‹ Traité de cristallographie géométrique et physique (volume 3)Chapitre 14 sur 164 · CLIVAGES ET PLANS DE FISSURE · texte numérisé non relu

CLIVAGES ET PLANS DE FISSURE

CUwmgem» — lienr position possible dams les divers systèmes

cristallins. — On a déjà parlé, dans la première partie de cet ouvrage, de la propriété si curieuse et si caractéristique du clivage, qui ne peut se rencontrer que dans les corps cristallisés; dans ceux qui la possèdent, on peut, comme on le sait, provoquer des cassures rigoureusement planes. On ne reviendra pas ici sur Texplication très simple que Ton peut donner de ce phénomène et qui a été déjà développée (tome I, chap. xvi, pages 302 et suiv.). On rappellera seulement qu*il résulte de cette explication que les plans de clivage, c*està-dire les plans parallèlement auxquels peuvent être provoquées ces cassures planes, sont nécessairement des plans réticulaires, dont la maille a une aire très petite, ou, ce qui revient à peuprès au même, dont la notation symbolique est très simple.

L'observation vérifie pleinement . cette conclusion théorique. Elle montre qu'il n*y a, dans chaque système cristallin, qu'un petit nombre de formes simples parallèlement aux faces desquelles peuvent se placer les clivages. En voici Ténumération complète :

Système cubique. — Cube (Galène, Sel gemme).

Octaèdre (Fluorine, Cuprite).

Dodécaèdre (Blende, Sodalite).

Ces trois positions du clivage correspondent aux trois modes suivant lesquels le réseau peut être disposé dans ce système.

CBAP. ni. — CLIVAGES ET PLANS DE FISSURE. 65

Système hexagonal. — Base p (Émeraude, Pyrosmalitc, Zincite).

Prisme m (Apatite, Néphéline, Zincite, Gree-

nockite, etc.) boscéloèdre fr*, rare et imparfait (Pyroraor-

phite, etc.)

La prédominance du clivage p ou celle du clivage m dépend de la grandeur du rapport —

Système ternaire. — Rhomboèdre p (Galcite, etc.)

Base a^ (Mica, Ghalcophyllite, Antimoine,etc.) Prisme d^ (Cinabre).

Système quadratique. — Base p (Uranite, Apophyllite).

Prismes m ou A* (Rutile, Wemérite, Zircon). Octaèdre a^, rare (Schéelite, Wulfenite).

Système terbinaire. — Plan g^ (Stibine).

Plan AS rare (Anhydrite.)

Base p (Topaze, Prehnite, Barytine).

Prisme m (Barytine, Gérusite).

Octaèdre ht (Soufre).

Système binaire. — Plan g^ (Gypse, Stilbite, Orthose).

Plan A* (Épidote).

Base p (Orthose, Clinochlore, Épidote).

Prisme m (Amphibole, Pyroxène).

Clinodome e^ (Azuritc).

Orthodome a* ou o' (rares).

Hémipyratnide h i (Gypse).

Système asymétrique. — Plan g^ (Feldspath triclinique).

Base p (Feldspath triclinique).

Degrés de faelliié du clivage dans les diverses sabstances.

— Les clivages sont loin de se produire toujours avec la même facilité. Tantôt, comme dans le mica, le clivage est tellement facile qu'il se produit sous le plus léger effort, et que les cristaux semblent plutôt formés par la superposition de lames parallèles au clivage que par un édifice cristallin régulier. On peut alors, avec la lame d'un canif, détacher des lamelles d'une minceur extrême. Tantôt, au con-

traire» comme dans la calcite, le clivage, bien que facile encore, ne peut être provoqué sans un effort notable; on n'obtient jamais de lames extrêmement minces, et la cassure habituelle du corps montre une surface irrèguliére, qui parait conmie composée de petits plans tous parallèles entre eux et au clivage.

La direction du clivage est dans ce cas nettement indiquée par la façon dont la cassure réfléchit la lumière. Lorsqu*en effe^, en faisant tourner en- divers sens le corps en présence d*une source lumineuse, les lames planes de la cassure viennent à prendre une position telle que la lumière de la source qu'elles réfléchissent est renvoyée à Toeil, on voit les plans de la cassure vivement éclairés tous à la fois. Ce procédé permet de découvrir des clivages très imparfaits, et qui ne s'indiquent dans la cassure que par une série de petits plans parallèles d'une largeur très faible. On en augmente d'ailleurs la sensibilité en donnant plus d'intensité à la source lumineuse.

Lorsqu'il existe un clivage parallèle à Tune des faces d'une forme simple, il en existe aussi de parallèles à toutes les autres faces de la forme. Tous ces clivages sont alors identiques, c'est-à-dire qu'ils ont la même facilité, que les lames planes qu'ils mettent à nu ont le même . poli, le même genre d'éclat, etc. Tels sont les trois clivages de la calcite.

Il peut arriver qu'un cristal possède des clivages parallèles à deux ou plusieurs formes simples différentes. Dans ce cas ils ne sont pas identiques entre eux. C'est ainsi que le gypse possède suivant g^ un clivage tellement facile qu'on peut détacher parallèlement à cette direction des lames d'une très faible épaisseur, très polies, très réfléchissantes et possédant un éclat vitreux. Le gypse possède en outre deux autres clivages; l'un parallèle à la face h*^ et, l'autre parallèle à la face p. Le clivage h^ est beaucoup moins parfait que le clivage ^S mais les surfaces planes auxquelles il donne naissance ont encore l'éclat vitreux. Quant au clivage jp, moins parfait encore que le précédent, il ne donne naissance qu'à des plans peu nets et ayant un aspect fibreux.

Cette différence d'aspect des clivages appartenant à des formes simples différentes a une grande importance, car elle permet quelquefois, même dans une masse cristallisée non limitée par un polyèdre cristallin, de déterminer le mode de symétrie du réseau. C'est ainsi que l'anhydrite, dans laquelle on observe trois clivages rectangulaires, pourrait être considérée comme cubique, s'il n'était aisé de voir que des trois clivages, il n'y en a pas deux qui soient semblables entre eux.

CIIAP. m. — CLIVAGES ET PLANS DE FISSURE. . Oh

On cil conclut que celle subslanco apparliont au syslèine terbinairc. Le sel gemme, au conlraire, qui a trois clivages rectangulaires égaux entre eux, appartient au système cubique.

C^onstanee des' ellYafçeii danw 1cm crl«tanx d*unc même finli-

•tance. — Eri général, une même substance possède toujours les mêmes clivages, quelles que soient les circonstances qui aient présidé a sa cristallisation, et c'est un l'ait qui ajoute encore à l'inlérét que présente l'observation de ces plans de rupture. Ainsi l'on trouve toujours la galène possédant ses clivages cubiques; la calcile avec ses clivages rhomboédriques, etc. Cependant les clivages n'ont pas toujours, dans toutes les variétés d'une même substance, le même degré de facilité. Certains échantillons de quartz montrent naturellement des clivages parallèles au rhomboèdre />, qui ne se produisent le plus souvent qu'arlificiellement et avec une extrême difficulté. Il peut même arriver, pour les substances qui ont plusieurs clivages, que Tordre de facilité en soit différent dans les différentes variétés de cette substance, et même que certains clivages qui existent dans l'une d'entre elles manquent dans les autres. Le pyroxène, qui cristallise dans le système binaire, en est un exempleremarquable. Les variétés nonmiées diopside, hedenbergite, auçjiief possèdent un clivage parfait, quoique interrompu, suivant les faces m, et des clivages moins faciles suivant h^ et (jK Au conlraire dans la variété dite diallaye, le clivage suivant h^ devient tellement facile que la matière se lève en lames minces suivant cette direction; le clivage g^ reste difficile et les clivages m paraissent presque complètement supprimés.

Pianii de Néparation. — La séparalion causèc par un choc, d'un cristal en deux parties se raccordant suivant un plan cristallin ïi*est pas toujours due à un clivage. C'est le cas qui se présente lorsque, pendant l'accroissement du cristal, une poussière fine ou de fines lamelles d'une substance étrangère viennent à saupoudrer, à un certain moment, les faces cri^^tallines. Après cet accident le crisial, continuant à s'accroître, englobe, dans son intérieur, ces matières hétéroclites; mais celles-ci n'en produisent pas moins dans la masse des plans de moindre résistance suivant lesquels le cristal tend à se séparer sous l'influence d'une action extérieure. Un semblable accident pouvant se produire plusieurs fois pendant la formation du même cristal, il peut se former ainsi des plans de rupture parallèles entre eux, mais qui ne seront point cependant de véritables diiections de clivage. Ce phénomène s'observe quelquefois et d'une manière très nette dans les

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cidstaux de qiiarlz. On est d'ailleurs averti dans ce cas non seulement par la présence de matières étrangères saupoudrant les plans du faux clivage, mais encore par cette circonstance que la partie du cristal, que limitent deux plans de rupture ne présente aucune tendance à une cassure parallèle. On donne aux plans de rupture, produits par cette cause le nom de plans de séparation.

Il y a des cas où la distinction entre les plans de séparation et les plans de clivage devient assez difficile. C*est ainsi que pour certaines variétés de pyroxcne (mussite, malacolite, hédenbergite) qui se lèvent en plaques plus ou moins épaisses parallèles à la base p, plusieurs minéralogistes admettent un vrai clivage suivant cette direction, tandis que d'autres ne voient là que des plans de séparation.

Des divers modes de prodaetloa du cllva^. — Fli^ires de

décollement. — La production de tel ou tel clivage dans un cristal n*est pas tout à fait indépendante du procédé au moyen duquel le clivage est déterminé. Le procédé ordinairement employé est le choc; dans certains cas, on emploie la dilatation ou la contraction causées par une variation brusque de la température de cristal. Dans les cristaux de quartz qui se brisent, par le choc, suivant une cassure conchoîdale, Ilaûy a provoqué des clivages suivant les faces du rhomboèdre p en portant ces cristaux à une haute température et les plongeant ensuite brusquement dans Teau.

On peut aussi employer d'autres procédés.

Si Ton fait pénétrer de force dans un solide un poinçon ayant une forme légèrement conique, la pression développée sur les parois du trou creusé par le poinçon peut provoquer, comme on le sait, des fîssures dans la masse. Dans un cristal ces fissures sont planes. Il petit arriver qu'elles soient parallèles au plan de clivage. En prenant par exemple une lame de gypse produite par le clivage facile g\ épaisse d'au moins 1 à 2 millimètres ; en enfonçant à l'aide d'une légère pression, mais sans choc, et normalement à la plaque, une aiguille qui ne soit pas trop fine, on provoque le clivage g^; deux feuillets parallèles à ce clivage s'écartent l'un de l'autre, et cet écartement qui va en décroissant à partir du trou, donne naissance aux anneaux colorés de Newton. Le feuillet soulevé forme ainsi tout autour de l'aiguille une surface courbe qui peut être très régulière si Ton opère avec pré* caution. M. JannettazS qui a signalé ce phénomène, a produit ainsi

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