‹ Traité de cristallographie géométrique et physiqueChapitre 188 sur 339 · Bull, de ta Soc. min., I. II, n* 1, IHTd · texte numérisé non relu

Bull, de ta Soc. min., I. II, n* 1, IHTd

CHAP. m. — CLIVAGES ET PLANS DE FISSURE. 67

«les surfaces donl Tintersection avec le plan de la lame donnait une ellipse dont le grand axe était au petit dans le rapport de 1 ,247 à 1 . Le grand axe faisait un angle de 17*» avec la trace du clivage vitreux AS et un angle de 49^ avec la trace du clivage fibreux p. La longueur d'un rayon vecteur de cette ellipse représente la longueur de la portion de la lame fléchie suivant cette direction ; elle doit donc avoir des rapports étroits avec l'élasticité du cristal suivant la même direction. U. Jannettaz a signalé ce fait très curieux que l'orientation et la grandeur relative des axes de celte ellipse sont précisément les mêmes que celles des axes de l'ellipse de conductibilité calorifH]ue que l'on peut observer sur la lame de gypse. (Voy. plus loin, chap. lu.)

IPro4actlon des plans de ehoe on ' de sUasement. — Le plus

souvent la pénétration du poinçon produit des plans de fissure suivant lesquels ne se produit ni la rupture du cristal, ni le décollement de feuillets parallèles. Ces plans de fissure peuvent être observés soit par leur trace sur les plans cristallins, soit, dans les corps transparents, par la réflexion de la lumière qui se produit à leur surface. 11 est rare que ces fissures courent dans toute la masse du cristal ; le plus souvent elles ne s'étendent qu'à une distance peu considérable de part et d^autre du trou produit par le poinçon. II peut arriver que la fissure grandisse peu à peu et pendant un temps plus ou moins long après le moment où elle a pris naissance; il peut arriver au contraire que la fissure provoquée disparaisse complètement au bout de quelque temps. Des phénomènes de cette nature s'obseryent aussi avec les fissures produites dans un corps isoti^ope tel que le verre. On peut d'ailleurs varier les coàditions de l'expérience en prenant pour l'instrument perforant soit un poinçon à pointe très obtuse, soit une aiguille à pointe plus ou moins fine, ou en plaçant le cristal soit sur une lame de verre rigide, soit sur une lame de verre recouverte d'une lame de caoutchouc. On n'obtient pas toujours ainsi les mêmes directions de fissure. Je citerai quelques-uns des curieux résultats obtenus par H. Reusch.

Lorsqu'on choque avec une pointe mousse une lame de mica repo-* sant sur une lame de verre» ou lorsqu'on enfonce dans cette lame la pointe d'une aiguille, il s'y développe des fissures régulières divergeant du point choqué qui rencontrent le plan de la lame suivant trois droites également inclinées les unes sur les autres, et parallèles aux côtés de l'hexagone qui limite le cristal de mica. Les plans de fissure correspondant à ces trois directions ne sont pas disposés de la même

Fig. ï).

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coup sec dirigé de haut en bas. Le choc ainsi dirigé développe a la fuis

le clivage fibreux et le plan de fissure a J, suivant lequel la lame peut

se briser et qui devient ainsi un véritable plan de clivage.

On peut encore produire par d'autres moyens les plans de fissure observés par M. Reusch. Ce savant prend une plaque carrée de sel gemme assez épaisse, limitée par les plans de clivage parallèles aux faces du cube. 11 abat deux angles opposés A et B (fig. 9) de la plaque ; il recouvre les petites faces artificielles A et B (parallèles à des faces dodécaédriques) de feuilles de carton, et exerce sur elles une pression énergique dans le sens AB On constate, par les phénomènes optiques dont on parlera ^ plus loin, que la pression développe dans toute la masse du cristal deS déformations qui persistent, au moins en partie, après que la pression a cessé. Cette observation intéressante montre que la plasticité^ très faible dans la plupart des cristaux, ne peut pas cependant être considérée comme nulle. Si la pression est poussée assez loin, on voit se produire des fissures parallèles à celles des faces du dodécaèdre rhomboîdai b^ qui sont normales à la surface de la plaque. En comprimant suivant Taxe un prisme de sel gemme, dont les faces sont encore parallèles aux clivages, on développe des fissures dodécaédriques parallèles aux arêtes de la base du prisme, et inclinées par conséquent de 45<^ sur cette base. La longueur du prisme peut être en outre diminuée, d'une manière permanente, deTàSpourlOO.

Dans la calcite, qui se clive si aisément, suivant les faces du rhomboèdre p, les plans de glissement provoqués par le procédé qui vient d'être décrit, sont dirigés suivant les faces du rhomboèdre inverse 6S et la production en est accompagnée de phénomènes extrêmement remarquables; mais ils ont des rapports tellement intimes avec ceux de rhémitropie, que nous devons en reporter l'étude au chapitre dans lequel nous parlerons de ces derniers.

11 est clair que les plans de choc ou de glissement sont, comme ceux de clivage, des plans pour lesquels la conésiuM n>)rmale est relativement minima, et la cohésion tangentielle relativement maxima. Ces plans doivent donc se rencontrer, comme ceux du clivage, parmi les plans & maille réticulaire petite. Les exemples précédents vérifient bien cette conclusion ; il faut cependant faire exception pour le sin-

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