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LA MER ET LATMOSPHÊRE

la régularité habituelle; les principales de ces perturbations consistent dans l’exagération de la vitesse et de la force des vents, exagération qui dépend elle-même surtout des variations plus ou moins fortes et soudaines de l’état thermo-électrique de l’air soit sec, soit chargé de vapeurs.- — La vitesse moyenne des vents, dans les climats tempérés de notre hémisphère, est de 5 à 0 mètres par seconde. Avec une vitesse de 2 mètres le vent est modéré, avec 10 mètres, en terme de marine, il est frais, avec 20 mètres il est fort, avec 25 mètres il y à tempête, avec 40 mètres ouragan. En marine on estime la vitesse des vents par le nombre de milles (850 mètres) qu’ils parcourent en une heure .

Pour une vitesse de 4 milles, on dit petile brise.

— jolie brise.

— brise fraîche.

— grand frais.

— coup de vent

— tempête.

— ouragan.

L’ouragan du 29 novembre 185G, parcourait environ 5G mètres par seconde. La tempête était à Londres à dix heures du matin, à la Haye à une heure, à Emden à quatre heures, à Hambourg à six heures, à Stettiu à neuf heures et demie. *

Quant à la force du vent, on admet quatre degrés : le premier agite les feuilles des arbres, le second courbe les petites branches, le troisième fait fléchir les grosses branches, le quatrième les brise et parfois déracine les arbres.

En mer comme sur terre on observe un phénomène qui se lie souvent aux ouragans, ce sont les trombes. En mer elles consistent en masses d’eau, s’élevant en forme de cône par un mouvement giratoire, tandis que les amas de vapeurs en suspension dans les couches inférieures de l’atmosphère s’abaissent aussi par un mouvement giratoire et à leur rencontre en forme de cône renversé. Les deux cônes ainsi réunis par leur sommet, font une colonne en spirale étranglée à son milieu dans le genre d’un sablier chronomètre ou ampoulette. Ce météore est généralement produit par des tourbillons de vents contrariés qui ramassent, par leur rotation en une sorte de double entonnoir, l'eau de la mer et celle de l’atmosphère. Ces coups de vents en tourbillons constituent les typhons redoutés des navigateurs, surtout dans les mers de la Chine.

Quelle que soit la force de la tempête ou des ouragans, la couche superficielle de la mer n’est jamais agitée à plus d’une épaisseur de 40 mètres, c’est-à-dire que passé cette profondeur, la masse générale des eaux est tranquille, mais non immobile, tant par suite des déplacements successifs, occasionnés par les changements de densité, que par les courants sousmarins principalement. Quant aux vagues, elles ne dépassent pas 10 mètres d’élévation, autrement dit, le sillon le plus profond dans lequel un navire

TABLE Dll CAP.

puisse plonger entre deux lames, n’est que d’une trentaine de pieds, nous avons pu en juger à bord de la Dryade dans les parages du Cap des Tempêtes (1).

La table du Cap. — Pendant une relâche en rade de Cape-Town, nous avons pu observer le phénomène météorologique remarquable qui dénote invariablement le vent ou la tempête, et qu’on désigne par cette locution, là nappe est mise sut' la table. Disons d’abord ce qu’on appelle la Table du Cap. La ville est dominée et entourée d’un grand hémicycle rocheux taillé à pic. Le sommet de la montagne- est en plan horizontal, ce plateau en quadrilatère est à une altitude de 1,500 mètres, (Table mountain near Cape-Town 5,582 feet). Lorsque le vent de l’intérieur des terres, du nord au sud, commence à souffler, il chasse, précédé d’un point noir qu’on appelle l’œil de bœuf, une épaisse brume qui , avant d’arriver à la mer, trouve, lui faisant obstacle, le versant nord de la montagne, se condense sur son plateau en formant un épais bourrelet blanchâtre et horizontal. Quand cette bordure, blanche comme une couche de neige, s’étend sur la bord de la table, on dit que la Nappe est mise; à mesure que le vent augmente d’intenské le bourrelet nébuleux surplombe de plus en plus, le rade devient mauvaise, elle est moutonnée sur toute sa surface. Si le vent devient plus fort encore la nappe grossit d’avantage et s’amoncelle, puis se précipite en avalanches le long des parois et des couloirs de la montagne qu’elle marque de ses traînées vaporeuses, comme une immense cascade venant s’épandre dans la forêt qui est au pied. Oh ! à ce moment il y a tempête en mer, on consigne la rade, car non-seulement, les embarcations sont chavirées, mais les gros navires chassent sur leurs ancres, fréquemment leurs chaînes cassent, et trop souvent font naufrage, s’ils ne parviennent à prendre le large pour fuir sous la tempête, dont la force se mesure toujours à la longueur des traînées que forme la cascade nuageuse, se précipitant du haut de la Table vers la ville de Cape-ToAvn.

Ainsi : le simple bourrelet blanchâtre est signe de vent prochain, avec l’amoncellement des nuages blancs il vente plus encore ; enfin s’ils sont précipités en avalanches du haut de la Table jusques dans les bois de sylva prulea et de pins vers la ville, il y a tempête et sans pluie. Tel est le baromètre du Cap qui ne trompe jamais dans ses menaçantes indications.

Par contre, si, par une journée de calme, on voit, la table restant découverte, le Lion, qui est à la base un de ses contreforts du côté sud au bord de la mer, condenser sur sa tête et sa croupe de grosses nuées sombres, c’est le signe inévitable de pluie, avec vent du large, venant du sud-ouest.

Si la Table et le Lion restent dégarnis par un ciel pur et calme, c'est signe de beau temps; on peut aller sur terre et sur mer sans crainte de vent ni de pluie, dans la saison d’été surtout, que nous avons trouvée en février 1800.

ft) V. Lettres rie l'expédition de Chine , gazette, médicale de Paris, année 1860 et suivantes .

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