TYPE NÈGRE
Le type jaune existe en Chine, depuis la plus haute antiquité, il s’étend dans toutes les contrées habitées par les populations mongoliennes, de là le nom de race mongolienne ou mongolique,par lequel on désigne aussi la race jaune. Celle-ci est répandue au sud jusque dans l’Inde et la Malaisie; au nord elle confine aux régions polaires.
Le type noir répond à l’Afrique centrale et occidentale, il parait s’être étendu sous la zone intertropicale, depuis la côte orientale de l’Afrique jusqu’en Australie.
Les variétés principales, qui sont sorties des mélanges, sans nombre, opérés entre les trois races primordiales, sont :
1" La race boréale, qui embrasse toutes les populations habitant au voisinage du cercle arctique, et qui est intermédiaire entre la race blanche et la race jaune.
2° La race malayo-polynésienne, qui participe à la fois des types nègres, mongol et blanc, et dont le domaine s’étend de chaque côté de l’équateur, depuis Madagascar jusqu’en Polynésie.
5° La race américaine ou rouge, qui participe des trois mêmes races, mais où l’élément est faiblement prononcé, et qui se rapproche davantage du type caucasique.
4° La race papoue, qu’on peut considérer comme une branche de la race nègre.
Type nègre. — Race guinéenne, Ascliantis , Gallas, Cafres , rameau éthiopien; race hotte ntote ; branche australienne . — C’est au centre et à l’ouest de l’Afrique, dans le Soudan, la Sénégambie, la Guinée, qu’il faut aller chercher le type le plus complet et le plus caractéristique, de ce que nous appelons la race nègre.
Les nègres ont le crâne allongé, comprimé, étroit, surtout aux tempes, quant à la forme du visage, on saisit chez eux deux types différents, qui s’effacent dans les types intermédiaires. Chez les uns, l’os de la mâchoire supérieure se projette en avant (prognantisme), de telle façon, que si la tête est vue d’en haut, la partie de la mâchoire, où les dents sont insérées, dépasse la ligne frontale.
Les branches de ce même os maxillaire sont très écartées, inférieurement; elles sont rapprochées au contraire, supérieurement, au point de gêner le développement des os du nez. Ces derniers sont à leur tour placés assez haut, et médiocrement développés, cette disposition ostéologique engendre les caractères les plus distinctifs de ce type nègre; le peu de saillie du nez, son épalement, à l’endroit des narines, enfin la direction * des dents, qui, de verticales, deviennent inclinées en soulevant la lèvre supérieure. Celle-ci, aussi bien que l’inférieure, présente, en outre, un excès de volume qui rappelle celui qui se remarque chez beaucoup d’individus de notre type, mais d’une constitution très lymphatique.
Chez d’autres, la mâchoire supérieure est disposée plus verticalement; mais en revanche les pommettes sont plus saillantes, les narines et les
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orbites de l’œil sont plus larges et de forme anguleuse. Les dents, toujours très longues et d’une grande blancheur, ne présentent pas la même inclinaison aux deux mâchoires. Le squelette, plus blanc que celui des autres races, parce que les os renferment sans doute plus de sel calcaire, reproduit en général celte laideur, cette massivité, si visible dans l’ostéologie de la face ; aussi pèse-t-il plus que le notre. Mais les muscles, destinés à le mouvoir, ne répondent pas à ces fortes dimensions.
Le cou du nègre est court, sa poitrine large, est bien constituée et plus convexe que chez les Européens, sa forme se rapproche de celle du cylindre. Le bassin est étroit, disposé un peu en arrière, et sa cavité conique. Les extrémités des doigts sont fort allongées, les jambes offrent une courbure assez sensible, le mollet est haut et aplati. La stature du nègre est généralement au-dessus de la moyenne, sa complexion passe, comme la nôtre, par tous les degrés, depuis la force herculéenne jusqu’à l’extrême faiblesse, sa peau présente un velouté particulier, en raison du développement considérable de l’appareil glandulaire. Elle doit sa couleur à un dépôt de matière colorante ou pigmentum, dans des cellules qui sont régulièrement polyédriques, et est plus épaisse que celle des Européens, principalement sur le crâne, la peaume de la main et à la plante des pieds.
Les muscles ne présentent pas cette vive couleur, qu’on observe chez l’Européen. Il est à remarquer que chez les mammifères, propres aux contrées qu’habite le nègre, on observe également le faible développement du système pileux qui le caractérise. Les cheveux noirs, courts et crépus, ne sont point un des traits les moins distinctifs de cette race. Ce caractère laineux de la chevelure, paraît avoir sa cause dans la forme aplatie de la racine des cheveux. Le sang du nègre est épais, noir et circule lentement, sa coagulation est prompte. Tels sont les caractères que l’on peut regarder comme typiques chez le nègre. Ils coïncident avec une intelligence beaucoup moins développée que celle des races blanches et jaunes.
La Guinée est la terre des nègres par excellence ; comme l'invasion des populations sémitiques et de sang mêlé, s’est opérée de l’est à l’ouest, les populations indigènes de l’intérieur de l’Afrique, ont du être repoussées de plus en plus à l’extrémité occidentale. Il est donc naturel de regarder les nègres de la Guinée, comme des descendants de la souche noire primitive.
Dans le Dahomey, qui confine à l’est au royaume des Aschantis, (très belle race par ses traits), on retrouve également le type nègre, dans toute son énergie, aussi bien que dans le Bénin, pays situé encore plus à l’est. C’est précisément sur celle côte que s’exercait la traite; aussi, faut-il ranger, dans la même famille, la majorité des nègres transplantés en Amérique. Tandis que les nègres, appartenant aux races les plus caractéristiques, semblent avoir été repoussés à l’ouest, d’autres, qui représentent le type nègre d’une manière presque aussi tranchée, se rencontrent sur l’autre littoral de l’Afrique, à la côte de Mozambique.
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Trois groupes : Un rappelle les formes de la Guinée, un constitue le groupe australien, le troisième est constitué par les Cafres.
Il est probable, que la contrée, qui s’étend de la côte de Mozambique au golfe de Guinée, est habitée par une population de nègres de même race.
Les Gallas habitent au sud de l’Abyssinie, et s’avancent sur les bords du Nil.
Mélanges entre les nègres , des contrées de l'Afrique , et les races qui s'étaient alliées aux Ethiopiens et aux Numides. — A mesure que l’on remonte vers le pays, qu’occupait originairement ce dernier peuple, on rencontre des populations, dont le type se rapproche graduellement du type berber, ou du type sémitique. Les Tibbos, qui habitent entre le Soudan et le Fézan, représentent une de ces races intermédiaires, dont tout le Sahara est peuplé.
Les Cafres, qui s’étendent au-dessous des Somaulis, sur la côte africaine, jusque dans le voisinage des Hottentots, et qui se divisent en de nombreuses variétés, constituent le chaînon qui lie les nègres à la race éthiopienne.
Leur teint n’est pas aussi foncé, leur nez n’est pas aussi épaté, que celui des noirs Soudaniens.
Le rameau éthiopien est le représentant, de beaucoup le plus élevé, du type noir, et il a déjà été tellement pénétré de sang caucasique, dont les infiltrations s’y opèrent depuis un temps immémorial, qu’on a voulu le rattacher à la classe blanche. C’était aller trop loin, car les Éthiopiens, ou Abyssins, proprement dits, malgré la réalité toute européenne de leurs traits, ont la peau tellement foncée, qu’il est impossible de les ranger sous un autre type que le type nègre.
Les Berbères, qui rappellent beaucoup, par leur physionomie, la figure des Égyptiens, telle qu’on la voit sur les anciens monuments des bords du Nil, nous offrent des traits tout-à-fait caucasiques, surtout ceux qui se distinguent par une peau, couleur de bronze, des lèvres grosses sans être proéminentes, un menton fuyant, une barbe clairsemée, des cheveux frisés sans être crépus, ce sont ceux que l’on rencontre dans le pays de Dengola, sur le Haut Nil. Si l’on rayonne dans la direction du nord et du nord-ouest, on rencontre des races, dont la couleur de la peau passe de la couleur bronze, au rouge ou au brun clair.
Il est vraisemblable que les Égyptiens et les Berbères sont les variétés les plus élevées de ce rameau, si supérieur lui-même aux races cafres et sénégambiennes ; chez beaucoup d’Égyptiens on observe une forme de taille, toute semblable à celle des races véritablement blanches. Les Berbères, descendants des anciens Numides, restent aussi dans cette catégorie.
Ils se sont mêlés, de plus en plus, à des tribus d’origine arabe, et ce mélange a relevé graduellement leur type, dont le principe se rapproche-
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rait davantage de celui du noir. Beaucoup de Touaregs, de Kabyles, en effet, présentent dans leur peau une teinte foncée, qui annonce une parenté originelle avec la race noire. Mais la disposition lisse des cheveux, qui prédomine chez ces peuples, et qui s’observe même chez quelques tribus de la Nubie, dénote un mélange, déjà ancien, avec les races à cheveux lisses de l’Europe et du Caucase.
Les races Berbères et Touaregs s’étendaient jadis jusqu’aux îles Canaries, mais les colons Espagnols ont anéanti les indigènes de cet archipel, connus sous le nom de Guanches. Certaines tribus de ces races s’avancent encore aujourd’hui jusque dans la Sénégambie. Tout donne donc à penser que le rameau éthiopien, autrement dit chamitique, est une branche essentiellement métisse, où les croisements de sang, noir et blanc, se sont répétés dans les proportions les plus diverses, et où se sont opérés des mélanges, entre les rejetons de plusieurs croisements , anciens. C’est ce qui arrive encore aujourd’hui dans l’Abyssinie, où les Arabes se croisent incessamment avec les Nubiens et les Abbyssins proprement dits.
La branche éthiopienne comprend tous les peuples du nord de l’Afrique, depuis l’Abbyssinie jusqu’à l’Atlas, à l’exclusion cependant des Maures, ou arabes de l’Afrique, et des arabes d’Egypte, ou Bédouins, lesquels appartiennent tous deux à la race blanche, et ne sont que très faiblement mêlés aux races africaines.
Nulle part on ne trouve, en Afrique, de trace d’un type primordial, dont les autres ne seraient qu’un dérivé.
La race hofctentote, doit être considérée comme une race secondaire, mais d’une formation très-ancienne, et caractéristique de l’Afrique australe. Cette race se distingue par sa petite taille, sa peau d’un jaune sale, sa physionomie repoussante. La tète d’un Hottentot est plus longue que celle du nègre, son front est étroit, proéminent, son œil petit, enfoncé, exprimant la ruse, son nez est extrêmement aplati, ses lèvres sont plutôt pincées que saillantes, ses pommettes proéminentes. Les femmes surtout en vieillissant prennent un aspect dégoûtant, en raison de la flaccidité de leurs mamelles et de l’abondance de graisse, dont la région fessière est recouverte.
Rameau australien de la rare nègre. — 11 peut être considéré comme formant une race à part, correspondant à un autre centre d’émigration, sinon de création, celui des terres australiennes.
Les nègres australiens (papous), occupent la Nouvelle-Hollande, la Nouvelle-Irlande, la Nouvel le-Gjii née. Ils constituent la population origi-
naire de Bornéo et des îles Philippines, de l’archipel d’Andaman et d’une partie des Moluques. De plus, tout donne à penser que cette population s’est avancée sans cesse vers l’est, elle a été, peu à peu, chassée des deux presqu’îles gangétiques, dont elle formait la population primitive, et dès lors, il est naturel de croire que, dans le principe, ces nègres australiens