LANGUES
I,e burnous des Arabes ou le ponclia des Indiens de l’Amérique du sud, défendent des ardeurs du soleil, sans communiquer trop de chaleur. Dans les contrées très froides, l’homme est plein d’inventions pour se façonner des vêtements chauds, qui le garantissent contre l’extrême humidité, telle est la propriété de l’okonch des Tuskis, faits avec les intestins de baleines ou de veaux marins et tout à fait imperméable.
De même que le poil du chameau fournit à l’Arabe un feutre précieux, soit pour'son vêtement, soit pour ses lentes, la laine de la vigogne servait aux Péruviens à se fabriquer des manteaux, pour se défendre contre le froid sur les hauteurs des Andes.
De même aussi le Groenlandais emprunte, aux phoques et aux morses, la peau qui doit l’abriter contre les frimas, et le Lapon a, dans le cuir de renne, un vêtement excellent contre le froid.
Les gants, bottes et chaussures fourrés des Esquimaux, des Samoièdes et des Lapons, sont des moyens de protection remarquables contre l’eau, la neige et le froid.
Les Indiens de l’Amérique du nord ont des chaussures faites de peau de buffle, préparée par un procédé particulier, les morassins, dont l’efficacité, pour préserver de l’humidité, l’emporte sur toutes les inventions faites dans le même but par les Européens.
Des langues et de leur distribution géographique. — Origine et caractère du langage. — La nature a donné la voix, la parole à l’homme, mais lui a créé les langues, comme le musicien crée les mélodies, en se servant d’un instrument.
La parole est le caractère distinctif qui sépare, le plus, l’espèce humaine des autres êtres animés.
L’homme peut, à l’aide de son larynx, émettre des sons que modifie le jeu des organes de la bouche. Le souffle produit par l’effort volontaire de ses poumons, par suite des mouvements de la langue, des lèvres, des dents, résultant de la compression des parties molles et mobiles de la bouche, contre les parois fixes qui l’entourent, déterminent des sons que leur nature entièrement variée distingue, profondément, du cri des animaux, du chant des oiseaux. Ces sons constituent ce que l’on appelle la voix humaine. Mais là ne s’arrête pas la faculté de la parole, l’homme a combiné ces sons, en y attachant l’idée des signes de sa pensée, de façon à créer une langue.
La langue est le résultat d’un instinct qui s’est révélé chez l’homme, à partir des premiers temps de l’apparition de notre espèce sur la terre. L’homme primitif a créé spontanément le langage.
Depuis ({ue l’homme a commencé de parler, c’est-à-dire depuis qu’il a commencé d’exister, les langues de diverses races ont passé par des modifications innombrables, dûs à la marche de l’esprit chez ceux qui les parlaient, à des mélanges, à des influences réciproques d’idiomes les uns sur les autres. Il est donc impossible de remonter à une langue primitive,
GÉOGRAPHIE ANTHROPOLOGIQUE
connue il est impossible de remonter à une race primitive de l’homme, lrois époques distinctes marquent l’histoire du langage, le monosyllabisme, l’agglutination, la flexion.
Dans la langue monosyllabique, il existe encore que des mots simples, rendus par un seule émission delà voix. Ces mots sont à la fois substantifs et verbes, ils représentent la notion, l’idée, indépendamment de l’emploi du mot, et c est la manière dont ce mot est mis en relation avec d’autres mots, qui indique son emploi dans la phrase. Langues monosyllabiques : chinois, siamois, et langues liimalayennes. L’ancien chinois est le type de la langue monosyllabique.
Leur écriture s’est arrêtée à la période idéographique, dans laquelle les idées sont représentées par des images ou des signes, en offrant la forme abrégée.
L’écriture hiéroglyphique, des anciens Égyptiens, nous présente à noter lemèmeétat : on y rencontre une foule de signes purement idéographiques, employés tantôt seuls, tantôt comme déterminatifs, et même dans l’écriture hiéroglyphique, les ligures des objets sont encore parfaitement reconnaissables, et c’est dans l’écriture hiérotique ou abrégée, que les signes ont pris, comme dans l’écriture chinoise, des formes conventionnelles. Mais à côté des anciens éléments idéographiques, on observe déjà un grand nombre de signes, non-seulement phonétiques à la manière chinoise, mais encore alphabétiques, c’est-à-dire représentant des voyelles et les articulations qui les modifient.
Langues di agglutination , langues dravidiennes et australiennes. — Les langues dravidiennes, ou vieilles langues de l’Hindoustan, se divisent en deux catégories, celles du nord et celles du sud. Les langues septentrionales s’appellent aussi windhyennes, de la région ou elles sont parlées.
Dans les langues ougro-japonaises, la plupart des mots sont dyssvllabiques, et ont l’accent sur le premier.
Les langues de souche ougro-japonaise, surtout le mantchou et le mongol, séparent encore en écrivant les sons de relation.
Les langues américaines portent au plus haut degré le caractère de langues d’agglutination, caractère désigné sous le nom de polysinlhétisme ou holophrastique, exprimant l’idée dans son tout. La plupart des langues de l’Amérique septentrionale sont dans l’état d’enfance.
Langues caucasiennes , langue basque. — Les premières sont parlées dans les montagnes du Caucase et aux rives de la mer noire, de la mer Caspienne. Ces langues n’ont été qu’imparfaiteinent étudiées. Elles paraissent rentrer dans la catégorie de celles qui procèdent par agglutination. A la famille des langues d’agglutination se rattache encore un idiome, aujourd’hui parlé dans une contrée bien éloignée de celles auquelles elle appartient, c’est la langue euscuara ou basque, entre l’Ebre et le golfe de Gascogne, elle apparaît comme un trait qui lie la famille américaine à l’ougro-lartare.