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RACE ROUGE

velle, les Aïrios. Cette population curieuse et de petite taille, a des traits assez réguliers, mais le caractère à part, qui la distingue, c’est le développement extraordinaire du système pileux. Leur barbe tombe sur la poitrine; le cou, le dos et les bras sont couverts de poils. En s’avançant au sud le rameau esquimau a dû se rencontrer, dans l’archipel du Japon, avec ' la race chinoise, et les Japonais seraient issus du croisement des deux races, mais avec prédominance du sang chinois.

Lorsqu’on rapproche les Esquimaux du Labrador, des tribus indiennes de l’Amérique du nord, on ne trouve, entre les deux populations, aucune analogie, mais lorsque l’on compare les Tchoukchis, à certaines tribus indiennes, on est alors frappé de l’analogie, sinon toujours du type, au moins toujours de mœurs, de croyances, de langage. Les Tchoukchis paraissent même avoir une communauté avec les Panis, des bords de la rivière Plate et de la rivière Rouge. Leur langage se rapproche beaucoup des langues polysvnthétiques de l’Amérique, ils sont gouvernés par des chefs héréditaires comme les tribus indiennes.

Tout donne à penser que la race ougrienne, qu’on trouve dans l’ancien monde, constamment nomade, s’est avancée jusqu’en Amérique, par l’archipel des îles aléoutiennes, au delà de la mer de Berhring, en pénétrant dans le nouveau monde, où elle ne rencontrait plus ses rennes. Cette race a dû changer de genre de vie, et, de même que sur les bords de la mer, elle était devenue en certains lieux icthyophage, elle devint chasseresse en Amérique. Ainsi la race américaine ou rouge, apparaît comme un dernier rameau de la race boréale .

Race rouge. — On a désigné, sous le nom de race rouge, l’ensemble des races américaines; mais ce nom ne saurait convenir qu’à un certain nombre de populations de l’Amérique du Nord, puisque la couleur de la peau est loin d’être la même chez les diverses tribus, répandues dans le Nouveau-Monde. Depuis le pôle jusqu’à la Terre de feu, il n’est pas une nuance de la coloration humaine, qui ne se manifeste, sauf le noir décidé du Congo et le blanc rosé de l’Anglais. Les indigènes, suivant leur nation, apparaissent brun olivâtre, brun foncé, bronzé, jaune pâle, jaune cuivré, rouges, blancs, bruns, .etc.

Leur stature ne varie pas moins. Entre la taille, non pas gigantesque mais élevée du Patagon, et la petitesse des Changos, on rencontre une foule de statures intermédiaires.

Les proportions du corps présentent les mômes différences; quelques peuples ont le buste fort long, comme les tribus des Pampas, d’autres court et large, comme les habitants des andes péruviennes.

11 en est de même pour la forme et le volume de la tête. Cependant on saisit, entre les différentes populations américaines, une ressemblance et des points de rapprochement, qui composent la physionomie générale de toute la population du Nouveau-Monde, comparée à celle de l’ancien.

Toutefois, malgré cette communauté de caractère, la race américaine ne

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présente pas, a beaucoup près, une unité aussi tranchée, que plusieurs races qui ont été examinées précédemment.

On peut répartir la population indigène de l’Amérique, en sept rameaux ou grandes familles, sans y comprendre, bien entendu, les Esquimaux qui appartiennent a la race boréale : le rameau indien ou rouge, proprement dit, le rameau californien, le rameau mexicain, le rameau brasilioguaranien, le rameau pampéen, le rameau andopéruvien, et le rameau aurocanien.

Le rameau rouge embrasse toutes les tribus indiennes répandues, jadis, sur le territoire des Etats-Unis, et que les anglo-américains ont repoussés, de plus en plus, a l’ouest et au nord-ouest, ce sont les vrais peaux rouges, dont le caractère moral et le genre de la vie tranchent, d’une manière si frappante, avec les habitudes des races européennes. Chez ces Indiens la tète osseuse est un peu pyramidale ; par la direction des parois du crâne, l’arcade zygomatique conserve un peu de cet écartement latéral, qui frappe chez les peuples de type mongol ; les fosses nasales sont grandes, et tout y indique un large développement de la surface olfactive. L’arcade maxillaire supérieure est avancée, et toutefois les incisives n’ont pas de saillie sensible. La mâchoire inférieure, assez forte, forme, de ses deux branches, non un angle prononcé, mais une courbe. L’expression du regard, indien, respire une férocité calme. La grande variété des formes qu’on a observée dans les crânes de certaines tribus, tient à l’usage très répandu chez les Aborigènes de l’Amérique du Nord, de soumettre l’enfant à une déformation systématique. De là, chez beaucoup, une disposition plate qui s’observait partout chez les Choctaws, et leur avait valu des Européens, le surnom de Têtes plates. Cette particularité était encore plus prononcée chez les Natchez. Cet usage singulier se répandait de tribus en tribus, jusqu’au Pérou.

Le trait le plus saillant et le plus caractéristique du type nord américain est un nez proérninant et fort arqué; ce trait le distingue tout-à-fait du type mongol.

Cependant on trouve des familles intermédiaires, qui permettent d’établir un lien entre les deux races, ce sont : dans le nord-ouest de l’Amérique, les Chinouks, les Duhkotas, sous la carnation cuivrée desquels on retrouve un fond évidemment jaune. La couleur noire des cheveux de ces dernières tribus, leur peau sèche, la disposition lymphatique de leur tempérament, leurs yeux légèrement obliques, rappellent les caractères distinctifs delà race mongole, c’est surtout dans la région de la Californie que se présentent leS tribus, chez lesquelles est leplus prononcé le type du nord-ouest de l’Asie. Les Indiens de celle partie du Nouveau Monde ont un front bas, des yeux enfoncés, un nez court élargi à sa base, déprimé à sa racine, des pommettes saillantes; une bouche assez grande, des lèvres épaisses; la peau des indigènes de la Californie est plus foncée que celle de toutes les autres tribus de l’Amérique du Nord, mais leurs cheveux ne sont pas laineux. A l’inspection de leur figure, on est tenté de recon-

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naître, en eux, des mêlés de population ougro-tartare, ou ougro-japonaise et de noirs australiens .

Ce mélange, du reste, n’a rien que de vraisemblable. L’étude des populations du nord de la Polynésie, tend à faire admettre un double rayonnement, entre la race boréale et la race malayo-polynésienne et la race noire australienne. En effet, tandis que, dans îles Sandwich, on voit déjà se dessiner quelques-uns des traits qui caractérisent le rameau rouge, que le front commence à devenir fuyant et le nez arqué, au nord-ouest de l’Amérique, les traits rappellent tout-à-fait la race ougro-japonaise. Bien des traits communs de mœurs, rattachent d’ailleurs les populations du nord-est de l’Amérique et celles du nord-est de l’Asie, entre lesquelles ont lieu des communications journalières, par les archipels des Kouriles et les Aléoutiennes.

Les rameaux mexicains se rattachent au rameau rouge, proprement dit, par le type physique comme par les traditions. Les populations de cette branche, qui ont porté successivement le nom de Toltèques, de Chichimèques et d’Aztèques, étaient descendues dans le Mexique de la Californie et de l’Orégon.

Dans le rameau mexicain, la taille est assez bien proportionnée, les cheveux offrent la même couleur, et la même rudesse que chez la plupart des races mongoles. La barbe est peu abondante, la peau a une teinte olivâtre, qui s’éclaircit beaucoup chez les femmes des villes.

Le rameau brasilio-guaranien ou Caraïbe, s’étendait jadis, depuis les petites Antilles jusqu’au Paraguay. Les caractères génériques sont une coloration jaune de la peau, mélangée d’un peu de rouge très pâle, une face pleine, circulaire, un nez court étroit, généralement très épaté, les yeux souvent obliques, toujours relevés à l’angle extérieur, des traits efféminés, la barbe rare.

5e Rameau. 1° Les Guaraniens, qui se sont répandus dans tout le Brésil et le Paraguay; ils côtoyèrent les rives de l’Océan, en marchant vers le nord, les uns remontaient vers l’Amazone et l’Orénoque, les autres descendirent jusque sur le bord de la Plata. Ils ont la tête oblongue.

2J Les Botocoudos, analogues de traits avec les Chinois.

5° Les Caraïbes dominaient aux petites Antilles et sur le bas Orenoque, ils étaient de haute taille et anthropophages.

D’Orbigny, appelle rameau pampéen, l’ensemble des tribus répandues à l’est de la grande Cordiliière, depuis le Paraguay jusqu’à la pointe du continent.

Le type du rameau pampéen est le suivant : de formes larges, massives, quelquefois athlétiques, une tête forte, ronde, un front peu développé, un nez un peu gros et épaté, une bouche grande, bordée de grosses lèvres, des yeux petits avec l’angle des paupières un peu bridé en dehors.

Les Patagons sont les nomades équestres des pampas et des plaines arides, la plupart de haute stature, aux membres robustes, annoncent par leur physionomie un courage farouche, une indépendance de caractère et de mœurs, qui repoussent là civilisation.

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Le- rameau ando-péruvien est caractérisé par une peau d’un brun olivâtre, plus ou moins foncé, par une taille peu élevée, un front fuyant, des yeux horizontaux, qui ne se sont jamais bridés à leur angle extérieur. Les uns habitent les hautes régions de la Cordillière, des plateaux de 5 ou 4000 mètres d’élévation, ou les forêts qui recouvrent les montagnes, les autres parcourent les versants du côté oriental des Andes, les côtes et les îles qui se trouvent à la pointe du continent.

Les principaux représentants de cette race sont les Quichuas et les A y ma ras.

Le rameau aurocanien n’est qu’une expression plus méridionale du précédent, il habite les Andes du Chili et les plaines de l’est. Ils s’étendent du 50 ’ de latitude sud jusqu’à la Terre de feu, où habite la famille la plus abâtardie de Pécherais.

Pommettes hautes saillantes, nez court et épaté, bouche grande, fortes lèvres, couleur noire foncée.

A côté des sept rameaux dont se compose la race américaine, se placent ensuite une foule de races métisses, sorties du croisement avec les races blanches et noires. La conquête du Nouveau-Monde a amené une vaste population de colons qui s’est emparée du sol. Ceux de race anglaise ont repoussé devant eux les Indiens, ceux de race espagnole se désistent de leur cruauté.

Les premières ont fini par se mêler en bien des lieux aux populations indigènes. Et là, où ils ont évité d’altérer leur sang par des alliances avec la race rouge, ils ont du moins laissé les anciens habitants sur le sol qui leur appartenait. Les produits si divers des trois races sont désignés par des noms différents. Ainsi l’on nomme Cholos, les métis de blanc etd’indien, qui portent au Brésil le nom de Mamalmos. Le métis de nègre et d’indien est désigné, au Brésil, sous le nom d’Ariboco. Au Mexique et dans la Nouvelle Grenade ces métis portent le nom de Sambos ou Zambos. Ils se distinguent des Indiens par une coloration plus foncée de la peau, qui participe de la couleur cuivrée propre à la race américaine, et de la couleur noire du nègre. Un fait digne de remarque, c’est que tandis que chez les mulâtres la disposition crépue des cheveux qu’ils tiennent des nègres, persiste pendant plusieurs générations chez les Zambos, la chevelure est lisse après le premier croisement.

Tous les degrés de croisement de blanc et de noir, autrement dit toutes les variétés de mulâtres, ont des noms également caractéristiques. L’Indien pur et sauvage, est distingué de l’Indien mixte, dont le sang a été mêlé; il en est de même du nègre d’Afrique transporté dans le nouveau monde, qu’on ne confond pas avec celui qui y est né.

Race blanche, branche sémitique. — La race blanche, a été désignée par Cuvier, sous le nom de Caucasique, parce qu’il la croyait sortie de la région du Caucase. Elle se distingue par la beauté de l’ovale qui forme sa tête; la région faciale ne fait jamais saillie, soit par la disposition des

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