DE LA STRUCTURE DES CORPS CRISTALUSÉS
Bxpoaé meelnet de la théorie d'Hafty. — La forme géométrique des cristaux, et surtout de certains cristaux volumineux, comme le cristal de roche, a, dés la plus haute antiquité, frappé les yeux des observateurs les moins attentifs. Ce n'est cependant qu'au siècle dernier qu'on parait s*étre posé sérieusement les problèmes qu'elle soulève.
Parmi ces problèmes, un des premiers qui se présentent à l'esprit est la recherche du rapport qui doit exister entre cette forme et la nature chimique. Dans cette recherche, on se trouve arrêté immédia*' tement par ce fait qui parait inexplicable» qu'un même corps peut se présenter cristallisé sous des formes géométriques qui paraissent absolument différentes.
Les figures 1 et 2 représentent en efTet deux cristaux de la variété conunune de carbonate de chaux connue sous le nom de calcite, et à la première vue, si les Aififérences sautent aux yeux, les analogies
semblent nulles. Cependant» certains ti'aits se trouvent communs aux deux formes et sont comme une marque de leur identité substantielle. La calcite possède, ainsi qu'un grand nombre d'autres cristaux, la très-curieuse propriété de présenter, suivant certaines directions, des
Pig. 1.
Fig. 2.
cassures planes que Ton nomme des clivages. Dans le cristal (fig. 1), une direction de clivage est parallèle à un plan passant par les deux arêtes aft, bc; en choquant le cristal, on le voit s'effeuiller en quelque sorte, en montrant des plaques superposées parallèles au plan abc. Un second clivage se produit aussi suivant un plan passant par deux autres arêtes bc et cd^ et enfin un troisième, suivant le plan parallèle aux arêtes cd et de. 11 résulte de ces particularités, qu'en dirigeant convenablement le choc, on peut enlever tout le pointement à six faces, qui termine la partie supérieure du cristal, et le remplacer en quelque sorte par un pointement à trois faces, ayant pour sommet p, et pour contours, les arêtes en zigzag ab, bc^ cd, de^ ef, fa. Les irofs plans, pabcy pcde^ pefa^ de ce pointement sont parallèles aux trois directions du clivage.
Nous pourrons agir de même sur la partie inférieure du cristal, et Ton conçoit enfin qu'en dirigeant convenablement l'opération, on puisse extraire du cristal primitif un solide pabcdefp', qui est un parallélipipède dont toutes les faces sont des rhombes égaux. Ce solide, qu'on appelle solide de clivage, parce que toutes ses faces sont des faces de clivage, est un rhomboèdre.
Si maintenant nous étudions le cristal de calcite fig. 2, nous constaterons que le choc y développe aussi des plans de clivage; que les