V. — MESURE DES INDICES DE REFRACTION
Lorsqu*on a déterminé, par les procédés qui ont été exposés plus haut, la position des axes optiques et les différences des trois indices principaux, les propriétés biréfringentes du cristal sont connues, mais la manière dont ce cristal réfracle la lumière n*est complètement déterminée que lorsqu'on a obtenu la valeur absolue de Tun des indices. La connaissance de cet indice est d'ailleurs nécessaire pour qu'on puisse tirer parti de l'observation de Técartement des axes vus dans un milieu ambiant. La mesure directe d'un indice est donc toujours nécessaire; elle peut suffire à elle seule à la détermination des propriétés biréfringentes du cristal, si elle est étendue aux trois indices principaux.
t. OBSERVATION DE L*niAGE D'DN OBJET VUE A TRAVERS UNE LAME
A FACES PARAUÈLES.
Pr«H^dé dn doe de Chaoïaen. — I^e procédé le plus simple pour
mesurer Tindice d'un corps taillé en lame mince à faces parallèles est celui qui a été indiqué au siècle dernier par le duc de Chaulnes.
On se sert d'un microscope dont la mise au point se fait en tournant une vis micrométrique qui permet de mesurer avec précision le déplacement de l'appareil. On observe, en faisant
Fig. lU.
la mise au point avec soin, sur un trait très fmO (fig. i44), ou tout autre
aiAP. Xir. — PROCÉDÉS D'OBSERVATION. 441
objet délicat, placé sur le porte-objet. On recouvre ensuite ce Irait fin ou cet objet par la lame transparente L d*ëpaisseur e, dont on veut déterminer Tindice n. L'image de 0 vient se faire en un point 0' qu*il est aisé de déterminer, car, pour le rayon OE, on a
4't, par conséquent, si Ton suppose CE très voisin de la normale ON. ce qui rend t et r très petits,
On tire de là
Les choses se passeront donc comme si Tobjet était relevé d*une ion-
gueur égale à e . Il faudra ainsi, pour mettre de nouveau au point
Tobjet 0, relevée le microscope d*une hauteur égale à celte quantité. IjA mesure de cette hauteur, combinée avec celle de Tépaisseur e, permettra donc de connaître n.
ApplliC«(loB du procédé du due de dianUies A la mcsiire des iadlces de» laiiic« <*rliitalllnc«. -— Imase d*nB objet yrn A travers OMO laase erlstalUne A faees parallèles. — Pour VOir comment le
procédé du duc de Ghaulnes peut être utilisé pour déterminer Tindice des lames cristallines, il faut étudier la façon dont se forme rimage d*un objet vu à travers une lame cristalline à faces parallèles. On doit 8*attendre à ce que la double réfraction produise des effets tout particuliers.
Nous allons indiquer, d'après M. Stokes ', la solution générale de la question.
Sur la surface antérieure S' de la lame (fig. 145), on donne un point 0 dont on cherche l'image après que les rayons ont traversé la lame dont la seconde surface est S. Nous imaginons la surface de Tonde dont 0 est le centre et dont les rayons vecteurs sont égaux aux vitesses de propagation. Nous ne considérons qu'une nappe de cette surface, et nous la réduisons, en la laissant semblable à elle-même, jusqu'à ce que cette nappe vienne à être tangente en N à la surface S.