‹ Traité de climatologie geńeŕale du globeChapitre 83 sur 215 · CLIMATS DES ILES VOISINES DE · texte numérisé non relu

CLIMATS DES ILES VOISINES DE

L AERIQUE .

On y compte quatre volcans en activité. La vigne y prospère dans des cendres volcaniques. Téneriffe est la plus grande et la plus peuplée de ces iles. La partie méridionale est dominée par le fameux pic de Teyde, qui a 5000 mètres d’élévation. Les deux tiers inférieurs du cône, formé par ce volcan qui sommeille, sont couverts d’une belle végétation. Le sommet ne se compose que de scories, de pierres-ponces, de résidus ignés. La déclivité est telle qu’on ne peut y gravir que par un ancien lit de laves.

Le cratère lance de temps à autre des fumées, et le sol-, en certains endroits, est très chaud. D’énormes éruptions latérales ont eu lieu en 1798. D’abondantes vapeurs s’exhalent par divers soupiraux, dont les deux principales portent le nom de narines.

Au pied du mont Ignivome, s’étend une des plus belles contrées du monde. Il y a des fruits délicieux et des vins exquis, le malvoisie et le vidogne ou viduena. Le bananier, le papayer et le magnifique poincillade ornent les jardins. La trichomane des Canaries, jolie fougère, tapisse les murs. Les cactus, les aloës, les euphorbes, rappellent l’aspect végétal de l’Afrique. Le sucre de Téneriffe provient d’une graminée particulière à cet archipel. 11 y a à Orolava un Sang-Dragonnier gigantesque qui a GO pieds d’élévation sur 40 de circonférence : le tronc est creux. Sanla- Cruz est la capitale du gouverneur des Canaries. Gomère est une petite ile fertile et bien arrosée. Palma a le sol plus élevé que Téneriffe. La plus connue sous le nom d’ile de Fer, a servi longtemps à fixer le premier méridien.

Les Guanches, premiers occupants, dont on ne trouve la trace que par les momies des cavernes funéraires, ont été épuisés par l’esclavage ou détruits. Ce qui restait des Guanches périt en 1494, par la fameuse peste appelée morhorra , que l’on attribua à la quantité de cadavres que les Espagnols avaient laissé, en plein air, après la bataille de la Laguna. Souvent les squelettes sont enveloppés de bandelettes, auxquelles sont suspendues de petits disques de terre cuite, qui paraissent avoir servi de signes numériques, ressemblant au xquïppus des Péruviens, des Mexicains, des Chinois. Il y a des présomptions, sinon des probabilités, pour admettre que les Guanches avaient des liaisons d’origine avec les Berbers, dans lesquelles se trouvent refondus les Numidiens, les Getules, les Garamantes du nord de l’Afrique.

Madère. — En passant devant le groupe de rochers, appelés les îles Salvages ou Sauvages, dont il est dangereux d’approcher, on arrive par une navigation de 80 lieues marines à l’ile de Madère qui, avec celle de Porto-Santa et avec quelques îlots déserts, forme un groupe particulier et uu gouvernement appartenant au Portugal. Le sol mon tu eux de Madère s’élève de toutes parts vers une chaîne de montagnes, dont le sommet s’appelle le pic Ruivo de 1800 mètres de hauteur. Le sommet a une dépression, appelée Val, et qui n'est autre qu’un ancien cratère. I ne autre cime à noter est celle de Thorinas, haute de I 700 mètres.

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Le climat est doux, tempéré et fort agréable; on y jouit d’un printemps qu’on pourrait dire perpétuel.

Dans la saison fraîche, le thermomètre marque régulièrement de 15 à 18 degrés; il est rare de le voir baisser à 12. Pendant l’été, il se lient entre 18 et 24.

Les vents brûlants, venant d’Afrique, le font accidentellement monter à 30 et 56°. Cette chaleur extraordinaire est brusquement abaissée par des orages qui lui succèdent. Les pluies qui tombent, depuis novembre à février, ne sont ni fortes ni abondantes.

L’humidité naturelle de la terre est entretenue par la neige qui couvre, assez longtemps, les plus hautes montagnes, et par les nuages qui en enveloppent les cimes pendant le jour, et s’abaissent au soleil couchant dans les vallées, d’où l’aurore les fait relever.

Les’ jardins et les vergers sont ornés d’une grande variété d’arbres fruitiers, tant de l'Europe que des Tropiques. Des forêts de châtaigniers et de noyers, s’étendent sur les flancs des montagnes. Il y a des cèdres, des cyprès, du bois de fer, des lauriers, parmi lesquels le laurus indica , qui donne l’acajou de Madère. Plus haut croissent les pins, mais les dernières cimes ne présentent plus qu’une végétation rabougrie, composée de broussailles. Les champs sont omés de genets, de cytises, de myrtes, de figuiers, d’euphorbes, de framboisiers, de rosiers, de jasmins, de dragonniers.

La culture de la canne à sucre a été sacrifiée à celle de la vigne, qui forme la grande richesse de l’ile, par le Malvoisie et par le Madère sec. La culture de l’olivier se répand depuis plusieurs années. Les pêchers et les mûriers, les ricins y atteignent de grandes proportions. Le froment et l'orge sont excellents, mais en petite quantité.

Les lapins abondent dans les montagnes, les espèces d’oiseaux y sont variées, les abeilles donnent un miel délicieux. Les bêtes à cornes et les moutons qu’on y a importés sont de petite taille. Les chèvres y ont considérablement multiplié.' Les porcs y sont en partie à l’état sauvage.

Le veau marin se présente souvent sur les côtes. La mer offre des truites saumonées, des soles, des sardines, des thons et autres poissons.

Madère avait en 1851, 110,000 habitants, composée d’un mélange de Portugais, de mulâtres, de nègres. Les créoles ont le teint basané et la stature petite.

Le peupley est misérable et les femmes, douées de beaucoup d’avantages naturels, s’étiolent promptement.

Les gens aisés passent leur vie indolente dans des villas appelées quint a. s ,- c’est un refuge pour les poitrinaires.

Climats d’Amérique.

L’Amérique est composée de deux immenses presqu’îles, réunies par 1 isthme de Panama. Chacune est partagée dans toute sa longueur par "ne chaîne de montagnes très voisine du grand Océan, et très éloignée de

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l’Atlantique. Delà deux versants : l’un très rapide et très étroit vers le Pacifique et privé de grands cours d’eau; l’autre plus doucement incliné et liés large, vers l Océan atlantique, et sillonné par les plus grands fleuves du monde.

lai pi enanl chacune des deux presqu’îles on trouve leur charpente très simplement tracée.

Ainsi l’Amérique méridionale, forme une sorte de pyramide triangulaire dont la hauteur est très petite, par rapport à la longueur des arêtes. Le sommet de celte pyramide est le plateau de Tilicaca. Les arêtes sont : 1" la chaîne des Andes, depuis le Cap Froward jusqu’au plateau de Tilicaca ;

chaîne des Andes depuis l’isthme de Panama jusqu’au plateau; 5° la série des monticules ou montagnes qui séparent le Rio de la Plata du Maragnon, depuis le cap San-Roque jusqu’au plateau. La hauteur de la Pyramide est de 7900 mètres au pic de Sarata, point culminant dé toute l’Amérique. Des trois faces de cette pyramide, celle du sud est occupée principalement par le bassin Rio de la Plata, celle du nord est occupée par le bassin du Maragnon ; celle de l’ouest par le versant étroit du Grand-Océan .

L’Amérique septentrionale n’a pas une charpente aussi nettement tracée, mais elle a des formes analogues. On peut regarder la Sierra-Verde, sources de la Columbia, du Rio del Norte, du Missouri, etc., comme le sommet de la pyramide triangulaire qu’elle figure; les trois côtés sont : T’ la chaîne des Cordillères depuis l'isthme de Panama jusqu’à la Sierra- Verde; 2° la chaîne des montagnes rocheuses, depuis le Cap du Prince de Galles jusqu’à la même Sierra; o° la succession de hauteurs qui sépare le Mississipi du fleuve St. Laurent à la Sierra. Cette dernière arête est très distincte, mais les deux autres forment une chaîne continue. Des trois faces de cette pyramide, celle du Sud-Est est occupée principalement, par le bassin de St. Laurent, celle de l’ouest par le versant du Grand-Océan. A ces charpentes montagneuses des deux Amériques, il faut ajouter d’autres massifs qui paraissent en être isolés, et dont les principaux sont les montagnes du Rrésil. dans l’Amérique méridionale, les Alleganys dans l’Amérique du nord.

Les Andes du Chili et du Potosi occupent une largeur moyenne d’environ 180 kilomètres. Elle renferment un grand nombre de volcans en activité.

De la division générale de l’Amérique en plateaux montagneux très élevés et en plaines très basses, il résulte un contraste de deux climats très différents.

Le Pérou, la vallée de Quito, la Aille de Mexico, quoique situées entre les Tropiques, doivent à leur élévation une température printanière, leurs montagnes se couvrent même de neiges qui sont perpétuelles sur quelques sommçts, tandis que non loin de là une chaleur malsaine étouffe les habitants de Vera-Cruz ou de Guaquil. Ces deux climats donnent naissance à deux systèmes de végétation : la flore des zones torrides en bas, la flore européenne en haut.

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Mais on peut dire, qu’en général, ce continent éprouve un bien moindre degré de chaleur que l’Afrique, par exemple. L’altitude des montagnes expliquerait ce fait pour les régions élevées, pour les contrées basses de Humbaldt donne l’explication suivante : le peu de largeur du continent américain, sa prolongation vers les pôles glacés, l’Océan dont la surface non interrompue est balayée par les vents alizés ; des courants d’eau très froide qui se portent du détroit de Magellan jusqu’au Pérou, de nombreuses chaînes de montagnes remplies de sources, et dont les sommets couverts de neiges s’élèvent bien au-dessus de la région des nuages; l’abondance d’immenses fleuves ; des déserts moins sablonneux qu’en prairies, broussailles et forêts qui couvrent les plaines. Toutes ces causes produisent et entretiennent, dansles parties basses de l’Amérique, un climat qui contraste avec celui de l’Afrique. En Amérique, comme dans toutes les régions du monde, les races animales paraissent être proportionnées, par leur nombre et leur taille à l’étendue des terres où ils naissent. Le bœuf musqué et le bison dans l’Amérique septentrionale, l’autruche magellanique dans l’Amérique du sud, égalent par la taille les espèces analogues de l’ancien continent; l’élan ouïe cerf de Californie atteint même une taille gigantesque. Cependant les autres quadrupèdes, tels que le lama, le guanaco, le jaguar, le cèdent en grosseur et en force à leurs semblables de l’Asie et de l’Afrique. A leur tour les animaux connus de la Nouvelle-Hollande sont plus petits que ceux de l’Amérique.

La vie végétale qui dépend de la chaleur humide, montre une extrême force dans la plus grande étendue dû nouveau continent. Les pins qui ombragent la Colombia, et dont la tige s’élève à une hauteur de 100 mètres, sont les géants de la végétation. On peut citer après, les platanes et les tulipiers de l’Ohio, qui ont près de 20 mètres de circonférence. Les terres basses de l’une et l’autre Amérique se couvrent d’immenses forêts. Cependant, il faut signaler la nudité d’une partie de la région du Missouri, des plateaux du Nouveau-Mexique, des Campos Parexès et des Pampas, c’est-àdire du quart de ce continent.

A l’exception des ours, des renards et des rennes, qui ne redoutent pas la zone glaciale, à l’exception des phoques et des cétacés, habitants de tous les rivages, à l’exception du tapir, récemment découvert dans l’Inde, tous les animaux des deux Amériques paraissent former des espèces particulières, ou du moins des races distinctes. Le bison et le bœuf musqué (ovibos), animaux qui paissent depuis les lacs du Canada jusqu’aux mers de Californie, le conguar et le jaguar, qu’on rencontre depuis l’embouchure du Rio-del-Norte jusqu’au delà de l’Amazone, le pécari et le patria semblables au sanglier, le cabiac, l’agouti, le paca et d’autres espèces rapprochées du lapin, les fourmiliers, les tainanduas, les tamanous, tous ces mangeurs d’insectes; le laï, le lama avec la vigogne, la sapajou, les perruches, le colibri, tous diffèrent essentiellement de ceux des animaux de l’ancien continent, desquels même ils se rapprochent le plus. Tous ces animaux, particuliers à l’Amérique, forment, comme ceux de la Nouvelle-

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Hollande, un ensemble à part et évidemment originaire de la terre qu’ils habitent.

bu admettant une création animale particulière pour l’Amérique, comme pour la Aouvelle-IIollande, on doit reconnaître aussi que la race américaine, par ses caractères physiques comme par ses idiomes, forme une classe essentiellement différente des autres fractions du genre humain, cest démontré par une longue série d’observations physiologiques.

Terre-Neuve. — Ile de l’Amérique du nord, colonie anglaise, elle est située entre le 46e et le 51e degrés de latitude, à l’entrée du Golfe St-Laurent, et à l’est de la côte du Labrador, dont elle est séparée par le détroit de Belle-Isle.

La forme est à peu près triangulaire, les plus hautes montagnes de Terre-Neuve s’élèvent à près de 1000 mètres au-dessus du niveau de la mer. Leurs sommets n’offrent que des mousses et des lichens qui s’y accumulent sans cesse, en formant une croûte élastique. Au-dessous de ces cimes, toutes les parties de terre végétale sont couvertes de forêts où dominent les bouleaux. Les parties basses comprennent des vallées tortueuses, des plaines humides et bourbeuses. Quoique la situation géographique de Terre-Neuve corresponde à la partie moyenne de la zone tempérée en Europe, c’est-à-dire à la région qui s’étend depuis l’embouchure du Rhin jusqu’à celle de la Loire, son voisinage du Canada et du Labrador y produit un climat presque aussi froid que celui de la Sibérie. Elle est enveloppée par des brouillards perpétuels. Les forêts servent de retraite à une grande quantité d’ours, de loups, d’élans et de renards, les rivières et les lacs abondent en castors, loutres, saumons et autres poissons et amphibies.

Parmi les animaux de Terre-Neuve, on doit distinguer une race particulière de chiens, remarquables par leur grande taille, leur long poil soyeux, et surtout par la plus grande dimension de la peau interdigitale des pattes, ce qui les rend éminemment propres à nagér.

Cette île doit son importance aux richesses qu’offre la mer qui l’entoure. A l’est et au sud de l’îîe s’élèvent, du fond de l’Océan, plusieurs bancs de sable, dont le plus étendu, appelé grand-banc de Terre-Neuve, s’étend à près de 10 degrés du sud au nord, ce banc est recouvert partout de 45 mètres d’eau en moyenne, on ne le voit pas, mais la sonde en a déterminé la surface. La tranquillité, la douce température et la pesanteur moindre de la masse d’eau, y attirent une quantité si énorme de morues, que leur pèche fournit à la consommation delà majeure partie de l’Europe. Elles en disparaissent seulement en juillet et en août. Cependant, la saison de la pèche (pii commence en mai, ne se termine qu’à la lin de septembre.

Terre-Neuve, longtemps considérée comme un pays inhospitalier, comme une simple station de pêcheurs, a depuis quelques années vu

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