LA MLR ET I,’ ATMOSPHÈRE
Changements du ciel. — En passant d’un hémisphère à l’autre, tout change aux yeux du voyageur, tant à la surface du globe que dans les phénomènes apparents du ciel. Le fait astronomique le plus frappant est le changement du soleil et de la lune, dans lmir position par rapport à l’observateur, placé en dehors des tropiques. Pour suivre ces deux astres, dans leur trajet d’Orient en Occident, l’observateur qui est dans l’hémisphère boréal, doit tourner le dos au nord et faire face au sud; ces astres se lèvent alors à sa gauche et se couchent à sa droite. Dans l’hémisphère sud c’est l’inverse qui a lieu : on fait face au nord et tourne le dos au sud, pour voir passer le soleil et la lune de droite à gauche.
L’éclat de la lune est rougeâtre, surtout à l’horizon; son disque brillant offre très nettement ses larges taches; sa lumière réfléchie est très intense dans les régions intertropicales; aussi arrive-t-il qu’elle produit dans cette vaporeuse atmosphère des halos, ou couronnes remarquables et aussi des arcs-en-ciel lunaires, qui, pour être plus pâles que l’arc-en-ciel de soleil, n’en sont‘pas moins bien marqués aux couleurs du prisme.
Colorations de la mer. — Quant aux reflets de coloration de la mer, ils sont très variables. Le reflet en est gris sous un ciel sombre ; bleu-verdâtre à ciel découvert. La couleur de la Méditerranée est généralement bleue, tandis que celle de l’Océan, bleu-verdâtre dans le nord, est vert-pomme bleuâtre sous les tropiques. Dans le golfe de Guinée elle est blanche; elle est vermeille dans celui de Californie, et noire aux atterrages des Maldives.
Une coloration jaunâtre des eaux des mers du littoral de la Chine, est. due aux eaux bourbeuses qui s’y déversent par ses grands fleuves.
Phosphorescence delà mer. — Mais de tous les changements de coloration de la mer, le plus remarquable, assurément, est dû â la phosphorescence qui donne à l’eau, certains soirs, un éclat lumineux, incandescent comme une nappe jaillissante de fonte en fusion. Le plus ordinairement il n’y a que les parties de la surface agitées, qui paraissent en feu, telles que les frisures des vagues, le remous et le sillage des navires, et surtout l’eau fouettée par les avirons des embarcations. L’eau ainsi agitée est étincelante, a un éclat lumineux, dont la teinte est tout-à-fait celle de la flamme du punch. Ce phénomène, qui n’est pas inconnu dans les hautes latitudes, est plus fréquent et plus resplendissant dans les mers des chaudes latitudes. C’est qu’en effet, il faut, pour sa production, des conditions réunies et très marquées de chaleur, d’électricité et de lumière diffuse dans l’atmosphère elles eaux par une nuit calme. En un mot, l’eau de la mer, pour devenir phosphorescente, doit être imprégnée d’électricité, comme, par une nuit d’orage, et, par une tension fortement électrique, l'eau de la pluie peut devenir étincelante. Quant aux prétendues animalcules infusoires ou microscopiques luisants, qui seraient la cause de ce grand phénomène, nous les laissons pour le compte de ceux à cjui il plait de voir la nature par les yeux de l’imagination.