RACE BORÉALE
les Kanaks des noirs australiens. Dans le premier de ces archipels, la peau est noire, et dans le second elle est cuivrée.
Des croisements, dans des proportions diverses, entre les différentes variétés des races malaises et australiennes, peuvent nous donner l’origine des variétés polynésiennes. Cependant, pour comprendre l’apparition du type que l’on rencontre aux Marquises et aux îles des Amis, il faut nécessairement avoir recours à un autre mélange, et il est naturel de supposer qu’il s’opéra dans ces archipels des alliances entre le sang rnalayopolynésien et le sang américain, autrement dit, entre la race malaise et la race rouge; ce qui tend à le faire croire, c’est que l’on reconnaît ce type remarquable, précisément dans les îles les plus voisines de l’Amérique.
Une communauté d’usages, et une communauté de langues, rattachent étroitement entre elles toutes les populations polynésiennes, proprement dites, ce qui prouve que, depuis une époque très ancienne, les polynésiens ont revêtu un caractère national, et atteint un certain degré de développement social.
Race boréale. — Il en est, des populations des régions boréales, comme des animaux, dans tout le nord de l’Europe, comme de l’Asie et de l’Amérique, nous retrouvons une même race, se confondant graduellement, par le rameau Tongouse, avec la race jaune. On observe, en effet, chez la plupart des populations de la Sibérie, un type qui rappelle beaucoup le type mongol, et auquel on donne le nom de type ougrien, dérivé du nom d’une contrée, l’Yougrie, située entre la Sibérie et la Russie. La race boréale, malgré son unité, se distingue cependant en plusieurs branches. La première, l’ougrienne pure, comprend les Tcherkesses, les Nordxvines, les ïchouvaches, les Vogouls, les Osliaks. Les Tcherkesses habitent sur la rive gauche du Volga moyen; autrefois nomades, ils exploitent, aujourd’hui, les forêts de chêne de la Russie septentrionale. Leur peau est d’une couleur très-foncée, comme leurs cheveux, qui sont assez soyeux; leur barbe est rare, leur face est large, leur taille est médiocre.
Les NordAvines habitent sur les bords de l’Oka et du Sura, et s’avancent jusque dans la Taui ide; leur complexion est plus forte, leur chevelure est plutôt brune que noire, et passe même au roux.
Les Tchouvaches habitent le gouvernement de Kasan, leur type, comme leur langue, se rapproche quelque peu de la famille turque.
Les Vogouls sont répandus vers l’Oural septentrional. Leurs traditions mythologiques les rapprochent des Lapons.
Chez les Ostiaks, la couleur rousse des cheveux prédomine.
La seconde branche ougrienne peut être désignée sous le nom d’ougrorusse; elle habite, dans le bassin de la Dvina, le gouvernement de Perm. Les Permiens se sont peu mêlés avec les Scandinaves.
La branche Tchoude, renferme les populations de souche ougrienne. (pii ont le plus subi l’influence européenne, à savoir : les Esthoniens, les Finlandais, les Lapons (de la province russe Eslhonie).
GÉOGRAPHIE anthropologique.
Les Ksthoniens so sont mêlés aux Allemands, aux Polonais, aux Russes.
La population, qui habite la Finlande, est caractérisée par des cheveux blonds ou brun clair, des yeux gris et une peau brunâtre. Leur taille est moyenne, leurs membres sont fortement constitués.
La branche Laponne s étend au nord de la Finlande, et constitue, aujourd’hui, l’avant-garde européenne de la race boréale.
Les Lapons, qui vivent surtout de l’élevage des rennes, sont de très petite taille. Us ont occupé autrefois une partie de la Finlande. Dans la Bothnie ils se sont mêlés aux Finnois. En Norwège et en Suède ils continent aux Scandinaves.
La branche Samoiède lie la race ougrienne à la race tongouse. En Europe elle s’avance jusque dans le gouvernement d’Archangel. Les traits de cette race rappellent beaucoup ceux des Kalmouks et des Tartares de la Sibérie (Tobolsk). Quelques ethnologistes ont cru découvrir chez eux les avant-coureurs du type et des mœurs de l’Amérique du nord. Les Comans qui, au moyen-âge, envahirent la Russie, étaient Tchoudes, ou tout au moins Tongouses. Les Huns et les Avares étaient aussi ougro-tartares, mêlés aux populations de la Scythie, aux Sarmates, aux Pannoniens, qui étaient aussi indo-européens. Les Bulgares avaient été fixés à la mer Caspienne, les Finnois s’étendaient à la Vistule, et les Huns occupaient les bords du Tanaïs et du Borysthône.
Tandis que la race boréale se présente à l’occident de l’Europe, on la retrouve à l’autre extrémité du monde, dans l’Amérique septentrionale chez les Esquimaux. Les individus de cette race, qui se sont répan dns dans toutes les possessions britanniques du nord de l’Amérique, et qui s’avancent jusqu’au Groenland, offrent, en effet, les traits mongols, bien qu’altérés ou abâtardis. La tête osseuse prend, chez eux, une forme pyramidale plus prononcée que chez les Mongols de la Haute Asie, ce qui dépendrait du rétrécissement latéral du crâne, l'écart des pommettes restant considérable.
Les formes des Esquimaux sont trapues et ramassées; leur taille est très petite, les cheveux noirs, la barbe souvent épaisse, le teint plus clair que brun. Leur intelligence est peu développée. Les Esquimaux se lient, par une chaine continue, aux populations sibériennes, dont, ils ne sont que l’expression la plus orientale. On trouve sur la côte nord-est de la Sibérie, et dans les iles Aléoutiennes, des tribus moins sauvages et mieux douées que les Esquimaux, mais qui parlent un dialecte de leur langue. Les Toukis, qui habitent la plaine des mousses et les vastes forêts, s’étendant depuis l’Amérique jusqu’au détroit de Behring, appartiennent aussi à la même race, ils se distinguent seulement par une faille plus élevée. Ce rameau esquimau ou borealo-oriental, s’est avancé peu à peu au sud du Kamtchatka, il a pénétré dans les iles Kouriles, et jusque dans l’ile Nastmaï ou Yéso,
située au nord du Japon.
Dans ces contrées, la race boréale, a fini par constituer une variété non-