‹ Traité de correspondance commercialeChapitre 109 sur 118 · GCNMLBSPONDANGB GOKMERGIALS · texte numérisé non relu

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Jetiiitsatlffaitd'mpprendre que vont êlet sans intérêt dans les mauvaises affaires de notre place ; mais Je vous annonoe avec douleur que mon malheureux fltsatné Tient d'en augmenter ie nombre. Dimanche soir ii m'en prévint, et depuis ce temps sa pauvre mère et moi nous en sommes anéantis ; c'est un homme laborieux, plein d'intelligence et de sagacité dans son élat de raffineur. li m'avait succédé dans ma raffinerie que je lui avals iouée ; mais, pour son malheur, il s'en est trouvé une autre à vendre à peu de distance de la Loire, où ii prélendit qu'il aurait de grandes économies sur les transports de •es matières et de ses combustibles, car il voulait travailler à la vapeur; je lui observai en hovt père que les innovateurs et inventeurs de nouveaux procédés (tout estimables quils soient), s'y ruinaient ordinairement ; il a persisté dans son projet, et a dépensé des sommes énormes dans cet établissement qui faisait Tadmiratlon des connaisseurs, tandis qu'un inslin^ secret me faisait de temps en temps frémir sur les résultats ; au point que, malgré ses instances, je n'<d point voulu l'aller voir une seule foi«; et je lui répétais sans cesse iRéuasia-tu bien? Ton procédé te donne-t*il de l)ons résultats? U m'a toujours répondu qu'il se félicitait de plus en plus de l'avoir entrepris, que tout ie monde en était dans l'admiration et que son crédit en était sans bornes; c'est aussi ce que des courtiers me confirmaient.

Au mois d'octobre dernier, en arrivant de mes vendanges, il vint me trouver pour me dire qu'environ 80 mille francs de remboursement allaient lui> revenir, mais qu'il ne perdrait rien ou trèd-peu, et il me pria de lui prêter 25 à 30 mille francs, qu'il devait me rendre en janvier ; je profitai de cette cireonstance pour le questionner sur tous les points, il me dit qu'il ne faisait que de bonnes affaires, que son usine lui donnait régulièrement 4 à 5,000 fr. de bénéfices tous les mois, mais que sa sanlé s'altérant d'un aussi pénible travail, il se retirerait dans quelques années avec un bel avoir, en cédant son établissement; je lui prêtai vingt mille francs quil ne m'a pas rendus, ni ne me rendra jamais dans sa malheureuse position.

Ses créanciers sont venus me dire qu'avec une fortune comme la mienne, l'on était convaincu que j*allais apaiser cette affaire; je leur ai répondu que si Je n'avais qu'un ou deux enfants je le ferais de grand cœur, mais qu'en ayant huit, mes devoirs de père s'y opposaient impérieusement.

Toutes Jra mauvaises affaires ont jeté notre place dans une consternation telle que n'importe qui ne trouverait pas un écu à emprunter, ni moi-même, malgré mes 3 millions l/'2 de propriclés, pour lesquelles je paye plus de 13,000 f. d'impositions. Jamais crise semblable n'a eu Heu, aussi suis-je bien décidé à '«out liquider et à vendre quelques propriétés ; mais comme ce projet ne peut ' e faire que lentement, je compte sur vous, Monsieur, pour m'aidur à passer 3C moment critique^ boit au moyeu de tiailes, soit au moyeu U'espcoea.

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