CHAPITRE XV
DES COMPTÉS COUFiÀNTS ET D1NTÊRÊTS,
RËDRË6SËUENT d'ëRRBURS ; GOMPTfig DB RETOURS ftT DU RECHANGE EN CAS DB RETRAITE.
On sftit qae> lorsqu'un effôt n'ost pas payfi â échéâûoe^ M le cédant habile la même YlUe) on lô lui ptésentô att rem^ boursementi avant le protêt; que> s'il j a ]*eftiâ> on proteste le lendemain de rédhéance^ et qu'enân^ si Peffét n'est pas remboursé^ la loi ptesorit de dénonoer le protêt atee aBSigna*tion devant le tribunal de oommeroe» Mais^ lorsque le cédant est un correspondant du dehors^ il faut^ de règle générale^ faire protester^ faute de payement^ sauf rexceptiôn introduite par la mentioti : retout iàn$ frûis^ dont nous avoiis parlé précédemment. Le protêt étant fait^ on retourne l'effet protesté, mais on peut aussi se rembourser de cet effet par voie de retraite, en tirant une lettre de cbange sur celui qui nous Ta transmise.
C'est ce qu^on appelle faire retraite.
Par le produit de la négociation de la ûoiivelle lettre de change ou retraite^ on se trouve remboursé, et dans la môitio position que si la première eût été acquittée.
232 GORaSSPONDANCB GOMMSaGULB.
La retraite comprend le capital, les intérêts, les frais de protêt et autres frais légitimes, y compris le nouveau change payé i la négociation, appelé rechange. Elle est toujours accompagnée d'un bordereau ou compte de retour^ qui est en quelque sorte la pièce justificatiye, et comprend tous les détails des frais que nous venons d'énumérer succinctement (i). On peut en prendre connaissance dans le modèle de compte de retour donné à la fin de ce volume.
Il faut prendre garde que la voie de retraite ne dispense pas des formalités de notification du protêt et de demande en justice dans la quinzaine; car, si la retraite n'était pas payée, et que ces formalités eussent été omises, la déchéance serait encourue.
Malgré toutes ces formalités et précautions légales, qu'il est indispensable de connaître, on se contente le plus sou* vent de renvoyer à son cédant la remise protestée; on le débite du capital et des frais; enfin, on l'invite à en créditer, de son côté, notre compte chez lui.
Lorsque l'eflet porte la mention de retour sans frais, il va sans dire qu'on ne peut pas faire de compte de retour, ni de retraite, puisqu'il n'y a pas même lieu à protêt.
Les comptes de retour sont souvent une source de gains pour les banquiers, qui profitent de l'occasion pour faire payer chèrement les frais à leurs cédants. C'est pour éviter cet abus qu'on a introduit l'usage de la mention retour sans frais.
Les lettres auxquelles donnent lieu ces incidents sont fort simples, et à peu près semblables aux lettres d'envoi de remises ou d'avis.
(0 U compff d$ rétour comprend les frais proprement dils du protêt et tous les antres frais tels qne droit de commission, ooartage, timbre, ports de lettres, frais de voyage (en cas d'affirmation), les inlérêts du capital depuis le Jour du protêt jusqu'au jour de la négociation, le prix du change ou rechange auquel la retraite a été négociée, lequel prix doit être certifié par un agent de change ou, à défaut, par deux commerçants.
Si la retraite estfonmie sur un des endosseurs an lieu de l'être sur le tireur, il faut alors deux certificats. 11 y a pour ce dernier cas, dans la loi, une certaine obscurité qui a donné lieu à controyerse entre les légistes.
COMPTES GÛUfliNTS £T D'INTÉRÊTS. 233
DES COMPTES GOUBANTS ET D'iNTÉRÊTS.
On remet habituellement les comptes courants et d'intérêts à des époques fixes, par trimestre, par semestre, ou à la fin de Tannée, en invitant les correspondants, après exai^en et vérification, à en passer écritures.
Celui qui reçoit ces comptes doit en accuser la réception, et promettre, qu'après examen et trouvé juste, il y conformera ses propres écritures.
Souvent, cet examen fait reconnaître des erreurs, qu'il suffit de signaler, ou provoque des réclamations qu'il faut exposer avec clarté; enfin, lorsque ces erreurs sont nombreuses, elles donnent lieu à une espèce de compte de re« dressement, qu'on insère à part dans sa lettre, pour éviter des longueurs et la confusion.
Il y a, pour ces remises de comptes courants et d'intérêts, pour les accusés de leur réception, la promesse d'examen, la reconnaissance de leur exactitude, des phrases admises et , usitées, dont plusieurs ont vieilli, et que la haute banque remplace par de plus convenables, qu'il faut préférer, puisque nous avons dit qu'aucunes améliorations, même celles qui ne tiennent qu'à la forme, n'étaient à négliger.
Les calculs d'intérêts se font d'après diverses méthodes, qu'il est indispensable de connaître pour comprendre les comptes qu'on reçoit, ou pour dresser, par les procédés les plus expéditifs, ceux qu'on remet soi-même.
La nécessité d'abréger le calcul des intérêts a fait rechercher les méthodes les plus expéditives.
La méthode ordinaire, avec nombres rouges, consiste, comme on le sait (1), à multiplier chaque somme ou capital
(1) Voir VArithmiiiqw commerciale et pratique du même auteur, 5« édition.
234 COBRESPOIfPÀNCE COMMERCIALE.
par le nombre de Jours pendant lesquels il doit prodaire intérêt, afin d'obtenir de nouvelles sommes, dont il ne s'agit plus que de trouver l'intérêt pour un jour; ce calcul s'opère en divisant oes sommes par un divUêur fixe oonnu, qui est par exemple 6^000 lorsque l'intérêt est à 6 0/0, 7,200 à 5, 9,000 à 4^ et ainsi de suite selon le taux de l'intérêt (1).
Il existe une seconde méthode, plus ingénieuse encore, et plus commode en ce qu'on n'a besoin de connaître ni le taux de Tintérêt, ni l'époque de la clôture du compte; plus tard on peut choisir cette époque de clôture à son gré, et préparer à l'avance l'immense travail du calcul des intérêts d'une multitude de comptes qui, par l'ancienne méthode, durerait des mois entiers.
Cette seconde méthode, que nous avons publiée il y a plus de vingt-cinq ans pour la première fois, et que nous avons exposée dans notre Arithmétique commerciale et pratique (paragraphe S40) est, aujourd'hui, la plus répandue, mais elle est encore susceptible d'une abréviation que nous croyons utile d'indiquer ici.
Cette abréviation consiste à multiplier le capitd par le temps qu*il doit produire intérêt, ce temps étant, non plus exprimé pair des jours, mais par des mots et jours; ainsi, au lieii de placer dans là colonne habituelle des jours, 183 jours, par exemple. On écrirait 6 mois 3 jours, et l'on multiplierait le capital proposé par ce nombre complexe. Cette multiplication est très-rapide par les parties aliquotes, ayant pour multiplicateur constant de 1 à 13, nombre des mois, dont Tunique subdivision complexe est de 30 jours.
Il s^ensuit que les nombres qu'on obtient ainsi sont de nouvelles sommes dont on doit prendre Vintérèt, non plus pour un jouri mais pour un mois, et que, par conséquent, le diviseur fixe n'est plus 6,000 à6 0/0, 7,200 a 5, 9,000 à 4, etc.,
(1) On «ait (]U*Or) oklent !é Hviiéùr fixe en divisant ikîr le laus dô l'intérêt, quel qu'il poit, le nombre 36,000, produit de la multiplication de 360^ nombre de jours de Vantiée légale, pu iOO, base de l'iuléict.
COMPTES GOIJEANTS £T d'iNTÉIIÊTS. S3B
mais qu*il est trente fois plus petit, c'est-à-dire 200 à 6 0/0, 240 à 5, SOO à 4, et ainsi de suite (1).
On comprend combien cette abréviation simplifie les calculs et les résultats, puisque les multiplications sont réduites au trentième.
D'un autro c6té (2), la grande diyisibilité du nombre des jours du mois légal, 30, facilite tellement les opérations du calcul, que les employés chargés de ce travail, dans les grandes maisons de banque, obtiennent, presque sans prendre la plume, tous leurs résultats avec une rapidité qui semble merveilleuse.
Nous avons aussi publié nouvellement des tables de calculs tout faits d'Intérêts, qui servent à éviter les erreurs, et abrègent excessivement le travail (3).
Paris, le... I8.< Monsieur T., à Parts.
Nous avons l'honneur. Monsieur, de tous remettre sous ce pli Textrait do Totre compte courant chez nous, arrêté au 31 décembre, et présentant un solde en notre faveur, de :
Fr. 373,188 55 c, que nous avons porté à nouveau à votre débit; veuillez Texaminer et nous dire si vous le trouvez juste.
Agréez, Monsieur, nos civilités empressées.
J. LAFFITTE et 0«.
(1) Pour trouver le diviseur fine, oo divise^ par le taux de l'iQ(érô^ qaei qu'il soit, lo nombre i,200, produii de la multiplication de i% nombre des mois de l'aunée, tMir 100, iMiBe de l'ibiérèu
(2) £o effet, 30 • pour facteur Si 9t k| 6, 40, 15$ ce qui permei de pTUndro lel/9« le 1/3, le 1/8, le ^{6, le ijiO et le iliUi ainsi pour 10 jours un prendrait le 1/3 de ce qu'où aurait pour un laots, c*Ë8t-ib-dire du capital; pour 3 Jours, du prendrait le 1/10, et ainsi de suitei par analogiei
(3) Tables ou calculs tout faits d'intérêts : 4« à tous les taux usités; 9" pour toutes les époques de l^anfiéé, et pour toutes les sommes depuis i fr. j uttqu'à 30,000 et en liégligcant les eeatimeti juequ'A t tniUlons, aveé les tiotHbm ou t)rûduits de Id Ittul» lipUcatioQ des capitaux par les jours de Taïuéet Du mène aatoar.
S36 OOBBSSPOKDilfCt OOmiEAaAIBJ
Lille, le... 18.; Ilonslear G.| à Paris.
J'ai l'honnear de toui remettre eoue ee pU Mettrait de f olre compte eoa« rant cl dlntérèti arrêté au 10 octobre 18.., et balancé par on aolde de ftr. 114,60 en ma fayeur ; vous en êtes débité à nooTeaa, Taleor dudit Jour.
Après la Térifleatlon, que Je vous prie de faire le plus tOt poesible» tous voudrez bien me dire si nos éerltures sont eonformes.
Agrées, Uonsleor, mes ealatatiODS affectaeuBes.
SAUVAIGE-FRETEN.
Lille, le... 18«.
Messieurs R. et S., à Paris.
Nous sommes honorés de votre lettre du 19 cooraot, qui nous retourne protcftée notre remise sur Paria de fr. 270; nous vous en créditOQ» par fr. 378 34 de conformité.
Ci-inclus s
Fr. 468 > Paris, 25 juin.
Fr. 986 38 dont crédit et avis à l'occasion, s'il vous platt.
Noua avons l'honneur de vous saluer.
CHARV£T ET G^
Anvers, le... 18.« Monsieur J., à Paris.
J'ai reçu vos honorées lettres des 17 et 20 courant; la première m'aeeusaik réception de ma remise de fr. 5,646 10 sur Paris.
La seconde couvrait un protêt de non-acceptation à ma remise de fr. 1,877 30, Je vous en ai reconnu, alnri que de fr, 6,8S pour frais.
Occupé de la liquidation de mon ancienne maison, je prends la liberté de vous donner, d'autre part : T Textralt de votre compte courant chez moi, réglé au 31 de ce mois par un solde en votre faveur de fr. 134 65; 2" l'ex* trait de ma colonne du compte à demi, réglé également à la fin du courant.
Ycuiilcz, Monsieur, me remettre soldés à la même éjioque : 1* l'extrait
COMPTES couhants et d*intérêts.^ 537
de mon compte ehex tous, et 2o celui de Tolre ligne an eompte à demi avec le règlement. Il ine serait trëa-agréable que tous transportassiez à mon compte les soldes du compte à demi de Totre compte chez moi, poar n'avoir qu'un seul solde du tout.
Agréez, Monsieur^ mes salutations cordiales.
J..J. LEGRELLE,
Carisruhe, le... 18..
Honsieur G., à Paris.
Noos avons *bien reçu vos lettres des 24 octobre et 4 courant.
Par la dernière, tous nous remettez l'extrait de notre compte courant arrêté au 31 décembre, et soldant en votre faveur par :
Fr. 5,843 ; nous Texaminerons pour vous dire si nos écritures sont d'ac* cord.
Âgréex, Monsieur, nos remerelements sincères des vœux bienveillants et des expressions obligeantes que vous avez bien voulu nous adresser à l'oocasion de la nouvelle année. Noas vous les rendons à notre tour, et vous assurons que nous contribuerons avee plaisir à l'extension et à raclivité de DOS rapports, si les circonstances nous le permettent.
Recevez, Monsieur, nos salutations empressées.
S. DE HABER ET riLS.
Paris, le... 18.« Messieurs T. et P., à Paris.
Nous avons l'honneur, Messieurs, de remettre sous ce pli l'extrait de votre eompte courant chez nous, arrêté au 30 juin, et présentant un solde en notre faveur de :
Fr. 1889^89 90 c., que nous vous avons porté à votre débit à nouveaa; veuillez rexamlner et nous dire si vous le trouvez Juste.
AgréeS; Messieor?, nos civilités empressées.
J. LAFFITTE et O»
938 flORBZnOimAHGB GOmiBRCULI.
Paris, H... I8.« Um\nm T, »t P., à Parii.
Nom ATons retiré, Mewleort, de votre lettre 4a W tbvnnX votre re-
miie de i
Fr. 100,S9| il, eo aï elTeU sor Pari».
Ayant reconnu reiaetitade dea relevés qae vous nous donnez pir votre eeeonde lettre, sur l'eitrait de notre compte, nous en avons rétabli le
solde en t Fr. 405,098 60 en notre favenr, Taleur au 31 décembre dernier, d'après
voa Indications.
Agréez, Blesaienrs, nos bien cordiales salutations.
J. LAFPITTE m O.
Rouen, le... i8...
Ifonsienr T., h Paris.
Vos trois lettres des %B leptembre, )& al tt œtdbre noua sont parvenuet. Votre compte a été crédité en temps uttle dea divarsea remises qu'elles renfermaient.
Ayant balancé nos écrtturea à fin octobre, nous vous remettons ci-joiot voire compte courant soldant en votre faveur par : Fr. 1 J59 87 à ladite époque.
VguiDcs, après examen, en passer écriture conforme, et nous en aceoier le bien être.
Nous avons l'honneur de vous saluer.
Nogenl-îur-Scîne, le.,. 18.. Votre lettre du 14 de ce moi» vient do me rcmcllro l'extrait de mon compte courant chez vous, arrêté au 31 décembre dernier. Je l'ai iér)ùéel trouvé exact, pauf une omission à votre préjudice.
Votre compte ne comprend pas fr. 157 73 c, montant de Vjolre Inlerven» lion pour mon compte à ma remise de fr. 130 protesiée au 31 août dernier,
COll^TBS CÔUftÀKTd BT D'iNTiRtTS. t33
& quoi ajoutant fr. 2 70 pour iatlrêts, Je trouve à yotre avantage une diffé* rence de fr. 160 45, ce qui porte le solde en votre faveur à fr,î,745 4B.
Yeuillei y eonformer vos écritures, me dire si nous sommes d*aecord, et agréer mes bien sincères salutations.
OBMEUPVE.
Paris, le... 18.*.
Messieurs T. et P., à Paris.
Sans aucune de vos lettres h répondre, Messieurs, nous nous bornons à vous remettre ci-joint le protêt de non-acceptation à votre remise de :
F. 715 au 30 septembre prochain, lur 6. frères^ de PAfls*
Veuilles nous en eréditer ainsi que de<
Fr. C 85 c. pour le coût de Vacte, et nom tr«9i|neUr9 voi instroetiont
ullérieures.
Agréez, Meesienn, nos civilités empressées.
J. LAFFITTE et C»*.
Havre, le... 15..
Monsieur I., à Paris.
Nous vous confirmons la lettre que nous avons en l'honneur de vous écrire hier pour vous remettre trois effets sur votre ville, d'ensemble fr. 5,i82 10.
Vérification faite de notre compte courant chez vous, et, après I*avoir reconnu juste, nous avons conformé nos écritures aux vôtres en vous créditante nouveau de fr. 4,598, valeur du 3t décembre dernier.
Agréez, Monsieur, nos salutations bien eordlales.
V« H0MBER6, HOMBERG frères et Cie.
yiie, 1«.., iS..
Monsieur N.| h H^ris.
Privés de vos nouvelles depuis la lettre que nous eûmes l'honneur de vous écrire le ^7 du présent, nous vous adressons l'extrait de votre compte courant, arrêté au oO septembre ; 11 se balance en notre faveur par :
KO C0EBE89ÔM>AKCK COHMEACIALfi.*
P. l,St8 47. VcDillei, tl tom le troatei Jatte, noat en erédlter à noo- Teaa.
Nom espérons qoe le prodialn compte sera plu important que eelui-ci, les affaires ne pouTant toujours rester dans le même état de nullité.
Veuilles, Monsleor, agréer nos bien sincères salutations.
CHARVETETCi*.
Bordeaux, le.v 18..
Monsieor J.-G. C, à Paris,
Noos sommes honorés. Monsieur, de Totre lettre du 9 eourant, dans is* quelle tous reconnaisses le bien être de Veitrail de votre eompte au 31 déeembre dernier. Agréet-ennos remerciements.
Tous nous remettes :
Fr« 658 31 sur Dorand, A rue, 12 ooarant. ) » j 660 » sur Forestier frères, 31 — )
Fr. 1,308 31 Ensemble à votre erédiU
Nous TOUS soumettons nos cours, et nous avons l'honneur de vous salaer bien amiealement.
P. PORTAL ET Ct«.
Lille, le... 18..
Messieurs T. N. et P. atné, à Paris.
Nous TOUS confirmons notre lettre du Î2 courant. Depuis, nous sommes privés de vos nouvelles.
Voici l'exlrailde votre eompte courant chex nous, arrêté au 30 juin. lise balance en votre faveur, par :
Fr. 1,630 82. Veuillez le vérifier, et nous dire si nous sommes d'accord.
Agrées nos salutations oordiales.