OURAGANS
saisons par la dénomination de vents étésiens, (e«ç-, saison). Au sud du bassin méditerrannéen s’étend l’immense désert du Sahara, dépourvu d’eau, composé de terres nues et arides, avec des zones de sables ; il s’échauffe fortement sous l’influence d’un soleil presque vertical, tandis que la Méditerranée conserve sa température habituelle. Aussi en été l’air s’élève au-dessus du désert du Sahara, avec une grande rapidité, attirant ainsi un courant de remplacement, parles couches inférieures de l’atmosphère, et "lissant du nord au sud, à la surface de la Méditerranée. Ainsi en été le vent prédominant du bassin méditerranéen est le nord-est, qu’on peut considérer comme un des congénères de l’alizé de notre hémisphère, comme le mousson de nord-est dans l’Indo-Chine.
En hiver, au contraire, le désert rayonne fortement, l’air y est plus froid que celui de la mer, et par un phénomène inverse on a parfois en Algérie, comme en Egypte, un vent de sud très piquant sinon très froid.
Mais à toute règle exception, surtout en fait de météorologie : on ressent dans le nord de l’Afrique, et quelquefois même sur tout le bassin méditerranéen, l’influence d’un phénomène aérien des plus extraordinaires, nous voulons parler du simoun, sirocco, vent du désert. Comment se fait-il qu’en été précisément, et surtout en été, accidentellement il est vrai, à certains jours, de mai en octobre, on ressente sur tout le nord de l’Afrique le vent si chaud, si sec, si brûlant, si étouffant du désert, dont nous dirons autre part les effets? C’est que la grande masse d’air échauffé qui s’élève en colonne, à la surface du désert du Sahara ou de Soudan, éprouve àcertaines époques, par le concours de diverses conditions météoriques, comme chocs de courants, perturbation atmosphérique, retour du soleil dans notre hémisphère, éprouve, disons-nous, non-seulement des changements de direction ascendante, mais des déviations ou déplacements par oscillations de la base, la faisant empiéter par des remous ou tourbillons sur de grands espaces de parcours.
L'harmatan. — Au Sénégal et à la Guinée, le congénère du sirocco est l’harmatan. C’est un vent très sec et relativement frais ; il souffle de décembre en février de l’intérieur de l’Afrique, en se dirigeant vers l’Océan atlantique; vif et perçant il dessèche la peau, disjoint les navires audessus de la flottaison ; la végétation se dessèche ; les meubles des appartements craquent; le parchemin et le cuir se racornissent sous son action. D’un autre côté il a des avantages marqués sur les états sanitaires : sa tonicité active la respiration, les malades reprennent rapidement des forces, les fièvres disparaissent et les dyssenteries s’améliorent.
Ees ouragans du simoun dans l’intérieur du désert, comme sur un périmètre plus ou moins variable sont, besoin n’est de le dire, sous la dépendance des mêmes lois ou des mêmes accidents que les ouragans, dans les zones des calmes tropicaux et équatoriaux.
Ouragans et trombes. — Car en effet nous avons étudié les courants marins et atmosphériques, dans leur marche normale, pourrait-t-on dire, mais bien des perturbations météorologiques viennent en troubler