‹ Traité de critique et de statistique comparée des institutions financières, systèmes d'impôts, et réformes fiscales des divers états au XIX siècle; Première Série; de nombreux tableaux son affectés aux impôts et aux finances de chaque étatChapitre 10 sur 377 · X PRÉFACE · texte numérisé non relu

X PRÉFACE

n'est et ce qui ne peut être ni pour la Russie, ni pour l'Italie, en pleine transformation sociale ou nationale.

Tout autre est le spectacle que présentent l'Allemagne et l'Angleterre, l'Angleterre surtout.

L'Angleterre est, en effet, plus entièrement libre dans ses mouvements que l'Allemagne. Elle n'a point conçu le dessein d'imposer son hégémonie à l'Europe, de renouveler l'unité romaine, de ressusciter tout au moins les prétentions des empereurs du moyen âge. Elle se croit à l'abri des menaces des autres peuples et des chances de toute compétition pohtique. Elle poursuit, en pleine confiance, sa double mission civilisatrice, l'une qui consiste à améliorer ses institutions intérieures ainsi que la condition de ses populations par des réformes incessantes, profondes, radicales mais jamais révolutionnaires, l'autre qui est de déverser de toutes parts le trop plein de ses familles, ressource précieuse, aliment sain et vigoureux de colonisations qu'une dispensation évidente de la Providence lui a réservées. Aussi la plus grande partie de cette première série du Traité de critique et de statistique conijjarée est-elle consacrée à l'Angleterre et aux réformes fiscales qui s'y sont accomphes au XIX" siècle. Le mouvement de ces réformes se divise en de nombreuses étapes que l'on peut distribuer entre trois périodes très accusées. La première s'étend de 1800 à 1842. Cette période est dominée tout entière par les grandes guerres de la Révolution et de l'Empire. La seconde de 1842 à 1875, Pendant cette seconde période, où Robert Peel et M. Gladstone demeurent les directeurs des réformes, l'Angleterre , libre de toute préoccupation extérieure , donne l'exemple mémorable des réformes fiscales les plus hardies en vue d'améliorer la condition de ses populations laborieuses. Elle est récompensée de ses efforts par une prospérité exceptionnelle, telle qu'il n'a été encore donné à aucun peuple de l'égaler ou de la dépasser. Mais de cette prospérité sont provenus de nouveaux besoins. Avec 1875 s'ouvre une seconde période de réformes, dont l'étendue,

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