ILES DE LA TURQUIE DEUROPE
de la Syrie, tels sont les principaux traits physiques de l’Europe, que nous compléterons dans l’appendice .ci-après, comprenant ses îles du sud au nord.
Appendice du climat de l’Europe : Ses îles du sud au nord. — Iles de la Turquie d'Europe. — La Turquie d’Europe possède, dans l’Archipel, les îles d’Imbros, de Samothrace, deTliasos et de Lemnos; le chef-lieu est Rhodes. Elle possède dans la Méditerranée, à l’entrée de l’Archipel, la grande île de Candie, qui est traversé de l’ouest à l’est, par trois groupes de montagnes, dont l’un est appelé montagnes blanches. Le mont Ida, aujourd’hui Putoriti, occupe le centre de l’ile. Les premières assi*ses offrent un climat tempéré, des forêts superbes, des pâturages et des coteaux émaillés de fleurs, tandis que des vents glacés mugissent autour des cimes arides, où la neige se maintient sur plusieurs points en permanence. Candie possède des forêts ou l’érable et le chêne vert dominent; les flancs des montagnes au midi sont plantés d’arbousiers, d’andracine, de cestes et d’alaternes. Les cèdres, les pins et les cyprès en ornent la partie orientale. Le climat est régulier, sec, pur et chaud. En été la chaleur est très grande dans les plaines et les valées, mais elle est tempérée comme dans toutes les îles de l’Archipel, par le vent nommé Eubat, qui souffle du nord au sud, de 8 à 9 heures du matin jusqu’au soir. De mars à novembre, il arrive souvent que le thermomètre ne varie que de 20 à 27 degrés.
On ne voit jamais de neige ni de glace dans les plaines; au mois de février la terre se pare de fleurs et de moissons précoces. On y récolte du blé, de l’orge, de l’avoine et du coton. La plus grande source de richesse du pays est l’olivier, qui couvre les campagnes et forme des bois immenses. La vigne donne des produits d’excellente qualité; l’éducation des vers à soie est une industrie fort répandue. Les fruits sont excellents : les végétaux, propres aux terrains calcaires, sont : le dictame de Crète, la chicorée épineuse, l’acantha à feuille de chardon, l’astragale tragacantha d’où se tire la gomme adragante, le cistus creticus, qui fournit le laudanum oriental. Le miel de Crète est aussi renommé que dans les temps anciens.
Les chevaux, les mulets et les ânes sont de fort bonne espèce. L’ile de Crète, civilisée par les Egyptiens et les Phéniciens, de, int très puissante. Conquise par les Romains, elle suivit les destinée:, de l’Empire jusqu’en 825, époque à laquelle elle fut soumise par les Arabes. Elle retourna à l’empire d’Orient en 952, et fut acquise par les Vénitiens en 1204. Elle resta pendant 4(55 ans au pouvoir de cette république, qui dominait par elle la Méditerranée, et en lit son principal moyen d’agression contre les Turcs. Elle était alors très florissante, et comptait 500,000 habitants. Après une guerre de 24 ans, elle tomba au pouvoir des Turcs en 1069.
Hoyaume de Grèce et des Ioniennes. — La partie méridionale de la péninsule hellénique a un aspect plus accentué, plus pittoresque que le
CLIMATS DR L RCHOPR.
nord. On y jouit presque partout de la vue de la mer, d’un air vif, d’un ciel pur et resplendissant. Les eûtes de la mer Égée et de la mer Ionienne, sont bordées de récifs, de falaises et de montagnes. La côte de Morée, au sud du golfe de Lépanle, est basse et plate, de sorte qu’entre Patros et Corinthe, les débordements de la mer forment souvent des marécages de pernicieuse influence. Les îles très nombreuses sont, comme le continent, rocheuses, escarpées, montagneuses. Les principales dans la mer Égée sont : Skyros, Skopelos, Négrepont et les Cyclades. Dans la mer Ionienne, il il} a que des îles de ce nom. Le sol de la Grèce est généralement très
montagneux, mais aucune de ses montagnes n’atteint la limite des neiges perpétuelles. Le Taygête est la plus élevée. La plupart sont couvertes de forêts ou de pâturages. La charpente orographique est formée par le prolongement du Pinde. On y remarque le Parnasse, l’IIélicon, le Cithéron. On peut avec raison considérer l’île de Crète, comme un prolongement des hautes Terres, qui forment le dos de la Grèce et du Péloponèse. De même les Cyclades présentent les fragments épars de deux chaînes, dont l’une vient de l’Àttique, l’autre de l’Eubée, et qui vont rejoindre les montagnes de l’Asie mineure. Le Péloponèse est arrosé par de nombreux ruisseaux, parmi lesquels nous citerons l’Eurotas. Le climat de la Grèce, de tout temps si vanté, offre dans le midi de l’Europe la variété de nos saisons, mais avec des nuances différentes. L’annonce du printemps s’aperçoit dès le mois de janvier, par la floraison des amandiers, en février il tombe beaucoup de pluie, quelquefois de la neige, mais le soleil a beaucoup de force, et déjà la chaleur commence à se faire sentir; c’est en mars que le printemps est dans tout son éclat, et que les prairies se parent de mille fleurs, qui durent et se succèdent jusqu’à la fin d’avril. Le mois de mai voit paraître l’été ; c’est alors que les vergers sont dans toute leur beauté; en juin on s’occupe de la récolte des céréales; en juillet les épis sont mis sous les pieds des chevaux et des buffles, pour les égrener. Le thermomètre monte à 55 degrés et même à 40. Vers la mi-septembre commencent les vendanges. C’est en octobre que tombent Jes premières pluies, mais avec quelques interruptions; les derniers
beaux temps de l’année sont en novembre. En décembre les pluies devien-
nent presque continuelles; les rivière* et les ruisseaux débordent, et les travaux des champs cessent complètement. Cet état dure de 4 à 0 semaines, pendant lesquelles les orages se succèdent continuellement, c’est le gros de l’hiver. La neige tombe aussi quelquefois en abondance, mais elle ne persiste que sur les montagnes; le froid est rarement rigoureux.
Malgré la douceur et la beauté du climat, la Grèce n’est pas une contrée généralement saine. Il faut en excepter l’Attique, dont la salubrité est attestée par la longévité des habitants, et dont les marais, situés dans les champs de Marathon, ont été défrichés par les soins de l’Etat. C’est à l’influence des terrains humides, sous l’action d’une température élevée, que certaines provinces doivent leur insalubrité; la Béotie, les environs de