‹ Traité de climatologie geńeŕale du globeChapitre 50 sur 215 · SAÏGON · texte numérisé non relu

SAÏGON

Ml

Retour pur lu ruer des Indes et lu mer rouge. — Nous connaissons Singapore, passons par le détroit de Malacca, à bord de l’Entreprenante 0), pour déboucher dans la mer des Indes, faisant cap à l’ouest, dans une direction parallèle à l’équateur et à peu de dégrés au-dessus, car la pointe de Ceylan qu’on rase n’est qu’à G° nord.

La navigation de ces latitudes équatoréales se fait à la vapeur, monotone et uniforme, la mer a été à peu près constamment calme, si nous en exceptons un fort grain, qui nous a valu d’observer un de ces météores tournants qu’on appelle tornados , cyclowps ou cyclones.

Un tourbillon de vent produisit,, sur une grande surface de la mer, un cercle giratoire des eaux, au milieu duquel nous nous trouvions. Ce mouvement giratoire était très marqué à la circonférence d’un rayon de deux à trois milles, où les lames faisaient des frisures écumeuses blanches, pendant que le navire restait comme immobile au centre. Le phénomène n’eut rien d’inquiétant, à la condition de serrer toutes les voiles et de se dégager à la vapeur; ce fut plutôt un spectacle attrayant qu’un danger, dans la matinée du 19 février 18G2. Mais au lieu et place d'une grande frégale à vapeur comme l’Entreprenante, mettez un petit navire obligé de serrer ses voiles, sans moyen de résistance pour couper le tourbillon qui l'entraîne au fond du goulet central, il sera coiffé par les spirales des lames tournantes, et disparaîtra dans le fond de cet entonnoir

qui est l’abîme. C’est ainsi que se perdit corps et bien le brick de l’Etat le Berceau, dans les parages de Bourbon. Un petit tableau de la cabine du commandant, fut la seule épave qu’on recueillit pour preuve de ce sinistre.

L’espace dans lequel ces tempêtes circulaires s’étendent, varie de 20 à plus de cent milles. Elles soufflent en tournant sans cesse autour d’un point central ou tourbillon. Leur force est très variable : tantôt elle ne dépasse pas beaucoup celle d’une forte brise, tantôt elle augmente brusquement et devient d’une fureur irrésistible; mais le caractère particulier à leur mouvement circulaire, est que dans chaque hémisphère elles tournent dans une direction constante et contraire. Cette direction est invariablement opposée à celle de la course apparente du soleil, allant par conséquent de droite à gauche dans le nord de l’équateur, tandis que dans l’hémisphère sud elle a lieu de gauche à droite. La marche entière de la tempête a encore un autre mode de progression, et s’avance en circulant sur les traces de son désastreux passage, quelquefois avec une très grande rapidité, quelquefois ne faisant que quelques milles à l’heure. Elles éclatent également dans les trois grandes mers, et c’est une des raisons pour lesquelles Keller a proposé d’appeler Grand-Océan le prétendu Pacifique.

Le 20 février nous doublions la pointe de la grande Nicobar, et le 24 la pointe de Galles, dont nous voyons le phare et la plage. De ce point l’Entreprenante lit cap à l’ouest nord-ouest, entre les Maldives et les Laquedives, et le G mars nous avions doublé Socolra, l’île aux Aloës. Enfin après un

(1) Commandant Peyron.

112 GÉGORAPHIE ANTHROPOLOGIQUE.

mois de navigation, depuis notre départ de Saigon, on mouillait sur la rade dAden, au pied des rochers dentelés et escarpés à pic qui dominent le golfe.

Du golfe dAden ou entre par le détroit de Bab-el-Mandeb (porte des larmes), dans la mer Rouge.

Nous défilions laissant à gauche les montagnes arides de la Thébaïde; Moka et la Mecque étaient à droite, sur le rivage de l’Arabie. Nous avions franchi plus des deux tiers du long canal que forme la mer Rouge, quand un cap surgit devant nous, en servant dejpoint de bifurcation des eaux. L une de ces baies s’enfonce dans l’Arabie pétrée, l’autre remonte à Suez ; entre les deux s élève un massif de montagnes, dont le pic le plus culminant est le mont Sinaï, doré par les rayons d’un ardent et éclatant soleil, et nous contemplons ce mont fulgurant encore, du haut duquel Moïse descendit avec les tables de la Loi. — Plus avant la baie se resserre, Suez est au bout, et à droite sur le rivage, entourée de tamarins, voilà la fontaine de Moïse.

Eh ! quoi ! on jette l’ancre, on mouille déjà, si loin de Suez ? Mais, nous dit le commandant, parce que tout ce que nous pouvons faire pour vous débarquer, ce sera de vous faire franchir 4 ou 5 milles en chaloupe, et encore à haute marée, sans quoi vous échoueriez à moitié route. En effet, à marée basse Suez est à sec dans les sables; à marée haute de lm50 à 2 mètres au plus, les eaux remontent au-delà des relais de mer. Le fait est patent, la mer se retire encore, faiblement, il est vrai, mais elle se retire de ces plages couvertes autrefois, et pour arriver de Suez au mouillage des navires, on a projeté de faire, perpendiculaires au quai, des jetées avancées vers la rade. Jetez un coup-d’œil sur la carte de l’isthme, et vous verrez comme relais de mer de Suez à Port Saïd : l°la lagune de Suez ; 2° les lacs amers (lacs salés), qu’un ancien canal des Pharaons faisait communiquer avec la mer Rouge; 5° le lac de Timsah; puis 4° le lac Ballah, communiquant avec le grand lac de Menzaleh, touchant à Port-Saïd.

Le canal de percement de l’isthme de Suez, ne fait que relier tous ces lacs, en coupant trois ou quatre langues de sables intermédiaires, mettant ainsi l’Indo-Chine, aux bouches de la Méditerranée.

Géographie anthropologique, ou distribution des races humaines

sur le globe.

Des données d’archéologie ne concordent pas avec les textes bibliques et, d’autre part, physiologiquement parlant, le type adamique, ne saurait expliquera diversité des races humaines, quelques métamorphoses climatériques qu’on puisse invoquer, sur les rameaux de la famille d’un prétendu premier homme. Pour le physiologisie, un nègre n’est pas nègre seulement parce qu’il a la peau noire, mais parce qu’il a des caractères anatomiques essenliellement différents de l’homme de la race caucasique, dont

Page 1