‹ Traité de cristallographie géométrique et physiqueChapitre 3 sur 339 · T PREFACE · texte numérisé non relu

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répondent pas complètement aux besoins de renseignement. Si l'on excepte les leçons autographiées du cours professé à l'École normale par M. Des Cloizeaux, publiées à un nombre d'exem* plaires des plus restreints, les élèves des cours de Minéralogie ou de Physique ne peuvent recourir, pour s'initier à la science des cristaux, qu'au traité de M. Delafosse ou à celui de M. Miller. Le premier, quoique excellent en beaucoup de points, me parait cependant trop incomplet en ce qui regarde la partie gëométrique et analytique ; le second, au contraire, sacrifie trop à mon gré la partie descriptive et physique. J'ai donc cru qu'un traité où l'on s'efforcerait de ne tomber ni dans l'un ni dans l'autre de ces deux défauts pourrait avoir quelque utilité.

La forme géométrique des substances cristallisées n'est d'ailleurs qu'un des nombreux phénomènes au moyen desquels ces substances manifestent la structure intérieure et les actions mutuelles des molécules qui les composent. On est amené à chaque instant à compléter l'étude morphologique d'un cristal par l'étude de toutes les autres propriétés physiques qui le caractérisent, ou du moins de celles qui, ayant un rapport intime avec la structure intérieure du cristal, concourent avec la forme extérieure à nous la révéler. C'est ainsi qu'il n'est plus permis à un cristallographe de ne point posséder à fond la connaissance des lois de la double réfraction.

J'ai ainsi été amené à diviser mon traité en deux parties. Dans la première, j'expose les lois de la forme cristalline et les procédés d'observation qui en permettent l'étude. Sauf l'avant-dernier chapitre, où j'ai cru nécessaire de faire connaître et de discuter une loi curieuse, quoique incomplète, formulée par Bravais, toute cette première partie est purement géométrique. C'est en quelque sorte la partie rationnelle de la science.

Je me suis attaché à ne rien y omettre d'essentiel; on y trou-

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vcra les procédés élégants de calcul exposés par Miller, l'examen détaillé du mode de symétrie et des formes simples ou composées, holoédriques ou hémiédriques qui caractérisent chaque système cristallin; l'étude des principaux symboles cristallographiques usités en France et à l'étranger ; la description et l'usage des divei's appareils employés aux mesures goniométriques. Cette première partie $e termine par des tables étendues qui permettent de transformer entre eux les symboles employés par les diverses écoles cristallographiques ; ces tables m'ont paru faciliter beaucoup la lecture des mémoires publiés par les savants étrangers. Enfin, aux nombreuses figures répandues dans le texte, j'ai joint un atlas de planches montrant les projections stéréographiques et gnomoniques des pôles des divers systèmes cristallins. J'appelle surtout l'attention sur les projections gnomoniques dont remploi, quoique peu répandu, est cependant de nature à rendre de très grands services aux cristallographes.

On s'étonnera peul-étre de ne pas trouver dans cette première partie l'examen des phénomènes hémitropes. Mais, ou Ire qu'ils ne sont pas des conséquences rationnelles de la notion de l'homogénéité, ils m'ont paru ne pouvoir être séparés des phénomènes de groupements cristallins. Or l'étude de ces phénomènes qui ne peuvent être observés sans le secours de la lumière polarisée, doit suivre nécessairement celle des propriétés optiques.

Dans la seconde partie, dont la publication suivra de près, je l'espère, celle de la première, j'étudierai tous les phénomènes physiques et chimiques qui se lient à la structure intérieure des corps cristallisés. Tels sont les phénomènes d'élasticité, de clivage, de fissure, de glissement, de dureté; les phénomènes optiques, thermiques, électriques et magnétiques; ceux de l'isomorphisme et du dimorphisme ; le mode de production des corps

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cristallisés ; les phénomènes de polyédrie, de polysymélrie, d'héiiiitropie, de groupements cristallins, etc. On trouvera ainsi rassemblés un grand nombre de faits dont la connaissance importe à la science des cristaux et qui sont disséminés dans divers Traités ou dans les Mémoires originaux

TRAITÉ

DE

Lorsqu'une substance passe d'une manière suffisamment lente à rêlal solide, elle revêt une forme géométrique régulière et il se produit ce qu'on appelle un cristaL Cet état cristallin de la matière est d'autant plus intéressant qu'il peut en être considéré comme l'état normal et régulier, puisqu'elle ne le prend que lorsqu'elle est complètement libre de céder aux plus délicates de ses actions internes.

L'étude des cristaux peut être divisée en deux parties; la première, que nous appellerons Cristallographie géométrique, s'occupe de la forme extérieure du cristal, et la seconde, que nous appellerons Cristallographie physique, des propriétés physiques qui accompagnent cette forme géométrique externe.

Cette division correspond aux deux parties de ce ti*aitë.

CBISTALLOGRÂPHIE.

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