VÊTEMENTS
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Vêtements. — L’homme, pour se garantir des intempéries et se défendre de toutes les causes qui peuvent blesser son corps, éprouve le besoin de se couvrir, de se vêtir. Même dans les climats où la chaleur porte à se dispenser de vêtements, on y a recours encore partiellement, soit par goût pour la parure, soit par pudeur instinctive.
Plusieurs peuplades des bords de l’Amazone, qui vont complètement nues, portent des anneaux aux bras et aux jambes.
Les Dayaks de Bornéo qui ne portent également aucun vêtement, ont une passion pour des ornements de pierreries et de métal. La tendance à modifier l’aspect extérieur du corps, est poussée parfois au point de la satisfaire à son détriment.
Des tribus indiennes de l’Amérique du Nord, comme jadis les Iluns, se déforment la tète en aplatissant le crâne, dans le but de se donner un air plus martial et plus noble.
Les Bolonudos du Brésil, doivent leur nom à la singulière coutume de s'introduire, dans la lèvre inférieure et dans les oreilles, de larges disques de bois.
Les insulaires de l’ile de Bagues, s’allongeaient démesurément les oreilles. Ce besoin effréné de l’homme de cherchera se distinguer par une extravagante ornementation, se révèle surtout par l'usage si répandu, chez les peuples sauvages, de se tatouer le corps, ou d’y pratiquer des scarifications et des incisions bizarres. C’est de leur tatouage que les Pietés de la Calédonie, tiraient le nom que leur donnèrent les Romains.
Les Daces et les Sarmates, dit Pline, se dessinaient des chevaux sur le corps.
L’usage du henné (lawsonia inermis), pour colorer les cheveux et les ongles, est répandu chez les femmes arabes et juives.
Les tribus de l’Amazone, se distinguent par les marques de couleur qu’elles se font aux bras et sur le corps. Afin de rendre ineffaçables, les couleurs appliquées sur la peau, l’idée vint, à un grand nombre de peuplades, de pratiquer des piqûres dans la peau, pour y introduire la matière colorante, fournie généralement par des plantes. C’est ce qu’on appelle le tatouage par piqûres, qui existait chez une foule de sauvages de la Polynésie et de la Malaisie.
On l’a retrouvé aussi chez certaines tribus Tongouses, qui s’introduisent dans la peau des couleurs et du charbon pulvérisé, comme le font les Néozélandais. D’autres peuplades de la Polynésie et notamment les indigènes des îles Viti, Marquises et de la Nouvelle-Zélande, pratiquent un tatouage bien plus profond. Ils se font des incisions, sur la figure et le corps, y introduisent des matières colorantes, des plantes corrosives, et finissent par produire Sur la peau de véritables dessins, faits souvent a\cc beaucoup d’art et qui deviennent, pour ceux qui les portent, un moyen d’indiquer leur rang, leur famille et leurs exploits.
Chez les Australiens, à chaque période solennelle de la vie, le tatouage est compliqué de nouveaux dessins.
GÉOGRAPHIE ANTHROPOLOGIQUE
Un autre usage qui se rattache aux opérations pratiquées sur le corps, comme moyen de se reconnaître, est la circoncision, dont l’emploi a dû avoir pour origine un développement incommode du prépuce. Celte coutume remontait chez les Egyptiens à une haute antiquité, et leur fut sans doute empruntée par les Hébreux.
La pratique de la circoncision consacrée, par la loi de Moïse, puis par l’islamisme, a dû à cette circonstance une grande extension.
Diodore de Sicile signale de la circoncision chez les Troglodytes nomades de l’Afrique. On en a trouvé l’emploi chez les Cafres et les Damarus qui la pratiquent.
Tous sans exception, dans toute l’ile de Madagascar, la circoncision est d’usage sans se rattacher au mahométisme. Cette même coutume s’est retrouvée chez les tribus de l’Australie méridionale, et chez celles où la circoncision n’est pas en usage, elle est remplacée par un rite bizarre qu’Eyre a décrit sous le nom de. warepin, et dans lequel on dénude le pubis (Arabes, Indiens, Chinois, etc.).
Ce mode de circoncision rappelle celui qui est encore usité chez les Bédouins de l’Arabie, et qui porte le nom de Salkh. Il est fort distinct de la circoncision mahométane ou taharah, et son origine date si loin du paganisme ateislamique , qu’il a été, même au temps des Wahabites, interdit par les musulmans sous peine de mort. Par le Salkh on écorche la peau, depuis le ventre et le pubis jusqu’aux cuisses, en dépouillant complètement les parties sexuelles. Ce fait, signalé par M. Richard Burton, est un nouvel indice en faveur d’une parenté originelle des races sémitique, chamitique et australienne.
Les vêtements sont si bien, chez une foule de populations sauvages, plutôt un moyen de parure, qu’un résultat du besoin de se couvrir, que chez certains peuples, tels que les Papous, les chefs seuls portent les nattes en feuilles de bananes, teintes de brillantes couleurs, tandis que tous les autres sont complètement nus. C’est surtout la tête que l’homme aime à décorer, parce que c’est la partie la plus en vue. Il est peu de populations, sauvages ou barbares, qui ne, s’ornementent, le front et la chevelure de plusieurs objets bizarres supplémentaires, ou d’une coiffure plus ou moins apparente. Les civilisés n’échappent pas à ce mauvais goût, à preuve les perruques, à la Louis XIV, et les chignons des femmes de nos jours.
Les bracelets, les colliers de grains, de dents d’animaux, de pierres, sont tous portés chez les peuples sauvages, par les hommes aussi bien que parles femmes. Il y a moins d’un demi siècle que les provençaux portaient la queue, des boucles d’oreilles, qu’ils conservent encore, et bien d’autres aussi des bagues et des breloques.
Disons que pour les tribus les plus grossières, le pagne, qui est le premier vêtement auquel la pudeur fasse recourir, n’est pas moins en usage.
Le besoin de se vêtir rend l’homme industrieux, pour adapter son costume aux conditions climatériques particulières, dans lesquelles il se trouve.