, puisque en 1789, elle éclata sur les indigènes et leur fit beaucoup do ravages. Il vaudrait mieux dire (pie l’habitude de la vaccination, généralisée chez les Européens, surtout chez les Anglais, les préserve d’un fléau auquel n’échappent pas les non-vaccinés. L’étude médicale de la Nouvelle-Hollande, comme tout ce qui a trait à ce pays, reste encore dans les désidérala de la science; il faudra même
MALADIES CLIMATÉRIQUES
attendre, pour en bien juger, que la froide et sincère observafion ail succédé à l’optimisme intéressé des premiers occupants.
Cependant on s’accorde à dire qu’à l’extrême sud de l’Australie, la Tasmanie ou île de Dienien, jouit d’un des climats les plus sains du globe.
Climat du littoral du Japon.
Le climat du Japon est celui des pays tempérés; sa constitution insulaire fait, qu’à latitude égale, ses moyennes de température sont plus élevées qu’en Europe et en Amérique, Mais il y a une autre cause qui a une très notable influence sur le climat japonais, c’est le grand courant du Pacifique, nommé par les Japonais kuru-siwo (le courant noir, à cause de la couleur bleu foncé de son eau).
Le courant équatorial du Pacifique, qui dans une étendue de 5000 lieues enveloppe les 5/8 de la superficie équatoriale de la terre, rencontre, dans sa marche vers l’ouest, le continent d’Asie et les îles innombrables de la Polynésie, et se subdivise en de nombreuses branches. C’est celle qui touche la pointe méridionale de Formose, qui s’incline vers l’est et baigne toute la chaîne des îles japonaises. La température élevée de ce courant contraste avec le contre-courant polaire, qui coule le long du littoral chinois. La température du kuro-siwo est quelquefois supérieure à celle de l’air de 10°, son influence sur le climat du Japon est analogue à celle qu’exerce le gulf-stream dans l’Atlantique.
Les Japonais appartiennent à la race mongole. Ils boivent souvent, jusqu’à l’excès, d’une liqueur fermentée qu’ils tirent du riz; ils l’appellent le sazki, c’est le sanchou des Chinois. Le thé est leur boisson habituelle.
Ile de Yezo. — La rade de Ilacodadi est une des plus belles et des plus sûres du inonde.
Le tableau ci-dessous, dressé par M. Courtenay, médecin du consulat anglais à Ilacodadi, embrasse depuis le mois d’octobre 1858, à septembre 1859 :
Echelle Celsius ou centésimale.
Janvier . .
M inim.
Maxim
Février . .
Mars .
Avril .
Mai ....
Juin .
Août .
Septembre. .
Octobre . .
Novembre.
Décembre .
ri
CLIMAT DU Al'ON.
L. Béal indique, pour le mois déniai '1850, une température moyenne de 12°. La neige couvre encore à cette époque les montagnes qui s’étendent derrière la ville. Les courants de vent froid, qui descendent des montagnes, et qui, dans celte saison, viennent ordinairement de l’est, produisent à la surface de la mer, dont la température est plus élevée que celle de l’air, d’épais brouillards, d’une grande persistance; ils se forment ordinairement le soir, et durent jusqu’au lendemain midi.
Il règne parfois, dans cette localité, des coups de vent d’une violence extrême. Les tremblements de terre y sont fréquents.
Parmi les maladies dominantes, il faut noter le scorbut, les rhumatismes et le kakeh ou béribéri, qui règne au Japon comme à Java.
Les affections catarrhales des voies respiratoires et digestives sont très fréquentes : bronchites, pleurésie, pleuro-pneumonie, diarrhée. On observe la maladie de Bright et divers exanthèmes. La variole est d’une fréquence extrême. Il est peu de Japonais qui ne soient marqués de la petite vérole.
Grande île Nippon. Baie de Yedo. — Sous le rapport du climat, cette localité appartient plutôt à la zone tropicale, sur les limites de laquelle elle est géographiquement placée (55° de lat. n.).
Observations thermomélriqves recueillies à bord des navires de guerre Acona , Tlietis , Elbe, dans la baie de Yedo.
Moyennes.
Août (du 18 au 26} 25« c.
Septembre 21
Octobre 16
Novembre 11
Décembre 7
Janvier I
Février (18 au 20) 7
Mars. . 0
Avril 12
A Yokohama, dans la même baie, en 1865,1e thermomètre est descendu à 7° au-dessus de zéro, en janvier. Le printemps est pluvieux, avec des vents de nord-nord-est.
En été il y a jusqu’à 51° de chaleur.
Vers le 15 août la chaleur décline.
Il fait beau en juillet et août.
En septembre il pleut souvent, c’est l’époque des grandes perturbations atmosphériques, des tempêtes tournantes.
La syphilis est très répandue à Yokohama. Les accidents primitifs sont rapidement suivis d’accidents secondaires, douleurs musculaires ou rhumatoïdes du tronc, roséoles, éruptions papuio-pustuleuses, angines ulcéreuses, alopécie, irilis, choroïdiles, ophlhalmie syphilitique, scrofulides.
La liqueur de Vanswieten au début, plus tard le poloiodure de mercure,
suivi do l'administration de l’iodure potassique, ont fait la base du traitement fructueux employé, au Japon, par nos confrères de la marine.
La Sémircimis arriva en rade, au moment de l’apogée d’une épidémie d'ophlhalmie catarrhale, dont elle subit à son tour l’influence.
Le lavage à l’eau fraîche, les collyres au nitrate d’argent, au sulfate de zinc ou de céruse, réussirent généralement à conjurer le mal. Deux cas furent suivis de kératite, de hernie de l’iris et perte de l’œil.
Cette ophthalmie, très fréquente au Japon, est essentiellement contagieuse.
Pendant son séjour sur cette rade, le médecin de la Sémiramis eût à traiter des pneumonies, des pleurésies, des bronchites, quelques rhumatismes articulaires, plusieurs cas de fièvres intermittentes récidivées. La phthisie pulmonaire, une fois déclarée, marche à grands pas.
Ile Kiousiou, Nagasaki. • — Kiousiou, la plus méridionale des quatre grandes îles du Japon, s’étend du 51° au 55° degré de latitude sud. Elle est volcanique, cinq cratères sont encore en activité. La constitution de celte partie du globe rend compte des phénomènes singuliers et effrayants, qui se rencontrent si souvent dans les parages du Japon, de l’île Formose, des îles Liou Cheou, des îles Hadochicosina, tels qu’éruptions sous marines, soulèvements des cratères, tremblements de terre, pluies de cendres au large, etc.
Pendant les mois de décembre et de janvier, la température est si variable que souvent, dans l’espace d’une heure, il y a des oscillations de 12 à 15°, qui coïncident avec de violents coups de vents, accompagnés de pluie, de brouillards et de neige.
Dans les mois de juin et de juillet, Nagasaki est inondée par des pluies torrentielles. La moyenne des journées pluvieuses est de 108 par an. Le tableau suivant donne un aperçu, d’après le Dr Pompe, de la température pendant l’année 1858.
1838. lhcrm. centigrade.
maximum. minimum.
Février
Mars
la
Avril
Mai
Juin . . ,
Juillet
Septembre ....
Octobre
Novembre ....
Décembre
Fa syphilis est très répandue à Nagasaki, les accidents constitutionnels fréquents (syphilis, caries et névroses), lupus syphilique, ozènes, etc.
Fa prostitution ou plutôt les prostituées sont sans contrôle médical.