DE LA MODULATION
MUSIQUE UNITOMQUE et MUSIQUE MODULANTE
£ 151.— Certains instruments 1 par exemple, le clairon et la trompe de chasse,) ne pouvant donner que des son* qui appartiennent tous à une même tonalité, il en résulte que la musique composée pour ces instruments doit, nécessairement, être unitonique.
Lu Hrtraite. Smim-rie Ar clairor.
Cl \IKH\ . u M h.
Ju MLLrirrgjir-iCjji^ji[^^
fanfare (/*• chasse
TK'OO't PF. CHASMiinKfc. ^ I— p ^ ^ |— J— | ^ ^ p-^-[
^^tftf^f-HU ' W ^-m4^^UBà
§ 152.— Les chansons populaires et les rondes enfantines ont, pour la plupart, des fl/r* unitoniqites, ceux-ci étant plus a la portée des intelligences auxquelles ils s'adressent que ne le seraient des airs modulants.
C'fst le roi llagohert, (Chmi^itu populaire.)
Kou* n'irons plus au /»*[s,(Riuide enfantine.
5> 153.— Mais, en dehors des cas précédents, il est très rare qu'un morceav (t'ul-il fori court) suit, d'un bout à l'autre, unitonique.
$ 154.— Cependant, voici une charmante mélodie de SCHUBERT qui ne sort pas du ton au la \> majeur, ritournelle comprise.
MELODIE UKITOKIQL'E
H mesures à 4 temps, plus '2 de ritournelle; lesquelles formeraient 20 mesures
de l'écriture à 2 temps plus rationnelle. (Voir § 9«-fl.)
SCHUBERT — La jeune mère. Publié mw r»ulori«»ti K' 1IJIC E.COSTALUT .1 Ci-p,Kil.-Proprii:lairi'*.
f^ r r fjnFr-J^ i r i L/-M£N&^4f
sommeille en pais auprès de la uiè.rc! Ton front si pur parait em.bel -li- 4h! sommeil. le,
wmm
gjyinmmmm
tm
jfep^
mm
ma voix légè . tv, Tmit bas, ili ra t"i> refrain che ri.
mm
MMlJ-
imun
4sm^
URM
§ 155— Sont également unitonique: 1" L'air de J.J. RUISSEAU "Que le jour me dure" 2'-' l'air de " Charles de France" par BOÏELDIEl; (Voir ces deux airs a la page 22 ) 3- l'Hymne anglais (Und save the Queen;) 4" l'air "0 ma fendre muselle".
£ 156.— De ce qui précède, on doit conclure: qu'un morceau très court (chanson ou minante ) peut, à la rigueur, se passer de modulation .
^ 157.— Mais, un morceau développé, qui se cantonnerait ainsi dans une seule tonalité et dans mm seul mode, tomberait bientôt dans la monotonie; car, la diversité des tons et des modes est aussi nécessaire a la musique que celle des rythmes, pour obtenir cette variété que réclame toute oeuvre artistique ou littéraire ayant quelque importance.
$ 158.— Ainsi que nous l'avons déclaré au début de cet ouvrage, nous supposons qu'avant de se livrer à la composition , on s'y est préparé par une étude sérieuse de l'harmonie. Or, Yétude de l'harmonie comprenant celle de la modulation (*) l'élève compositeur doit connaître déjà les divers procédés au moyen desquels on peut passer d'ww ton à un autre. C'est pourquoi nous nous bornerons, ici, a dire quel usage on doit taire de la modulation, tout en rappelant les règles générales auxquelles elle est assujettie.
I*) k. Dl RAXU Traite- complet trharmmiie; Phri-j 132 ii ISi, iii à ÎS7, îf.fi ii Î59, Î70 » Î75, *83, -.'H', el 175.
A L 9XM2
^ 159. — On sait qu'on nomme modulation ou transition, l'opération qui consiste à conduire d'un mode a l'autre, ou d'une tonalité à une autre, au moyen d'un ou plusieurs accords transitifs, qui préparent ou déterminent le nouveau ton en détruisant le sentiment du premier.
MODULATION dv DO MINEl'tt A Ml b MAJEUR effectuée au moyeu de plusieurs accords transitifs
HUM MEL — Sonate en mi b lht mineur.
«oui m ION
Motif en mi 9 majeur.
msun
§ 160. — Une liaison mélodique peut, quelquefois, tenir lieu d'accords transitifs pour amener la modulation d'une tonalité à une autre.
ROSSINI — Guillaume Tell, iDuo du 1" Acte) Pulili» meç lagloriMlioi de *C L r.Rl s, Kit-Propriflaire.
: .Mi\> majeur '■ '■ Sol 0 majeur
2^i,<: j — ?ig
Ju
te
JJL
RRE
AiiimIiI!
M;i . lliil il.', i .lu . . |,.
rj — r~w
^r; ^> LL0
Liaison méOnliqne conduisant du ton
de mi p iii:ijfiii (•«•lui de sol p majeur.
■A 1 1.1.1 J> §â J>e i J^tr-. rnJ>
j^FF
Soi p m o ii' u
et plus loin:
Se
najrttr
/(.•' |j majeur
Kl mon a iiimir et num bon heur.
Pour nous |.lii^ île ciiiin.le
Liaison mélodique conduisant du toii
de sol b majeur h celui de Te : majeur.
A L 98if.'.
MODULATIONS ;in\ Ions voisins, aux fous homonymes et aux tons éloignés, passagères ou définitives
$ 161.— Toute modulation est possible, toute modulation est faisable. On peut donc aller , plu* (m moins rapidement, d'un ton quelconque (majeur ou mineur) à n'importe quel autre ton de l'un du l'autre mode.
$ 162.— Les modulations les plus usitées sont celles qui ont lieu aux tons voisins. Ce sont les plus naturelles, les plus faciles a effectuer, celles qui font le moins oublier le ton principal et qui se prêtent le mieux au retour de ce ton.
§ 163.— On sait que les tons voisins sont: 1- ceux qui ont la même armature de clef (c'està-dire: un (on majeur et son relatif mineur;) 2- ceux dont Varmature ne diffère que par un seul sif/ne d'altération de même nature en plus ou en moins, quand même la structure de leurs gammes nécessiterait deux ou trois notes dissemblables, comme, par exemple, la mineur qui n'a rien a la clef, et //// mineur qui a un dièse.
rllltÀSt: en LA MAJEUR (ton principal prédominant) avec MODCLATIOISS PASSAGÈRES à ses tons xoisin-. : HÉ MAJEUR, SI MINEUR et KA f MIXEUR
MENDELSSOHN— Romaine sans parole».
La majeur, tuu principal pri'duminanl
«OUI UTIONS PASSAGKKKS re majeur. si min.
HOUlUTlnvs l'WMi.Hils
$ 164.— Les modula/ions qui, comme les précédentes, ne font qu'effleurer les tonalités par lesquelles on passe, pour revenir immédiatement au ton primitif, ne sont que des modulations passagères qui ne détruisent pas Vanité tonale, et laissent au ton principal sa prédominance.
G. B1ZET — Carmen, l i hivur des gamins)
Hr mineur, tuu principal
Autre exemple de modulations passagères aux tons voisins, avec pre'doini mince du ton principal.
Publié aw<- l'aulorisalinn île tr miilims , Ed.-PropriVtaiiv
VliilH | 1TIIIXS PASSAI, I IIKS -in\ l<w> voisin1* * ,/(/ niajfnv . | /// miiwui