NOURRITURE
impriment, à l’organisme tout entier, un cachet spécial tant au physique qu’au moral, de même ils influent autant sur les besoins et les appétits que sur les usages, les mœurs et les coutumes. Il en résulte que selon les climats l’homme modifié sous les rapports anatomique, physiologique et psychique ou intellectuel, oiïre de la diversité, quant à la manière de vivre, de se vêtir, au mode de penser, de parler, de croire, etc.
Nous allons donner un aperçu, selon les races et les climats, de l’alimentation, du vivre et du couvert; des langues, des religions, des mœurs et coutumes qui s’y rattachent.
Nourriture. — Les Groenlandais, les Tclio utcliis, les Pécherais vivent presque exclusivement de poissons, ou de chair des animaux marins. Les peuples chasseurs préfèrent la venaison, les peuples pasteurs ou éleveurs de bestiaux les viandes de leurs troupeaux ou des animaux domestiques.
Dans l’Amérique du Nord diverses peuplades indiennes n’ont d’autre nourriture que la chair des bisons, dont la chasse fait presque toute leur occupation. De même les peuplades sibériennes et laponnes vivent de la chair du renne, les Kalmouks du cheval, plusieurs populations polynésiennes, chez lesquelles les mammifères étaient fort rares, mangeaient du chien, dont la chair devenait moins coriace, à raison de la nourriture végétale qu’on lui donnait.
Les oiseaux entrent dans la nourriture de l’homme, mais ce ne sont pas les populations les plus sauvages, telles que les Garos de l’Assarad; certaines tribus nègres mangent les serpents, les crapauds et d’autres reptiles. Quelques-uns plus sauvages encore, telles que les Nagos de l’Assam et certaines peuplades de l’Amériqife, dévorent les insectes; il en est de même dans le centre de l’Afrique et de l’Australie.
Chez les populations agricoles la nourriture végétale prédomine surtout dans les climats chauds, où le besoin d’alimentation se fait moins vivement sentir. Chez les peuples des climats tempérés et à mesure qu’on remonte vers le Nord, on voit la viande entrer dans une proportion plus forte dans l’alimentation.
Les Thibetains et les Mongols emploient, pour leur nourriture journalière, de l’orge grillée dans l’eau, et c’est ce qu’on appelle Tsamba.
Ces peuples ont recherché surtout les plantes farineuses, celles qui portent des fruits riches en substances amylaçées.
En Afrique les céréales constituent encore, comme en Europe, la base de I alimentation végétale, mais ce n’est plus guère l’orge et le seigle, comme dans la Scandinavie et l’Ecosse.
Peu à peu le blé fait place à d’autres céréales : au sorgho, au poa abyssinioa.
Dans l’Asie méridionale le riz, dont la culture a pénétré en Europe et en Afrique, où elle se mêle à celle du blé, constitue le fond de l’alimentation dans la partie septentrionale, les graminées alibilcs d’Europe reparaissent, 1 avoine, l’orge.
GÉOGRAPHIE ANTHROPOLOGIQUE
Dans la Malaisie l’igname, le sagou remplacent les céréales, et dans la Polynésie l’artocarpus ou arbre à pain sullit le plus souvent à l’alimentation avec le Tare.
En Amérique le maïs, dans le continent septentrional, la patate; dans les contrées intertropicales, les chénopodées qui montent dans le haut Pérou, fournissent aux habitants leur nourriture habituelle. Enfin la pomme de terre, originaire d’Amérique, mais cultivée aujourd’hui dans une grande partie du monde, le dispute aux plus riches céréales alimentaires.
Certains arbres portent des fruits assez abondants pour su (Tire presque à la nourriture de l’homme. La datte, fruit du dactylifera, est l’aliment le plus habituel des populations de l’Afrique septentrionale, avec le pain de figues.
La châtaigne fournit, dans les districts montagneux du centre de la France et de l’Italie, l’aliment des classes pauvres. Le cocotier, originaire de l’Asie méridionale, mais maintenant répandu dans toute la zone inter-
tropicale, porte des fruits où l’homme trouve à la fois une nourriture saine et une boisson abondante. Le bananier qui, depuis la plus haute antiquité, nourrit les peuples de l’archipel indien, s’est peu à peu répandu dans toutes les contrées intertropicales et est devenu, en bien des points la source habituelle d’alimentation. En général, les populations qui sont parvenues à multiplier par la culture les plantes alimentaires, celles qui se sont astreintes à l’entretien régulier des céréales, ont atteint une supériorité sociale qui devient bien frappante, lorsqu’on compare l’état des tribus indiennes du Nouveau-Monde, chez lesquels le maïs était cultivé, et de celles qui en négligeaient la culture. D’autres plantes fournissent à l’homme une boisson, ou simplement un condiment en même temps qu’elles jouent souvent le rôle de plantes alibiles. On extrait du riz une boisson spiritueuse, qui fait les délices des peuples de l’Asie méridionale et des nègres. On tire de certains palmiers, notamment de l’elaïs guineensis, le vin de palme, l’areca catechu, une sève qui, fermentée par le riz, donne l’arak, un autre eJaïs fournit de l’huile comme le fruit de 1 olivier ; L’huile de coco est de grand usage dans l’Indo-Chine. La vigne se place en première ligne parmi les végétaux, d’où l’homme extrait une boisson spiri<tueuse et fortifiante. L’usage de ces boissons s’est rencontré chez tous les peuples, et semble nécessaire à l’entretien de notre activité physique.
Le lait, qui forme la base de la nourriture des peuples pasteurs, produit
lui-même, par la fermentation, une liqueur spiritueuse, dont 1 usage est surtout répandu chez les Mongols (le koumiss).
Les Slaves s’enivrent avec de l’hydromel. Les peuples du nord de l’Europe fabriquaient, parla fermentation du grain, lacervoise quia donné naissance aux bières si variées des Allemands, des Flamands et des Anglais. Les Thibetains extraient, de l’orge et de la farine de froment, des boissons fermentées, les Indiens de l’Amérique s’enivrent avec le chiclia, •qu’on retire par la fermentation du maïs. Dans presque toute la Polynésie,