‹ Traité de cristallographie géométrique et physiqueChapitre 8 sur 339 · CHAPITRE PREMIER. ~ STRUCTURE DES CORPS CRISTALLINS · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER. ~ STRUCTURE DES CORPS CRISTALLINS

molécules, et de considérer les polyèdres moléculaires comme représentant géométriquement autour de chacun de ces points, ce que nous avons appelé la loi de répartition de la matière. Puisque Ton passe sans difficulté du langage de la théorie atomistique au langage, indépendant de toute hypothèse, que nous avons employé jusqu'ici, il est indiffèrent de faire usage de Tun ou de l'autre, et nous adopterons habituellement celui de la théorie atomistique comme plus bref et fournissant à Tesprit une image plus nette.

Il n'est point inutile de remarquer que la structure des corps cristallisés, telle que nous venons de la déduire rationnellement de la notion de rhomogénéité, ne contredit pas celle qullaûy avait formulée. La maille parallèlipipédique de notre réseau n'est en effet autre chose que la molécule inlétjrante d'Uaûy. Mais la théorie d*IIafiy considère nécessairement cette molécule intégrante comme rélùment unique et irréductible du cristal. Elle laisse de côté la forme du polyèdre moléculaire. Cette grave imperfection s'est longtemps opposée à l'interprèlation physique de faits cristallographiques importants. C'est ce qui avait conduit les savants allemands à rejeter comme hypothétiques les idées d'Haûy, et à renfermer la science dans l'étude, purement géométrique, de la forme des cristaux. Bien que ce procédé paraisse d*abord pliïs rigoureux, il est, en réalité, aussi infécond qu'antiphiosophique. Si les faits cristallographiques, en effet, nous semblent intéressants, c'est que nous avons l'espoir qu'interprétés convenablement ils nous feront pénétrer plus avant dans la connaissance de la matière. Or comment serait-il possible d'interpréter ces faits et de les aire concourir au progrès de la science, si l'on se refuse, comme une hypothèse blâmable, toute spéculation sur les. relations qui peuvent exister entre la structure cristalline intérieure et la forme extérieure ?

M. Delafosse et Bravais ont pensé qu'il y avait mieux à faire que de rejeter, pour y substituer une géométrie stérile, la théorie d'Haiiy, si intimement pénétrée de la réalité physique. Grâce à leurs travaux, on peut maintenant donner à la science des cristaux une base solide et assez large pour porter l'édifice tout entier.

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