MOYENNES FOURNIES
par les fièvres p?ludéennes simples
Fibrine 2,5
Eau 800,6
Matériaux solides du sérum 79,2
Matériaux organiques 74,3
Matériaux inorganiques 8 3
Globules 118,8
Albumine 67,3
Matériaux solubles dans l’eau bouillante distillée 10, t
Matériaux solubles dans l’alcool bouillant. 2,6
par les lièvres paludéennes compliquées.
« Dans les altérations sanguines, disent-ils plus loin, que nous avons mises en évidence, en est-il qui soient spéciales aux fièvres intermittentes, et sur lesquelles puisse s’appuyer l’opinion des auteurs qui invoquent la présence d’un agent miasmatique, introduit dans la circulation? Cet agent (le miasme paludéen), mis en crédit plutôt par une hypothèse logique, il est vrai (sic), que par l’expérimentation qui jusqu’à ce jour n’a point prouvé son existence matérielle, devait-il se rencontrer dans le fluide sanguin, pendant le cours de nos analyses, plus palpable dans l’air qui avoisine son foyer d’émanation? non, sans doute. Maintenant peut-on conconjecturer de la part du principe délétère, par son mélange avec le sang, une action telle qu’elle puisse faire sentir, à ce liquide, les changements de quantité proportionnelle que nous avons reconnus dans ses éléments? S’il en est ainsi, et s’il fallait rapporter à cette circonstance l’explosion du premier accès fébrile, les déviations morbides, observées plus tard dans les matériaux du sang, se feraient remarquer dès le début de lamaladie, si ce n’est même pendant la période supposée d’incubation? Eh bien! nos recherches prouvent qu’ainsi n’a pas lieu le travail morbide qui se passe dans ce fluide. Elles démontrent, au contraire, que nul, dès l’apparition des premiers phénomènes pyrétiques, ce travail se prononce d’autant plus (lu ü se prolonge davantage. »
ÉTUDES CL1MATKIUQUES ET MÉDICALES
« Voila, ajoutent les mêmes expérimentateurs, les résultats des investigations hématologiques aussi défavorables, à l’hypothèse de la présence des miasmes dans le sang des fébricitants, que les résultats de l’analyse de 1 air, de l’eau et des vapeurs des marais. » Toutefois, ils ajoutent, dans leurs conclusions..., « que si le développement de la fièvre intermittente est le résultat d’une intoxication du sang, ce que (disent MM. Léonard et Foley) nous ne repoussons pas d’une manière absolue, la présence du principe qui l’occasionne est encore à chercher, et que, pour ce motif, on peut, avec autant de raison, attribuer les premiers troubles qui signalent l’existence de la maladie, à une modification morbide survenue dans l’un des appareils du système nerveux. »
Devant l’impossibilité bien avérée de constater matériellement la présence des miasmes dans le sang, les intoxioationnistes se retrancherontils derrière ce dernier argument, que l’agent toxique pourrait être d’une telle subtilité qu’il soit insaisissable par nos moyens d’analyse sur le sang tiré de la veine? L’objection serait plus spécieuse que fondée, car des miasmes qui pourraient se condenser avec les vapeurs de l’atmosphère, et retomber la nuit aux lieux d’où ils seraient sortis le jour, ou que les vents pourraient transporter à des distances variables, offrant donc matériellement prise, devraient pouvoir, ce nous semble, être rendus sensibles par nos investigations. Mais admettons que les analyses directes du sang soient impuissantes à isoler les miasmes qu’on pense être mélangés à ce fluide, il nous reste la voie de l’inoculation. Si le sang d’un fébricitant est empoisonné comme on se le figure, ce sang inoculé à un homme sain devra l’intoxiquer, et produire chez lui le résultat réputé nécessaire de l’intoxication miasmatique paludéenne, c’est-à-dire la fièvre intermittente.
Cette expérience physiologique, qui n’a pas été tentée, que nous sachions, nous aurions voulu pouvoir la faire sur nous-même, mais, convalescent de fièvre intermittente, exposé à des récidives, elle n’aurait pas été probante. Nous en étions donc à exprimer le désir de rencontrer un homme de volonté, et dans les conditions normales de santé pour se soumettre à l’inoculation, quand le porteur du sac d’ambulance qui nous accompagne dans nos visites, le soldat Pierre Lafond, vint au devant de nos désirs spontanément, sans hésitation aucune, bien. que nous l’eussions prévenu que le but de l’expérience était de voir s’il prendrait la fièvre ou non. La pointe de la lancette étant bien imprégnée de sang provenant d’un fébricitant, nous finies avec cet instrument trois piqûres à chacun des bras de Pierre Lafond, procédant en tout comme pour une vaccination.
Ce dernier ne modifia en rien ses habitudes de régime et de service; le pointillé rougeâtre de ses piqûres, comme celles d'une puce, fut s’effaçant du deuxième au troisième, au quatrième jour, de façon à disparaître entièrement au cinquième, et depuis le jour de l’inoculation, 7 octobre 18110, rien d’anormal na eu lieu chez lui, ni localement, ni dans son état général qui est toujours excellent, après plus d’un an.
Quelles que soient donc les modifications pathologiques que subit a la