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LA MER ET L ATMOSPHÈRE

ditions qui sont spéciales, il faut un choc mécanique, faisant jaillir ou mouvoir des globulins d’eau, qui paraissent lumineux à certaines soirées. Ce sont les avirons des rameurs, les flancs de l’arrière d’une embarcation, et surtout d’un gros navire froissant l’eau dans son sillage, imprimant à des masses d’eau écumantes, un mouvement de rotation, par lequel la nuit elles paraissent en pelotons lumineux, comme des paquets d’étoupe, trempés de l’alcool, qui brûleraient entre deux eaux. Quand il vente beaucoup, que la mer moutonne et que le vent soulève des globulins de surface, ils se transforment parfois spontanément en bluettes lumineuses; c’est ce que nous avons observé, par une soirée à bourrasque, sur la rade de Table-Bay. Mais il faut surtout, pour que la phosphorescence se produise largement, en outre des diverses conditions spéciales, un froissement mécanique et accidentel des eaux. On serait donc autorisé à admettre qu’en ce cas le dégagement électro-lumineux ou phosphorescent se produit par la pression de l’eau, en quelque sorte comme l’air devient lumineux par le brusque choc du piston d’un briquet pneumatique; mais ici il y a un véritable dégagement de lumière et de chaleur. Or, la phosphorescence doit être définie en général : la propriété qu’ont certains corps de briller dans l’obscurité, avec un éclat plus ou moins vif, et sans répandre de la chaleur sensible.

Tantôt ce phénomène est dûau frottement comme pour certaines variétés de sulfure de zinc; par la percussion, comme pour le sucre qu’on casse, et aussi quand on en frotte deux morceaux l’un contre l’autre dans l’obscurité; le choc, le frottement et la percussion de l’eau; par l’exposition de certains corps à la chaleur, comme le fluorure de calcium; par la combinaison chimique de la chaux vive avec l’eau. Dans tous ces cas, besoin n’est d’invoquer la présence d’animalcules dits noctiluca , miliaris ou autres; la chaleur et l’électricité, développés par action physique ou chimique, suffisent pour jouer le rôle de causes productrices.

La décomposition de la plupart des substances organiques produit de la phosphorescence, et c’est au dégagement de l'hydrogène phosphoré surtout, que sont dus les feux follets qui brillent à la surface des marais et des cimetières. Les poissons qu’on dépèce sont tous phosphorescents la nuit, et le deviennent davantage à mesure que leur chair se putréfie. Il est vrai de dire aussi qu’il y a du phosphore notamment dans la pulpe cérébrale et nerveuse des poissons. Les acalèphes physalies et autres sont phosphorescents; il ne serait donc pas irrationnel de chercher chimiquement jusqu’à quel point un principe phosphoré pourrait jouer, dans la haute mer, le rôle de l’hydrogène phosphoré dans la vase des marais, des •rades et des ports, et concourir en partie au phénomène de la phosphorescence des vagues.

Les bois blancs pourris brillent par leur décomposition, qui n’est peut-être qu’une combustion lente; quelques plantes sont phosphorescentes, comme, par exemple, les agaricus velarius, les rizomnrpha subt.erranea ; des animaux, comme les chats, ont les yeux luisants dans l’obscu-

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