RELIGIONS
Les langues slaves se divisent en deux grandes branches, celles du sudest et celles de l’ouest.
Dans la première catégorie, se placent entre le slavon : le russe, le bulgare, l’illyrien.
Les langues slaves de l’ouest comprennent : le polonais, le tchèque ou bohème, le serbe.
Langues germaniques. — • La vaste famille des langues germaniques a repoussé peu à peu les langues slaves. Toutes ces langues se distinguent parplusieurs caractères communs qui découlent de la grammaire sanscrite.
Deux classes : 1° la famille gothique, à laquelle se rattache l’irlandais et l’anglo-saxon, qui par son mélange avec le français et les influences celtiques, a produit l’anglais; 2° le bas allemand, comprenant le frison, le hollandais ou néerlandais et le flamand; 4° l’allemand proprement dit, comptant quatre dialectes : l’allemand parlé aujourd’hui, le bavarois, l’autrichien, le franconien. L’ancien haut allemand, présente, à certains égards, plus d’analogie avec le sanscrit que le gothique.
Langues celtiques. — C’est la famille occidentale dès idiomes sortis de la souche indo-européenne. Elles rappellent la grammaire du sanscrit, mais n’offrent plus qu’une ressemblance générale. Deux sections : la branche kymrique ou bretonne et la branche gallique ou gaélique.
Le kymrique ou welche langue du pays de Galles, l’idiôme en Cornouailles, enfin l’armoricain ou bas-breton.
Le gaélique est le parlé de la haute Écosse.
C’est à la famille celtique, qu’appartenait la langue des Gaulois, dont nous ne connaissons qu’un très petit nombre de mots, transmis par les latins.
En résumé quelle que puisse être la force de conservation d’un idiome, il faut toujours en arriver à l’action du temps, et quand même des conditions nouvelles n’en transformeraient pas l’organisme, il trouve, dans les faits de son propre développement, des causes d’altération et de décadence.
Distribution des principales religions primitives. • — • L’idée d’un auteur commun, puissant et invisible de l’univers : l’idée de Dieu s’offrit à l’imagination, dès que l’esprit de l’homme fut capable de méditer le problème de l'existence.
Il serait. difficile d’établir un classement rigoureux des religions primitives, mises en rapport avec les grandes familles du genre humain.
Le naturalisme est la religion où l’homme adore la divinité dans ses manifestations sensibles, et que nous trouvons au début de la race indoeuropéenne. Le naturalisme est le côté populaire et poétique du panthéisme.
Le Rig-Veda, est le naturalisme des premiers âges. Dualisme : lutte
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des I)e\as (dieux) cl des puissances opposées ou malfaisantes. Dans le brahmanisme qui succède au naturalisme védique, l’antagonisme entre les deux outres de divinités est signalé ; il est plus marqué encore dans la religion que Zoroastre établit en Perse.
Dans le manichéisme, l’unité divine a complètement disparu pour faire place à un dualisme radical.
Ce mouvement dualiste, correspond à un affaiblissement graduel de la notion panlhéistique. L’habitude de peindre sans cesse sous les mêmes traits des phénomènes identiques, le retour constant à de mômes images, finissent par enraciner la croyance à des êtres personnels, distincts du monde, dans lequel iis vivent. Celte croyance à des dieux tout individuels est la source de l’idolâtrie. Tant que l’homme, ramène tout à une conception panlhéistique de la divinité, tant qu’il persiste avoir dans le jeu des phénomènes physiques, la manifestation du divin, il n’éprouve pas le besoin de se faire une image ou représentation des dieux. Le naturalisme védique qui constitue à la fois le fond du Brahmanisme et du Boudhisme, repousse toute représentation figurée de la divinité. Il n’a ni temples ni idoles. Tel est 1 étaf religieux qu Hérodote nous décrit, comme ayant été celui des Perses et qui ressort des Védas ; mais, quand les dieux sont individuels, 1 homme est conduit malgré lui a s’en faire des simulacres qui sont nécessairement conçus a son image, c’est alors que l’art prend naissance, et avec lui 1 idolâtrie, on offre des sacrifices aux figures des divinités, que la superstition ne tarde pas à indentifier avec les divinités elles-mêmes.
Chez les Perses, Dieu c’est l’être donné de soi-même, tandis que le Deva sanscrit Aient du feu céleste. Une dérivation du naturalisme, c’est la î eligion des esprits de la nature, sur laquelle repose le culte traditionnel de la Chine, et qui a remplacé en diverses contrées de l’Asie le bouddhisme.
En Afrique, cest le fétichisme ou adoration de§ êtres et objets bruts de la nature.
En Amérique, 1 adoration du Grand-Esprit Manitoulin, était le monothéisme des Peaux-Rouges. Le monothéisme est la base des religions sémitiques.
Tombeaux. Nous venons de parler des coutumes et croyances populaires des vivants, disons un mot de ce qui a trait au culte des morts.
L usage d ériger, aux morts, des monuments funéraires a existé dans tous les temps, et chez tous les peuples. Chez beaucoup de nations, de l’antiquilé, on croyait que les morts avaient, dans l’autre vie, les mêmes goûts et les mêmes habitudes que sur la terre. En conséquence on avait soin de placer, â côté des corps, des objets qui leur aA'aient été les plus chers de leur vivant, et c’est â cet usage que nous devons en grande partie les richesses archéologiques de nos musées.
La diversité la plus grande se remarque dans les monuments funéraires, selon le degré de civilisation, de richesse ou de barbarie de l’époque,
TOMBEAUX
depuis le simple amas de pierres ou de terre, jusqu’aux excavations dans les flancs des montagnes et aux pyramides.
Tumulus.— 11 y a lieu de croire que chez tous les peuples, les premiers tombeaux ont consisté en de simples monticules ou tertres de terre ou de pierres, et qu’en archéologie on appelle tumulus . Il existe des tombeaux de ce genre dans toutes les parties du monde. On en voit de très remarquables dans l’Asie- Mineure, dans la plaine de Troie, que la tradition fait croire avoir été élevée sur les ossements des héros grecs, Achille, Patrocle, Ajax etc. Il nous reste des tumulus analogues élevés par les peuples Celtiques. En France, on en rencontre grand nombre dans les départements du nord et de l’ouest.
Les antiquaires anglais donneut à ces tumulus le nom de barrows, en France nous les appelons galgals, lorsqu’ils sont fait avec des
pierres.
Quant aux habitants des campagnes, ils les nomment tombelles, buttes, combles, combeaux, montjoies, puy jobis etc.
Le plus souvent ils ont la forme d’un cône, tantôt tronqué, tantôt arrondi, tantôt isolés, tantôt groupés. Il y en a qui atteignent plus de 50 mètres d’élévation, comme la butte de Toumisac dans le Morbihan, qui a 52 mètres de hauteur perpendiculaire, sur 120 mètres de tour. Ces tumulus présentent des galeries souterraines, aboutissant à des chambres sépulcrales dont l’opercule est d’un seul bloc de pierre plate. Arrivés au dernier degré de dégradation, ces pierres plates, maintenues sur des fragments, de leurs premiers supports, gisant de ça de là, dans les champs, sont appelées dolmens, pierres druidiques à sacrifices humains. Double erreur sanctionnée par l’ignorance des archéologues, qui en parlent le plus souvent sans les avoir vues. Ces prétendues tables à sacrifices ne sont en effet que les pierres sépulcrales de tumulus ruinés, et d’autre part, ils fournissent l’occasion d’absoudre les druides, du prétendu crime, d’avoir fait des sacrifices humains.
Dépositaires de la science, de la loi et de la morale de leurs temps, les druides étaient de mœurs douces et non sanguinaires.
Traités en vaincus par les Romains, ces derniers les accablèrent d’une insinuation calomnieuse et méprisable, et nous, descendants de ces fiers Gaulois, nous la répétons banalement surla foi des Aruspices et des devins, i qui avaient intérêt à dénaturer la religion de nos pères, pour faire prévaloir leurs jongleries.
Dans tous ces tumulus, à moins qu’ils n’aient déjà été fouillés, on trouve à côté des ossements, des armes, des ustensiles, des bijoux, qui, précisément, ont été cause que la curiosité et la cupidité ont de tout temps, occasionné la profanation et le bouleversement des tombeaux de tous les peuples vaincus ou disparus.
hes populations Celtiques déposaient aussi les cadavres dans des excavations creusées dans le roc, ainsi que dans des espèces de cercueils,
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composés de pierres plates, posées de champ. Souvent aussi, elles se contentaient d’enterrer les morts dans des fosses, et de placer une simple pierre par-dessus.
Des centaines de sépulcres de ce genre se trouvent dispersés, sans ordre, dans des plaines et sur le flanc des collines ou tumulus. Ce sont les menhirs appelés cromleks, quand ils sont circulairemcnt groupés ou en enceintes quadrilatères.
Tombeaux égyptiens. — Les sépultures égyptiennes étaient de trois sortes. Celles qui étaient isolées, étaient des tumulus de terre ou de briques ou bien des pyramides, on les trouve surtout dans le Delta et la moyenne Égypte.
Les fameuses pyramides de Gizecli, furent élevées pour servir de dernière demeure à des rois pharaoniques.
Les hypogées ou séringes consistaient en de vastes excavations, creusées dans le flanc des montagnes ; ils étaient particulièrement en usage dans la haute Égypte, parce que la vallée du Nil se trouve bordée par des rochers. En général ces hypogées s’annoncent par une façade taillée verticalement dans le rocher, mais dont souvent la porte est masquée avec le plus grand soin. Un ou plusieurs couloirs conduisent à des salles ou chambres funéraires, où étaient pour les grands personnages des cercueils de granit, de basalte ou d’albâtre. Les parois de l’excavation entière, ainsi que le plafond, sont couverts de sculptures coloriées et d’inscriptions hiéroglyphiques, outre les emblèmes de cérémonie funéraire, on y voit aussi ceux de l’agriculture et de l’industrie, de la chasse, de la pêche, des épisodes de batailles, des danses, etc. Les plafonds ont plus particulièrement des sculptures relatives aux phénomènes astronomiques. Dans les hypogées des particuliers, les cercueils étaient généralement de bois de sycomore' ou de cèdre, et toujours d’une seule pièce, non compris le couvercle.
11 était en outre orné tant à l’intérieur, qu’à l’extérieur, de peintures funéraires offrant le nom du mort, ses titres ou les outils de sa profession.
Des vases au nombre de quatre, contenaient les viscères du cadavre mis de côté, lors de l’opération de l’embaumement. C’est à ces vases que les antiquaires donnent Je nom de canopes. Il n’y avait que les rois et les grands personnages, qui eussent une sépulture particulière. Les corps des autres Égyptiens étaient rangés ‘dans d’immenses galeries souterraines, tantôt taillées dans le roc, tantôt construites en briques, que, depuis les ies Grecs, on appelle nécropoles. Ces nécropoles étaient composées de plusieurs étages, distribués en petites chambres. Les Égyptiens ne.se contentaient pas d’embaumer et d’inhumer leurs morts, ils rendaient les mêmes honneurs aux animaux consacrés à leurs dieux, comme les ibis, les crocodiles, les éperviers, les bœufs, les serpents, etc.
Tombeaux chez les peuples de l'Asie occidentale. — Ils ont, outre les tumulus, des sépultures creusées dans les flancs des montagnes. Les plus remarquables sont en Palestine et en Perse.
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On voit, au nord de Jérusalem, des tombeaux de ce genre qui, d’après la tradition, seraient ceux des juges. A peu de distance se trouvent ceux des rois, c’est-à-dire d’Hérode et de ses successeurs. On y pénètre par une excavation qui ressemble à une carrière, et qui conduit à une pièce carrée, d’où l’on entre dans une suite de chambres funéraires. Les parois de ces chambres sont percées de niches, larges de un mètre et profondes de deux, dans lesquelles on plaçait les cercueils. 11 est à remarquer que les portes qui les ferment, sont de la même pierre que la grotte, ainsi que leurs gonds et les pivots, sur lesquels elles tournent.
Lorsque leurs tombeaux étaient en plein champ, les Juifs déposaient le cercueil dans une fosse profonde, et mettaient une pierre taillée pardessus, afin d’avertir que c’était la sépulture d’un mort, et que les passants n’y touchassent point, de peur de se souiller. •
Ils les enduisaient aussi de chaux, pour qu’on les aperçut de loin, et tous les ans ils les reblanchissaient, le 15 du mois Adar.
Les anciens Perses ne brûlaient, ni n’enterraient leurs morts; comme les Guebres actuels, ils les exposaient aux animaux carnassiers.
Les rois ne subissaient pas cette dernière loi ; mais afin de ne souiller ni la terre, ni le feu, on les enfermait dans des sépultures de pierre.
Tombeaux chez les peuples de l’Inde et de l’Asie orientale. — 1 Au nombre des monuments funéraires, les plus antiques que nous offre le sol de l’Inde, il faut mentionner ceux que l’on nomme stopa ou topes.
Ce sont des constructions de maçonnerie de forme cylindrique, plus ou moins élevée, et se terminant en calotte sphérique. Tous ces topes sont placés sur une colline ou un monticule factice, et renferment une chambre carrée. On les rencontre surtout dans le Punjabe et dans le royaume de Caboul. Ce sont les dagobas de l’île de Ceylan. Pour les Chinois, les bières sont des objets de luxe, on se les prépare, ou l’on s’en fait cadeau par avance; ils sont ouvragés et sculptés à l’extérieur; aussi les fabricants de cercueils sont-ils des artistes ébénistes. Les funérailles comportent de grandes dépenses. C’est pourquoi l’on attend souvent la mort de plusieurs membres d’une famille, pour faire une cérémonie collective. En attendant, on ‘ dépose successivement les bières, renfermant les corps des défunts, revêtus de leurs plus somptueux vêtements, dans les salles attenantes aux habitations ou dans des jardins. C’est ce qui a fait dire, à tort, que les Chinois n’enterraient pas leurs morts. Il y a surtout aux environs de Peking, des lieux de sépultures et des monuments funéraires très remarquables.
Tombeaux chez les Grecs. — Chez les peuples de race hellénique, les tombeaux furent d’abord de simples tumulus de terre ou de pierre. Dans certaines localités, on déposait aussi les dépouilles des morts dans les chambres sépulcrales, taillées dans le roc, ou bien encore l’on mettait a profit les anciennes carrières, qu’on transformait en nécropoles. On trouve encore parmi les plus anciens monuments funéraires de la Grèce des tombeaux d’architecture cyclopéenne (blocs irréguliers superposés sous ciment), formant chambres voûtées.
GÉOGRAPHIE ANTHROPOLOGIQUE
Plus tard, il employèrent la pierre rectangulaire, posée horizontalement avec colonne ou pyramide; mais les Grecs avaient aussi les urnes funéraires, dans lesquelles on renfermait les cendres des morts après l’uslion sur le bûcher; c’est signalé dans Télémaque : « Quando vidil urnam quæ includebat cineresllippiæ lacrymas effudit. »
Tombeaux ttaliol.es et étrusques. — Dans l’Italie méridionale ou Grande- Grèce, les tombeaux étaient construits dans la terre en pierres de taille, couvertes de dalles formant toit. Le mort y était déposé à terre, les pieds tournés vers I entrée. On plaçait à côté de lui ou on suspendait aux murs, avec des clous de bronze, de vases peints, de forme et de grandeurs diverses.
G est dans ces monuments qu’on a recueilli presque tous les vases peints qui enrichissent nos musées. Dans l’Italie centrale, plus particulièrement chez les Etrusques, les tombeaux consistaient tantôt en chambres souterraines, que surmontent des tumulus coniques, sur des constructions en forme de pyramides ou de tour, soit ronde, soit carrée, tantôt en excavations, creusées dans le roc sur le flanc des montagnes.
La forme des chambres sépulcrales souterraines variait singulièrement. Ici le plafond supporté par des piliers est plat et partagé en quadrilatères. La le plafond est bâti en voûte pyramidale, au centre la chambre offre une voûte construite dans le système des voûtes cyclopéennes. Dans les tombeaux étrusques, les chambres sépulcrales sont souvent composées de plusieurs pièces distinctes, dont les murs sont parfois ornés de peintures et de sculptures; suivant les temps et les lieux, les morts étaient placés sur le sol, ou bien, couchés tout vêtus sur des lits funèbres et encore renfermés dans des sarcophages.
Dans quelques-uns les corps avaient été réduits en cendres et celles-ci étaient déposées dans des urnes cinéraires. Enfin, dans tous on plaçait des vases, des armes, des bijoux, des ustensiles et une foule d’autres objets : Quant aux tumulus et aux constructions, que les Étrusques érigeaient sur les dépouilles des morts, leurs dimensions étaient parfois considérables.
Ainsi, le tombeau de Porsenna, consistait en un soubassement construit • en belles pierres d’appareil, et avait environ 16 mètres de hauteur sur 490 mètres de côté. L’intérieur de cette construction renfermait un labyrinthe formé d’une multitude de corridors et de chambres, afin qu’on ne pût reconnaître qu’elle était la chambre sépulcrale du roi; enfin surce soubassement, s’élevaient trois terrasses en retraite, et le sommet de la supérieure portait cinq grandes pyramides rondes en formes de bornes. Getle construction gigantesque offrait la plus grande analogie avec le tombeau du roi de Lydie, et rappelle en outre que suivant la plupart des auteurs, les Étrusques étaient eux-mèmes une colonie lydienne.
Tombeaux Romains. — Les Romains avaient trois espèces de tombeaux qu’ils appelaient sepulcrum monumentum cenotaphium .
Le sépulcre étant le lieu même qui contenait la dépouille du mort, c’est-
TOMBEAUX
à-dire le monument, un édifice élevé pour transmettre, à la postérité, la mémoire d’un défunt. Le cénotaphe, qu’on appelait aussi tumulus lionorus ou inanis, était un monument consacré à la mémoire d’une personne dont on n’avail pu retrouver les restes. Les Romains élevaient, généralement leurs tombeaux, le long des chemins, et ceux du très petit nombre que l’on voyait ailleurs, appartenaient à des familles riches qui n’avaient pas voulu que les ossements de leurs parents sortissent de leurs propriétés. Leur forme était très variée. 11 paraît qu’à l’origine les Romains déposaient le corps du mort dans une fosse, et le recouvraient d’un tumulus suivant le mode étrusque. Plus tard, ils imitèrent les tombeaux grecs. Les plus simples se composaient d’une stèle ou d’un ceppe, c’est-à-dire d’une pierre unique en forme de tablette, de colonne ou d’autel. Beaucoup avaient la forme d’un petit temple, quelques-uns, tel que le tombeau de Caïus Sextius, qu’on voit encore à Rome près de laporle d’Oslie, prouvent que les Romains imitaient aussi les pyramides de l’Antique Egypte. D’autres, comme le tombeau de Cœcilia Metella, étaient en forme de tour et offraient parfois plusieurs étages.
Enfin, sous l’empire, Rome vit s’élever des tombeaux qui, par leurs dimensions et leur magnificence, rivalisaient avec les mausolées les plus célèbres des rois de l’Asie. Le mausolée qu’Auguste se fit. construire dans le champ de Mars, se composait d’un vaste soubassement de marbre blanc, décoré de niches, à son pourtour, et d’un portique flanqué de deux obélisques sur une face principale, au-dessus du soubassement s’élevait, en retraite, les unes au-dessus des autres, des terrasses plantées d’arbres. Enfin cet immense tumulus, dont l’ensemble formait un cône régulier, était couronné par une statue colossale en bronze. La chambre sépulcrale était pratiquée au centre du soubassement, elle renfermait les cendres d’Auguste, de ses parents et de ses amis. Mais la magnificence de ce tombeau fut surpassée par celui d’Adrien, que ses dimensions prodigieuses firent appeler, par les Romains, Moles Adriana,et sur la base duquel s’élève aujourd’hui la forteresse, connue sous le nom du fort Saint-Ange.
Ce monument prodigieux, qui était resté intact jusqu’à l’invasion des Goths, fut dévasté parles barbares (comme celui d’Auguste), puis transformé en forteresse, lorsqu’ils s’établirent à Rome, vers la fin du troisième siècle.
Outre les tombeaux individuels, il y avait aussi dans l’ancienne Rome des sépulcres collectifs que les grands personnages faisaient construire pour leurs esclaves et leurs affranchis. Les tombeaux de ce genre étaient appelés conditoria et quelquefois hypogée (hypogea), à cause de leur situation souterraines.
Ils consistaient généralement en une salle plus ou moins vaste, dans les parois de laquelle étaient pratiquées plusieurs rangs de niches, destinées à recevoir les urnes funéraires; de là le nom de columburia , qu’on leur donnait aussi, parce que l’ensemble de ces niches figurait assez bien l’aspect d’un colombier.
GÉOGRAPHIE ANTHROPOLOGIQUE
Les tombeaux importants étaient presque toujours précédés d'un espace découvert, appelé sepulcrehmi , qui leur servait de vestibule et où l’on brûlait les corps. Ainsi que les Grecs, les Romains enterraient primitivement les morts. Plus lard, ils empruntèrent aux premiers l’usage de les brûler, selon la coutume phrygienne. On faisait exception pour les esclaves, les enfants morls avant d’avoir les dents, les personnes sidérées par la foudre et les individus de basse classe.
On enterrait leurs corps au lieu de les brûler. L’usage du bûcher ne. fut abandonnée que sous l’influence du christianisme, vers le III siècle de notre ère. Ce fut là un fait très remarquable, au point de vue de l’hygiène; avec la mauvaise coutume d’inhumer dans les chapelles et les églises, tm fit autant de foyers d’infection, dont les pires sont assurément ces grands caveaux, appelés cimetières à Rome, où l’on entasse pêle-inèle les corps de tout sexe et de tout âge, s’amoncelant et se pourrissant les uns sur les autres, dans des charniers, tellement infects, que souvent, les fossoyeurs qui les ouvrent, tombent asphyxiés autour de l’ouverture circulaire, dont on soulève l’opercude pour y jeter les morts. Nous avons vu le fait se produire à Rome, en 1850.
Terminons, par quelques mots, sur l’ancienne coutume de brûler les corps des morts, dit aussi ustion ou crémation.
Les Hébreux brûlaient des parfums sur les morts, et plusieurs passages de la bible semblent prouver que parfois ils brûlaient aussi les corps mêmes.
Chez les Grecs, on enterrait ou brûlait les corps, les deux usages ont subsisté simultanément.
Les corps destinés* à être brûlés, étaient disposés sur le sommet des bûchers ou amas de bois, appelés Fofai. Dans les temps primitifs, on brûlait aussi avec le corps des héros, des animaux et même des captifs ou des esclaves.
On jetait aussi des huiles et des parfums dans la flamme du bûcher; puis, lorsque celui-ci était consumé, on éteignait les restes du feu avec du vin, et les parents ou amis du morts, recueillaient ses os, qu’ils lavaient avec du vin et de l’huile, et qu’ils déposaient dans une urne.
L’usage de brûler les corps se répandit de bonne heure a Rome, ainsi que l’atteste la loi des douze tables. Vers la fin de la république, il était devenu général. Mais à mesure que le christianisme fil des progrès, cette coutume tomba graduellement en désuétude, de telle sorte, qu’au 1\ Csiêcle, elle avait complètement disparu.
Le bûcher sur lequel on brûlait les côrps, était appelé Pyra ou Zogus, ce bûcher avait la forme d’un autel, d’où les expressions d'aru sepulcri et faner U.
On déposait, au sommet du bûcher, le cadavre avec le lit, sur lequel on l’avait apporté, et le plus proche parent du défunt, y mettait le feu en détournant la tète. Dès que les flammes commençaient à s’élever, on jetait dans le feu toute espèce de parfums. On lançait, aussi au milieu des flam-
TOMBEAUX
nies des ornements, des vêtements, des plats, chargés de mets et d’autres objets qu'on supposait être agréables aux morts. Aux funérailles d’un empereur ou d’un général illustre, les soldats faisaient trois fois le tour du bûcher.- Parfois aussi on immolait des victimes, des prisonniers ou des esclaves. Plus tard, on loua des gladiateurs, pour combattre autour du bûcher. Ces gladiateurs étaient appelés Bustuaires. Lorsque le bûcher était consumé, on répandait du vin sur les cendres chaudes, et le plus proche parent recueillait les os et les cendres du mort. Il les arrosait de parfums et les plaçait, dans une urne funéraire ( urna fer ali s), dont la matière variait selon le rang et la richesse des personnes. Lorsque les familles sont trop nombreuses par leurs esclaves, les cendres de ces derniers, mis dans des urnes, étaient rangés, avons nous dit, dans des tombeaux collectifs, qu’on appelait columbaria , columbi, (pigeonniers, niches analogues). Un des plus remarquables à Rome, est celui de la famille Pompée.
Qu’il y a loin de ce culte funéraire des Egyptiens, des Grecs, des Romains aux coutumes des sauvages, quant à leurs morts. Les Sioux (d’Amérique), par exemple, ne les enterrent pas; ils les enveloppent et les suspendent dans des berceaux de branchages ou sur quatre pieux, à 8 ou 10 pieds audessus du sol. Us mettent près du mort, une pipe, du tabac, un arc, des flèches et diverses provisions pour son voyage. Us croient au Grand-Esprit ‘et à une autre vie heureuse pour tous. Cette philosophie en vaut bien d’autres.
CLIMATS DE l’eI'HOPE.
CLIMATS
Climats de l’Europe.
Le climat de l’Europe oiïre des contrastes très variés. La distribution de la chaleur solaire est, sans doute, la première cause de la différence des divers climats européens, mais si elle agissait seule, l’Angleterre serait aussi froide que la Pologne et la France que l’Allemagne. Trois grandes causes physiques modifient le climat astronomique. A l’est, l’Europe tient, dans presque toute sa largeur, à l’Asie septentrionale, qui, surtout par l’élévation de son plateau central, a un climat presque aussi rigoureux que l’Amérique septentrionale.
Cette température glaciale serait commune au nord de l’Europe, si nous tenions à des terres polaires comme l’Amérique. Cependant, il suffit d’un
vent d’est et de nord-est prolongé, pour nous apporter, à travers les vastes plaines de la Russie et de la Pologne, l’air glacial de la Sibérie. Être en partie abrité du choc direct de ce courant aérien, est un privilège que l’Italie doit aux Apennins et surtout aux Alpes. Partout où il y a un abri analogue, le climat est moins âpre ; la Bohême et la Haute-Hongrie lui doivent leurs vignobles; même dans l’extrême nord, cette circonstance
produit des résultats marqués : Christiania en Norwège, a un climat plus agréable que celui de Berlin ou de Varsovie, et infiniment plus doux que celui de Pétersbourg.
La libre domination, que le vent d’est exerce sur toutes les plaines de 1 Europe orientale, est la véritable cause qui rend toute cette moitié de notre partie du monde plus froide que les autres régions, qui sontsous des latitudes correspondantes. La Grèce même, quoique protégée parles monts Hémus, éprouve quelques atteintes de ces vents de la Scvthie, alternant avec ceux du mont Taurus, de là les grandes inégalités de ses hivers et de ses étés, comparés à ceux de l’Italie, qui toutefois, a bien aussi ses intempéries hibernales, quand souille le vent du nord, appelé tramontane.
Si le vent de l’Asie nous vaut un voisinage réfrigérant, le foyer africain nous renvoie la chaleur; les déserts brûlants de l'immense Sahara, avec les roches arides de la Nubie et de l’Egypte, nous envoient ces vents du sud et du sud-est, qui rechauffent tous les rivages de l’Europe méridionale, et qui y seraient même un fléau redoutable, si les eaux de la Méditerranée ne les tempéraient à leur passage. La peste d’Athènes, selon Hippocrate, se produisit parun vent du sud, et le Sirocco apporte, jusqu’au pied des Alpes une chaleur malfaisante. C’est le Solano ou Mcdine pour l’Espagne. Les vents africains, quoique brisés et modifiés par l’interposition des mers et des montagnes, échauffent et dessèchent, successivement, la masse de l’atmosphère européenne, dans la partie méridionale de notre péninsule.
CLIMATS DE lV.UKOPE.
La troisième grande cause déterminante de notre climat, c’est le voisinage de l’Océan atlantique et septentrional. C’est le mouvement continuel de cette grande masse d’eau chaude, le long des côtes occidentales de l’Europe, qui empêche les glaces de la mer polaire de s’y fixer et même d’en approcher. Deux faits font ressortir cet avantage : l’ile de Terre-Neuve à 50 degrés de latitude, est environnée de glaces et de brumes froides, tandis que l'Irlande, le Cornouailles, et la Bretagne, jouissent d’un climat humide mais tempéré; à 10 et 1 5 degrés plus haut, les golfes de la Norvège occidentale, sont presque toujours ouverts, tandis que la côte du Groenland, située vis-à-vis, est presque toujours rendue inaccessible par une barrière de glaces, soit mobiles, soit fixes. Passé le Cap nord, ce mouvement des eaux marines cesse d’exercer son influence, aussi les mers européennes de ce côté se couvrent-elles de glaces.
L’atmosphère répandue au-dessus de l’Océan atlantique, éprouve aussi des mouvements généraux, qui influent sur le climat de l’Europe de deux manières. Lorsqu’elle conserve encore sa température d’hiver, elle est souvent attirée par notre continent, pour se substituer à notre atmosphère dilatée par réchauffement de ses couches, surtout au printemps, et cette espèce de marée atmosphérique, désagréable à l'homme, nuisible à la végétation, est la cause ordinaire de ces retours de l’hiver, qu’on remarque dans toute l’Europe occidentale, principalement dans le nord-ouest de la France, en Hollande et en Danemark. L atmosphère de l’Océan atlantique, après avoir perdu sa température d’hiver, est encore poussée par-dessus les côtes occidentales de l’Europe, par des vents de sud-ouest qui, probablement, ne sont que des courants d’un mouvement général de l’air, depuis le tropique jusque vers le pôle : alors des vapeurs condensées viennent se résoudre en pluies bienfaisantes. Le printemps va du sud au nord dans l’Europe occidentale, tandis qu’il ne quitte jamais tout-à-fait les rivages de la Méditerranée, et qu’il se montre dans le nord-est de l’Europe, seulement comme une apparition momentanée.
La chaleur de l’été suit d’autres lois générales, dans tout le nord elle acquiert beaucoup d’intensité par la longueur des jours; sur le côté
océanique, la température uniforme de la mer modère cette chaleur; sur lecôlé asiatique, elle devient parfois incommode, surtout par le contraste avec le froid plus grand des hivers; enfin sur le côté méditerranéen, elle varie singulièrement, selon les vents et les expositions locales, mais elle diminue généralement , vers l’est.
Outre les mouvements généraux de l’atmosphère, une cause puissante qui agit sur les climats, c’est l’altitude : l’accroissement et le décroissement <les glacés se balancent d’année en année. Dans les Pvrcnécs, la ligne des neiges perpétuelles commence à 2,800 mètres, et sur l’Etna à 5000 mètres. Ges faits généraux de elimature résultent du niveau respectif des terres européennes. Une grande partie de l'Europe centrale, au nord et à l’ouest «les Alpes, descend par une pente, continue vers la Mer Baltique, la Mer du Nord et l’Océan Atlantique. Le niveau plus bas du bord septentrional
CLIMATS DE L EUHOPE.
de ce plan incliné, compense, sous le rapport de la chaleur, les effets naturels de la plus grande proximité du pôle. La Normandie n’est guère plus froide (pie la Bourgogne, et les hivers du Danemark ne sont pas plus longs que ceux de la Bohème.
Dans les Dolrines, a 05 degrés de latitude, la ligne des neiges perpétuelles descend a 1000 mètres au-dessus du niveau de la mer du côté nord, tandis qu au sud et sud-est, les neiges ne peuvent se perpétuer qu’au niveau de 2000 mètres.
Pour la Laponie, cette limite est de 1100 mètres du côté de la portion maritime. Les vents glacés, venant des Dofrines, donnent à l’hiver de Jutland une intensité très grande, ils influent aussi sur le climat de la Suède. Dans la Suisse a 46 degrés de latitude, la ligne des neiges perpétuelles varie entre 2400 et 2800 mètres ; la masse et l’étendue de la neige augmentent le froid, et dans les ravins inaccessibles à l’action directe des rayons solaires, on trouve des glaces perpétuelles à 1600 mètres au-dessus de la mer.
Les végétaux robustes, tels que les chênes, les ormes, les tilleuls, les céréales communes, les plantes fourragères, prospèrent également sur ce plan incliné à 6 ou 7 degrés de différence. Au contraire, en franchissant les Cevennes et les Alpes, on descend, par des pentes extrêmement rapides, vers le bassin occidental de la Méditerranée et vers le golfe de Venise; le niveau s’abaisse ici dans l’espace d’un seul degré, autant que dans 6 et 7 degrés de l’autre côté; ce voyageur qui le matin foulait la neige permanente, peut se reposer le soir parmi les oliviers et les myrtes, mais dans
cette rapide descente du climat de la Laponie à celui de l’Italie, il ne faut pas espérer de retrouver une zone tempérée bien constante, ni par conséquent la végétation de cette zone dans toute sa beauté; les arbres du nord exilés sur les flancs méridionaux des Alpes, ne forment pas des forêts si imposantes que dans les plaines boréales.
Le degré d humidité de l’atmosphère est un autre élément important des constitutions climatériques. On a cru pouvoir lixer à 25 pouces, la masse ordinaire des eaux pluviales qui tombent annuellement sur l’Europe, au nord des Alpes, à 55 pouces sur leur versant sud, mais la neige rétablit l’équilibre, et toule l’atmosphère européenne, considérée dans une période de 5 à 10 ans, offre le même degré d’humidité. Il est vrai que le climat océanique de l’Europe est quelquefois, comme en 1817, exposé à une excessive humidité, due à la fonte des glaces flottantes, avancées jusqu’à 45 degrés, et que le même climat méditerranéen, par des vents du sud, trop constants, peut éprouver des sécheresses extraordinaires. On a observé cpie les pluies du nord des Alpes, tombent plus lentement, plus uniformément, tandis que dans les pays au sud, les torrents de pluie rappellent les pluies des tropiques. On peut fixer le nombre des jours de pluie, pour le nord à 150 ou à 160, tandis que pour le sud il ne va qu’à 1)0 ou 100. En y ajoutant les jours de neige, on est frappé de la différence énorme entre les deux climats.
VÉGÉTATION OU FLORE DE l’eUKOPE.
Le soi de l’Europe méridionale est généralement escarpé, de là le grand nombre de torrents qui dépouillent toutes les roches, de leur terre végétale aux. Alpes, aux. Apennins, aux Monts Olympe et Parnasse. Les terres du nord ont plus d’humus végétal, et sont plus uniformément arrosées. Cette distribution plus régulière des eaux de pluie et la chaleur accumulée de longs jours, font que le nord-ouest de l’Europe a des avantages de climatures, plus uniformes que les contrées méridionales. Quant à la pureté de l’atmosphère, l’Europe est encore assez bien partagée, elle ne renferme pas de grandes étendues de contrées malsaines; les marais aux rives du Don, dans le Bannat, à Temeswar, aux environs de Rome, dans l’il 3 de Valcheren, les vapeurs nuisibles de quelques vallées de la Sardaigne, et les brouillards dangereux, dans quelques golfes de Norwège, sont des accidents de localités. Des épidémies, telles que la peste en Turquie, la fièvre jaune en Espagne, sont des effets climatériques aggravés peut-être par l’incurie des populations et de leurs gouvernements. La pilca ou plique est en Pologne le résultat de la malpropreté des coiffures permanentes au peuple. Dans toutes les parties de l’Europe, les hommes vivant avec simplicité et de la vie agreste, arrivent également à un âge avancé; les centenaires sont aussi nombreux dans les montagnes de la Sicile que dans celles de la Norwège, et même la force physique, chez les peuples du nord, ne varie guère en raison du climat, mais en raison de l’origine des races.
Végétation ou flore de l’Europe. - Les végétaux de l’Europe subissent l’influence de trois climats dominants : sur les côtes orientales, une moindre intensité de froid laisse prospérer, à de hautes latitudes, les végétaux qui ne résistent pas au froid extrême, et périssent sous la même latitude dans toute autre partie correspondante du globe. C’est ainsi que plusieurs céréales, notamment l’orge et l’avoine, s’élèvent jusqu’au 70e parallèle en Norwège, tandis que vis-à-vis, sur les côtes américaines, toute culture de céréales cesse à 52 degrés de latitude. Les autres graminées, qui couvrent les près de l’Europe, s’étendent bien aussi loin au nord en Amérique, mais elles croissent moins rapprochées.
Partout ailleurs, les arbres disparaissent vers le 60" degré, ici les pins et les sapins, élancent leur tête dans les nues et même le feuillage du fayard, qui, dans la Pologne russe, ne hante les forêts que vers le 51° et le 52 parallèles, s’étale bien encore en Norwège. au delà du 61e. Le laurier d’Italie ne craint pas l’air libre sur les côtes occidentales de la France.
Mais, il est des plantes auxquelles il faut une chaleur plus vive et plus sèche : de ce nombre, est la vigne, qui, à partir de la latitude de la Gironde, et plus encore de la Charente, se retire dans l’intérieur du continent, où sa région fait une saillie vers le 50"' parallèle.
E’influence du climat asiatique, sur la végétation européenne, se divise en deux phénomènes distincts : d’abord, le froid plus constant, exclut, du nord et du centre de la Itussic, plusieurs arbres et plantes, qui prospèrent
CLIMATS DE L EUROPE
sous les mômes latitudes, dans la Germanie et dans la Scandinavie. Pour retrouver 1 ensemble de la flore du Danemark, du Mecüembourg, du HoN stein, il faut descendre jusque dans l’Oukranie.
Les plaines sablonneuses et salines, qui terminent l’Europe, vers la mer Caspienne, reçoivent une autre influence, celle des vents secs et quelquefois brûlants, venant des déserts, qui bordent le nord de la Boukarie,et qui cm ironnent le lac Aral. Cette cause, alternant avec des hivers rigoureux, jointe a la nature du sol, fait que ces tristes plaines ne sont guère couvertes que d une maigre végétation. Il y a cependant, sur les bords de la mer d’Azof, des pins qui atteignent 25 mètres de hauteur.
La partie méridionale de l’Europe, présente généralement aux influences du climat africain, une seule des pentes plus ou moins rapides, terminées au nord, par des chaînes de montagnes très élevées. La végétation méditerranéenne reste donc bornée à une lisière de côtes, à quelques péninsules avancées au midi et aux îles. Toute cette bande du littoral du détroit de Gibraltar au Bosphore, offre un charmant spectacle de végétation variée. La vigne s’y marie aux ormeaux, parmi les oliviers, les figuiers, les pêchers ; les cyprès sont mêlés aux pins pinrërs ; l’écârlate des fleurs et des fruits du grenadier, les myrtes, les jasmins mélangés aux orangers et aux citronniers ; des haies de lauriers roses, le long des ruisseaux et sur les Collines, en font le jardin de l’Europe. Plusieurs familles de plantes simples, herbes dans le nord, deviennent arbustes; l’élévation de l’arundo-donax, rappelle celle du bambou, et le chamœrops humilis représente la famille du palmier, qui a des lieux d’élection en Espagne et en Italie. — Il est vrai, qu’on trouve sur les montagnes, une partie de la végétation de l’Europe centrale, qui, à cause de l’élévation du sol, ressemble à celle îles régions septentrionales.
Dans la Grèce, rafraîchie par les vents, qui descendent à la fois de l’Hémus et du Taurus, c’est plutôt la végétation asiatique, et plus particulièrement celle du Caucase, qui modifie le caractère européen : le platane oriental, le sycomore, le cèdre animent les rivages européens et asiatiques, tandis que, presque à côté, le .tilleul, le chêne, le fayard, le sapin, semblent lier les forêts germaniques et karpalhiques à celles du Caucase, séparées de la région boisée de Russie, par les plaines nues du Don et du bas Dnieper. La flore grecque, a trois fois plus de plantes communes avec la Scandinavie, que celle de l’Italie. Toutefois, un abri local, sous les rochers de la Tauride, fait prospérer les oliviers et les orangers, au nord de la mer Noire, et à une latitude plus élevée que celle de la Lombardie.
Après les lois distributives générales, qui caractérisent la végétation des trois côtés de l’Europe, viennent les lois spéciales, qui dépendent de la nature du terrain et de l’élévation du sol. Sous ce dernier rapport les forêts de bouleaux, montent en Nonvègc, sous le cercle polaire, à 500 mètres, mais le saule laine touche presque aux perpétuelles, et le bouleau nain n’en reste éloigné que de 300 métrés. Dans la Norwège méridionale