‹ Traité de cristallographie suivi d'une application des principes de cette science a la détermination des espèces minérales et d'une nouvelle méthode pour mettre les formes cristallines en projectionChapitre 61 sur 74 · X. Des minéraux dont les formes sont indéterminables · texte numérisé non relu

X. Des minéraux dont les formes sont indéterminables

28. Les cristaux qui, par la régularité et par la netteté de leurs formes, se prêtent à une détermination précise, sont comme l’ébte des corps qû’embrasse l’espèce considérée dans toute son Rendue. Eux seuls en présentent le tableau fidèle; mais la perfection qui distingue celte élite, subit, d’un individu à l’autre, des altérations qui, d’abord légères, finissent par oblitérer les traits caractéristiques de la forme. Au-delà de ce terme , la série ' continue par les variétés que l’on nomme indéterminables. Les arêtes des cristaux s’émoussent, leurs faces s’infléchissent, leurs prismes .s’alongent et deviennent plus ou moins déliés ; le minéral prend alors le nom à^aciculaire. Ailleurs, il n’offre plus que des assortimens de laines ‘d’une certaine étendue, qui ne montrent à l’extérieur aucune ' configuration régulière, ce que l’on désigne par le nom de laminaire. On peut encore, dans ce cas, obtenir des indices de la forme primitive, à l’aide des joints .naturels mis à découvert par la division mécanique. Dans les

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termes suivans, le minéral ne présente que des as- ’setdalages confus de lamelles qui se ci'oisent dans tous les sens, ce qui s’exprime par le nom de lamellaire, ou de grains dont la structure n’a été qu’ébauchée, d’où est venu le nom de granulaire ; et le dernier terme de la série est celui qui a lieu, lors' que les parties de la masse sont si étroitement liées entre elles, que l’œil ne les distingue plus. On donne alors au minéral le nom de compacte.

Pour suppléer autant qu’il est possible à l’absence de la forme dans ces sortes de cas , on a recours surtout aux propriétés physiques et chimiques, telles que la pesanteur spécifique, la dureté, la vertu électrique, le magnétisme, ou l’action des acides, celle du chalumeau , etc. Ces propriétés qui pour la plupart sont inhérentes à la nature des corps qui les manilestcut, et que partagent les variétés déterminables avec celles qui ne le sont pas , marquent à ces dernières les places qui les attendaient à la suite des autres dans l’espece à lacpielle elles appartiennent.

A ces propriétés qui nous servent, pour ainsi dire, ù interroger les minéraux, se joignent les irulications tirées des caractères à l’aide desquels nous étudions leur physionomie, et qui s’olfrent comme d’eux-mèmes à nos organes, telles que le genre d’éclat, l’aspect de la cassure, la couleur, lors([u’elle dépend de la réflexion immédiate des rayons lumineux sur la surface du minéral, comme datus les sul>stanccs métalliques.

11 n’entrc pas dans mon plan d’exposer les moyen» à employer dans les applications de ces divers ca* ractères à la formation des espèces. Mais je crois de* voir insister sur l’usage de ceux qui sont du ressort de la Physique, à la recherche desquels j’ai donné l’attention particulière qu’ils méritent par emmêmes, et qu’exdtait encore davantage le regret de voir combien cette recherche a été négligée par les auteurs qui ont écrit sur la Minéralogie. J’en ai cité, dans mon Traité, un certain nombre dont je dois la découverte à mes propres expériences, et j’espère qu’on me saura gré d’ajouter ici les indications d’une partie de ceux que j’ai puisés depuis dans la même source. U en est quelques-uns qui peuvent passer pour n’étre que de surabondance, mais qui me paraissent devoir intéresser par l’avantage qu’ils ont d’augmenter la somme de nos connaissances, relativement à la physique des minéraux. Je rangerai ces difiërens caractères sous les titres des espèces auxquelles ils se rapportent (i}.

^29. Chaux carbonatée. Ce minéral avait déjà deux côtés différens qui le rendaient très remar quahle. La cristallisation en a Ëût le type de la plus

(i) Parmi ceux que je vais exposer, il en est plosiem» qui se trouvent épars dans düFérens mémoires déjà publiés , et que j’ai cm devoir rénnir à ceux qui sont inédits , en favenr des personnes qui n’auràient pas connaissance de ces aie* moires.

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nombreuse série de formes variées que l’on connaisse, et dont plusieurs se distinguent par leurs propriétés géométriques. La Physique l’a choisi comme celui de tous les corps doués de la double réfraction qui se prête le mieux à l’observation de ce phénomène, et au développement de la théorie dont il est l’objet. , Une nouvelle découverte qui lui doit son origine lui a donné un surcroît d’intérêt sous le rapport de la même science, par la propriété qu’il a de devenir électrique vitreusement, à l’aide de la pression entre deux doigts ou même d’un simple contact, et qui agit sur lui avec beaucoup plus d’énergie que sur les autres corps dans lesquels elle a reparu. Dans une expérience faite avec un des rhomboïdes qui portent le nom de spath êt Islande , il n’a fini de donner des signes d’électricité qu’au bout de onze jours, et l’on n’est pas moins surpris de ce que, si on l’a plongé dans l’eau après l’avoir pressé, il en sort sans cesser d’être électrique.

3o. Arragonite. Un petit fragment de cristal prismatique ou aciculaire de ce minéral , présenté à la flamme d’une bougie, au moyen d’une pince, se divise en parcelles blanches qui sont lancées autour de cette flamme. Un fragment de chaux carbonatée reste intact dans le même cas. L’efiet dont je viens de parler a lieu surtout avec des corps d’une épaisseur un peu sensible. Les aiguilles déliées et les frugmens de masses fibreuses blanchissent seulement et deviennent friables sans explosion.

3 1 . Chaux sulfatée, chaux fluatée et baryte sulfatée. La chaux sulfatée est la seule de ces trois substances dont les lames transparentes soient'' susceptibles d’acquérir , par la pression entre deux doigts , une éleetneité qui est vitrée. Cette propriété dispa- • raît dans les deux autres substances.

A l’égard de la chaux fluatée, on sait que sa poussière mise dans l’acide sulfurique légèrement cbaufië, donne lieu au dégagement d’une vapeur blanche , qui a la propriété de coiToder le verre. M. de Monteiro a tiré un parti avantageux de ce caractère, à l’occasion de la découverte intéressante qu’il a faite de la chaux fluatée dans des fragmens de roche rejetés par les explosions du Vésuve', et' l’on me saura gré d’avoir inséré ici la description du procédé également simple et instructif qu’il a employé pour l’épreuve du même caractère, tefle qu’on la trouve dans l’excellent Mémoire qu’ü a publié sur • ce sujet (i). '

On met dans un verre de montre une pincée de poussière de chaux fluatée^ sur laquelle on verse de l’acide sulfurique. On couvre ce verre avec un autre dont les bords s’adaptent exactement aux siens, et dont on a eu soin de bien mouiller la surface intérieure, puis on expose ce petit appareil à une douce chaleur, en le plaçant, par exemple, sur delà cendre chaude. L’acide fluorique se dégage de la pierre, sous

(i) Journal des Mines , t, XXXII, n® 189 , p. >71 et suir-

la ibrme de grosses bulles , en pétillant et eu répandant, des vapeurs blanclies et épaisses, que l’on voit circuler dans la concavité du verre qui fait l’office de couvercle. A la longue, il- se forme, particulièrement sur la même concavité, un- dépôt qui, dan's les parties les plus humectées, prend la forme de petits mamelons d’un blanc de neige , composés d’une substance capillaire et comme effleurie , et dans les autres parties, présente l’aspect d’une croûte mince et unie d’une matière également blanche dans son intérieur. Quand on enlève le couvercle, on sent l’odeur forte et piquante de l’acide fluorique.* L’opération terminée, les deux verres de montre se trouvent dépolis, surtout l’inférieur, vers le fond de sa concavité qu’ajpait occupé la matière soumise à l’expérience. ’ .

' 3a. Strontiane carhonatée. Un fragment de cette substance plongé dans l’adde nitrique à froid [et sans addition d’eau, y subit une dissolution accompagnée d’une eflfervescence qui s’arrête à un certain termes, et laisse au fond de la Uqueur .un résidu blanc et pâteux (i). Si l’on plonge un papier > dans 'la partie qui surnage ce résidu , et qu’après'l’avoir laissé sécher on l’allume, on le voit , brûler, en répandant une flamme purpurine.- Om peut rendre cet, elïèt plus sensible et plus durable à l’aide, du procédé suivant.

(i) Il peut'^rriver que la dissolution s'achève lorsqu’on a mêlé de L’eau à l’acide ; et cela n’a pa* toujours lieu. . ■ '

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On survide la même partie de la liqueur dans une cuiller de platine, jusqu’à ce qu’elle en occupe à peu près les deux tiers. On verse de l’alkohol pa^ dessus, et l’on agite le tout avec le bout d’une allumette. Cela fait, on porte un papier enflammé sur la liqueur, qui s’enflamme à l’instant, et de laquelle sortent bientôt des jets successi& d’un rouge pourpré.

Je reprends ici ce caractère dont j’ai parlé dans mon Traité, pour avertir qu’ü n’appartient pas ei* clusivement à la strontiane carbonatée , comme on l’avait cru. Je l’ai retrouvé dans la chaux catbona- ' tée et dans l’arragonite. Ce qui peut empêcher de confondre la strontiane carbonatée avec ces deux substances, c’est le résidu pâteux que laisse sa dissolution. D’une autre part, ce caractère lui estcom^ mun avec la baryte carbonatée; mais la flamme produite par celle-ci dans l’expérience dont j’ai parlé, ne se colore pas en rouge pourpré. Seuler ment, il s’en échappe quelquefois des lueurs l^èrement rougeâtres, qui ne reparaissent plus, tandis que la flamme dure encore.

33. Silice fluatée alumineuse au topaze. J’ai déjà cité un caractère distinctif très saillant de cette substance, qui consiste en ce que, parmi ses joiots naturels, celui qui est perpendiculaire à l’axe de h forme primitive est très net et très éclatant. La topaze frottée à l’endroit de ce joint acquiert électricité vitrée qui est très sensible,. et qui cou:

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tinue (d’agir , pendant un temps plus ou moins considérable, sur l’aiguillet métallique qui sert d’clec* troscope. J’ai une lame détachée d’une topaze incolore du Brésil, qui, par un temps favorable, n’a cessé qu’au bout de sept jours de donner d^ signes de la vertu électriqüe que le frottement lui avait communiquée.

34> Soude muriatée ou sel gemme. Je me suis conformé, dans mon Traité, à l’opinion qui était alors généralement reçue, et qui s’est maintenue depuis chez tous les auteurs, savoir, que le sel gemràe décrépitait, et même fortement, sur des charbons ardens. On était si persuadé de ^n iden- ' Ut é, sous tous les rapports, avec celui qui estem^ ployé à nos' usages, et dont la décrépitation par le feu est connue de tout le monde, que le minéralogiste à qui il serait venu dans l’idée de lui faire subir la même action, aimiit jugé superflu de répéter une expérience si vulgaire. Cette considéra^ tion ne tn’a pas arrêté ; et voici le résultat auquel j’ai été conduit en soumettant à la même expé^ rience le sel de WiUicska, celui de Gardona , celui de Bex, celui d’Arabie, etc., et en employant suocessivement des morceaux qui offraient les variétés que j’ai désignées par les noms de laminaire, de lamellaire ', de granulaire et de fibreuse. Ijîi fragmens de sel gemme mis sur des charbons ardens s’y conservent sans décrépiter , même lorsqu’on anime le feu à l’aide d’un 3oulllet« Si l’on prend un des

mêmes fragmens avec une petite pince de platine, et qu’on l’expose à la flamme d’une bougie, il y reste de meme, sans faire explosion, et au bout d’un instant, on le voit subir une fusion aqueuse, et s’arrondir sous la forme d’un globule qui s’attache à la pince. Pendant cette opération , la flamme éprouve de légers renflemens. La raison de cette diflerence entre les résultats donnés par les deux sels, provient, de ce que celui qui a été obtenu par l’évaporation de l’eau de la- mer, renferme’ ime petite quantité d’eau qui s’y trouve en excès, et qui, réduite en vapeur, occasionne l’explosion que l’on a désignée par le nom de décrépitation. Au contraire, ■le sel gemme qui ne contient que son eau dite de 'cristallisation n’éprouve qu’une simple fusion produite par le dégagement de cette «au. - •

« - 35. Euclase. Ce minéral me paraît devoir être placé au second rang à la suite du spath d’Islande, dans la série des corps susceptibles d’acquérir l’électricité vitrée, à l’aide de la pression. Une lame détachée d’un de ses cristaux j que j’avais électrisé par ce moyen , n’a 'cessé d’agir qu’au bout de vingt-quatre •heures sur la petite aiguille d’épreuve^

• U' est.assez rare que les substances minérales, à l’état de cristallisation, se prêtent à Pobservation de la, double réfraction. La plupart des ■ fragmens de cristaux d’euclase sont tout -préparés'ppur montrer ce: phénomène. Il suffit qu’ils offrent un des joints naturels parallèles à l’axe, qui sou t d’une si giancle

netteté et s’obtiennent si facilement, et qu’il soit resté une ou plusieurs faces obliques sur la partie du sommet opposée à ce joint. En regardant une épingleà travers uue de ces Ëices et le joint naturel- dontj’ai parlé , on voit très distinctement deux- images t (le cette épingle , et l’expérience peut être mise au. nombre de celles qui font spectacle , lorsqu’on em-’ ploie, . au lieu d’épingle, la flamme d’une bougieplacée à une certaine distance dans l’obscurité, et'dont les deux images sont ornées des plus belles' couleurs de l’Iris. * - '

^.Tourmaline. Les cristaux de cette snbstancje commencent à donner des signes de l’électricité pro-' duite par la chaleur, à une température beaucoup: plus basse que celle qui a été indiquée par les difle-. rens . auteurs. C’est en cherchant le degré -auquel répondait l’effet initial de leur vertu électrique,- que; j’ai découvert une circonstance qui m’a parm très' remarquable. Elle consiste en ce (pie cette vertu- re-« naît dans un des degi'és inférieurs à celui dont .je viens de- parler , de manière qu’il en résulte un ren-> versement daus les pôles de la tourmaline, c’est*à-dire que celui de l’électricité vitrée réside dans le sommet cpii, à un terme plus élevé, manifeste l’électricité résineuse, et réciproquement. Ce dernier effet est le seul qui jusqu’ici ait été observé , parce qu’on faisait d’abord subir à la tourmaline le degré de chaleur capable de le produire immédiatement.. On n’obtient même pas toujours le premier dès le com-

incnceinent. Mais la tourmaline j revient, lors* qu’après l’avoir fait diaufier assez fortement pour qu’elle agisse à l’ordinaire, on la laisse refroidir peu à {>eu, tandis qu’elle est en présence d’un petit âeo troscopc. Quelquefois les deux pôles sont d’abord à la fob vitrés on résineux , parce que l’un est plus tardif que l’autre dans son passage à l’élat opposé; mais il &iit tocqonrs par j wiivar. JPai vu, dans certains cas, les deüx effets se succéder rapidement, à mesure que j’exposais la tounnaline pendant un petit instant à l’action de la chaleur, et qu’ensuite je la tenais pendant le même temps à plusieurs pieds de distance du brasier, pour la présenter de nouveau à l’électro8Gcq)e. Je d<mne le nom ^ électricité extraordinaire à celle que manifeste la tou^ maline avant d’avoir atteint le pmnt neutre , où son action disparaît pour renaître ensuite et être remplacée par l’action contraire; et j’appelle électricité ordinairè celle qui naît de cette dernière action (i)>

• Je dois dire , en génénd , que les expériences de ce genre sont délicate et exigent une certaine habitude pour être Êiites avec succès. Aussi ne les considéré-je ici que sous le rapport de la Physique dont elles agrandissent le domaine par des faits curieux et dignes d’attention. Mais on sera toujours sûr, en

(i) Voyez pour un plus ample développement des effet! dont je viens de parler, la troisième édition du Traité de Physique , 1. 1 , p. 5o3 et suiv.

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DE CRISTALLOGRAPHIE. 55j

augmentant la chaleur, de mettre en évidence les caractères qui se tirent de l’éleetricité produite par ce moyen pour la distinction des tourmalines.

37. Ifépheline. La poussière de ce minéral se résout en une gelée d’un blanc l^èrement jaunâtre dansl’adtde nitrique que l’on a fait chauffer. Si l’on, plonge dans cet acide à froid un cristal transparent de la même substance , il y devient seulement nébu> lenx par une suite de la tendance à se convertir en gelée. C’est ce caractère qui m’avait suggéré le nom' , de népheline. L’autre, qui ne s’est présenté que plusieurs années apr^ , peut servir à distinguer la même substance de la méïonile , lorsqu’elles sont l’une et l’autre à l’état granulaire dans les rocbfô rejetées par les explosions du Vésuve.

38. Magnésie Jyrdratée. Ce minéral , que l’on trouve à New -Jersey aux Etats-Unis, est composé de lames dont la surËtce est d’Un blanc nacré, et qui ont une grande analogie, par leur aspect, avec cellés du' talc auquel j’ai donné le nom dç talc nacré j mais la vertu, électrique fournit un moyen sûr de l’en distinguer. Pour y parvenir, on détadie d’on morceau de magnésie hydratée une lame de 5 ou 6 millimètres de largeur, et l’on attache cette lame, avec de la cire ordinaire, à l’extrémité d’un bâton de cire d’Espagne. Après l’avoir ensuite ff-ottée à plusieurs reprises, on la pr^ente à la petite aigpiille d’épreuve électrisée vitreusemcnt, qui est aussitôt repoussée. En se servant d'une lame de talc,

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on ai’efTet contraire. L’aiguillé est attirée, et siToir approche le talc d’une autre aiguille électrisée résineusenient, il y a répulsion.'

3g. Bitume' élastique. Il accjuiert, soit à l’aide du frottement , soit à l’aide de la pression entre' deux ■ doigts 'j une éle(?tricité résineuse très sensible.* De plus, il a cela de particulier, tju’on peut le rendre électrique, en le comprimant entre deux corps durs, tels que deux pièces de monnaie. Ayant placé l’une d’elles sur une 'table, on pose par-dessus le fragment de bitume destiné pour l’expérience, et Fon se sert de l’autre pièce pour le comprimer,* puis on la retire subitement. Gomme ce bitume est très flexible, la réaction mutuelle de ses molécules, et le jeu qui en résulte, pendant qu’il se rétablit dans Son' premier état , produit un efiet analogue à celui qui a lieu par la pression d’un autre corps flexible, tel que le doigt.*

4o. Cuwrehydro-siliceux.Schlachiges eisenschûssiges kupfergrün de W emer ,• variété du • cuipre> carbonaté vert y selon d’autres. Un fragment plongé dans l’acide nitrique perd sa couleur et devient bknc et translucide au bout d’un temps plus ou* moins considérable. ' Ge caractère distingue le minéral dont il s’agit ici du cuivre dioptase, qui dans le même cas conserve sa couleur verte sans altération. Je reviendrai plus bas sur la comparaison de ces deav-sub- •stancesquiont été aussi confondues l’une avec raulrc, d’après leurs caractères , et qui se rapprocbent encore

5Si

par les résultats des analyses qui en ont été faites , et je tirerai de ceux de la Cristallographie la preuve qu’elles sont incompatibles dans une même espèce.

Fer phosphaté. Les substances dans lesquelles l’oxide de fer est combiné avec un acide ou quelque autre principe, ne sont pas susceptibles d’agir sur l’aiguille aimantée, au moins lorsqu’elle est dans sa direction naturelle; mais elles l’attirent sensiblement, lorsqu’elle a été mise dans l’état d’équilibre à l’aide du double magnétisme (i). Cet effet , comme je l’ai déjà remarqué ailleurs , paraît dû à l’action de quelques molécules ferrugineuses qui ont échappé à la combinaison. Quoi qu’il eu soit, il peut être employé, conjointement avec un autre caractère, comme celui qui se tire de la couleur, pour faire reconnaître certaines mines de fer. C’est ce que j’ai vérifié en particuber par rapport au fer phosphaté, dont ^ couleur est le bleu plus ou moins foncé. J’ai soumis à l’expérience des cristaux et des lames de celui que l’on trouve en France dans le département du Puy-de-Dôme, ou en Angleterre dans le Derbyabire , ou aux environs de Philadelphie dans les Etats- Unis, ou dans l’Ile de France , des aiguilles de celui de Bodemnais en Bavière, des masses compactes ou terreuses dont les unes venaient deNew-York , d’autres

( 1 ) f^oyez la description de l’expérience relative à l’espèce de magnétisme que je nomme ainsi. Traité de Physique, Lroisième édition, t. II, p. iii etsuiy.

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y U Mont-Caucase, d’autres desenvironsde Nantes où cette substance est engagée dans un granité, et d’autres enfin de divers endroits d’Allemagne. Tous les morceaux ont donné des signes plus ou poins lna^ qués de magnétisme.

42. Zinc oxidé. Les cristaux de ce minéral que l’on trouve à Limbourg, dans les environs d’Aix-la- Chapelle, les morceaux de la variété aciculaire du Brisgaw, et en général tous ceux qui offrent des indices du travail de la cristallisation , partagent les propriétés électriques des tourmalines, et en particulier celle qui produit le renversement de pôles dont j’ai parlé plus haut. Mais la relation qui a lieu dans le zinc oxidé, entre la succession des deux électricités, l’une extraordinaire et l’autre ordinaire, et la marche de la température, ajoute encore à ce que le phénomène a par lui-même de curieux et d’intéressant. On a exposé dans un article particulier (i) digé d’après ines observations > la manière dont j’ai été conduit à découvrir que le zinc oxidé n’avait pas besoin d’être présenté à l’action du feu pour donner des signes de la vertu électrique, et que l’influence habituelle de la température suffisait seule pour faire haitre en lui cette vertu. J’avais même remarqué qu’il la manifestait encore dans un moment où le thermomètre dit de iléaumur , était à 6 degrés audessous du zéro ; mais je n’avais pas déterminé les

(1) Journal des Mines, 38* vol. , p. 3ig.

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positions qu’avaient alors ses deux pôles électriques. C’est à l’occasion du froid rigoureux qui a r^né pendant l’hiver de i8i8, que j’ai repris mes expériences, et que le i6 janvier ayant d’abord placé un petit morceau de la substance dont il s’agit sur une fenêtre où était un thermomètre qui indiquait 1 1 degrés au-dessous du zéro de Réaumur , puis l’ayant présenté à la petite aiguille mise dans l’état électrique, j’observai qu’il agissait sensiblement sur elle , et cela de manière qu’il se trouvait dans l’état d’électricité extraordinaire, c’est-à-dire que le pôle qui jusqu’alors avait donné d^ signes d’électricité vitrée, manifestait la résineuse, et réciproquement. Je portai ensuite le morceau dans une chambre où le thermomètre était à environ 4 d^és au-dessus du zéro, et en continuant de le soumettre à l’expérience, je m’aperçus que sa vertu électrique s’affaiblissait continuellement, en sorte que quand il eut pris la température de l’air environnant, elle devint nulle. • Je l’approchai par degrés d’une cheminée où l’on avait allumé du feu, jusqu’à ce qu’il n’en fut plus éloigné que d’environ un mètre ou trois pieds. Bientôt les actions de ses pôles se renouvelèrent, mais en sens inverse de celui qui avait eu lieu dans l’expérience précédente. Je mis enfin le morceau en contact , pendant une ou deux minu^s, avec un charbon' ardent; il perdit de nouveau sa vertu polaire, et ne la recouvra que quand, après l’avoir retiré , je l’eus laissé pendant un instant sur une table. Elle était la

même que celle qui avait précédé, la dernière action de la chaleur, c’est-à-dire, celle de l’éleclricité ordinaire.

43. Zinc carbonaté. Le papier imbibé d’une dissolution un peu forte de sa poussière par l’acide nitrique, et présenté, après la dessication, à la distance d’environ 3 décimètres (ou un pied) d’un brasier, s’allume > spontanément. Cet effet a paiementlieu, soit que le morceau destiné pour l’expérience ait été dans l’état de cristallisation , ou dans celui de concrétion. Le nitrate de zinc dont le papier est imbibé a une si grande tendance vers 'la combustion, que l’action du calorique répandu dans l’air qui, avoisine le feu suffit pour la déterminer.

44- Arsenic sulfuré. Sa variété appelée bacillaire a beaucoup d’analogie, par son aspect, avec celle de plomb chromàté qui porte le même nom. La poussière de l’une et de l’autre est d’une couleur qui tire sur l’orangé. Mais l’arsenic sulfuré est distingué du plomb cbromaté, en ce qu’un fragment des mêmes cristaux, tenu entre deux doigts, et frètté sur un. drap pendant un instant, s’électrise résineusement, au lieu qu’un fragment de cristal de plomb cbromaté a besoin d’être isolé pour acquérir la même vertu,

45- Manganèse sulfuré. Sa couleur, qui est noirâtre lorsqu’il a été exposé à l’air pendant un certain temps, passe, au gris métallique par l’action de la lime. Celle de sa poussière est d’un vert obscur.

Tel c^t l’exposé succinct des nouveaux résultats auxquels m’a conduit l’étude de ces caractères , qui se vérifient par des épreuves ou des observations simples et faciles, et dont la plupart semblent nous donner de nouveaux organes, pour pénétrer dans les propriétés les plus intimes des corps. U est utile de les multiplier relativement à chaque substance, soit parce qu’ils empruntent une nouvelle force de leur réimion, soit pour qu’à l’endroit où l’un devient équivoque, ceux qui restent se présentent pour le remplacer. U en est dont l’usage est limité à telle espèce en particulier. D’autres en plus grand nombre sont communs à des espèces différentes. Le point essentiel est qu’ils soient combinés de manière que chaque ensemble appartienne exclusivement à la substance dont il est destiné à donner le signalement.

XI. Histoire abrégée des progrès de la Cristallographie depuis environ 3o ans.

46. Qu’il me soit permis, avant de terminer cette partie de mon Ouvrage, de remonter à l’époque où j’ai composé mpu Traité, et de mesurer la distance entre le point d’où la science est partie et le terme où elle est arrivée, pour mettre ceux qui me liront^ à portée de mieux apprécier les services qu’elle me paraît avoir rendus à la Minéralogie. Ma collection , qui n’était pas éloignée de sa naissance, se ressentait de la rareté dont étaient parmi nous les cristaux réguliers et nettement prononcés, et une partie de

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ceux qu’elle renfermait se refusaient, par leurs imperfections, à la précision des mesures mécaniques. Je vais cependant citer divers exemples des résultats définitifs auxquels je suis parvenu, avec ces moyens bornés, et cela dans des circonstances où la Cristallograplûe, soit en s’aidant de la Chimie, soit en opérant sur des substances qu’elle avait laissées in< tactes, a pu se suffire à elle-même.

L’arragonite s’identifie encore aujourd’hui avec la chaux carbonatée dans les résultats de l’analyse chimique , qui n’a pu jusqu’ici saisir la cause d’une distinction si bien prouvée par l’accord des propriétés physiques avec la géométrie des cristaux (i). On peut appliquer à la comparaison de l’octaèdre rectangulaire, qui est la forme primitive de ce minéral , avec le rhomboïde qui est celle de la chaux carbonatée, le raisonnement que j’ai fait, dans un autre article, à l’égard de deux formes dont les parties identiques difiêrent par lem nombre et par leurs positions respectives; d’où l’on doit conclure qu’elles sont incompatibles dans un même système de cristallisation.

Long-temps avant que l’analyse de la variété de chaux phosphatée que l’on trouve en Espagne, et que l’on avait appelée chiysolite, eût fait recoo-

(i) Traité de Minér. , t. IV, p. 345 et suiv. Tableau comparatif, p. i3o et »uiv. Voyez aussi ce qui a été dit plus haut, p. 4>8.

DE CRISTALLOGRAPHIE, naître à mon célèbre collègue M. Yauquelin son identité de nature avec celle qui portait le nora ^apatite, j’avais déterminé, par la Cristallographie, la molécule intégrante de l’une et de l’autre , et j’avais été conduit à la même forme, et précisément aux mêmes dimensions. Mais plusieurs années s’étant écoulées entre mes deux déterminations, je les publiai isolément sous les noms des substances qui les avaient fournies. Ce fut à l’occasion de l’analyse dont je viens de parler, que je m’aperçus que j’avais manqué le moment de les comparer, et de tirer de cette comparaison une conséquence qui se serait offerte comme d’elle-même. Au reste, c’était peut-être une circonstance heureuse pour la Cristallographie, que cet accord entre deux déterminations prises comme à l’insu l’une de Fautre, sans qu’on pût me soupçonner de les avoir concertées ( i ).

Le zircon de Norw^e, qui a pour gangue une siénite , avait d’abord été réuni à la vésuvienne ( idocrase de ma méthode). L’examen de sa structure et de ses autres caractères l’a ramené dans sa véritable espèce sous le nom de zircon soustractif {2}. Ce n’est que depuis l’impression de mon Traité qu’il a été analysé par le célèbre Rlaproth , qui a reconnu la justesse du rapprochement déjà indiqué par la Cristallographie.

(1) Traité de Miner., t. II , p. s43.

(3) Traité de Miner;, t. II, p. Tabl. conip. , p.

La géométrie des cristaux avait d’abord paru s’êire trop pressée d’annoncer la réunion du béryll et de l’émeraude , et cela d’autant plus , que la Chimie, en lui contestant la justesse de ses résultats, semblait les éclipser par l’éclat que répandait la découverte de la glucyne , qui s’était montrée pour la première fois parmi les principes du béryll. Une nouvelle analyse de l’émeraude a fait évanouir l’objection en doublant le mérite de la découverte.

L’examen de quelques fragmens d’euclase pris parmi les cristaux de cette substance que Dombey avait rapportés réceinment du Pérou, et l’appbcation c(es lois de la structure à la forme de l’un de ces cristaux, indiquèrent une espèce distinguée de toutes celles qui étaient connues (i). Mon célèbre colique M. Yauquelin,ayant analysé, quelque temps après, un fragment de la même substance , y retrouva la glucyne jointe aux deux autres principes de l’émeraude. Mais le poids du fragment n’étant que de 36 grains, on ne pouvait rien conclure du rapport entre les quantités relatives de ces principes, outre que l’analyse avait laissé un déficit d’environ 3o parties sur 1 00. Un travail ultérieur que j’ai entrepris l’année dernière sm* la cristallisation de l’euclase a donné un nouveau développement à ma première détermination , et l’analyse de cette substance répétée par le célèbre Berzelius, a fixé le rapport de ses élémens,

(i) Traité de Minér. , t. II, p. 534 ®t suiv.

qui achève, de la foire ressortir à côté de l’étneraude(i). ’ ' , ;

Rome de ITsle, qui le premier a décrit la méionite, la' confondait, d’après l’aspect général de sa forme, avec l’idocrase qu’elle accompagne dan« les roches rejetées par le Vésuve. Celle-ci était l’hyacinthe brune, et l’autre l’hyacinthe blanche de la Sommai On ne connaissait encore aucune analyse de la même substance, à l’époque où j’ai publié mon Tableau comparatif. Cependant J’avais reconnu dès le commencement que sa forme primitive, qui est un prisme à base carrée, avait des dimensions toutes particulières, dont le rapport déterrhinait la forme surbaissée que présente sa pyramide terminale, et qui m’a suggéré le nom de méionite (2).

Romé de l’isle et plusieurs autres minéralogistes avaient associé, sous le nom de schorl, plus de douze substances qui n’avaient rien de commun que ce même nom. La Cristallographie a beaucoup contribué à débrouiller la confusion qui naissait du rapprochement de ces êtres si mal assortis (3). Elle a rendu le schorl blanc du Dauphiné au feldspath, dont il est une variété que j’ai appelée feldspath quadridécimaL

(1) P'byez pins haut l’Exposé de mes nouvélles observations sur la structure de l’eudase. *

(a) Traité de Minér., t. II, page 586 et suiv. • ‘ ‘

(3) Tmilé de Minér, , t. III, p. 67. '* i

D’autres substances ont été prendre leurs places par* ticulières sous autant de noms dififérens : celle qui était comme le schorl par excellence, sous celui ài amphibole } le schorl volcanique, sous celui de pyroxène ; le schorl violet, sous celui d’oxf/iife,* le schorl vert du Dauphiné, sous celui ÿépidote; le schorl bleu, sous celui d’a/zatoae, etc. Si tout n’est pas rentré dans l’ordre, comme d’un premier jet, c’est que les observations qui devaient achever de le rétablir manquaient encore. Ainsi, je m’étais borné à séparer des autres schorls la pyenite qui était le schorl blanc d’Altenberg , en même temps que je l’avais éloignée du béryll , dont elle n’était qu’une variété dans le système de M. Wemer. Le dernier pas, qui était le plus important, dépendait du moment où devait se montrer le cristal , dont l’aspect a fait naître chez moi l’idée inattendue de la topaze, que la Géométrie a justifiée.

Les cristaux d’épidote découverts en Norwége, dont quelques-ims ont plusieurs centimètres d’épaisseur, semblaient emprunter de leurs dimensions et de l’aspect de leurs formes des caractères si particuliers , que les premiers observateurs ne balancèrent pas à en &ire une espèce distincte sous le nom êLakanticone o\ï â^akanticonite , auquel M. Karsten a substitué celui d^arendalite. La Géométrie a prouvé qu’abstraction faite de leur volume , ils ne différaient des cristam^ déjà connus de la .même substance, que par les résultats des dccroissemens qui, çn agissant

sur des molécules de la même forme, avaient donné naissance à de nouvelles variétés, dont une qui offre la combinaison de douze lois simultanées, en a pris le nom düépidote dodécanome (i).

Dans l’analyse qui avait été faite de la mésotype, une quantité de de soude avait échappé, et cette omission rapprochait le résultat de l’analyse dont il s’agit de celui qu’avait offert la stilbite. A l’égard de la chabasie et de l’analcime, leurs principes composans étaient encore inconnus, et dans tous les traités qui avaient paru jusqu’alors on confondait les quatre substances sous le nom de zéolithe. Je les séparai d’après la comparaison de leurs formes primitives. Celle de l’analcime était le cube, et celle de la cliabasie était un rhomboïde, deux espèces de solides dont la différence s’annonçait à l’œü par le seul contraste des systèmes de cristallisation. La stilbite et la mésotype portaient l’empreinte de deux formes prismatiques , dont les bases étaient perpendiculaires à l’axe. Mais , poim ne parler ici que des dimensions de la coupe transversale, l’égahté de celles qui appartenaient à la mésotype devenait sensible par cela seul que les joints naturels parallèles aux pans avaient le même genre et le même degré d’édat, tandis que dans la stilbite leur inégalité se reconnaissait aux diversités de l’éclat qui était nacré et plus vif dans le

(1) Traité de Minéralogie , t. III, p. i la et suiv.

5;a TRAITÉ

sens de la plus petite , et simplement vitreux et plus faible dans le sens de la plus longue. La détermiua' tion des lois de décroissement d’où dépendaient les formes secondaires ne fut que le développement et la confirmation de ce que m’avait appris la simple observation des formes et des joints naturels, dirigée par la loi de symétrie.

La diallage, l’hypersthène , le péridot, etc., auraient pu me fournir de nouveaux exemples que je passe sous silence, pour en citer quelques-uns de ceux qui se rapportent à des substances métalliques.

Les cristaux de fer obgisle que l’on trouve à file , d’Elbe, à Framont dans les Vosges et parmi les ma- I tières volcaniques de difierens pays , se présentent au j premier coup-d’œil sous des formes qui paraissent si étrangères les unes à l’égard des autres, par l’ensemble des traits généraux dont se compose ce qu’on appelle le fades, que l’on croit y voir les empreintes de trois systèmes difierens de cristallisation. Rome de l’Isle, trompé par leur diversité d’aspect, les considérait comme des modifications de trois formes dominantes, Il s’était conformé à l’opinion de Stenon, d’après laquelle les cristaux de l’île d’Elbe étaient des cubes modifiés par des fiicettes accidentelles. Les cristaux de Framont dérivaient d’un dodécaèdre bipyramidal. Ceux des volcans s’assimilaient à des segmens d’octaèdre régulier , tels qu’on en rencontre parmi les cristaux de spinelle. J’avais d’alwrd partagé la même illusion , relativepient à la forme primi*

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tive des cristaux de l’île d’Elbe. J’ai exposé dans mon Traité les deux principales considérations qui ont servi à me détromper, et dont l’une était fondée sur. la loi de symétrie à laquelle le cube aurait ici dérogé en faisant la fonction de rhomboïde,, et l’autre se tirait des ,fois de la structure , dont quelques-unes étaient inadmissibles par leur complication dans l’hypothèse d’un cube(i).

Bientôt toutes les dillicultés s’évanouirent , et la forme rhomboïdale substituée à celle du cube, à l’aide d’une correction d’environ 3^ faite aux incidences des faces primitives, devint un point de ralliement pour toutes les autres formes , qui vinrent comme d’eUes-mèmes se ranger autour de lui. ^

La Physique sollicitait un autre genre de recherches, relativement à la vertu magnétique du fer oligiste quiysuivant l’opinion commune, n’agissait que par attraction sur l’aiguUle aimantée, à la manière du fer ordinaire. Wallerius prétendait même qu’elle était nulle (3)5 je. reconnus que la plupart des cristaux de fer oligiste étaient de véritables aimans. U ne faUait, pour s’en apercevoir, que remplacer l’aiguille ou le barreau d’acier dont on se servait ordinairement , et que l’on avait disposés pour manquer l’expérience en les aimantant fortement, par une petite aiguille d’une faible vertu, dont l’action s’exerçât sur les

(1) Traité de Mioér. , t. IV, p. 49 suiv. ...

(a) Syetema miner. , édit. 1778, p. aSg, > • . ,

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fluides renfermés dans les deux pôles du cristal, sans y produire des mouvemens capables de changer la répulsion en attraction (i).

Les cristaux de fer sulfuré m’avaient fourni le sujet d’une des applications les plus intéressante de la théorie relative aux lois de la structure. J’avais démontré que les formes de variétés dodécaèdre et icosaèdre n’étaient point, comme on l’avait crû, celles de solides auxquels le géomètres ont donné les même noms , et que ces dernières étaient exclues de la géométrie de la nature, comme n’étant susceptibles d’être produites par aucune loi de décroissement. Mais le cube du fer sulfuré paraissait à son tour donner l’exclusion à des formes réellement existantes que j’avais été surpris de rencontrer parmi | celles des cristaux ordinaires du même minéral. Elles se rapportaient à deux octaèdres différens, l’an composé de deux pyramides très surbaissées, l’autre dans lequel les pyramides plus alongées avaient un rectangle pour base commune. Ces corps oflrant d’ailleurs des indices de ces espèces de groupemens ou d’assemblages de plusieurs cristaux qui paraissent se pénétrer, j’avais éludé la difficulté en les plaçant parmi ceux dont les formes étaient indéterminables. Dans la suite, mon embarras ne fit qu’augmenter par l’observation de divers autres cristaux qui venaient de diflerens pays , et qui oflraient d’une ma-

(i) Traité de Minér. , p. 34>

DE CRISTALLOGRAPHFE.

nière très prononcée des formes analogues à celles des octaèdres que je viens de citer. Ma persévérance à les étudier m’a conduit à cette conséquence, qu’il existe une seconde espèce de fer suHuré, confondue de tout temps avec la première , et qui a pour forme primitive un prisme rhomboïdal oblique dont les pans sont inclinés entre eux de 1 06^ 36' et 76^24' (i). Ce prisme passe à un octaèdre rhomboïdal en verlu ' d’un décroissement sur les bords de sa base , et à un octaèdre rectangulaire , à l’aide d’un décroissement sur les angles de la même base. J’ai donné à cette espèce le nom àefer sulfuré blanc, qui n’est que provisoire, en attendant que sa composition soit mieux connue. Les cristaux du même fer ont une forte tendance à produire des groupemens très singuliers, dont les parties composantes, qui peuvent être considérées comme des segmens de la forme primitive, s’arrangent circulairement autour d’un centre commun , en formant des angles rentrans à la naissance de leur jonction.

C’est à cette même espèce qu’appartiennent une grande partie des corps que j’avais désignés sous le nom àefer sulfuré radié, et que l’on trouve ordinairement dans des carrières de craie. On sait que

(1) Le rapport entre les deux demi-diagonales g et p de la base est celui des nombres 3 et ; dans la même hypothèse l’expression de la hauteur du prisme est V^ia. J^oyez le Journal des Mines, t. XXX, n“ 178, p. et suiv.

res pyrites étant ouvertes, s’elîleurissent promptement en fer sulfaté, et la même disposition a également lieu, par rapport aux autres variétés de fer sulfuré blanc, surtout aux endroits où leurs cristaux s’alongent inférieurement en même temps qu’ils s’amincissent, eu passant à la forme aciculaire.

Jusqu’ici l’analyse chimique n’a indiqué aucune différence sensible entre les quantités relatives de fer et de soufre, dans les corps qui se rapportent aux deux espèces. Un célèbre chimiste (i) à qui je venais de montrer, dans ma collection, la suite des variétés de fer sulfuré blanc que j’ai acquises, les appelait les arragonitea des substances métalliques.

Cuivre dioptase et cuivre hydro- siliceux. Les détails dans lesquels je vais entrer sur la comparaison de ces deux substances seront ici d’autant mieux placés, qu’indépendamment de leur liaison avec le sujet que je traite, ils n’ont pas encore été consignés ailleurs.

Le cuivre dioptase avait été pris pour une émeraude, lorsque l’examen de sa structure me fit reconnaître qu’il formait une espèce particulière que je nommai simplement dioptase. La conjecture que je me permis d’ajouter, que ce minéral pourrait bien un jour être placé dans le genre du cuivre, était

(i) M. Stnitson-Tennant , dont la mort prématurée a enlevé à l’Angleterre un des savans les plus distingués parmi ceux dont elle s’honore.

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vraie en elle-même , quoique motivée sur le résultat d’une analyse inexacte (i).

M. Lowitz, savant chimiste de Pétersbourg, en a publié une autre , qui paraît mériter d’autant plus de confiance, que la matière ne lui manquait pas, et la suite fera voir l’utilité de l’attention qu’il a eue de décrire les cristaux sur lesquels il a opéré (2^.

La seconde substance, que je nomme cuivre hydrosiliceux , appartient auRupfergrün de M. Wemer, appelé aussi kiesel - malachit. M. Vauquebn en a soumis plusieurs échantillons à l’analyse , dont les uns, qui avaient l’aspect résineux, se rapportaient à la sous-espèce désignée par l’épithète de schlacliges, et les autres dont l’aspect était terreux, à la sous-espèce dite erdiges. Les principes composans retirés de ces deux sous-espèces étaient le cuivre, la silice et l’eau. La conséquence qui a été déduite des résultats de l’analyse , est que le minéral dont il s’agit renferme une certaine quantité d’eau

(1) Traité de Minéral. , t. III , p. i36 et suiv. Le poids de la matière employée à cette analyse n’étai* que d’environ trois grains et demi.

(2) Nova Acta Petrop. , t. XIII , p, 34g. Voici le résultat

de l’analyse dont il s’agit.

Cuivre oxidé ; 55

Silice 33

Eau 12

combiuce avec le cuivre, et unie à une quantité de silice qui a été regardée comme accidentelle, at* tendu qu’elle a varié depuis 25 parties jusqu’à Go sur 100(1).

Dans la suite, MM. Klaproth et John ayant repris l’analyse du kiesel-nialaclnt, ont obtenu des résultats qui ont paru indiquer tpie la silice était intimement combinée dans ce minéral avec l’eau et le cuivre. C’est du moins ce que conjecture M. Berzelius, qui se fonde principalement sur le résultat auquel est parvenu M. John (2).

Ce résultat est voisin de celui qu’a offert à M. Lowitz l’analyse de la dioptase. Depuis long-temps , M. Medcr, directeur des fonderies de Pétersbourg , avait émis l’opinion que le kupfergrün en était une variété amorphe (3). Plusieurs minéralogistes d’Allemagne et d’Angleterre ont adopté cette opinion, et un savant de ce dernier pays, en me remettant

(1) Annales du Muséum d’Hist. nat. , t. XIX, p. 345 et suiv.

(2) Ce résultat est le suivant :

Cuivre oxidé

Silice

Eau

Acide carbonique

Chaux sulfatée

(^) Estner , Traité de Minér.

un échantillon dé la variété résinite , me la désigna sous le nom de cuivre dioptasique.

La comparaison récente que j’ai faite des deux substances , sous le point de vue de la Cristallographie, me paraît démontrer que la ligne de séparation tracée entre elles est ineffaçable.

Le cuivre dioptase a pour forme primitive, ainsi que je l’ai annoncé dans mon Traité, un rhomboïde obtus ( fig. 48 ) , dans lequel l’inclinaison de deux faces vers un même sommet est de Ce

rhomboïde passe à la forme du dodécaèdre que représente la figure 49> en vertu des deux décroisseinens exprimés par le signe /

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