‹ Traité de cristallographie géométrique et physique (volume 3)Chapitre 15 sur 164 · BuU. de la Hoc, min., t. Il, iiM, i · texte numérisé non relu

BuU. de la Hoc, min., t. Il, iiM, i

CHAP. m. — CLIVAGES ET PL.VNS DE FISSURE. 67

des surfaces dont Tintersection avec le plan de la lame donnait une ellipse dont le grand axe était au petit dans le rapport de l,t247 à 1. Le grand axe faisait un angle de 17*> avec la trace du clivage vitreux A*, et un angle de 49® avec la trace du clivage fibreux p. La longueur d'un rayon vecteur de cette ellipse représente la longueur de la portion de la lame fléchie suivant cette direction ; elle doit donc avoir des rapports étroits avec Télasticilé du cristal suivant la même direction. H. Jannettaz a signalé ce fait très curieux que l'orientation et la grandeur relative des axes de celte ellipse sont précisément les mêmes que celles des axes de Tellipse de conductibilité calorifique que Ton peut observer sur la lame de gypse. (Voy. plus loin, chap. m.)

ProductloD des plans de choe ou de glissement. — Le plus

souvent la pénétration du poinçon produit des plans de fissure suivant lesquels ne se produit ni la rupture du cristal, ni le décollement de feuillets parallèles. Ces plans de fissure peuvent être observés soit par leur trace sur les plans cristallins, soit, dans les corps transparents, par la réflexion de la lumière qui se produit à leur surface. Il est rare que ces Assures courent dans toute la masse du cristal ; le plus souvent elles ne s'étendent qu'à une distance peu considérable de part et d'autre du trou produit par le poinçon. II peut arriver. que la fissure grandisse peu à peu et pendant un temps plus ou moins long après le moment où elle a pris naissance; il peut arriver au contraire que la fissure provoquée disparaisse complètement au bout de quelque temps. Des phénomènes de cette nature s'observent aussi avec les fissures produites dans un corps isotrope tel que le verre. On peut d'ailleurs varier les conditions de l'expérience en prenant pour l'instrument perforant soit un poinçon à pointe très obtuse, soit une aiguille à pointe plus ou moins fine, ou en plaçant le cristal soit sur une lame de verre rigide, soit sur une lame de verre recouverte d'une lame de caoutchouc. On n'obtient pas toujours ainsi les mômes directions de fissure. Je citerai quelques-uns des curieux résultats obtenus par H« Reusch.

Lorsqu'on choque avec une pointe mousse une lame de mica reposant sur une lame de verre, ou lorsqu'on enfonce dans cette lame la pointe d'une aiguille, il s'y développe des fissures régulières divergeant du point choqué qui rencontrent le plan de la lame suivant trois droites également inclinées les unes sur les autres, et parallèles aux côtés de l'hexagone qui limite le cristal de mica. Les plans de fissure correspondant à ces trois directions ne sont pas disposés de la même

façon; à Tune (rentre elles correspond une fissure nette et normale à la lame; à chacune des deux autres directions correspondent deux ou môme trois plans de fissure, obliques sur le plan de la lame. &f. Tschermak a déduit de ces observations que le mica ne peut avoir ni la symétrie hexagonale ni la symétrie ternaire, mais tout au plus la symétrie terbinaire.

Lorsqu en employant encore une pointe mousse on choque une lame de mica reposant non plus sur une lame de verre, mais sur une lame de verre recouverte de caoutchouc, il se produit encore trois directions de fissures, mais les traces en sont normales à celles que l'on développe par le premier procédé. Les plans des trois fissures sont obliques et également inclinés sur la lame.

La différence des effets produits avec le support en verre et le même support recouvert de caoutchouc, vient sans doute de ce que Télasticité de ce dernier permet aux deux parties du cristal séparées par les plans de fissu^'e de prendre Tune par rapport à l'autre de très légers déplacements; Tune des parties glisse en quelque sorte sur le plan de fissure. Aussi M. Ueusch nomme-t-il plans de choc (schlagfiguren) les fissures obtenues avec le support rigide et plans de glisse^ ment (leitfiguren) les fissures obtenues avec le support élastique.

Ces plans ne sont pas toujours différents les uns des autres, comme cela a lieu dans le mica. C'est ainsi qu'en choquant sur un support rigide ou non, une lame de sel gemme avec un poinçon à pointe obtuse, on pi*oduit des plans de fissure très nets et parallèles aux faces du dodécaèdre rhomboïdal 6*. Si le choc est trop brusque et trop énergique, le cristal se brise, mais suivant les faces du clivage cubique et non pas suivant les directions de ces plans de fissure»

Le choc d'un poinçon ou la pression produite par la pointe d'une aiguille développe dans une lame de gypse, quelle que soit la nature du support, une fissure uniijue qui traverse le trou en s'étondant un peu de chaque côté. Le plan de la fissure est perpendiculaire sur la

lame du clivage; il est, d'après M. Reusch, parallèle à la face a |.

M. Ueusch indique un autre procédé pour développer dans le gypse

ces plans de fissure a |. On serre la lame de gypse avec la main gauche

enlre deux règles dont les bords, qui se correspondent, sont dirigés à peu près suivant la direction du clivage fibreux p. On place une troisième règle sur la portion débordante de la lame de gypse, bord à hord avec la règle supéricuie, puis on donne à cette troisième règle un

Fij?. J).

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