LE SOLEIL RÉFLÉCHI PAR LA MER
rite et le poil brillant par le frottement électrique; les vers luisants, les lucioles ou splendidules, tous les lampyres, lampyris noctüuca , produisent le soir, dans les pays- chauds, en voltigeant dans l’obscurité, une sorte d’illumination autour des buissons par leur état phosphorescent.
En résumé, les phénomènes de phosphorescence sont complexes et variés; on doit distinguer ceux qui sont organiques de ceux qui sont purement physiques ou chimiques.
Les insectes phosphorescents répandent leur éclat lumineux par des phénomènes de vie organique.
Des détritus végétaux et animaux prennent parfois l’éclat lumineux par voie de décomposition organique.
En certaines conditions, la mer est accidentellement phosphorescente par des phénomènes physiques et chimiques, en raison môme de l’état thermo-électrique de l’eau et de son froissement mécanique.
Le soleil, réfléchi par la mer..—* Un magnifique effet de lumière, qui est en plein jour ce que la phosphorescence est pendant la nuit, c’est le scintillement de la mer par un soleil de midi, lorsque, à peine ridée par un léger zéphyr, toutes les gouttelettes soulevées deviennent autant de perles lumineuses. Il faut cligner les yeux pour soutenir l’éclat de ce scintillement, dont on ne donne qu’une pâle idée, en le comparant au jaillissement des paillettes incandescentes sous les coups du marteau d’une enclume où l’on bat le fer chauffé à blanc.
Aux jours de grand calme plat sous les tropiques, que faire encore si ce n’est de regarder le ciel et l’eau! Eh bien! dans un de ces moments, où, accoudé sur les bastingages de l’arrière, à l’ombre de la brigantine, immobile nous plongions un regard fixe dans les eaux de l’Océan à surface unie comme une glace, sur laquelle le soleil dardait d’aplomb, nous nous sommes plù à contempler les beaux faisceaux divergents d’un cercle lumineux, formé par la réflexion de ses rayons dans les profondeurs des eaux. Le soleil étant au zénith, la tète de l’observateur empiète sur le disque de l’astre, mais l’œil plonge au foyer d’un cône lumineux réflecteur. Cette image du soleil en étoile rayonnée à la surface de la mer est admirable. Admirables aussi sont parfois ses levers et ses couchers, quand l’astre parait ou s’en va derrière les nappes d’humides nuées floconneuses et pelotonnées, car alors son disque étant marqué par un flocon plus dense, ses rayons jaillissent par faisceaux lumineux divergents, à travers les trouées, pendant que les nuages argentés, dorés sont lumineux à éblouir, bel effet de lumière que l’art a cherché à imiter, sinon à rendre sur les gloires des vitraux d’église.
Ma foi! nous comprenons les Incas qui adoraient le soleil, au moins comme le plus beau reflet du Créateur dans la création.
Lies saisons et des climats.
Des saisons et des climats dans les deux hémisphères.
C’est à l’inclinaison de l’écliptique sur l’équateur qu’est due la différence des saisons.
Lorsque, dit Laplace, le soleil atteint par son mouvement annuel, l’équateur, il le décrit à fort peu près en vertu de son mouvement diurne; et ce grand cercle étant partagé en deux également'par tous les horizons, le jour est alors égal à la nuit pour toute la terre. On a nommé par cette raison équinoxes les points d’intersection de l’équateur avec l’écliptique. À mesure que le soleil, en partant de l’équinoxe du printemps, s’avance dans son orbe, ses hauteurs sur notre horizon croissent de plus en plus : l’arc visible des parallèles qu’il décrit chaque jour, augmente sans cesse et fait croître la durée des jours, jusqu’à ce que le soleil parvienne à sa plus grande hauteur. A cette époque, le jour est le plus long de l’année, et comme vers le maximum les variations de la hauteur méridienne du soleil sont insensibles, le soleil, à ne considérer que cette hauteur, dont dépend la durée du jour, paraît stationnaire, ce qui a fait nommer solstice d’été ce point maximum. Le parallèle que le soleil décrit alors est le tropique d’été.
Cet astre redescend ensuite vers l’équateur qu’il traverse, de nouveau, dans l’équinoxe d’automne et, de là, il parvient à son maximum de hauteur ou solstice d’hiver. Le parallèle décrit alors par le soleil est le tropique d’hiver, et le jour qui lui répond est le plus court de l’année, (pour notre hémisphère bien entendu, car c’est au contraire le plus long pour l’hémisphère austral). Parvenu à ce terme, le soleil remonte vers l’équateur, et revient à l’équinoxe du printemps recommencer la même carrière.
Autrement dit, en s’en tenant à l’apparence des mouvements du soleil, on peut considérer cet astre comme l’immense et lumineuse lentille d’un pendule infini dans la voûte céleste, et oscillant, annuellement, d’un tropique à l’autre. Les deux passages de la lentille, au-dessus de l’équateur, sont les équinoxes; les deux points extrêmes de l’amplitude d’oscillation, à l’un et à l’autre tropique, sont les solstices.
Telle est la marche constante du soleil et des saisons. Le printemps est l’intervalle compris entre l’équinoxe du printemps et le solstice d’été; l’intervalle de ce solstice à l’équinoxe d’automne forme l’été; l’intervalle de l’équinoxe d’automne au solstice d'hiver, forme l’automne ; enfin l’hiver est l’intervalle du solstice d’hiver à l’équinoxe du printemps. La présence du soleil sur l’horizon, étant la cause de la chaleur, il semble que la température devrait être la même en été qu’au printemps, et dans l’hiver qu’en automne. Mais la température n’est pas un fait instantané de la présence du soleil : elle est le résultat de son action longtemps continuée. Elle n’atteint son maximum, dans le jour, qu’après la plus grande hauteur de cet astre sur l’horizon ; elle n’y parvient dans l’année, qu’après la plus grande hauteur solsticiale du soleil.
CLIMATS
Les divers climats offrent des variétés remarquables, que nous allons suivre de l’équateur aux pôles. A l’équateur, l’horizon coupe en deux parties égales tous les parallèles; le jour y est donc constamment égal à la nuit.
Le soleil s’élève à midi jusqu’au zénith dans les équinoxes. Les hauteurs méridiennes de cet astre sont les plus petites, et égales au complément de l’inclinaison de l’écliptique à l’équateur; les ombres solaires ont alors des directions opposées, ce qui n’arrive point dans nos climats où elles sont toujours à midi dirigées vers le nord. Il y a donc, à proprement parler, deux hivers et deux étés, chaque année sous l’équateur. La même chose a lieu dans tous les pays où la hauteur du pôle est moindre que l’obliquité de l’écliptique. Au delà, le soleil, ne s’élevant jamais au -zénith, il n’y a plus qu’un hiver et qu’un été dans l’année. Le plus long jour augmente et le plus court diminue, à mesure que l’on s’avance vers le pôle, et lorsque le zénith n’en est plus éloigné que d’un angle égal à l’obliquité de l’écliptique, le soleil ne se couche point au solstice d’été, il ne se lève point au solstice d’hiver. Plus près du pôle encore, le temps de sa présence et celui de son absence sur l’horizon, vers les solstices, surpassent plusieurs jours etmême plusieurs mois. Enfin, sous le pôle, l’horizon étant l’équateur même, le soleil est toujours au-dessus quand il est du même côté de l’équateur que le pôle; il est constamment au-dessous quand il est de l’autre côté de l’équateur; il n’y a donc qu’un seul jour et une seule nuit dans l’année.
Climats. — ■ On comprend, sous le nom de climat, une étendue de pays dont les divers points sont placés dans des conditions similaires de météorologie, surtout sous le rapport de la température, qui sert de base pour classer toutes les parties du globe, en trois grandes divisions climatériques. La première est celle des pays chauds, comprise de chaque côté de l’équateur, jusqu’aux 50 et 55° degrés de latitude. C’est la zone torride ou régions intertropicales, circonscrivant une grande partie de l’Asie et des îles de l’Océanie, de l’Afrique et de ses îles, de l’Amérique entre la Plala et la Californie, de la Nouvelle-Hollande, de la nouvelle Guinée et plusieurs archipels.
La température moyenne de la zone torride varie de 20 à 28° centigrades. La température minimum de 1 2l* est l’exception; le thermomètre s’y rapproche plus généralement de 48". Dans les climats de cette zone, les différences de température sont peu considérables dans le jour, mais elles le sont beaucoup pendant la nuit, de 15 à 20°, le rayonnement nocturne y étant très marqué.
Des tropiques au 55e degré de latitude, on a placé la zône tempérée des deux hémisphères austral et boréal. Celui-ci comprend presque toute l’Europe, sa partie centrale, méridionale et ses îles, la haute Asie, à partir de la Méditerranée et la Mer noire, la grande Tartarie, le Tibet, une partie de la Chine, le Japon, la plus grande partie des Etats-Unis dans l’Amérique du nord. Dans la zone tempérée de l’hémisphère austral se