BERMUDES
doubler sa population et son industrie. En 1854 il y avait plus de 100,000 habitants, Saint-Jean, sa capitale et l’un des meilleurs ports de l’île a une population toute maritime.
Les Indiens rouges s’étendent au sud, dans l’intérieur jusqu’au grand lac. Ces peuplades qui sont loin de vivre en bonne intelligence, se livrent à la chassé el font commerce de fourrures avec les Anglais.
Les équipages des navires mouillés pêchent avec des lignes de fond multiples. Les bouts de lignes portent un ameçon dissimulé par l’appât (pii est un petit poisson. A chaque instant on immerge et retire les lignes avec les poissons pris. L'appât ( boitte ) est fourni par le capelan, espèce de petit poisson qui, au printemps, descend des mers du nord, poursuivi par des bancs de morues, lesquelles à leur tour sont chassées par de plus grosses espèces. Les capelans se répandent dans toutes les mers qui avoisinent Terre-Neuve, en masses tellement épaisses que parfois le flot les jette et les accumule sur la grève. La pêche de la morue, une fois commencée se fait jour et nuit. Aussi les matelots travaillant constamment, dormant peu, toujours mouillés, et vivant dans une atmosphère humide et empestée, assez mal nourris, sont sujets surtout aux rhumatismes, au scorbut, â l’anémie.
Souvent les glaces encombrent les parages de Terre-Neuve très lard; cependant, elles sont ordinairement séparées et emportées au printemps, par les courants qui descendent vers le sud. Les uns, usés peu à peu par la température plus douce disparaissent en se fondant, les autres échouent sur les rivages; d’autres saisis par le Gulf-stream, remontent dans le nord, et sont entraînés jusqu’aux parages de la Norwége.
Bermudes. — Ce groupe d’environ 400 îlots, est situé à moitié chemin, entre la Nouvelle-Écosse et les Antilles. Il y a de 12 à 15,000 habitants, moitié de blancs et moitié de couleur. L’Angleterre y a un pénitencier.
Antilles. — Les deux continents américains semblent reliés l’un â l’autre, non-seulement par l’isthme qui porte le nom d’Amérique centrale, mais encore par une grande chaîne de montagnes sous-marines, dont les sommets forment une suite d’iles très importantes. Ces îles figurent un arc de cercle dont l’extrémité méridionale se rattache an Cap Paria, dans l’Amérique du Sud, tandis que son extrémité septentrionale se lie â la Floride par les îles Bahama. Christophe Colomb leur donna le nom d’Indes occidentales. On divise ces iles en grandes et petites Antilles. Les grandes sont Cuba, la Jamaïque, St-Dominguc ou Haïti, Puerto-llico. Les petites Antilles nommées aussi archipels des Caraïbes, sont très nombreuses et on les distingue en iles sous le vent el petites Antilles. Les îles sous le vent sont ainsi appelées du mode des vent alizés qui soufflent de l’est â l’ouest, d’abord sur les premières, pour se faire sentir ensuite sur le secondes. La Guadeloupe et la Martinique appartiennent aux petites Antilles.
CLIMATS D’AMÉRIQUE
La population est d’environ trois millions d’habitants et de couleur mélangée. Les indigènes ont été détruits par les Espagnols.
L Océan atlantique éprouve sur les cotes américaines un courant très 1 einai quable, qu on appelle le courant du Golfe (Gulf-stream). Les vents alizés en poussant les eaux de cet Océan entre le Tropique et l’Équateur, depuis les cotes d’Afrique à l’est jusqu’à celles de l’Amérique à l’ouest, les lont arriver a travers les détroits des Antilles, jusque' sur les côtes de Mosquitos et de Honduras qui leur barrent le passage. Alors le courant se porte au nord-ouest, et ses eaux entrent dans le golfe du Mexique, par le canal de Jucatan, se plient à toutes les sinuosités des côtes du Mexique, de la Louisiane, de la Floride, pour se jeter avec impétuosité dans le canal de Bahama, où leur vitesse est de 2 mètres par seconde. Le courant qui à 00 kilomètres de large se reconnaît à la couleur bleue de ses eaux plus salées et plus èhaudes.
Le canal entre làucatan et lile de Cuba présente le phénomène de souices jaillissant du sein de la mer, au point que les navires peuvent y faire aiguade.
Les Antilles, qui offrent d’excellents ports, sont généralement arrosées de nombreux cours d’eau, et sont soumises à peu près au même climat. Pendant la saison sèche qui dure ordinairement de janvier jusqu’à la Fin de mai, la chaleur du jour serait insupportable, si des brises de mer ne s’élevaient à mesure que le soleil s’élève. Les pluies qui caractérisent la saison de l’été tombent par torrents de la mi-juillet à la mi-octobre. L’air chaud et fortement chargé d’humidité, rend le séjour des parties basses
de ces îles malsain et dangereux pour les Européens, qui y contractent aisément la fièvre jaune.
La zone chaude où régnent les fièvres pernicieuses, s’étend jusqu’au niveau de 400 mètres. Là commence la zone tempérée où le thermomètre, au milieu du jour, ne marque guère que 20 à 24 degrés. Cette zone se termine à 800 mètres d’élévation, ‘point où le thermomètre est ordinairement à 16 degrés centigrades. Les brouillards élevés des parties basses s’accumulent sur les montagnes et la pluie devient habituelle. C’est la zone fraîche de Antilles. La saison des pluies où l’hivernage est l’époque la plus mauvaise de l’année, outre les épidémies, les ouragans et les ras de marée causent des sinistres et des désastres. Les Antilles, dues à des soulèvement volcaniques, sont sujettes à des tremblements de terre. La Guadeloupe fut bouleversée en 1845.
Les Antilles n’ont que des mammifères de petite taille : le kinkajou, le rat-pilorès, le rat-volant, la chauve-souris. Les lézards, les scorpions, les serpents sont très communs. La Martinique et S' -Lucie ont des serpents vénimeux, des vipères. Le caïman habite les eaux stagnantes. La Jamaïque a des tortues délicates. Les perroquets et les colibris embellissent les forêts, les oiseaux aquatiques, en troupes innombrables, couvrent les rivages. On admire l’oiseau mouche ; mais une foule d'insectes deviennent un fléau, les maringouins, les moustiques, les kakerlacs, les fourmis, les chiques, et autres espèces nuisibles infestent toutes les îles.
CLIMATS D’OCEANIE.
On trouveaux Antilles les magnifiques végétaux des Tropiques. Le bananier forme des bocages, le tronc creusé du citronnier sauvage fournit un canot pouvant contenir cent hommes. Une feuille de palmier en éventail suffit pour abriter 7 ou 8 personnes du soleil ou de la pluie. Le palmier aréquier, dont la cime fournit le chou palmiste, balance sa tète verdoyante sur une tige élancée, haute de 70 à 80 pieds. Les caroubiers sont mêlés aux arbres de campêche et du Brésil, aux tamariniers élégants à cosses acidulés, aux bois de fer, aux cèdres. Aucun ne surpasse Futilité de l’arbre à roue, laures chloroxylose, pour la construction des moulins. Les* orangers, les citronniers, les figuiers, les grenadiers, à l’entour des habitations, répandent leur parfums et étalent leurs fruits.
La pomme, la pèche, le raisin, et généralement les meilleurs fruits de l’Europe, ne mûrissent que dans les parties montagneuses, tandis que les plaines basses et chaudes se parent des productions indigènes : le cachou, la sapote, la sapotille, de fruits des Indes orientales comme la pomme d’Ecosse, la goyave, la mangue, les ananas.
Parmi les autres végétaux, les plus curieux sont les fougères arborescentes, le polypodium qui a le port du palmier. La médecine y trouve le gaiac, la canelle, les chinchonas, l’aloës, la vanille.
L’élévation du centre de ces îles, la diversité des expositions, la grande différence du climat des montagnes et des plaines, tout concourt à produire une grande variété dans la végétation.
Le piment, l’igname, la patate, le maïs, les bananes, l’arbre à pain, fournissent à l’alimentation. Le millet de Guinée est le meilleur fourrage des Antilles.
Le sucre de canne d’Otâïti et le café sont les principales denrées d’exportation ; il faut y ajouter l’indigo, la cochenille, le cacao, le tabac. La culture du coton est presque abandonnée.
Climats d’Océanie.
L’Océanie, qui forme la o partie du monde, se compose des terres situées dans le grand Océan. Pour étudier les détails de ce vaste ensemble, on l’a décomposé en trois divisions. La première, située au nord-ouest, doit à sa population le nom de Malaisie. Elle comprend : les Philippines, les Moluques, Célèbes, Bornéo, Java, Sumatra, etc.
La seconde, dans laquelle figurent la Nouvelle-Hollande, la Nouvelle- Guinée, la Nouvelle-Bretagne, les archipels de Salomon, etc., porte le nom de Mélunésie , qui indique la couleur noire de ses habitants.
Enfin la troisième, comprend la partie orientale de l’Océanie, ou ces innombrables petites îles, qui couvrent l’Océan pacifique, depuis les Maria n ries jusqu’à l’ile de Pâques et jusqu’à Owaïhi. Elle porte le nom de Polynésie.
On peut dire que presque toutes les îles de l’Océanie sont d’origine volcanique; les unes sont couronnées par des cratères depuis longtemps
CLIMATS b'oCÉANlE.
refroidis, tandis (jne d’autres sont fréquemment ravagées par des torrents de laves. Le nombre des volcans en activité paraît dépasser 200. Les îles basses appartiennent à une autre origine; elles paraissent généralement
avoir pour base un récil de rochers de corail, le plus souvent disposé en
(orme circulaire. Quant aux masses madréporiques, qui se rencontrent quelquefois a 200 et 500 mètres au-dessus du niveau de la mer, leur existence ne s’explique que par un soulèvement postérieur à leur formation, caries polypes qui les produisent ne peuvent vivre hors de l’eau.
Les récifs de polypiers rendent la navigation de cet Océan extrêmement dangereuse. On y trouve d’immenses réunions de mollusques et de coquillages, des moules de toute espèce, les pastres ou plus exactement les pen-
tadines à perles, les pinnes marines, les étoiles de mer, les méduses s’y réunissent par millions.
Les vents et les courants, qui régnent dans le grand Océan, suivent tous le mouvement général de l’atmosphère et de la mer, de l’est à l’ouest, en sens inverse de la rotation du globe.
Le vent perpétuel d’est règne généralement entre les Tropiques, et les courants, suivent la même direction que les eaux. Ce mouvement général prend quelquefois, plus de force entre les détroits qui, presque tous, sont dirigés de l’est à l’ouest.
Aux environs des Philippines et près de la Nouvelle-Calédonie, la rapidité du courant qui porte à l’ouest devient extrême.
Les grandes terres, échauffées par le soleil, attirent souvent vers leur centre l’atmosphère maritime environnante, ce qui fait naître des vents opposés à l’alizé. Tels sont les vents d’ouest qui régnent sur les côtes occidentales de la Nouvelle-Hollande. Ces espèces de moussons ne sont pas toutes connues. Chaque île a ses brises de mer et de terre. A 40 degrés au nord et au sud de l’équateur régnent les tempêtes et les vents variables. Cependant il parait que dans la partie nord de l’Océan, on trouve le plus souvent des vents d’ouest, tandis que, dans les mers polaires australes, Cook trouva des vents d’est dominants.
Les Philippines et les Moluques, éprouvent l’effet des vents alizés. Les parties de Bornéo et de Sumatra, au nord de l’équateur, se ressentent encore des moussons, des mers du Bengale et d’Oman. D’autres moussons contraires régnent vers les parties méridionales de ces îles, ainsi que sur les autres îles de la Sonde.
Dans la Polynésie, l’air est sans cesse renouvelé, principalement dans les îles hautes, par les brises de mer et de terre. Les premières soufflent ordinairement de dix heures du matin jusqu’à six heures du soir, et les secondes de 7 heures du soir jusqu’à 8 heures du matin. Dans la Malaisie, dont les parties extrêmes sont à 20 degrés de l’équateur on ne ressent pas d’aussi grandes chaleurs (pie sur les continents.
Dans l’Australie, il semblerait que l’on dut éprouver la brûlante chaleur de l’Afrique et de l’Amérique méridionale, mais elle y est beaucoup moins
forte.
CLIMATS DF l’aFMQUE.
livrée au pillage par Ptolémée Latyre, pour cause de rébellion. Elle fut saccagée encore par Cornélius Gallus, gouverneur de l’Egypte sous Auguste. Enfîii sous la domination des Arabes, elle tomba tout-à-fait en ruines, constituant depuis Medynel-Àbou cinq groupes, dont les deux plus marquants sont ceux de Louqsor et de Karnak. Louqsor cette carrière aux obélisques, Karnak où était le plus grandiose de tous les palais du monde.
Ni U quœrere fontes : chercher les sources du Nil, fut longtemps aussi infructueux que de chercher la pierre philosophale.
Cette prétendue impossibilité, quant au Nil, semble avoir cessé de nos jours, si les explorations faites au cœur de l’Abyssinie,' donnent tout ce que promettent les hardis voyageurs qui les ont tentées et racontées (1).
Chose remarquable, vers le 15e siècle avant Jésus-Christ, un voyage de circumnavigation, avait été effectué par les Phéniciens, autour de l’Afrique, en doublant le cap de Bonne-Espérance, et il s’écoula plus de trois mille ans, avant que Diaz et Vasco de Gaina vinssent renouveler ce fait. De même Ptolémée, sur l’affirmation de marchands égyptiens, qui avaient fréquenté les nègres de la côte orientale, avait signalé l’existence de deux grands lacs dans l’intérieur de l’Afrique, voisins l’un de Eautre, et situés dans la région équatoriale, d’où sortent plusieurs cours d’eau, dont la réunion forme le Nil. Or, c’est encore à 4,000 ans de distance, que deux voyageurs anglais viennent de vérifier ce grand fait de igéographie.
En 1857, M. Speke et Burton, partant de la côte du Zanguebar, arrivèrent aux montagnes de la lune, dont les cimes neigeuses s’élèvent sous l’équateur, à plus de 5,000 mètres au-dessus du niveau général du sol, et à plus de 4,000 mètres au-dessus de la mer. En un an, il y eut, dans cette contrée, sous Tardent soleil de la zone torride, 258 jours depluie. De Là ces voyageurs arrivèrent à la terre de la Lune, véritable jardin de la terre orientale, disent-ils. Le 15 février 1858, ils découvraient le premier des deux grands lacs indiqués par Ptolémée, le lac Jangayka, qui s’étend du 8e ou au o degre de latitude australe, soit sur 200 lieues de longueur, et dune superficie de 15,000 kilomètres carrés.
A plusieurs reprises des marchands arabes avaient parlé d’un immense lac situé au nord-est des monts de la Lune, sous l’équateur même et qui, à les en croire, donnait naissance à un grand fleuve. Speke partit seul le !> juillet et le 9 août, il vit le grand lac Nyanza. Ce lac, dont l’extrémité sud se trouve à 5 degrés de latitude australe, dépasse au nord l’équateur; •sa largeur est d’environ 150 kilomètres. Il serait de 1,100 à 1,200 mètres au-dessus de la mer Bouge. M. Speke revint sur ses pas, sans avoir pu explorer le nord du lac.
Il y revint en 1801, en compagnie du capitaine Grant. Vers l’est du lac Nyanza, on voit naître le Nil, tombant du lac par une cataracte de 4 mètres
.1) Voyage aux grands lacs de l’Afrique orirnlalr, par Speke (M lturlon, 186“2.