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CHAPITRE PREMIER. — STRUCTURE DES CORPS CRISTALLINS

directions de ces plans sont au nombre de trois, et que leurs inclinaisons mutuelles sont précisément les mômes que dans le premier cristal. Nous verrons de plus que les plans de clivage sont parallèles aux faces du pointement triédre qui surmonte le prisme hexagone.

Les deux cristaux, malgré leurs formes si différentes, ne sont donc pas sans analogies. C*est la loi générale des analogies qui existent entre les formes cristallines d'une même substance chimique que la science se propose de chercher.

L'observation patiente, étendue à un grand nombre de cristaux, aurait sans doute conduit à la solution de ce problème. Mais il est, au point de vue philosophique, très-remarquable qu'elle a été trouvée par l'illustre abbé Haiiy, presque sans le secours de l'observation et grâce à Tempioi d'un procédé logique qui a rendu d'inappréciables seinrices à la science humaine, V abstraction.

Je vais indiquer succinctement la marche des déductions logiques qui ont guidé Haily daus sa belle découverte.

Prenons un cristal de calcite. d'une forme quelconque; nous pouvons, par le choc, supprimer toutes les faces cristallines, et obtenir im rhomboèdre de clivage, dont les angles dièdres et les angles plans sont toujours les mêmes, quel que soit le cristal choisi. Ce rhomboèdre lui-même peut être, par le choc, graduellement diminué, tout en restant semblable à lui-même, et comme l'esprit n'aperçoit pas de limite à cette diminution, il est forcé d'admettre que la plus petite parcelle de calcite qu'il puisse concevoir, a encore la forme d'un rhomboèdre semblable à celui que déterminent les plans de clivage.

On peut dire que celte forme rhomboédrique est celle de la dernière portion de matière qui est encore de la calcite; c'est, en employant le langage d'Ampère, la forme de la particule de la calcite. llafiy nommait cette particule, molécule inte'grante.

Si nous empilons, suivant un ordre régulier, un nombre infini de petites pailiculês rhomboédriques, nous devons donc pouvoir expliquer, en variant la manière dont se fera cet empilement, toutes les formes cristallines de la calcite. C'est en effet ce qui a lieu, et un simple coup d'oeil jeté sur les figures 5 et 4, suffit à faire comprendre comment en juxtaposant des rhomboèdres infiniment petits, tous égaux entre eux, on peut e:&pliquer la formation des, cristaux représentés dans les figures i et 2.

De cette idée simple qui s'était peut-être présentée avant lui à l'esprit de bien d'autres minéralogietes, Ilaûy sut discerner immédiatement

6 PREHIÈRE PARTIE. — CMSTALLOGRAPHIE; GÉOHËTRIQDB.

l'importance. Avec une sagncitë merveilleuse, il monlra que toutes li^s substances pouvaient être conçues comme ayant pour molécules intégrantes, non pas toujours des rhomboèdres, mais tout au moins des Parallèlipipèdes d'une forme donnée. Il montra que la forme de ce

parallélipipMe servait de lien caché entre toutes les Turmes cristalltne.s de la substance ; et qu'enfin, par rétudc de ces Termes cristallines, on pouvait fixer la forme de la molécule intégraiile. La science cristal lographique fut ainsi créée tout entière par le génie d'Haûy, et se.s successeurs n'ont guère eu qu'à perfectionner les délails de son œuvre. Aucune autre branche des connaissances humaines n'est, .à ce degré, l'ouvrage d'un seul homme.

Théorie radoBoelle do la ■(ractare dc« corpa crlslMlIlaCB hoamgdMs. — Cependant le raisonnement, dont nous venons de donner une idée, pèche en plusieurs points importants. D'une part, on y fait appel, BU moins en apparence, à une propriété spéciale, le clivage, qui n'appartient pas à tous les cristaux. En outre, Hafty est amené à considérer comme rélémcnt cristallin primitif et irréductible, le petit

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