‹ Traité de cristallographie (volume 2)Chapitre 40 sur 55 · Mais avant de l'exposer, je vais m'arrêter · texte numérisé non relu

Mais avant de l'exposer, je vais m'arrêter

"«u^ instant sur le fait le plus ordinaire, qui est celui

"^variation des cristaux originaires d'une même

:aince, qui ont été produits dans des roches d'es-

e différente. Une des causes principales de cette

lation est le mélange de^ nialières hétérogènes,

DE CRISTALLOGRAPHIE. Bai

tine la substance qui h présente s'est associées pendant sa formation ainsi que je l'ai expliqué plus liaul. Ces molécules qui étaient ici de telle nature et ailleurs d'une nature différente, suivant la diversité des matières qui les avaient fournies, ont dû modifier, tantôt d'une manière et tantôt de l'autre, les formes cristallines du minéral dans lequel elles se sont introduites. Cest ce que je vais essayer d'éclaircir à l'aide d'une observation fondée sur ce qu'offrent quelquefois les diirérentes parties d'une même roche , et d'après laquelle on pourra juger , à plus forte raison, de ce qui s'est passé dans des roches séparées. Je me bornerai à un exemple qui me paraît convenir d'autant mieux au cas dont il s'agit ici, que les corps qui le présentent ont été visiblement produits d'uu même jet.

Je le tirerai de la cristallisation de l'axiuite. J'aî parlé plus haut d'une différence qui existe entre les cristaux verts de cette substance, qui se trouvent dans le déparlement de l'Isère et ceux d'une couleur violette. Elle consiste en ce que la surface de ces derniers est charf^ée de alries et de cannelures qui eu altèrent le niveau, tandis que celle des autres est parfaitement lisse et unie. J'ai fait voir que cette diversité provenait de l'influence que les molécules du talc chlorite avaient exercée sur celles de l'axinite, dont elles avaient favorisé la tendance vers un arrangement réguher. Or la forme des cristaux verts est eu même temps plus simple j et n'offre aucune trace

5âd TRAITÉ

des fiicettes additionnelles qoi modifient oelle des. cristaux violets ; d'où il soi t qne ces deux fonnes sont placées à deux endroits diflSarens sur le tableau des signes représentatiâ qui se rapportent aux crislanx d'axinite. Quelquefois ceux qui offirênt ks deux modificatkms sont^groupés sur deux fiioes apposées d'un même morceau, en sorte ipM si, après Favoir pris> par la partie que recouvrent les cristatix violets, on vient à le retourner , on est surpris de v<»r la cristallisation si peu semblable à elle-même dans des corps qui s'identifient par leurs élémens , et se toudient desi près par leurs positions.

32. Je passe maintenant à la comparaison des formes secondaires d'une même espèce , sous le point de vue dont j'ai parlé plus haut, et je choisirai pour exemples les substances qui ont offert un défaut d'accord entre les résultats de l'analyse chimique et ceux de la géométrie des cristaux.

!• Pyroxène.

Depuis que le pyroxène a été sépare de l'amphibole , de la tourmaline , de Faxinite , de l'épidole, etc., auxquels Rome de l'Isle(i), le baron de Born (a), et d'autres minéralogistes Tavaient

(i) Cristallogr. , tome II » page 344 ^t suivantes.

(a) Catalogue méthodique et raisonné de la collection des Fossiles de mademoiselle Eléonore de Ttaab, t. I, p. i58 et suivantes.

DE CRISTALLOGRAPHIE. SaS

associé sous le nom commun de schorl, on a découvert successivement, dans divers pays, des substances qui en différent par leurs caractères extérieurs, mais qui m'ont paru n'en être que de simples variétés, d'après les applications des lois de la structure à leurs formes cristallines. Ces substances, au nombre de si?^, sont la sahlite ou malacolite, et la coccolithe, que M. d'Andrada a décrites le premier, et qui faisaient partie de la riche récolte qu'a procurée à ce savant célèbre son voyage en Suède et en Norwége(i); la baïkalite, ainsi nommée par les minéralogistes de Russie, à cause de son gissement près du lac Baïkal (2) ; la mussite et l'alalite dont nous devons la connaissance à M. de Bonvoisin, qui les avait trouvées en Piémont dans les vaUées de la Mussa et d'Ala(3);

(1) Voyez le Journal de Physique, t. 11^ p. 269 etsuiv.

(a) Je dois avertir que, pendant plusieurs années, on a débité ici, sous ce nom de bàikalite, une variété d'ampbibole aciculaire blanojaunâtre (tremolith, W. ). Je me suis aperçu de la méprise, en examinant des cristaux de la véritable baïkalite , qui m ont été envoyés par M. Heuland , et que j*ai reconnus pour appartenir au pyroxène.

(3) Le premier article que j*ai imprimé sur ces deux substances avait pour but de prouver qu*elles devaient être réunies au pyroxène. ( Annales du Muséum d'Histoire nat. , tome XI, page 77, et Journal des Mines, tome XXIIL p. 145.)

Cet article avait été précédé d'une note insérée dans ce dernier Journal , tome XX, paj^e C5, par M. Tonnelier; où

Sq4 traité

enfin la Êussaite déoou?erte, il y a environ trois am^ dans la vallée de Fassa en Tyrol, ce qai*lm*^a fiiit donner , par M. Wemer , le nom qoe je viens de citer, auquel d'autres minéralogistes ont substitoé cdnide f(yrgom{i).

Les premiers (d)servatenrs de ces diverses substances n'avaient pas hésité à en fiiire.apbint d'esr pèoes partiftmlières. U est même très probable que l'idée du pyrosène ne s'était offerte à aucun d'eux, tant ces substances lui ressemblent peu par les caractères qui parlent aux yeux, tels surtout que le ton de couleur et l'aspect général de la forme. 11 n'y avait pas même lieu à imaginer ici un de ces passages 4'une espèce à l'autre, que l'on trouve .indiqués dans idusieurs traités, et les résultats des. découvertes récentes , en s'introduisant dans celle dont le pyroxène est le type, auraient pu ramener la confusion que ses anciennes alliances avaient répandue autour de lui.

il expose Topinion que j'avaw émise dans une de mes leçons publiques , à laquelle il avait assisté , savoir : que la musiite et Falalite formaient deux variétés d*une espèce particuUère i laquelle j'avais donné le nom de diopside. L'article dont j*ai parlé d'abord ne me parait laisser aucun doute sur . la justesse de la détermination que j'ai bientôt substituée à celle qui résultait des observations faites sur le seul cristal que j'eusse à ma disposition, et qui n'était pas susceptible de se prêter à des m^esures précises.

(i) Fbyez le tome III des Mémoires du Muséum d'His* toire naturelle, page 120 et suivantes.

DE CRISTALLOGRAPHIE. . 5t5

Dans l'élat actuel de la science , on s'accorde assez généralement à partager les différens corps dont j'ai parlé , en trois séries relatives à autant d'espèces, dont l'une est le pyroxène (augit) auquel on a réuni la coccolithe; la seconde la sahlite à laquelle se rattachent la baïkalite et le pyrgom, d'après les indications des^aractères extérieurs , et le diopside qui comprend la mussite et l'alalite. Je me réglerai sur cette distribution dans tout ce qui va suivre.

23. Les ressemblances qui ont lieu entre les formes secondaires que présentent certaines variétés qui sont communes aux trois séries, donnent une nouvelle force à la preuve qui se tire de l'identité de> forme primitive, en fiiveur de l'unité d'espèce. La variété périoctaèdre ( fig.) ^5 ) (i) existe parmi les sahlites d'un gris verdatre, que l'on trouve en Norwège, et reparaît dans les pyroxènes noirs du

(i) Je joiiiâ ici le signe de cette variété et ceux des cinq

autres dont je vais parler. La figure a4 représente le soyau.

Page 1