OU DE REMISES
Dans les grandes affaires et dans le haut commerce, les négociants payent ou font des remises en temps utile et sans qu'il soit besoin de leur demander de l'argent ; mais, dans d'autres genres de relations, il devient souvent nécessaire de stimuler les débiteurs qui s'arriérent ou négligent de s'acquitter.
On choisit, pour le faire avec plus de ménagement, une occasion naturelle, un prétexte plausible, un moment opportun, afin de pallier, autant que possible, ce qu'une démande d'argent, non prévue, a toujours de peu agréable.
A la fin de l'année ou du semestre, époques bien connues pour le règlement des comptes, on ne manque pas d'envoyer aux maisons en retard, ou avec lesquelles on se trouve à découvert, l'extrait de leur compte. Le seul fait de l'envoi de cet extrait est déjà une espèce de demande tacite de couvrir un solde qui paraît élevé; d'un autre côté, c'est l'occasion la plus naturelle de dire à un correspondant qu'on recevrait avec plaisir les remises qu'il lui conviendrait d'adresser.
178 COBBKSPOHDANGE GOinOEECIALE.
Comme, à de pareilles époques, la demande parait faire partie d'une mesure générale, elle n'a plus rien d'insolite ou de fâcheux.
On invoque aussi, pour faire entrer des fonds, ses propres besoins; on parle des circonstances qui les motivent, de la modicité du bénéfice; enfin, on use de tous les prétextes que la politesse et l'esprit de ménagement peuvent suggérer en pareil cas.
On devient graduellement plus pressant, lorsque les correspondants restent trop longtemps sourds à des demandes mesurées. On se décide à tirer sur eux, en allongeant les termes, en fractionnant les traites, en entrant, en un mot, dans leurs convenances, tout en les conciliant avec les siennes.
Viennent après les exigences fermes, les menaces de frais, et, en deruier lieu, les poursuites.
Partei le... janvier 18..
Monsieur R., à Dijon.
A l'époque de la fin de Tannée , nous arrêtons tons nos comptes ; en conséquence, nous vous remettons sous ce pli l'extrait du vôtre, soldant en notre faveur par fr. 2,917 85 c; nous le soumettons à votre examen, Yeuillea nous en accuser le bien être, et en passer écritures de conformité avee nous.
Mous recevrions avec plaisir en ce moment les remises qu'il vous plairait de nous faire.
Entièrement à vos ordres, nous tous saluons bien affectueusement.
Thomas VëRNAL.
Paris, le... 18..
Monsieur G. et G'«, à Chartres.
Ayant besoin d'opérer quelques rentrées , nous avons pris la liberté do disposer sur vous, en nos traites ci après indiquées, du solde de compte dont
ÎDEMANDES D'ARGENT. 170
YOtts étc« nos débiteurs pour fr. 1,911 50 o. en nos traileB ci-après; ycuillei leur réserver un favorable accueil.
Fr. BOO » c. fin mars.
600 • fin avril»
822 50 fin mai.
Ensemble Fr. 1,922 50 c, dont tous êtes crédités pour solde de compte Jusqu'à ce Jour.
Nous espérons que vous approuverez cette manière de concilier vos convenances, par le long terme que nous vous faisons, avec nos besoins urgents de rentrées. '
Yoà dévoués serviteurs.
BURET ET LÂCÂZ6.
Lyon, le... 18.«
BSonsleur R.» à Paris.
Ayant besoin d'un appoint sur votre vllle^ notts avons pris la liberté de disposer sur vous du montant de notre dernière facture*
Veuillez donc prendre bonne note de notre mandat à l'ordre de Daim** bert, au 31 courant, de
Fr. 537 40 e. pour solde de compte, que nont vous prions d'accueillir favorablement.
Nous signalons à votre attention les côtelés double broche que nous pourrions, en ce moment, vous expédier au prix avantageux de 4 fr. 75 c
Veuillez agréer, Monsieur, nos bien cordiales salutations.
DËSGÂGUES, COUSIN et Cu.
Bordeaux, le 19 août 18..
Monsieur Edmond de C,
Je me suis présenté plusieurs fois chez M. G. fils, votre correspondant, pour recevoir le montant des comptes de voire navire, le Pactole, Il a fini par me dire que vous aviez relranciié mon compte de ceux qu'il est chargé de payer. Présumant que votre intention est de solder vous-même eet objet, je vous en remets ci-incluse la noie, s'éievant à fr. 958 80 e«
480 GOAIIESPONDANGB GOHMERCIALE.
lioor laquelle lomme Je voue prévient qae Je me sitii prévala lar Touspoor fin leptembre proelialo.
La erlae flnanelère eit aflVeuM sur notre plaee; 'plnilean dea premières maliooB ont tuipeoda tean payemeoit ; eela nom rédoltà une poetUon trèscritique et aou8 contraint à acttrer iea renlréea.
Dana l'ataoranoe que t>on aeeuell aéra fait à mon mandat, je tous prie d'agréer iea aaluiatiODB bien affeelueuaea de votre tout dévoué sert iteur.
ViCTOB PAURB.
Rouen, le... février 18..
Monsieur D., à Senlit.
Nous avons l'honneur de vous confirmer notre dernière lettre du 6 courant, par laquelle noue voua remettons la facture des marchandises eipédiées il j a trots mois.
Gomme 11 est d'usage que ees marchandises, sur lesquelles 11 y a fort peu de bénéûoe, soient payées comptant ou à des termes très-courts, nous avons disposé sur voua du montant de la facture,
Fr. 715 26 e., en notre mandat ordre Durandean, flneoorant, dont non» vous créditons pour solde. Veutiies l'aceueiillr favorablement.
Dans raltenlc de nouveaux ordres, nous vous saluons aCTectueusement.
DEBRY PtftE ET FILS.
Berthèleville, le... décembre 18..
Monsieur T.,
Je vous remets cl-Joint un certificat de MM. Bocellaud et Rechies de Joinville, montant à 10,147 kil. de fer &lartlnet, pour solde de notre ancien marehé, à fr. 560 l'un, pour fr. 6,681 30 c, valeur au 6 Juin.
Si vous voules m'envoycr des effets à deux ou trois mois, vous me furcx plaisir.
J'ai l'honneur de vous saluer bien sincèrement.
Pour mon père,
DEMIMUID FILS hwi.
DEMATfDÏS b'ABGËNT, \6l
CbàUlIon-Bur^Selney le... nofembre 18., Monsieur T..., à Paris.
Nous renoDS tous prier. Monsieur, de Touloir bien nous adresser vos règlements pour nos livraisons de fer des mois de septembre, octobre et novembre courant, c'est-à-dire environ 140,000 francs, aux échéances de mal, Juin et juillet prochains. Nous avons besoin de ces va'eurs, et nous comptons sur Yotre obligeance accoutumée, bien que la fabrication de novembre, qui est encore en route sur les ports, ne vous soit pas encore parvenue.
Agrées, Monsieur, nos salutations affectueuses.
Basilb, Louis MAITRE.
Anvers, le... 18..
Monsieur L«, à Verdun.
Je suis extrêmement surpris du contenu de votre lettre. J'ai avancé pour votre compte, depuis six ou huit mois, 30,941 fr., et j'ai eu la réserve de ne point vous presser de me rembourser cette somme tant qu'elle m'a été inutile. Les fonds que vous me destiniei sont chei votre notaire, ou, da moins, 11 a entre les mains des valeurs que vous lui avez donné ordre de vendre. Voilà cinq mois qu'il promet de jour en jour d'effectuer cette
vente, sans cependant qull la termine.
Veuilles donc b'en avoir la bonté de le presser de votre côté, et agréer. Monsieur, l'assurance de mon respect et de mon entier dévouement.
SALMON AiNi.
ChàtlUon-sur-Seine, le... 18..
Monsieur T., à Paris*
Nous sommes favorisés de votre lettre du {» courant, nous apportant seulement fr. 100,000
Nous voyons, Monsieur, que vous avez mal compris la nôtre du 18 novembre dernier. Veuillez vous y reporter : nous vous demandions le règle-
189 C01lRtSPOm>/llfOE COVlfEECTALE.
ment de not II?ral»oof des molt de teplcmbre, octobre et norembre, e'eit^« dire le règlement de 600>000 kll. de fer, I rataon de fr. 400 let 1«000 kil., eoit fr. 140,000.
Cette demande ne doit pas tous wmbler extraordinaire ; ear, al tous n*a¥ei pas encore reça en lotalilé Ici livraisons da mois dernier, elles tous seront toujours rendues plus de six mois avant Téchéance de vos billets, puisque TOUS ne nous régies qu'à sept et huit mois. Vous nous obligeres done de nous envoyer le complément de la somme que nous tous avons demandée, aux mêmes échéances que les derniers règlements que tous nous aves remis; cela nous sera agréable, et nous comptons. Monsieur, sur Totre obligeance à cet égard.
Nous avons transmis à la forge Marmont la commande de 100 barres bandages que vous nous donnes par votre susdite, et nous avons recommandé toute célérité dans l'expédition.
Votre lettre du 21 de l'expiré nous a apporté les divers comptes et états composant les réceptions et ventes de nos fers laminés, et l'extrait de notre compte courant balancé en votre favenr par f^. 1S2,7B4 17 c. au 31 octobre dernier.
Nous n'avons, sur ee compte, d'autre observation & tous faire que la •ni vante t voua pereevei l'intérêt aor la commission de vente; cette eom^ mission, d'après votre traité avec le maréchal, ne vous est due qu'à dater du %0 avril 1819, et non du 31 octobre. Nous vous débitons doM à non* Teau, pour cet objet, de fr. 617 46 e., 31 oetobre.
Nous vous pi ions d'agréer nos salutations affectueuses.
fiASiLiB, Louis MAITRE,
Paris, le... juillet 18..
Monsîeur G.,
Nous avons Thooneur de vous remettre cl-jotnt copie d'une lettre de M. Frédéric Die«gardt, de Viersen, près Creveld, dans laquelle il nous renvoie un effet sur Madrid que nous avions tiré pour son compte, et qui a élé protesté faute de payement.
Il nous engage à renvoyer l'effet et le protêt, ainsi que le eompte de retour à Madrid, puisque c'est par inadvertance qu'on a ftiit faire le protêt, ainsi que tous le Terres par la lettre de MM. Graells et Cl*.
Gomme M. Die igardt nous écrit que nous pouvons vous eharger de eoUeaf»
DEMAin)ES d'àr&ënt. 183
faire, nons Tom adrenom tons les titres y relatlft, et toui prions de nous renobourser du montant en fr. 3,759 contre quittanee que le porteur de la présente tous remettra.
Dans le cas où il ne toi» eonyiendrait pas de nous payer de saite cet fr. 3,759, nous attendrons Jusqu'à ce que tous ayet la réponse de Madrid»
Agrées, Monsieur, nos félicitations empressées.
WORMS DE ROMILLY et O».
Paris, 1e..« 18..« Monsieur L., à Bordeaux.
J*ai l'honneur de tous confirmer ma dernière du 16 courant où Je tous priais de me renToyer, si tous ne TaTlez pas encore utilisée, ma remise de fr. 8,000.
Voici ci-inelos :
Fr. 3,000 Capgras au 13 février, à Taeceptation. 2,000 acceptation Gousicot au 16 féTrier.
Ensemble 5,000
Le Bordeaux peut se prendre ici très-aTantageusement dans ee moment ; je me déciderais à tous en remettre souTcnt si tous me faisiex plus prompte* ment des retours,
A roccasion remettei*mol de préférence des premières Talenrs de banque , je sais que tous deTcs me les porter à un prix différent de nos conTcntions habituelles, mais je le préfère. .
Je pense que tos remises se croiseront aTec ma lettre ; dans le cas con^ traire il me serait agréable de reccToir tos retours pour la fin du mois.
Agrées mes affectueuses salutations,
LEBROTET.
Paris, le... noTcmbre 18,..
Monsieur de R., à Paris.
J'ai reçu la lettre que tous m'aTez fait l'amitié de m'écrire, où tous m'annoncez que vous êtes en ce moment dans l'impuissance de tous libérer en- Tcrs moi, pour Totre intérêt souscrit dans Topération du naTire le Ihic-de'
Bordeaux; mate qu'aucun lacriOce ne tous coûtera pour iortir d'une fituatioD auul pénible que nouvelle pour von». Dana celle lettre qui, Je me ptaliàle reeonnattre, fait honneur à votre caractère, tout respire la franclilie et la loyauté; Je dois y répondre avec la mèoie eincérllé. Je ne voui cacherai donc pai que mon opération nouvelle pour les mers du Sud repose aur des baies tellement larges, que J'ai dû rassemMer sans exceplion tous mes capitaux disponibles pour IVntrciireiidre.
Tandis que vous contlnuercs voi efforts pour réaliser, Je chercherai de mon cftléà négocier, soit votre contrat hypothécaire de 16,000 fr., soit une hy|)othèque sur voire propriété d'Anet, ainsi que vous me le proposes. Aujourd'hui même, J'en parlerai à un capitaliste, et Je vous reaietlrai une IcUre dlntroduction auprès de lui.
^ Agrées, Monsieur, la nouvelle assuranee de ma considération.
FaiDtoc LAREY.
Paris, le 7... 18...
Monsieur R., à Cette.
Je vous confirme ma dernière du 17 courant renfermant fr. H,8tS, en 13 effets, avec la recommandation de m'en faire les retours sur Paris vers le 35 de ce mois.
Sous ce pli. Je vous remets de plus :
Fr. 3,000 au 15 mai sur notre Tille. 2,000 au 8 juin ~
Ensemble, Fr. 4,000 à votre débit , que Je* vous prie de faire accepter, et dont vous voudrez bien me faire des retours avant la fin du mois, comme des précédentes.
Agrées mes salutations.