II. 3o
4Sft TRAITÉ
en citer un autre que je tirerai de àeax variétés f l'une d'amphibole y l'autre de pyroxène, qui ont été le sujet d'un inéinoire quej'ai pnbUé èatts les Annales du Muséum (i)) et dont je y)iis donner ùoe idée. MM. Klaproth etRarsten avaient plaoé dans Pespèôè du pyroilène une substance noire, lameUébse^qu^âs avaient nommée bîaettriger aisgit, et qui entre comme ingrédient accidentel dans la composition d'un agrégat que fai rangé sous le nùm d'éclcgite, dans ma distribution miinéralogique des roches, et dont les principes constituans sont le grenat et la diallàge verte (2). Cet agrégat forme de grandes masses dans le Sau-Alpe, en Gariuthie. li'analyse de l'a substance ' dont il s^ftgit, telle que Ta rapportée M. KarsteU) et qui uvait pour auteur !M. Klaproth^ indiquait 5^^ de silice; g de chaux j i2,5 de magnésie; 7,^5 d'aluthine; 16,25 d'oxide de fer; o,5 de potasse avec uoe perte de 2. Cette analysé se trouve dans'ihon Tableau Cbmpal*atlf, à l'article du pyroxène (3).
'Uexamen du morceau qui m'a suggéré l'idée de m6ti métnoire, et qtie je n'ai reçu que depuis la publication de mon Tableau comparatif, m'a fait
(1) Tome XIV.
(a) Ce second principe maïKiiiait dans un morceaii d'eta petit Tolame , qui était le seul que j'eusse entre le« niaiui lorsque j*ai rédigé mon mémoire.
(3) Page 177.
reconnaître que le blaettriger augit était une variété d'amphibole, si clairement indiquée par le résultat de sa division mécanique , qui m'avait conduit à la molécule de ce minéral , et par ses autres caractères, qu'on avait lieu d'être surpris que les deux hommes célèbres dont j'ai parlé l'eussent confondue avec le pyroxène. M. Werner n'avait pas mis sans donte son attention ordinaire daus l'observation des caracrtères extérieurs de la substance dont il s'agit, car ils lui auraient sufli pour éviter !a méprise. Quant à -M. Karsten, j'ai appris dans la suite que ce qui l'a- ■^ait trompé c'était principalement la ressemblance «Btre le résultat d'analyse dont j'ai parlé et celui .qu'avait offert à M. Vauquelin l'analyse du pyroxène de l'Etna (gemeiner augit, W. ). Voici ce résultat : rsilice 52;chaux i3,2 ; magnésie io;alumlne 3,33; joxide de fer 1 4^&6 ; oxide de manganèse a , avec une perte de 4,81. Les difTérences que présentent les rapiports entre les quantités des principes indiqués par ^ies deux analyses sont dans les limites de celles que ■l'on se permet de négliger, en les attribuant aux petites erreurs inséparables de ce genre d'opération.
J'avais aussi noté, daus mon Tableau comparaliT des résultats d'analyses offerts par des variétés d'une même sidjslance, et qui divergeaient très sensiblement par les proportions des principes composans. Tels, étaient ceux qu'avait obtenus M. Klaproth en ojwrant sur le péridot cristallisé, et sur celui qui est ^L à l'état granuJiforme (otivïn de W. ), dont l'ideu- H
tité avec le premier est prouvée par l'observation dei petits cristaux qui, dans certains basaltes, àcoompa"- ^ent les masses de Polivin (i).
Les analyses précédentes, et il en &ut dire autant .de toutes les autres, énonçaient indistinctement lea .qualités et les quantités de toutes les substanœa qu'avait données l'opération, et rien n'y indiquait le triage qu'il eût Ëillu fiiire de celles qui tenaient à l'essence du minéral analysé, pour en séparer celles qui n'étaient qu'accidentelles.
i6. M. Berzdius a été conduit par ses belles .rechercbes à débrouiller la confiision qui naît du mélange des matières qui, dans un minéral, ne sont pour ainsi dire que d'emprunt , avec celles qui lui appartiennent en vertu de sa nature, et à déterminer des points fixes autour desquels ces matières fournies par les alentours du minéral viennent se rallier en s'isolant de celui-ci.
Ce célèbre chimiste remarque d'abord , dans son Nouveau système de Minéralogie, qu'il est rare qu'un cristal, quelque régulier et transparent qu'il soit, ne contienne pas quelqu'ingrédient étranger (2); et
(1) Les résultats dont il s'agît ont donné pour le péridot ^cristallisé 3g de silice; 43,5 de magnésie ; ig d*oxide de fer; et pour le péridot ^anulifomie , &o de silice; 38^5 de magnésie ; la d'oxide de fer^ et 0,20 de chaux. Tableau oomparatif 9 page aoa.
DE CRISTArXOGRAPIllE. 4S9
ailleurs il dît qu'où peut regarder comme entière- Dieiit décidé que beaucoup de ininéi'aux qui dans les syslcmes portent les uoms de simples, sont proprement des mélanges de plusieurs Ibudus ensemble(i). Les principes dont ces divers minéraux sont les assemblages exercent deu\ fonctions très différentes. Les uns forment une comliinaison qui est constamment la même dans tous les individus, et dans lafiuelle consisie l'essence du minéral. Les autres varient dans leurs quantités relatives; et comme ils ont été empruntés aux matières environnantes, qui diffèrent elles-mêmes suivant les localités, il arrive (]ue ceux qui existent en quantité notable dans les cristaux retirés de tel terrain, deviennent nuls dans ceux qui ont été fournis par tel autre terrain. M. Ber- 7,elius déduit de là une conséquence qu'il rappoitu aux résultats qii'out offerts divers cristaiLX d'amphibole soumis à l'analyse, mais qui peut également s'appbquer à un minéral d'espèce dillërente. 11 part de l'observation incontestable qui prouve que tous les cristaux de la substance dont il s'agît ont les mêmes caractères géométriques, et il lui paraît juste d'en conclure que la combinaison qui leui' a donné iiuissance est un point fixe auquel se rattacbe l'espèce dont ils dépendent. Car, dans le cas où ils renfermeraient comme partie intégrante des molécules d'un ingrédient étranger, il devrait en résulter nécessaire-
(0 Page iSg.
nient y dit M. Berzelius, des différences 'dans la figure primitive , lesquelles seraient susceptibles d'être dé* terminées géométriquement (i). Cest en ecmiparant les analyses de divers morceaux que l'on pourra , suivant le même savant, parvenir à représenter fidèlement la composition chimique du minéral , en élaguant les principes qui n'appartiennent pas à sa véritable constitution (2). L'influence que l'illustre chimiste suédois accorde à la Cristallographie sur la détermination des espèces, se montre encore plus sensiblement dans la notion qu'il a donnée de l'espèce prise en général, qu'il &it consister, ainsi que moi, suivant son expression, dans la réunion d'une même forme avec une même composition.
On serait tenté de croire que ces principes, qui se sont introduits comme furtivement dans un minéral, n'ont entre eux qu'une relation de rencontre , sans qu'il y ait rien de file dans leur manière d'être les uns à r^rd des autres , et il semble même que ce soit là ce qui caractérise un mélange et le distingue d'une combinaison proprement dite. Mais, selon l'opinion du même savant, il en est autrement des minéraux qui se trouvent dans le cas dont il s'agit ici. Ce sont bien, si l'on veut, des mélanges, mais dont les parties offrent autant de combinaisons dont
(1) Tableau comp,, page iJ^,
(2) Ibid.
chacime peut être assimilée , aoua le rapport tle l'aflinitc, à celle qui est dominaDte (i ).
Au reste, il existera presque tonjours une grande différence entre les fonctions des principes dont je \iens de parler et celles des élémeus dans lestjuels réside l'essence du minéral , les premiers étant susceptibles d'une grande variation , et pouvant même disparaître dans certains individus , tandis que les autres conservent leur caractère de ûxilé et de préémJDence. Ainsi, de quelque manière que les choses se passent dans l'ampliibolc et dans le p^^roxène , la comparaison des analyses fournira toujours un moyen de concilier Xes indications de la Clùmic avec celles de la Cristallographie,
Mais il est des minéraux qui sont des mélanges de ■ deux composans ou davantage, et dont cliacun appartient à une espèce qui a dans la nature luie existence à part, et occupe dans la métlunlc la place que lui assigne la combinaison dont elle est le résultat. Dans le cas du pyroxène, de l'amphibole et des autres minéraux qui cachent , pour ainsi dire , le secret de leur mélange , le chimiste qui en fait l'analyse est obligé de recomposer les espèces dont ils ofliaicnt les assemblages, et il n'est peut-être pas toujours sûr (pie la répartition qu'il a faite des principes qu'il a associés dans ses synthèses, représente
(i) /Aid. , pag, 137.
47 a TRAITÉ
fidèlement l'ordre suivant lequel l'aflinité les avait réunis deux à deux ou trois à trois (i). Mais celui qui décompose les minéraux dont je viens de parler est dispensé de refaire les espèces dont il a séparé les élémens les uns des autres : il suffit qu'il les reconnaisse. Il suit de là , que la Chimie, abandonnée à elle-même , n'ofire aucune raison suffisante , dans les cas dont il s'agit ici , pour considérer tel composant plutôt que tel autre, comme étant celui qui constitue le minéral : car nous verrons plus bas que l'avantage qu'aurait l'un des composans de l'emporter sur les autres en quantité , n'est pas un motif pour lui assigner la préférence , comàië on pourrait être porté à le croire. J'ajouterai que plusieurs des agrégats dont il s'agit ont été considérés comme étant le résultat d'une combinaison unique , en sorte qu'on en a fait des espèces distinctes auxcpielles on a donné des noms particuliers. La suite de cet article en fournira des exemples.
Or, ici se présente une observation importante à laquelle nous conduit la Cristallograpliie, et qui fait disparaître la difficulté. Elle consiste en ce qu'en supposant le minéral cristallisé, il arrive toujours qu'un des composans imprime à l'ensemble le caractère de sa propre forme, et il est visible que c'est ce même composant qui détermine l'espèce à laquelle
(i) Tableau comp. , page 148.
DE CR!STAr.LOGRAPHlE. 4jZ
appartient le minéral mélangé, puisqu'elle doit être représentée par le concours du type chimique et du type géométrique.
L'observation de ce qui se passe dans les opérations de la Cliimie semble prouver qu'il ne serait pas impossible que celui des coniposans dont le mélange aurait pris la forme n'y entrât que pour une petite portion de la totalité. M. Beudant a fait sur les sels mélangés des expériences très intéressantes, dans l'une desquelles ']5 parties sur loo de cuivre sulfaté se sont unies à 3i de zinc siilfuté et à 4 de fer sulfaté , et c'était ce dernier sel qui avait imprimé à l'ensemble le caractère du rliomboîde qui est sa forme primitive. Cependant je n'ai encore rencontré parmi les rainéraax aucun exemple d'un cas semblable à celui-ci. La quantité du composant qni avait iburni le type géométrifpie du mélange était toujours dans un rapport très sensible avec la masse totale. Mais on pourrait demander quelle serait la place que devrait occuper dans la méthode un mélange semblable à celui qu'a obtenu M. Beudant, si on le trouvait parmi les productions du règne minéral. Je pense qu'il faudrait le ranger dans l'espèce du fer sulfaté, sous un nom qui indiquerait les deux principes accessoires, tel tpie celui de for sulfaté cupro-zincifhre , parce que ce serait ce sel qui représenterait l'espèce, en offrant la coexistence du type I géométrique et du type chimique. Ce n'est pas le volume ou le poids de la uiatièi'e qui doit décider de
4j4 traite
k place d'nn être naturel dans k ckarificatiDn^ h Takur des caractèrea dmt il porte l'em^mote. L» quantité du principe auquel appartia&t k fimiuBr âant raaceptible de varier suivant une multitude de xapports diffîren9> depuis «^i? jusqu'à ^ de la totar lité, on ne pourrait fiaer qufarlHtïairemmity^ san» mson sufliaoÉte, au milieu de k série de nuance» composée de tous ces rapports, ceUe à laquelle se terminerait If espèce rektive au principe dont je viens de parler , et commencerait celle qui dériverait du principe k plus abondant. Seulement il conviens drait, dam un cas analogue à celui de l'expérience de M. Boudant, de citer, mais toujours sous le même nom spéeifique, k méknge des trois sds aux articles du euivre sul&té et du sine sul&té, comme un résultat d'affinité trop remarquable pour ne pas mériter d'occuper une pkce dans l'histoire de ces derniers sels.
17. Quelquef(HS le minéral n'est plus un simple mélange des composans dont on en retire les élémens à l'aide de l'analyse, mais le résultat d'une combinaison intime à laquelle ont concouru à k fois tous ces élémens , et qui détermine une espèce particulière. C'est ce dont l'observateur est encore averti par k Cristallographie , qui lui montre dans l'aspect géométrique du minéral dont il s'agit une forme primitive distinguée de celle de chaque composant , et souvent incompatible avec elle. Je vais citer des exemples rektifs à ces deux derniers cas dans lesquels
l'intervention de la Cristallographie est iadispensable, soit lorsque le minéral étant lu» assemblage de plusieurs composans , dont les analogues existent séparément dans la nature , elle noua décèle celui que sa force de cristallisation a rendu prédominant, soit lorsque le minéral étant le résultat d'une combinaison unique, la même science nous fait apercevoir les traits du caractère spécifique dont cette combinaison a marcjiié la forme criatalliae.