Réunion des cristaux de staurotide
La forme primitive de ce minéral est un prisme
droit rliomboïdal (fig. 262) , dans lequel la moitié g
de la grande diagonale de la base, la moitié p de la
petite, et la hauteur G ou H sont entre elles dans le
rapport des quantités 3 , V2, L’incidence de M
sur M est de 129^ 3o'. 11 est rare de rencontrer cette
forme comme produit immédiat dé la cristallisation.
Ordinairement elle passe à la staurotide périhexaèdre
représentée figure 263 , dont le signe est M'G'P.
. Dans une autre variété que l’on voit figure 264 •, les angles de la base P de la forme primitive (fig. 262) , sont remplacés cbacun par une facette triangulaire. C’est alors la staurotide imibinaire , qui a pour
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signe M'G’PA. L’incidence dersürM est dei37‘*37'j
celle de r sur P, de 126^ 16' j et celle de r sur l’a- ■ rête 7^ de 1 44^ 44^*
Telles sont les seules variétés de staurotide qui se soient offertes jusqu’ici en cristaux sobtaires. Les suivantes sont des assemblages de deux ou trob cristaux semblables à la variété péribexaèdre , et quelquefois à l’unibinaire. Je supposerai d’abord que les cristaux soient réunis deux à deux , et que leur forme soit
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celle de la variété périhexaèdre. La manière dont cette réunion varie d’un assemblage à l’autre se rapporte à deux limites fixes , dont chacune est remarquable par des caractères de ’ symétrie que je ferai bientôt connaître.
J’observerai avant tout, que dans le cas présent où deux prismes hexaèdres se croisent de manière qu’ils ont une partie commune , il y a nécessairement deux plans de jonction, dont chacun a la figure d’un hexagone. C’est ce que l’on concevra aisément, en jetant un coup -d’œil attentif sur les figures 26$ et 266, qui représentent les deux modes de rémiion dont j’ai parlé.
Dans le premier (fig. 265), les axes des deux prismes , ainsi que lés hexagones de jonction eucyxt, emnyqr^ sont perpendiculaires l’un sur l’autre. Ces deux hexagones étant égaux et semblables , soit eucyxt (fig. 267) celui qui est marqué des mêmes lettres (fig. 265). Prolongeons les côtés et , yx , eu ^yc , jusqu’à ce qu’ils se rencontrent en / et en « , auquel cas riiexagope se trouvera converti en un rhomhee^/, dans lequel la moitié fl de la grande diagonale est à la moitié fy de la petite , dans le rapport (S.e g a. h (fig. 262), c’est-à-dire de 3 à i , ce qui donne 143** 8' pour l’angle cyx ou net (fig. 267), et io8*' 26' poux chacun des quatre autres «cy, cue,yxt, etx.
La loi à laquelle est soumise la position de chacun
des mêmes hexagones est celle qui a pour signe É
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(fig.262)jc’cst-ù-dircuiie des plus simples, parmi celles d’où dépendent les faces situées sur les formes secondaires. Je donne à la variété que je viens de décrire le nom de staurotide croisée rectangulaire.
L’autre variété que représente la figure 266 semble gagner encore à la comparaison avec la précédente, par les caractères de syméij^ie dont la cristallisation l’a marquée. Mais la plupart exigent plus d’attention pour être saisis. Il en est un qui lui est commun avec elle , et qui consiste en ce que les plans de jonction Y^nvyzt^ Yjmuyqr, de ses cristaux , sont perpendiculaires entre eux 5 mais chacun est distingué par des propriétés particulières. Le premier Yjivyzt., est un hexagone régulier, dont tous les angles sont par conséquent de 1 20*^. Ce même angle se retrouve encore deux fois sur l’assemblage des deux cristaux. C’est le plus grand de ceux que font entre eux les axes; d’où il suit que le plus petit est de 60*^. De plus , c’est celui qui mesure l’inchnaison respective des faces GFE;», g/Em.
L’autre hexagone l^muyqt que l’on voit séparément (fig. 268), contraste avec le précédent par son aspect irrégulier. Mais ce qui lui manque à cet égard se trouve en quelque sorte compensé par les analogies qui dérivent des positions respectives de ses côtés. 11 a d’abord deux angles droits , savoir, Ew»« eX. y qr. De plus, les angles wiEr, uyq , dont cliacun est de i44‘' 44 4 sont égaux à l’incidence de la facette r sur l’arête y , dans la variété nnibiuairc.
DE CRISTALLOGRAPHIE. 3og
J’ai déjà remarqué que les deux cristaux dont se compose l’assemblage présentaient quelquefois la forme de la variété dont il s’agit , et cette circonstance, lorsqu’elle a lieu, fait ressortir davantage l’analogie qui résulte de l’accord entre les deux angles (i).
A l’égard des lois de décroissement d’où dépendent les positions des plans de jonction, celle qui se rapporte au premier est la plus simple de toutes et a
j>our signe A (fig. 262). Celle qui détermine la position du second hexagone est une suite nécessaire
de la précédente, et son expression est E. La loi relative à la position des deux hexagones de jonction ,
dans la variété rectangulaire , ayant pour sigue E , ainsi que je l’ai dit , on voit que les relations entre les plans de jonction des staurotides et les faces qui terminent les cristaux ordinaires, sont renfermées dans les trois premiers termes de la suite des nombres impairs.
Je ne dois pas omettre deux modifications que présentent, dans certains cas, les réunions des cristaux de staurotide. L’une est composée de trois de
(i) Tons les caractères de symétrie que je viens d’indiquer, ainsi que ceux dont la variété rectangulaire porte l’empreinte ont été démontrés , à l’aide du calcul , dans mon Traité de Minéralogie, T. II , pag. 86 et suiv.
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ces cristaux , qui se croisent sous des angles de 60'’, en sorte que les axes sont disposés comme les six rayons d’un hexagone régulier. C’est un surcroît de symétrie pour la variété obliquangle , qui prend alors le nom de staurotide ternée obliquangle.
Dans l’autre modification, les deux prismes de la variété rectangulaire s’associent un troisième prisme situé, par rapport à l’un d’eux, comme dans la variété obliquangle. La cristallisation passe ainsi des combinaisons binaires aux combinaisons ternaires , en continuant de suivre la même marche.
La propriété d’ofirir deux modes de réunion , dont chacun est invariable , parait être particulière à la staurotide. I^^ous verrons plus basque le titane oxidé, l’une des substances minérales dont les cristaux aient le plus de tendance à se réunir deux à deux , les présente constamment sous les mêmes positions respectives , de quelque pays qu’ils viennent. C’est la même chose a l’égard des variétés cruciformes d’harmotome et de titane silicéo-calcaire. Mais, il y a mieux , et les circonstances géologiques se joignent aux résultats des observations minéralogiques pour appeler doublement l’attention sur la staurotide , en nous offrant presque partout les deux modes de croisement relatifs aux variétés rectangulaire et obbquangle, dans les cristaux qui appartiennent à un même terrain , où la roche qui leur sert d’enveloppe est ordinairement le mica scliistoïde, comme aux environs de Quimper, dans le département du Fi-
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nistère, et près de Saint-Jacques de Conipostelle , en Espagne, et quelquefois le talc schistoïde, comnie au Saint-Gothard. 11 est même remarquable que la série entière de toutes les variétés, soit simples, soit en cristaux croisés, dont se compose le tableau de l’espèoe qui nous occupe, se trouve réunie dans le terrain qui avoisine la ville de Quimper.
La théorie me semble fournir des considéi'ations propres à faire entrevoir la cause de cette alternative, qui semble laisser le choix à la slaurotide, entre les deux modes de jonction dont ses cristaux sont susceptibles. En la suivant dans ses nombreuses applications aux formes des minéraux , on est conduit à celte conséquence, que les angles droits et ceux de lao** ou de 6o‘*, sont, pour ainsi dire, très , familiers à la cristallisation. Ce sont les seuls qui se montrent sur les formes que l’on peut considérer comme les limites des autres , telles que le cube , l’octaèdre régulier et le dodécaèdre rhomboïdal , et ils reparaissent souvent parmi ceux qui appartiennent axxx autres formes, telles que le prisme droit symétrique ou rectangulaire et le prisme hexaèdre régulier. On les voit encore s’arrêter , comme en passant , sur une multitude de formes secondaires. Or, ces mêmes angles prédominent dans l’assortiment des deux prismes qui composent les deux variétés' de staurotide croisée, où ils prennent différentes positions dépendantes du mode de réunion. D’une autre part,' les décroissemens d’où dépendent les positions des
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plans de jonction dans les deux variétés, ont été comme choisis parmi ceux qui se trouvent en tête du tableau des lois de la structure, et qui sont à 1» fois les plus simples et ceux qui ont lieu le plus ordinairement dans le passage des formes primitives aux formes secondaires.
La cristallisation est donc placée ici , par la staurotide, entre deux résultats auxquels sont liés des caractères dont elle a marqué une grande partie de ses produits , et l’on conçoit qu’elle puissé changer de marche , en quittant l’un pour aller à l’autre , qui est également susceptible de satis&ire sa tendance vers la symétrie et la simplicité.