‹ Traité de climatologie geńeŕale du globeChapitre 195 sur 215 · ÉTATS-UNIS · texte numérisé non relu

ÉTATS-UNIS

CLIMAT D’AMÉRIQUE

partiels , établis pour l’armée des États-Unis, fournissent les nombres suivants de blessures par armes de guerre.

Pour 1SGÎ2 17,496

Pour 1865 55,974

Pour 1864-1865 114,000

et encore ces indications doivent être complétées par le dépouillement qui reste à faire d’un certain nombre de documents, et par l’addition du chiffre des hommes tués sur le champ de bataille.

Principales maladies pendant la guerre. — Les médecins américains englobent sous le titre général de lièvre des camps (camp fever), le typhus, la fièvre typhoïde, la fièvre continue et la fièvre rémittente qui se sont produites sous des formes mixtes, résultant de la simultanéité d’action des causes qui leur donnent naissance. En dehors des types pathologiques, confondus sous la désignation de fièvres des camps, on a signalé trois autres formes de fièvres, qui méritent une mention particulière : le typhus fever, la méningite cérébro-spinale et la fièvre jaune.

Il est bon de dire que cette dernière a épargné complètement l’armée pendant la premièreannée de la guerre, etn’a fait que quelques apparitions isolées, pendant la deuxième année, dans quelques-unes des localités occupées par les troupes.

Les fièvres intermittentes se sont montrées pendant toutes les saisons, mais elles ont acquis leur plus grande intensité vers la fin de l’été. Elles ont été ainsi classées : fièvres quotidiennes, fièvres tierces, fièvres quartes, fièvres pernicieuses. Le nombre total des cas s’est élevé à 262,807, celui des décès à 1788, soit 1 décès pour 147 cas, en comprenant la mortalité due aux accès pernicieux.

La cachexie fébrile, l’anémie servaient de support ou de complication à bien d’autres états morbides, fièvre des camps, diarrhée, pneumonie qui alors était presque toujours fatale. On observa des épidémies d’ictères bénins, se terminant par la guérison.

La diarrhée et la dyssenterie à l’état aigu et chronique, ont fourni plus du quart du nombre total des cas de maladies des deux premières années. Le chiffre annuel des invasions a dépassé les trois quarts de l’effectif et, après la fièvre des camps, ce sont ces affections qui ont fourni la plus grande mortalité.

Comme la fièvre des camps et la fièvre intermittente, la diarrhée et la dyssenterie se sont montrées fréquemment dans la région du centre, moins souvent dans la région de l’Atlantique, et très peu dans la région du Pacifique.

L’été et l’automne ont fourni le plus grand nombre des cas.

L’origine de la diarrhée et de la dyssenterie des troupes non armées ne réside pas dans une cause unique, il faut la chercher dans l’association de causes multiples, mais surtout dans l’inlluence climatérique.

C’est ce qu’ont bien compris les médecins américains, et qui leur fit

MALADIES C L 1 M ATÉ RIQt’F.3.

adopter, comme mesure d’hygiène générale, toutes les fois que les circonstances le permettaient, l’habitude de diriger vers le nord, les malades qui avaient contracté des fièvres ou des affections intestinales dans les contrées du sud, et cette manière de faire donna les meilleurs résultats. Quant à la médication, toute la série des toniques végétaux et minéraux des astringents, des altérants, a été employée avec des succès variables. On a fait un fréquent usage de sous-nitrate de bismuth, de la strychnine, de l’arsenic.

Choléra. — On n’a pas signalé de choléra asiatique, on a noté seulement des cas sporadiques, ayant occasionné 53 décès la première année et 90 à la deuxième.

Variole. — Il y a eu 4,132 cas de variole, dont 1544 décès. Les révaceinations étaient pratiquées par mesure de prophylaxie générale.

La rougeole épidémique a été une des affections des plus caractéristiques de la guerre. Elle a sévi principalement dans les régiments nouvellement levés, parmi les recrues, chez les hommes qui avaient vécu jusque-là dans les districts ruraux indemnes de cette maladie. On en a signalé 38,000 cas et 1800 décès, qui généralement ont été la suite de complications bronchopneumoniques.

Oreillons épidémiques . — Cette affection à régné épidémiquement, soit à l’état idiopathique, soit comme complication d’autres maladies. L’inflammation de la glande parotide s’est rarement terminée par suppuration, si ce n’est à la suite de la fièvre des camps. Les métastases sur les testicules se sont montrées fréquemment.

Maladies inflammatoires des organes de la respiration. ■ — On a groupé sous ce titre le catarrhe épidémique, la bronchite aiguë et chronique, la laryngite, la pleurésie et la pneumonie. Le total des cas signalés s’élève à 500,000, celui des décès à 8000.

Les 7i8p des décès doivent être rapportés à la pneumonie. La moyenne de la mortalité par cette dernière affection a été de 1 décès sur 4 cas. Les deux formes qui ont fourni la plus grande mortalité ont été : la pneumonie typhoïde et la pleuro-pneumonie adynamique.

Caractérisées anatomiquement, la première, par cet état du poumon désigné sous le nom de splénisation, la deuxième par la même lésion anatomique, à laquelle venait s’ajouter la présence de masses considérables de lymphe plastique sur la plèvre, et d’un liquide plus ou moins abondant dans la cavité pleurale. Dans un grand nombre de cas, ces deux types morbides, au lieu de constituer des affections idiopathiques, se sont déclarées soit à la suite de la rougeole, soit dans le cours d’une diarrhée chronique ou de l’anémie suite de fièvres. Les traitements les plus variés ont été mis en usage : les stimulants alcooliques, la quinine à haute dose, , l’expectation, l’alimentation tonique ont eu leurs partisans, de même que l’opium, l’ipécacuanha, l’antimoine, les ventouses et les mercuriaux.

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